Biographie:
Jules-Henri Desfourneaux naît le 17 décembre 1877 à Bar-le-Duc, dans la Meuse. Descendants d'un fort longue lignée d'exécuteurs, il est vite prédisposé aux travaux manuels. C'est un mécanicien hors pair : les moteurs de bateaux sont sa spécialité. Ce métier le fera beaucoup voyager : la Russie, L'Inde. Il en ramènera un tatouage, représentant un serpent, qu'il porte sur la main gauche.
L'entrée dans la famille
Le 17 avril 1909, au Pré Catelan, on célèbre ses noces avec Georgette Rogis. Jules-Henri devient alors parent avec trois autres familles d'exécuteurs : les Rogis, les Deibler et les Obrecht. Anatole Deibler, devenu son oncle, l'engage comme aide la même année. Grand gaillard assez sympathique, bien que peu fûté, c'est un bon ouvrier, très habile pour ligoter le patient, ainsi que pour le basculer.
Toutefois, à la maison, sa femme porte la culotte : d'une avarice proverbiale, Georgette, à vingt ans, tient fermement les cordons de la bourse. Cette ladrerie déteindra sur lui. De plus, Georgette Desfourneaux détestant le prénom Jules, elle l'appelera toujours Henri, et le forçera à brûler son fameux tatouage : il restera une cicatrice indélébile. En 1922, il verra d'un mauvais oeil l'arrivée d'André Obrecht, son cousin, dans l'équipe.
L'âge aidant, il devient taciturne, sujet à des sautes d'humeur, et très renfermé après chaque exécution. De plus, une tragédie subvient : son fils unique René, né en 1910, après avoir refusé de devenir exécuteur à sa majorité, se suicide le 2 novembre 1934 au Havre. On prétendit qu'il s'agissait d'un suicide dû à une déception amoureuses. Jules ne s'en remettra jamais, son mutisme s'accentue, il devient "hardi à la chopine".
Mais quand Deibler tombe malade, c'est lui qui le remplace le 14 janvier 1938. Et après son décès, l'aide de sa tante Rosalie Deibler lui vaudra d'obtenir le poste tant convoité de chef, le 15 mars 1939.
Un chef fort contesté
Après deux exécutions à Paris et à Rouen, le 17 juin 1939, à Versailles, on vient voir l'exécution du sextuple assassin Eugène Weidmann, le tueur de la Voulzie. L'exécution se déroule avec près de 45 minutes de retard, les journaux critiquent sa lenteur : ses débuts sont un fiasco. Par chance pour lui, l'exécution suivante, le 19 juillet, à Saint-Brieuc, sera la permière exécution réalisée en les murs d'une prison.
Sa lenteur, son âge (62 ans), déplaisent aux officiels et à ses aides, en particulier à Obrecht. La Seconde Guerre Mondiale, puis l'occupation, verront l'exécuteur officier à la manière des bourreaux révolutionnaires : nombre de résistants, d'opposants au régime de Vichy, de communistes, auront la tête tranchée par Desfourneaux, qui jamais ne protestera contre ces exécutions sommaires, où le jugement est rendu la veille. De plus, il fut, plus d'un demi-siècle après Louis Deibler, le dernier bourreau à exécuter des femmes. Ses aides démissionnant pour rejoindre la résistance au moment où les exécutions se font plus nombreuses, il se voit contraint d'employer ses charretiers comme aides de fortune.
Les dernières années
Le premier condamné requérant les services de Desfourneaux à la Libération sera Marcel Petiot le 25 mai 1946. Ayant récupéré ses aides, lavé de tout soupçon, sa vie reste souillée par la mort des innocents qu'il guillotina. En 1949, il exécute à Angers une dernière femme. Miné par les remords et par l'alcool, il hâte sa mort, qui survient le 1er octobre 1951. Il aura exécuté entre 200 et 250 personnes en 42 ans.
:
. |