FRANCE

1870-1898

Condamnations au XIXème siècle

Les condamnés à mort 3 (liste non exhaustive)

Notes :
- La ville où se passe l'exécution capitale (ou bien où l'arrêt stipulait qu'elle aurait lieu) n'est indiquée que quand elle diffère de la ville où la condamnation a été prononcée.
- La mention d'une grâce sans précisions supplémentaire indique une commutation en peine de travaux forcés à perpétuité. En cas de commutation supérieure (vingt ans ou dix ans de travaux forcés), l'information est mentionnée.
- Si la juridiction qui prononce la peine n'est pas la cour d'assises régulière, le fait est précisé dans la colonne "Lieu".
- Les termes "apaches" (à Paris) et "nervis" (à Marseille) désigne le même genre de délinquants, souteneurs, cambrioleurs, souvent membres d'une bande, principalement entre 1890 et 1920.
- "Section spéciale" (uniquement à Paris en août 1941), "Tribunal d'Etat" ou "Tribunal Spécial" (à Paris, puis en France, de septembre 1941 au printemps 1944) désignent les mêmes ignobles juridictions d'exception, créées sous l'Occupation pour décider de la mise à mort - sous des apparences pseudo-légales - d'opposants au régime de Vichy.
- En raison notamment de leur caractère exceptionnel, la liste inclut trois condamnations prononcées dans des nations limitrophes de la France métropolitaine, à savoir les principautés d'Andorre et de Monaco : la première étant co-gérée par le président de la République Française, la seconde travaillant en association avec la France pour l'éventuelle gestion des condamnés à mort ou aux travaux forcés (ce qui aurait impliqué le déplacement des exécuteurs français pour ramener la peine à exécution).

Condamnation Lieu Nom Crime Décision

1870 : 13 condamnations

13 janvier 1870 Cour d'assises des Côtes-du-Nord

Saint-Brieuc
Yves Marie Le Bellégou

26 ans, marin et domestique de ferme.

(29 mai 1843, Landébaéron)
CRIME CRAPULEUX.

Engagé par la veuve André au village de Toulpy, commune de Tréméven le 11 octobre 1869, licencié huit jours plus tard pour vol, cambriole son domicile pendant qu'elle est absente, le dimanche 24 octobre, et vole 6 francs 50, des souliers et un chapeau.

Embauché le lendemain à Guervron (?), section de Kerhon, commune de Pommerit-le-Vicomte, par Renée Quément, veuve Hamono, 65 ans, qu'il étrangle avec une corde le 1er novembre, après qu'elle lui ait reproché son manque de sérieux et de ponctualité, avant de forcer une armoire pour voler 870 francs, deux billets à obligations et des vêtements appartenant à son fils.
Gracié le 14 février 1870.

Décédé au Camp Est (Nouvelle-Calédonie) le 10 mai 1924.
11 février 1870 Cour d'assises de l'Aisne

Laon
Alexandre Louis Duchemin

49 ans, scieur de long et charpentier

(09 février 1821, Berny-Rivière)
INFANTICIDES.

Condamné aux travaux forcés à perpétuité par la cour d'assises de l'Aisne le 12 juin 1869 pour avoir étranglé sa mère Marie-Rosalie Charpentier, veuve Duchemin, 80 ans, le 7 novembre 1868, carrière des Grimoires à Berny-Rivière, sous prétexte qu'elle ne servait plus à rien dans la ferme.

Son fils Louis-Joseph "Victor" Duchemin, 18 ans, est condamné à quinze ans de réclusion.

Après le procès, les gendarmes s'intéressent aux ragots du village qui affirment qu'à quatre reprises, en 1863, 1865, 1867 et 1868, la fille Duchemin, Eugénie, est tombée enceinte, et c'est son père qui s'est chargé de l'accoucher et de tuer les bébés en les piétinant !

Les rumeurs s'avérant vraies, la famille entière est cette fois jugée : Marie-Anne Rose Dubourque, épouse Duchemin, 48 ans, est condamnée à vingt ans de travaux forcés, Eugénie Duchemin, 27 ans, à dix ans de travaux forcés, "Victor" à cinq ans et Alexandre Duchemin, 22 ans, est acquitté.
Guillotiné le 26 mars 1870
19 février 1870 Cour d'assises de la Moselle

Metz
Georges Jean-Baptiste Grède

20 ans, boulanger

(27 avril 1849, Ottange)
CRIME CRAPULEUX.

Tue le 16 janvier 1870 au bourg de Kemplich Jean Hombourger, 39 ans, propriétaire terrien, à coups de bâton et de serpe pour lui voler 28 francs.

Soupçonné du meurtre de deux autres vieillards commis en 1868 dans le canton de Metzervisse.
Gracié le 30 mars 1870.

Décédé le ? en Nouvelle-Calédonie.
25 février 1870 Cour d'assises de la Vienne

Poitiers
Vincent Rivière

40 ans, cultivateur

(13 juin 1829, Frozes, 86)
CRIME CRAPULEUX.

Voleur récidiviste, tue à coups de pic dans la tête, au bourg de Villiers le 08 janvier 1870, son voisin, Sylvain René, 60 ans, cultivateur, pour lui voler environ 400 francs, et enterre son corps à cinq kilomètres de là, au champ de la Dore, après l'avoir transporté dans sa charrette sous une couche de fumier.
Gracié le 06 mai 1870.

Décédé à l'île Nou le 03 décembre 1909.
28 mars 1870 Cour d'assises de la Seine

Paris
François Lathauwers

27 ans, valet de chambre

(05 mars/mai 1843, Borth-Mierbeck - Meeerbeke ? -, Belgique)
CRIME DE VENGEANCE/TUERIE.

Ivre mort et rendu fou de rage par une simple remontrance à ce sujet, tue sa patronne, Octavie Bouquié, épouse Lombard, 57 ans, femme de l'ancien consul général des Indes, au 83, faubourg Saint-Honoré, en la décapitant à coups de couteau, et blesse gravement Marie Félicie Rosalie Fiol, cuisinière, ainsi que Marie Dinter, épouse Darve, cuisinière, le 28 janvier 1870.
Gracié le 28 avril 1870.

Décédé à l'île Nou le 06 décembre 1893.
27 avril 1870 Cour d'assises de la Drôme

Valence
Guillaume Bayon

27 ans, ouvrier passementier

(10 novembre 1842, Saint-Étienne, 42)
CRIME CRAPULEUX/CRIME EN TRAIN.

A bord du train express n°1 Marseille-Paris dans la nuit du 20 au 21 mars 1870, tue de trente-quatre coups de couteau-poignard Alexandre Pierre Emile Grzymata de Lubanski, 29 ans, homme d'affaires, entre Valence et Saulce, et jette le corps sur la voie ferrée, au lieu-dit Melluret (Menuret ?), commune de Saulce, pour lui voler deux porte-monnaie contenant environ 500 francs, un porte-cigare, une casquette et des clés.
Guillotiné le 02 juin 1870.
06 mai 1870 Cour d'assises de l'Ille-et-Vilaine

Rennes
Joseph Jean François Maillard

55 ans, propriétaire foncier et laboureur

(09 octobre 1814, La Fresnais)
CRIME SUR JURISTE.

Le 25 février 1870 au hameau de la Pigacière, commune de La Fresnais, suite à une procédure de divorce avec sa femme, Anne Gillot, épouse Maillard, tue de trois coups de bêche, dont un dans la gorge, Adolphe Roty, 52 ans, huissier de justice, qui avait été chargé de superviser la bonne marche de la séparation de biens.
Gracié le 24 juin 1870.

Décédé à l'île Nou le 31 janvier 1873.
24 août 1870 Cour d'assises de la Côte-d'Or

Dijon
Nicolas "Adolphe" Bazin

23 ans, domestique

(15 septembre 1846, Saint-Rémy)
CRIME CRAPULEUX.

Dans la nuit du 12 au 13 avril 1870, au hameau de la Forêt, commune de Labussière, tue sa mère adoptive, Rose Brocard, veuve Bavard, 75 ans, à coups de gourdin afin de voler ses économies, qu'il estimait environ à 100 francs, avant de mettre le feu au lit pour faire disparaître son crime.

Il n'emporte au final que deux pelotes de laine, du sucre, un petit miroir et un parapluie.
Gracié le 29 septembre 1870.

Décédé à l'île Nou le 11 ou le 15 août 1917.
26 octobre 1870 Cour d'assises de l'Allier

Moulins
Antoine "Boucher" Fauchet

34 ans, maçon

(09 mai 1836, Saint-Germain-le-Lièvre, 19)
TENTATIVES DE GENDARMICIDES/TENTATIVE0 DE TUERIE.

Dans la nuit du 10 au 11 juillet 1870, quartier Saint-Paul à Montluçon, attaque l'agent de police Jean Laurent ; le policier avait été appelé quelques instants plus tôt pour procéder à l'enlèvement de peaux conservées par le boucher Duchet dans un grenier de la rue, et dont l'odeur incommodait les riverains. C'est après avoir jugé que l'enlèvement des peaux pouvait attendre le lendemain qu'il fut assailli. Fauchet l'attrape à la gorge, lui mord le pouce puis le frappe à coups de pieds et de poing.

Comme Gilbert Beneyton et son épouse viennent prêter secours à la victime, Fauchet les frappe à coups de couteau, blessant la femme à la tête, et blessant également un autre voisin, Joseph Bourbon, venu à la rescousse.

Jean Laurent, blessé, rejoint M.Duchet et deux gendarmes, Gilbert Barrot et Charles Laurent, au poste de police voisin. Fauchet surgit, armé de deux pistolets, dont un équipé d'une baïonnette, et d'une petite fourche : après avoir tiré sur eux sans les atteindre et avoir rechargé ses armes, frappe à nouveau l'agent Laurent à coups de baïonnette dans la poitrine, puis blesse le gendarme Barrot au bras.

Atteint M.Duchet d'un coup de fourche au bas-ventre, puis frappe Bourbon de plusieurs coups au bras avant d'être enfin maîtrisé.

Son demi-frère et complice, Jacques Sidera, est condamné à trois ans de prison.
Arrêt cassé le 17 novembre 1870.

Condamné aux travaux forcés à perpétuité par la cour d'assises du Puy-de-Dôme le 03 mars 1871.

Décédé à l'île Nou le 24 juillet 1907.
21 décembre 1870 Cour d'assises de la Dordogne

Périgueux
Pierre "Lirou" Buisson

33 ans, agriculteur et forgeron

(5 juillet 1837, Feuillarde, 16)
HYSTÉRIE COLLECTIVE.

Le 16 août 1870, à Hautefaye, en état d'ébriété avancée, les paysans ultra-bonapartistes du village d'Hautefaye agressent le châtelain Alain Romuald de Moneys d'Ordières, 32 ans, propriétaire terrien, en l'accusant à tort d'être un agent des Prussiens. Ils le torturent horriblement, le battent avec outils et bâtons, avant de tenter de le pendre puis le brûlant vif sur la place du village.
Guillotinés le 06 février 1871 à Hautefaye.
François "Cillou" Chambord

34 ans, maréchal-ferrant

(15 octobre 1836, Souffrignac, 16)
François "Piarrouty" Léonard

54 ans, chiffonnier

(09 octobre 1816, Nontronneau)
François "Sillou" Mazière

29 ans, agriculteur

(02 mars 1841, Vaubrunet/Teyjat)

1871 : 17 condamnations

03 février 1871 Cour d'assises des Landes

Mont-de-Marsan
Jean "Le Rouge" Sabathé

44 ans, cultivateur

(12 juillet 1826, Saint-Gor)
CRIME CRAPULEUX/TUERIE.

Le 28 octobre 1870 à Gémérot, commune de Pouydesseaux, tue à coups de hache Bernard Carrère, 77 ans, cultivateur, sa femme Marie Bougnères, épouse Carrère, 58 ans, et blesse grièvement la bonne Marie Dumas, 15 ans , afin de voler leurs économies s'élevant au moins 5000 francs.

Étienne Dunouau, 19 ans, cultivateur, son voisin, est condamné à vingt ans de travaux forcés.
Guillotiné le 13 mars 1871
13 février 1871 Cour d'assises du Calvados

Caen
Jean-Jacques Aimé Sallent

62 ans, jardinier

(16 avril 1808, Saint-Gabriel)
CRIME SUR PROPRIÉTAIRE.

Tue à coups de bâton le 23 décembre 1870 au village de Rucqueville Marie Françoise Aimée Massieu, 69 ans, dentellière, chez laquelle il "squattait", usant de menaces.

La malheureuse cherchant à le repousser, il la tua, songea à mettre le feu à la maison pour cacher son crime, se ravisa, dévalisa les lieux puis abandonna le cadavre qui sera retrouvé deux jours plus tard à demi dévoré par ses chats.
Gracié le 27 mars 1871, peine commuée en réclusion à perpétuité.

Décédé à Caen (maison centrale de la Maladrerie) le 08 mars 1882.
22 février 1871 Cour d'assises de la Seine

Paris
Louis Bénoni "Bébé" Pasquier

22 ans, sculpteur sur bois.

(15 août 1848, Nevers, 58)
CRIME CRAPULEUX.

Agresse dans la nuit du 29 au 30 mai 1870 sur le champ de Mars, à l'angle de l'avenue Labourdonnais, Olivier Guilloux, soldat du 2e régiment de grenadiers de la garde, le frappe de trois coups de couteau au visage pour lui voler sa montre et sa chaîne.

Son principal complice, Lucien-Gabriel Briffaut, 21 ans, imprimeur, est condamné aux travaux forcés à perpétuité. Julien Vautier, 19 ans, cordonnier, à quinze ans de travaux forcés. Deux des cinq derniers complices sont condamnés à six ans de prison, les trois autres sont acquittés.
Libéré le 27 mai 1871 par les Communards, rejoint leurs rangs à la barricade du boulevard du Prince-Eugène.

Appréhendé le 28 au matin par les soldats, menacé d'être passé par les armes, Pasquier revendique son statut de condamné à mort de droit commun, et crie qu'ils n'ont pas le droit de se substituer à la loi.

Gracié le 15 septembre 1871.

Décédé à Canala (Nouvelle-Calédonie) le 10 mars 1891.
13 mars 1871 Cour d'assises de la Seine

Paris
Jean-Pierre-Marie "Petit-Jean" Bartelmès

23 ans, chaudronnier

(20 mai 1847, Paris)
CRIME SUR AGENTS PÉNITENTIAIRES.

Voleur récidiviste, condamné le 16 juillet 1870 par la cour d'assises de la Seine à huit ans de réclusion.

Le 10 août 1870, incarcéré au dépôt des condamnés de la Grande-Roquette en attente de transfert en maison centrale, tente de tuer à coups de tranchet les gardiens Parisot et Joseph Lacour, et frappe également Louis Brochon, co-détenu, qu'il suspectait d'être un informateur, puis mord le gardien Henrion qui essayait de le maîtriser.
S'évade le 24 mai 1871, et est repris le lendemain au sein d'un groupe d'insurgés.

S'évade à nouveau avant d'être retrouvé sur un ponton de Brest en décembre 1871.

Arrêt cassé le 22 février 1872.

Condamné aux travaux forcés à perpétuité par la cour d'assises de la Seine-et-Oise le 25 avril 1872.

Décédé à Pouembout (Nouvelle-Calédonie) le 28 avril 1893.
13 juin 1871 Cour d'assises de la Loire-Inférieure

Nantes
Charles L'Hospitalier

56 ans, marin

(4 avril 1815, Le Palais, 56)
SATYRE ASSASSIN DE PERSONNE ÂGÉE/CRIME CRAPULEUX.

Condamné plusieurs fois pour vols par les tribunaux maritimes, ainsi qu’à trois ans de prison pour attentat à la pudeur, et cinq ans de travaux forcés à Cayenne pour vols qualifiés. Revenu du bagne fin 1870.

Commet entre janvier et février 1871 plusieurs attentats à la pudeur sur des enfants.

Dans la nuit du 26 au 27 février 1871, à Pornichet, aux Quatre-Vents, chemin d'Escoublac, agresse dans sa maison isolée Julie Marguerite Mahé, veuve Préveau, 70 ans, cabaretière, qu’il viole et étrangle avant de voler son argent.
Guillotiné le 21 juillet 1871
20 juin 1871 Cour d'assises des Ardennes

Mézières
Jean-Baptiste Deregard

27 ans, pâtre

(03 mars 1844, Tourteron)
CRIME SUR BELLE-MÈRE.

Pour la voler, assassine le 29 septembre 1870 à Butz, commune de Balaives-et-Butz la mère de son épouse, Alexisse Lambeaux, veuve Gibout, rentière, 69 ans.
Grâcié le 24 août 1871.

Décédé à Toulon (hôpital maritime) le 12 novembre 1871.
23 juin 1871 Cour d'assises de l'Yonne

Auxerre
Gustave Brûlé

33 ans, sabotier et perruquier

(07 février 1848, Béon)
CRIME CRAPULEUX.

Tua à Vernoy, ferme des Guérins, dans la nuit du 09 août 1870 Charles Alexandre Griffaud, 41 ans, cultivateur à coups de tiers-point et tenta d'assassiner son fils Ernest Griffaud pour voler... une boîte de jetons et de cartes à jouer, faute d'être parvenu à fracturer le secrétaire pour y prendre les économies du fermier.

Son frère cadet et complice Benoni Brûlé, 21 ans, vigneron, est condamné aux travaux forcés à perpétuité, et ne fera pas de pourvoi.
Arrêt cassé le 14 juillet 1871.
11 juillet 1871 Cour d'assises de la Seine

Paris
Jean-Baptiste Amédée Delhomelle

28 ans, garçon de salle

(23 août 1842, Ramburelles, 80)
CRIME DE VENGEANCE.

Le 03 août 1870, en pleine rue du Petit-Carreau (2e), tire cinq coups de revolver sur son ancien patron, Jean Nicolas Marguery, 36 ans, propriétaire du restaurant du Gymnase, boulevard Bonne-Nouvelle, alors que celui-ci part faire ses courses. Touché à quatre reprises, M.Marguery survit.

Mobile : se venger de son licenciement, survenu quatre mois plus tôt suite à une altercation violente avec l'écaillière de l'établissement.
Gracié le 15 septembre 1871.

Réhabilité le 23 août 1912.

Décédé à Bourail (Nouvelle-Calédonie) le 07 août 1930.
29 juillet 1871 Cour d'assises de la Haute-Marne

Chaumont
Michel Auguste Bourgund

34 ans, manouvrier

(13 décembre 1836, Ochey)
CRIME CRAPULEUX.

A Sommancourt, tue à coups de couteau dans la nuit du 20 au 21 mars 1871 Nicolas François Formel, 82 ans, propriétaire terrien et maire de la commune, et Marie Léonie Paymal, sa domestique de 21 ans, pour les voler.
Guillotiné le 28 août 1871.
07 septembre 1871 Cour d'assises de la Sarthe

Le Mans
René Perrier

42 ans, tisserand

(21 mars 1829, Flée)
CRIME A GAGES (TUEUR).

Le 04 avril 1871, à la Fosse-Vineuse, commune de Chahaignes, tire deux coups de fusil sur Jean Boucher, 59 ans, cultivateur, qui décède de ses blessures le 06 avril.

Il avait été engagé par Mme Boucher, qui vivait séparée de son époux, pour commettre ce crime contre deux tonneaux de vin.

Madeleine Louise Pesneau, veuve Boucher, 34 ans, est condamnée à vingt ans de travaux forcés.
Guillotiné le 13 novembre 1871
18 novembre 1871 Cour d'assises de la Seine-et-Marne

Melun
Gustave Brûlé

33 ans, sabotier et perruquier

(07 février 1848, Béon, 89)
CRIME CRAPULEUX.

Tua à Vernoy (89), ferme des Guérins, dans la nuit du 09 août 1870 Charles Alexandre Griffaud, 41 ans, cultivateur à coups de tiers-point et tenta d'assassiner son fils Ernest Griffaud pour voler... une boîte de jetons et de cartes à jouer, faute d'être parvenu à fracturer le secrétaire pour y prendre les économies du fermier.

Condamné en première instance par la cour d'assises de l'Yonne le 23 juin 1871, arrêt cassé le 14 juillet 1871.
Arrêt cassé le 08 décembre 1871.
23 novembre 1871 Cour d'assises de la Charente-Inférieure

Saintes
Alfred Choumil

29 ans, tuilier, cultivateur

(02 décembre 1841, Les Mathes)
FÉMINICIDE INTIME.

Abat de deux coups de fusil dans le poignet et dans la têtre sa femme Marie-Joséphine Pintaparis, épouse Choumil, 24 ans, dont il était séparé, le 30 septembre 1871 sur la route de la Tremblade, au lieu-dit La Casse-à-Chagneaux, commune des Mathes.

La victime succombe à ses blessures le 2 octobre.
Gracié le 05 février 1872.

Meurt à Toulon (bagne) le 1er juin 1872.
28 novembre 1871 Cour d'assises du Cantal

Saint-Flour
Antoine Ondet

49 ans, cultivateur

(14 juillet 1822, Sauvat)
INCENDIAIRE.

Avec ses cinq fils, se fait une spécialité de voler les maisons avant d'y mettre le feu.

Incendie le 1er septembre 1870 à Boussac la grange de M.Riom.

Le 18 septembre, toujours à Boussac, met le feu à la maison de la ferme Courboulès.

Le 16 octobre, met le feu à la maison de la veuve Bachellerie.

Le 18 mars 1871, fait flamber la maison et la grange de la Veuve Simon, à Tronchy.

Le 21 mai 1871, en mettant le feu à la ferme de la Veuve Lacombe, incendient également les maisons Borne et Valeix-Lafarge. Ondet, au passage, étrangle la veuve Lacombe.

La femme Ondet est condamnée aux travaux forcés à perpétuité, leurs fils Louis et François à sept ans, et Jacques à six ans, le cousin Jacques Blanié est condamné à huit ans de réclusion et Françoise Veyrières à cinq ans.
Guillotiné le 30 janvier 1872 à Saint-Bonnet-de-Salers.
23 décembre 1871 Cour d'assises du Pas-de-Calais

Saint-Omer
François Joseph "Le Troppmann du Nord" Lemettre

25 ans, parcours (valet de ferme)

(15 février 1846, Beuvrequen)
TUEUR EN SÉRIE.

Auteur de plusieurs incendies criminels entre octobre 1864 et mars 1865 à Audresselles.

Agresse le 01 décembre 1868 à Wimille, sur la route près du hameau de la Rouvelle, Philippe Pruvost, 19 ans, garçon brasseur pour le voler et le laisse pour mort après lui avoir mutilé les parties génitales.

Le 10 décembre 1868, au cours d'un cambriolage, tire un coup de pistolet et porte sept coups de couteau à Clarisse Dupont, veuve Lambert, qui survit à son éventration.

Le 28 ou 29 juin 1869, étrangle, viole et mutile Adolphe Cugny, 22 ans, et vole son argent.

Entre le 28 et le 29 octobre 1869, étrangle avec un mouchoir, viole et mutile Eugène Foucart, 19 ans, retrouvés morts en pleine rue.

Le 23 février 1870, étrangle, viole et mutile Félicien Malfoy, 26 ans, dont il jette le corps ligoté dans un puits de la ville.

Auteur en outre d'une dizaine de vols et cambriolages sur la même période.

Arrêté le 25 juin 1871 alors qu'il cambriole le presbytère d'Audembert.
Guillotiné le 05 mars 1872 à Marquise.
30 décembre 1871 Cour d'assises de l'Eure-et-Loir

Chartres
Louis Eugène Guénard

29 ans, charretier

(26 août 1842, Montboissier)
BRIGANDS.

Gardes nationaux en 1870.

Dans la nuit du 19 au 20 septembre 1870, à La Vieuville, commune d'Alluye, étranglent et étouffent François Laurent Chesneau, 70 ans, propriétaire terrien, et Victoire Antoinette Manceau, épouse Chesneau, 66 ans, et volent 4500 francs en billets et en pièces d'or, cherchant à mettre la responsabilité du crime sur le dos des Prussiens.

Arrêtés, ils bénéficient d'un non-lieu en décembre.

Le 5 février 1871, dans son ivresse, Quillou commet la maladresse d'avouer son crime, et ce après avoir réglé de nombreuses dettes personnelles.
Guillotinés le 19 février 1871.
François Adrien Prouste

46 ans, cultivateur

(28 octobre 1825, Bonneval)
Eugène Marcel Quillou

36 ans, charretier, journalier

(24 février 1835, Léthuin)

1872 : 34 condamnations

11 janvier 1872 Cour d'assises de la Meuse

Saint-Mihiel
Catherine Gerbeaux, épouse Namin

28 ans, sans profession

(28 décembre 1843, Buzy-Darmont)
CRIME CRAPULEUX.

Dans la nuit du 31 juillet au 1er août 1871, à Harville, tuent à coups de marteau et de hachette Guillaume Lacaille, 66 ans, menuisier, et sa fille Clotilde Lacaille, 22 ans, pour voler 40 francs.
Guillotinés le 27 février 1872.
Armand Lahaye

22 ans, terrassier

(24 mars 1849, Belrupt-en-Verdunois)
26 janvier 1872 Cour d'assises de la Seine-et-Oise

Versailles
Gustave Brûlé

33 ans, sabotier et perruquier

(07 février 1848, Béon, 89)
CRIME CRAPULEUX.

Tua à Vernoy (89), ferme des Guérins, dans la nuit du 09 août 1870 Charles Alexandre Griffaud, 41 ans, cultivateur à coups de tiers-point et tenta d'assassiner son fils Ernest Griffaud pour voler... une boîte de jetons et de cartes à jouer, faute d'être parvenu à fracturer le secrétaire pour y prendre les économies du fermier.

Condamné en première instance par la cour d'assises de l'Yonne le 23 juin 1871, arrêt cassé le 14 juillet 1871, condamné en deuxième instance par la cour d'assises de la Seine-et-Marne le 18 novembre 1871, arrêt cassé le 08 décembre 1871.
Guillotiné le 11 mars 1872
12 février 1872 Cour d'assises de la Seine-et-Marne

Melun
Auguste Isaïe Ducorbier

26 ans, cultivateur

(29 décembre 1845, Saint-Denis-lès-Rebais)
CRIME A GAGES (COMMANDITAIRE).

Fit assassiner à coups de hache puis étrangler le 21 novembre 1871 au hameau du Saulx, commune de Rebais, sa femme Marie Julie Fallet, épouse Ducorbier, 24 ans, enceinte de cinq mois, par un ouvrier agricole, Victor Bertin, 34 ans, pour 2.000 francs.

Condamné le même jour que Ducorbier aux travaux forcés à perpétuité, Bertin se pendit le soir-même dans sa cellule.
Guillotiné le 09 avril 1872
21 février 1872 Cour d'assises de l'Aube

Troyes
Léon Constant Bourgogne

19 ans, domestique

(05 juin 1852, Paris)
TUERIE/FAMILICIDE.

Tua pour les voler sa tante, Marie Honorine Parey, veuve Bourgogne, 59 ans, (de sept coups de couteau), sa cousine Isabelle-Angèle Bourgogne, épouse Verrot, 33 ans, (vingt-trois coups) et l'enfant de celle-ci, Louis-Emile Verrot, 7 ans et demi (sept coups), le 05 janvier 1872, Grande Rue à Nogent-sur-Aube.

Il épargna le père de la veuve Bourgogne, le vieux Jacques Parey, endormi et atteint de surdité totale.

Sa mère et instigatrice du crime, Caroline-Jeanne Kurtz, épouse Bourgogne, 49 ans, est condamnée aux travaux forcés à perpétuité.
Guillotiné le 04 avril 1872
21 février 1872 Cour d'assises de la Côte-d'Or

Dijon
Pierre Jean Rouette

26 ans, journalier

(13 mai 1845, Noiron-sur-Bèze)
CRIMES CRAPULEUX.

Etrangla à mains nues le 18 septembre 1871, Anne Legros, veuve Magnien, 69 ans, à Noiron-sur-Bèze (sa mort passe pour une attaque d'apoplexie) et ne trouvant pas d'argent, vole... un bouton.

Récidive le 07 novembre 1871, en étranglant Marguerite Magnien, veuve Cornot, 68 ans, manouvrière, également à Noiron-sur-Bèze, et faute d'argent, repart en volant le paletot du fils Cornot.

Arrêté après la seconde victime, il avoue le premier crime.
Guillotiné le 19 avril 1872.
22 février 1872 Cour d'assises des Ardennes

Mézières
Jean-Baptiste Loth

30 ans, sans profession

(11 mai 1841, Perthes)
CRIME CRAPULEUX.

Couple de mendiants.

Après l'avoir rencontré dans un cabaret de Reims, conçurent le plan de tuer Jean Leroy, 41 ans, coquetier, messager de Reims à Rethel, pour le voler.

S'embusquèrent dans la soirée du 23 septembre 1871 au carrefour d'Isles-sur-Suippe, commune de Saint-Rémy-le-Petit, et quand Leroy arriva dans sa voiture, Loth lui sauta dessus, le frappa à coups de couteau et traîna le mourant vers le fossé. Sur le conseil de sa femme, lui scie le cou avec son couteau.

Butin bien maigre : uniquement le contenu de ses poches, soit 300 francs à peine.
Guillotinés le 13 avril 1872.
Félicité Lambin, épouse Loth

55 ans, sans profession

(23 janvier 1817, Justine-Herbigny)
27 février 1872 Cour d'assises des Bouches-du-Rhône

Aix
Joseph Florent Tourrès

46 ans, cultivateur

(16 octobre 1825, Malaucène, 84)
FÉMINICIDE INTIME.

Assassina sa femme Marie-Madeleine Marin, 40 ans, dans la nuit de Noël 1871 à Orgon en lui fracassant le crâne avec un rouleau de bois puis en lui plantant une fourche dans le visage.

Avait volé 200 francs pour détourner les soupçons.
Guillotiné le 22 avril 1872
13 mai 1872 Cour d'assises de la Seine

Paris
Jean-Baptiste Moreux

33 ans, chauffeur à l'usine à gaz de Vaugirard

(09 avril 1839, Crézancy-en-Sancerre, 18)
CRIME CRAPULEUX/PÉRIPATÉTICIDE.

Dans la nuit du 20 au 21 janvier 1872, étrangla chez elle, rue Cambronne, Zoé "Frisette" Garnier, 27 ans, prostituée, pour la voler.

Fut pris car il força son épouse à porter les bijoux de sa victime.
Guillotiné le 17 juin 1872
14 mai 1872 Cour d'assises du Calvados

Caen
Charles Emmanuel "Jean" Mancel

49 ans, tailleur de pierres

(09 avril 1823, Louvigny)
FÉMINICIDE INTIME/FILICIDE INCESTUEUX.

Père violent, tua sa fille, Marie-Aline Mancel, 17 ans, le 14 mars 1872 à Louvigny à coups de couteau dans la poitrine parce qu'elle refusait de se livrer à ses désirs incestueux, puis viola son cadavre.
Guillotiné le 06 juillet 1872.
23 mai 1872 Cour d'assises de la Haute-Garonne

Toulouse
Francisco Beltran-Trem

38 ans, terrassier

(1834, Bujalaroz, Espagne)
CRIME CRAPULEUX.

Avec deux complices, égorgea à coups de couteau et de rasoir Jean Guillaume Saturnin Salles, 64 ans, marchand de bois, pour le voler dans la nuit du 11 au 12 mars 1872 dans le quartier d'En Jacca, à Colomiers, et menacent de faire subir le même sort à Marie Raynaud, épouse Salles, qui échappe à la mort grâce à l'irruption de voisins.

Antonio Zacalain est condamné aux travaux forcés à perpétuité, Raphaël Morlo est condamné à vingt ans de travaux forcés.
Guillotiné le 27 juillet 1872
24 mai 1872 Cour d'assises des Bouches-du-Rhône

Aix
Isaac "Georges Bisengtein" Sitbon

20 ans, commerçant

(1852, Tunis, Tunisie)
CRIME CRAPULEUX.

Etranglent et poignardent Angelo Grego, 30 ans, commerçant, Tunisien, le 16 janvier 1872 chez lui, 2, rue des Tonneliers à Marseille, puis partent dévaliser son domicile du 47, rue Montgrand et font main basse sur 50.000 francs.

Le lendemain, dépècent le corps à la scie, et se débarrassent ensuite des morceaux du cadavre en les enfermant dans une malle qu'ils vont jeter au large, et qui est récupérée quelques heures plus tard par des pêcheurs.

Complice, Nissim Sizouri est condamné aux travaux forcés à perpétuité.
Guillotinés le 29 juillet 1872 à Marseille.
Raphaël Toledano

21 ans, courtier

(1852, Tunis, Tunisie)
31 mai 1872 Cour d'assises de la Seine

Paris
Ernest Léon Bothrau

24 ans, garçon boucher

(06 août 1847, Paris)
GENDARMICIDES.

Incitent la foule à tuer, durant la Commune, rue Cambronne le 09 janvier 1871, les frères Jean-Baptiste et Constant André, anciens sergents de ville. Jean-Baptiste meurt à l'hôpital Necker l'après-midi du 10 février, Constant survit après de longs mois d'hospitalisation.
Gracié le 21 août 1872.

Décédé à l'île Nou le 08 mai 1874.
Emile Hippolyte Doré

29 ans, jardinier

(17 août 1842, Verrières-le-Buisson, 78)
Gracié le 21 août 1872.

Bénéficie d'une remise de peine et revient en France en 1880.

Décédé le ?
Joseph Meyer

42 ans, homme de peine

(03 janvier 1830, Biesheim, 68)
Gracié le 21 août 1872.

Décédé à l'île Nou le 09 avril 1875.
01 juin 1872 Cour d'assises du Rhône

Lyon
Barthélémy Bernard

26 ans, cultivateur

(11 septembre 1845, Ampuis)
FÉMINICIDE INTIME/FILICIDE.

Ayant fait un fils, Joseph, à Benoîte Paret, sa maîtresse, 20 ans, fille de cafetier, il promet de l'épouser, de reconnaître le petit et de quitter la ville.

Le 08 octobre 1871, elle s'en va avec son petit : leurs corps sont retrouvés percés de coups de couteau le lendemain au milieu d'un champ d'Ampuis, et sans qu'on ait volé ni ses bijoux ni son argent.
Guillotiné le 31 juillet 1872
11 juin 1872 Cour d'assises de la Loire

Montbrison
Jean Guillermet

25 ans, tisseur

(15 octobre 1846, Briennon)
AMANTS DIABOLIQUES.

Après plusieurs tentatives, empoisonna mortellement à l'arsenic Philippe Berger, 51 ans, agriculteur, le mari de sa maîtresse Antoinette Dumont, 38 ans, le 20 novembre 1871 à Maltaverne, commune de Briennon.

La veuve Berger fut condamnée aux travaux forcés à perpétuité.
Gracié le 28 juillet 1872.

Bénéficie d'une remise de peine en 1899.

Décédé à La Foa (Nouvelle-Calédonie) le 12 avril 1905.
17 juin 1872 Cour d'assises du Pas-de-Calais

Saint-Omer
Jean-Baptiste Courcol

56 ans, cultivateur

(13 février 1816, Ecoust-Saint-Mein)
FÉMINICIDE INTIME.

Tua son épouse Flore Angélique Coupé, 51 ans, fileuse, dans son lit à coups de hache dans la nuit du 25 au 26 avril 1872 à Ecoust-Saint-Mein et épargna son fils Camille, 13 ans, qui dormait à côté. Ce dernier le dénonça.
Guillotiné le 03 août 1872 à Arras.
27 juin 1872 Cour d'assises de la Seine

Paris
Étienne Sauvageot

47 ans, maçon

(?, Champerret/Neuilly-sur-Seine)
GENDARMICIDES.

Incite, en compagnie de Doré, Bothrau et Meyer, condamnés à mort le 31 mai 1872, la foule à tuer, durant la Commune, rue Cambronne le 09 janvier 1871, les frères Jean-Baptiste et Constant André, anciens sergents de ville. Jean-Baptiste meurt à l'hôpital Necker l'après-midi du 10 février, Constant survit après de longs mois d'hospitalisation.
Gracié le 20 août 1872.

?
06 juillet 1872 Cour d'assises de la Somme

Amiens
Théophile Hyacinthe Cauchy

22 ans, valet de charrue

(23 septembre 1849, Guillaucourt)
CRIME CRAPULEUX.

Tua à coups de marteau le 21 février 1872 à Bayonvilliers ses patrons, les Debros, vieux et impotents, ainsi que leur chien qui avait voulu les défendre.

Son complice, Boitel, est condamné à quinze ans de travaux forcés.
Guillotiné le 16 août 1872
17 juillet 1872 Cour d'assises des Bouches-du-Rhône

Aix
Luigi "Louis Le Bachin" Garbarino

33 ans, terrassier

(1839, Dondero-Torriglia, Italie)
BRIGANDS.

Chefs de la "bande de la Taille".

Tuent le 15 mai 1871 à Mallemort M.Martin, gardien du pont de la Durance.

Le 19 août 1871, près de la Bastidonne, poignardent un certain Oscar Loneux pour lui voler une montre, des vêtements, son portefeuille.

Dans la nuit du 2 au 3 septembre 1871, massacrent (égorgement à coups de couteau) André Garnier, Véronique Garnier, leur fille Euphrasie, épouse Sube, et leur nièce Rosa Granier à la ferme de l'Eve, à Lurs (Basses-Alpes).

Le 25 octobre 1871, entre le château d'Albertas et l'auberge de la Moumine, brisent la tête d'Elzéard Sautel, 44 ans, messager à Apt, pour le dévaliser.

Le 4 novembre 1871, à Meyrargues, assassinent Marie Julien, veuve Lambot, 76 ans. Seulement, l'un de leurs complices, Jacques Ribetto a acheté les biens de la victime en viager et se trouve donc le suspect parfait. Arrêté, dénonce ses complices.

Angèle Arèse est condamnée aux travaux forcés à perpétuité, Francesco Bellora et Pasquale Montegazzo sont condamnés à vingt ans, Giuseppe Trinchieri à dix ans de réclusion, Giuseppe Montalbetti à cinq ans.
Guillotinés le 01 octobre 1872.
Antonio "Antoine Le Bochou" Galetto

20 ans, terrassier

(1852, San Giorgio Canavese, Italie)
27 juillet 1872 Cour d'assises du Doubs

Besançon
Séraphin Racine

38 ans, journalier

(15 décembre 1833, Naisey-les-Granges, 25)
CRIME CRAPULEUX.

Tente de tuer à coups de pied, le 20 mai 1872 dans la forêt du Chanois, de tuer François-Xavier Euvrard, 55 ans, cultivateur à Orsans, pour lui voler son porte-monnaie contenant 50 francs, ainsi que son parapluie, sa casquette, ses chaussures, son couteau, sa pipe et son tabac.

Son frère utérin et complice, François Groux, ne comparaît pas(???).
Arrêt cassé le 08 août 1872.

Condamné par la cour d'assises du Jura le 02 septembre 1872 aux travaux forcés à perpétuité.

Décédé le 16 décembre 1887 en Nouvelle-Calédonie.
29 octobre 1872 Cour d'assises de la Seine

Paris
Alphonse Eugène Joly

23 ans, vidangeur

(12 février 1849, Vivier-au-Court, 08)
CRIME SUR AGENT PENITENTIAIRE.

Dix-neuf condamnations préalables (?), condamné le 09 juin 1872 par la cour d'assises de la Seine aux travaux forcés à perpétuité pour attaque nocturne à main armée et vol route de Bagnolet commise envers M.Choubrac dans la nuit du 02 février 1872.

Au dépôt des condamnés de la Grande-Roquette, en attente de partir au bagne pour y purger sa peine, tenta de tuer le gardien Havener le 23 juin 1872 à coups de bâton ferré.
Guillotiné le 18 décembre 1872
07 novembre 1872 Cour d'assises du Doubs

Besançon
Jean Pierre Piégelin

28 ans, sans profession

(19 mars 1844, Huanne-Montmartin, 25)
GENDARMICIDE.

Déserteur, en compagnie de cinq autres contrebandiers, en franchissant la frontière franco-suisse à Etraches, dans la nuit du 26 au 27 juin 1872, tue à coups de couteau et de bâton le douanier Favre-Merceret et bât comme plâtre quatre autres douaniers.

Ses complices écoperont de peines allant de dix-huit mois de prison à vingt ans de travaux forcés.
Guillotiné le 06 janvier 1873
14 novembre 1872 Cour d'assises de l'Ille-et-Vilaine

Rennes
Marie Françoise Eulalie Quiniou, épouse Bouyeron

41 ans, ?

(13 juin 1831, Ergué-Armel, 29)
INCENDIAIRE.

Condamnée à cinq ans de prison pour faux en écriture privée et usage de fausses pièces par la cour d'assises du Finistère le 13 avril 1864, et à sept ans de prison pour vol d'argent par la même cour d'assises le 01 février 1871.

Le 03 juin 1871, met le feu à la centrale de Vannes, détruisant la majeure partie des bâtiments et provoquant la mort d'une co-détenue, Marie Françoise Le Charpentier, épouse Limon.

Condamnée aux travaux forcés à perpétuité par la cour d'assises du Morbihan le 09 décembre 1871, arrêt cassé le 04 janvier 1872, condamnée à nouveau par la cour d'assises du Finistère aux travaux forcés à perpétuité le ? avril 1872.

Le 16 juillet 1872, met le feu à plusieurs cellules de la maison centrale de Rennes, provoquant d'importants dégâts matériels mais aucune victime.
Arrêt cassé le 19 décembre 1872.

Condamnée par la cour d'assises des Côtes-du-Nord le 24 janvier 1873 aux travaux forcés à perpétuité.

Décédée le ?
15 novembre 1872 Cour d'assises de la Marne

Reims
Pierre Auguste Garel

24 ans, garçon boucher

(30 novembre 1847, Roissy-en-Brie, 77)
FEMINICIDE SEXUEL ET SADIQUE/PÉRIPATÉTICIDE.

Le 12 août 1872 dans un champ de Reims, après avoir eu des relations sexuelles avec elle, tue la prostituée Sidonie Cauchy, l'assomme à coups de pierre, la décapite avec une serpette et l'éventre.
Guillotiné le 10 janvier 1873.
19 novembre 1872 Cour d'assises de l'Ille-et-Vilaine

Rennes
Christian Ernest Lemarchand

32 ans, aide mécanicien sur bateau

(04 février 1840, Rennes)
CRIME CRAPULEUX/CRIME AVUNCULAIRE.

Orphelin très jeune, le 13 janvier 1872 à Rennes, étrangla sa tante et bienfaitrice Angélique Pinel, institutrice, parce qu'elle refusait de lui donner de l'argent, pour lui voler deux obligations de l'Ouest et deux obligations de la Société immobilière.

Sa précipitation à revendre les obligations dès février causa sa perte.
Guillotiné le 14 janvier 1873.
07 décembre 1872 Cour d'assises de la Sarthe

Le Mans
Casimir Pavillon

23 ans, domestique de ferme

(04 mai 1849, Courgains, 72)
AMANTS DIABOLIQUES.

Abat d'un coup de fusil en plein visage son maître, Aimable Bouton, 35 ans, le 23 octobre 1872 à René.

Sa complice et maîtresse, Mélina Joséphine Besnard, veuve Bouton, 22 ans, est condamnée aux travaux forcés à perpétuité.
Pourvoi rejeté le 04 janvier 1873.

Gracié fin janvier 1873.

Décédé le 18 mars 1874 à l'île Nou.
10 décembre 1872 Cour d'assises du Pas-de-Calais

Saint-Omer
Ambroisine Eloïse Marillion, veuve Courbot

43 ans, journalière

(30 mars 1829, Wavrans-sur-l'Âa)
AMANTS DIABOLIQUES.

Fait assommer à coups de poings, puis étrangler son mari, Casimir Courbot, 45 ans, le 13 août 1872 à Lumbres, puis jette le corps dans la rivière, l'Aa.

Avait déjà tenté d'empoisonner son époux au phosphore : le crime était prémédité depuis un an et demi.

Aimable Ansel, amant et complice d'Ambroisine, est condamné aux travaux forcés à perpétuité.
Pourvoi rejeté le 17 janvier 1873.

Graciée fin janvier 1873.

Décédée le 17 juillet 1890 à Clermont (60).
21 décembre 1872 Cour d'assises du Rhône

Lyon
Claude Perret

39 ans, corroyeur

(20 avril 1833, Belley, 01)
CRIME CRAPULEUX.

Tuèrent dans la nuit du 27 au 28 mai 1872 à Monplaisir le vieux Jean Patricot, commissionnaire à Vaise. Ils le plièrent en deux pour l'enfermer dans un sac et le jeter le long de la voix ferrée Lyon-Genève.

Vulliard était en procès pour une affaire de détournement de gaz : Patricot, en tant que témoin, devait comparaître le matin-même au tribunal correctionnel, et en plus, Vulliard lui devait de l'argent.

Un troisième complice, Nuet, fut condamné aux travaux forcés à perpétuité.
Guillotinés le 14 février 1873.
Jean Louis Vulliard

41 ans, cocher, limonadier

(03 mai 1831, Belley, 01)

1873 : 34 condamnations

23 janvier 1873 Cour d'assises de l'Ain

Bourg
Claude Rambau

26 ans, cultivateur

(30 octobre 1846, Lyon)
CRIME DE VENGEANCE/INCENDIAIRE.

Mit le feu à la maison des Bonnet, dans la nuit du 09 au 10 septembre 1872 au Plantay, entraînant la mort de Claude Veuillet, sept ans, berger des Bonnet.

M.Bonnet lui devait de l'argent et tardait à le rembourser.
Gracié le 11 mars 1873.

Décédé le 11 avril 1874 à l'île Nou.
07 février 1873 Cour d'assises de l'Aube

Troyes
Henri Athanase Genet

57 ans, vigneron

(24 avril 1815, Chesley, 10)
FÉMINICIDE INTIME.

Tue à coups de hache, dans la nuit du 31 décembre 1872 au 1er janvier 1873 à Cussangy sa femme Angélique Boucherat, 58 ans, et met le corps dans sa grange à laquelle il met le feu.

Il voulait refaire sa vie avec une femme plus jeune.
Gracié le 22 mars 1873.

Décédé le 18 juin 1879 à l'île Nou.
12 février 1873 Cour d'assises de l'Aisne

Laon
Augustin Guyard

35 ans, vigneron

(02 décembre 1837, Brasles, 02)
MATRICIDE.

Assassina sa mère, Louise Catherine Sonnette, veuve Guyard, 56 ans, vigneronne, qu'il déteste, le 7 avril 1871 à Brasles, à coups de bâton ferré.

Sa jeune nièce, Julie, témoin de la scène, le dénonça en octobre 1872.
Guillotiné le 25 mars 1873.
14 février 1873 Cour d'assises du Puy-de-Dôme

Riom
François Jacques Hébrard

26 ans, journalier

(28 octobre 1846, Teilhède, 63)
CRIME CRAPULEUX.

Sur la route de Montferrand, abattit de deux coups de fusil son voisin Marien Courson au soir du 10 janvier 1873 pour lui voler sa sacoche contenant 591 francs.

Hébrard avait une dette de 20 francs à règler à Courson, et refusait de la rembourser.
Guillotiné le 29 mars 1873.
14 février 1873 Cour d'assises du Maine-et-Loire

Angers
François Adrien "Isidore" Gautier

22 ans, cocher

(17 juillet 1850, Saint-Rémy-l'Honoré, 78)
AMANTS DIABOLIQUES.

Pris en amitié par Auguste Bruère, cordonnier et facteur auxiliaire de Broc, il le remercia en devenant l'amant de sa femme. Informé par lettre anonyme de son cocufiage, Bruère interdit à Gautier de remettre les pieds chez lui, et qu'il ne pardonnerait cette tromperie que s'il quittait le pays.

Les amants décidèrent de tuer l'époux gênant. A cinq reprises, les tentatives de guet-apens échouèrent. La sixième, le 23 septembre 1872, réussit : en rentrant de chez son père, sur la route de Chalounes à Broc, Bruère fut tué de cinq balles de revolver et six coups de couteau de boucher.
Guillotiné le 15 avril 1873.
Marie Madeleine Hérissé, veuve Brière

27 ans, epicière

(06 mars 1845, Chalonnes-sous-le-Lude)
Graciée en avril 1873.

Décédée le 26 décembre 1877 à Rennes (35).
20 février 1873 Cour d'assises de la Seine-et-Marne

Melun
Jean Napoléon Sévin

20 ans, manouvrier

(10 avril 1852, Villiers-sous-Grez, 77)
TENTATIVE DE PARRICIDE.

Le 25 décembre 1872, à Villiers-sous-Grez, tente de tuer son père Jean Sévin, 54 ans, vigneron, en lui tirant un coup de fusil dans la tête, puis en le frappant à coups de crosse de fusil et de serpe. Sévin père survit.
Guillotiné le 09 avril 1873
01 mars 1873 Cour d'assises du Rhône

Lyon
Antoine Vachot

21 ans, commensal à Belleville

(18 mars 1851, Saint-Georges-de-Reneins, 69)
CRIME CRAPULEUX.

Le 19 décembre 1872, assassine à coups de canne le tailleur Léonard Vitte, au hameau de Bussy, commune de Saint-Georges-de-Reneins pour le voler.

Une pipe en bois oubliée sur la table le trahit.
Guillotiné le 24 avril 1873.
08 mars 1873 Cour d'assises de la Loire-Inférieure

Nantes
Ignatio "Ignace" Iturmendi

24 ans, laboureur, barbier

(vers 1850, Vérina (?), Espagne)
Poignarde à seize reprises le commandant carliste José Asla à Nantes le 21 décembre 1872.

San Vicente Lauriano et Salvador Bilbao sont respectivement condamnés à perpétuité et à dix ans de travaux forcés.
Guillotiné le 19 avril 1873.
02 avril 1873 Cour d'assises de la Somme

Amiens
Chrysostome Gédéon Pecquet

42 ans, journalier

(19 décembre 1830, Rambures, 80)
INCENDIAIRE.

Met le feu à une maison de Rambures le 1er mars 1872.

Poursuivi également pour avoir tenté de tuer son parent Aristide Pecquet le 29 décembre 1872 à Rambures, il est acquitté pour ce second fait.
Gracié le 23 mai 1873, peine commuée en 20 ans de travaux forcés.

Décédé le 01 mars 1883 à Bourail.
10 avril 1873 Cour d'assises de la Saône-et-Loire

Chalon-sur-Saône
Jean Philippe "Louis Jourdain" Rissler
(identité incertaine)

environ 56 ans, marchand ambulant

(vers le 21 avril 1816, Berlin, Allemagne ?)
CRIME CRAPULEUX.

Surpris alors qu'il cambriole la maison des époux Poulin, aubergistes, épiciers et merciers à Sancé, dans la nuit du 11 au 12 novembre 1872, abat Louis Poulin, 47 ans, et Pierrette Orel, épouse Poulin, 41 ans, à coups de revolver avant de voler quatre porte-monnaie, puis d'être maîtrisé et assommé à coups de sabot par Pierre et Claude Poulin, les grands fils du couple.

Son complice Frédéric Gurtner, 31 ans, vannier, Suisse, parvient à fuir, mais est arrêté dès le lendemain.

Au premier jour du procès, Rissler tente de se suicider en se coupant le bras avec un couteau, mais il est désarmé à temps.

Le 28 août 1850, sous l'identité de Jourdain, Rissler avait été condamné par la cour d'assises de la Côte-d'Or à vingt ans de réclusion pour vol.

Gurtner, titulaire de plusieurs condamnations pour vol en Suisse, est condamné aux travaux forcés à perpétuité.
Guillotiné le 27 mai 1873.
15 avril 1873 Cour d'assises de la Seine

Paris
Antoine Couturier

54 ans, ancien employé des Pompes Funèbres, marchand de vin

(12 août 1818, Puligny, 21)
FÉMINICIDE INTIME.

Au 59, boulevard de Vaugirard, en état d'ébriété, tua sa femme Cécile Garaud, 57 ans, marchande de vin, de trois coups de hachette dans la tête le 11 décembre 1872 parce qu'elle avait osé lui répondre.

Mari violent depuis des années, menaçant également ses belles-filles, nées d'un premier mariage de Cécile. Le couple vivait séparé depuis quelque temps, Antoine résidant dans l'immeuble voisin, au 61, mais c'était Cécile qui payait nourriture et logement de son dangereux époux !
Guillotiné le 24 mai 1873.
24 avril 1873 Cour d'assises de la Meuse

Saint-Mihiel
Jules Nicolas Marc

20 ans, domestique

(27 juin 1852, Gretz, 55)
INCENDIAIRE.

A Nubécourt, auteur d'incendies volontaires de deux maisons et d'une grange le 29 septembre 1872, de deux maisons et de deux granges le 05 janvier 1873 et d'une grange le 02 février.

Suspecté dans le cadre de trois autres incendies commis le 22 novembre 1870, le 06 décembre 1870, et le 2 janvier 1873 : au total, dix-sept maisons parties en cendres.
Gracié le 03 juin 1873.

Décédé à Bourail le 14 mai 1917.
30 avril 1873 Cour d'assises de la Seine-et-Oise

Versailles
Jean Louis Désiré Grumet

39 ans, charretier

(15 octobre 1833, Flavy-le-Martel, 02)
CRIME DE VENGEANCE.

Ivrogne, furieux qu'on ne lui fasse plus crédit, tenta de tuer Pauline Gallois, épouse Guillaume, 29 ans, marchande de vin au 57, rue de Meaux à Livry-Gargan le 06 mars 1873, en lui donnant un coup de couteau puis en l'étranglant.
Gracié le 14 juin 1873.

Décédé le 17 avril 1874 à l'île Nou.
01 mai 1873 Cour d'assises de la Seine-et-Oise

Versailles
Gustave Eugène Lafond

20 ans, ouvrier pâtissier

(16 septembre 1852, Esternay, 51)
RIVALITÉ AMOUREUSE.

Tue son collègue mitron Auguste Vernier, 16 ans et demi, de trois coups de hachoir à viande, et met le feu à son lit le 22 janvier 1873 au 16, rue Hoche à Versailles.

Mobile : les deux hommes étaient amoureux de Blanche Valtat, 21 ans, bonne chez leur employeur, le pâtissier Jules Brefort.
Gracié le 14 juin 1873.

Décédé après 1902 en Nouvelle-Calédonie.
09 mai 1873 Cour d'assises du Calvados

Caen
Joséphine Anne Crespin

31 ans, gantière

(18 mai 1841, Pertheville, 14)
INFANTICIDES.

Supprima les enfants nés viables de ses deux grossesses naturelles au printemps 1870 et dans la nuit du 2 au 3 janvier 1873 à Fresné-la-Mère.

Sa mère, Anne-Catherine Souloy, épouse Crespin, est condamnée aux travaux forcés à perpétuité.
Graciée le 19 juin 1873.

Libérée en 1891.

Décédée le ?
17 mai 1873 Cour d'assises de l'Aisne

Laon
Giambattista "Jean Baptiste" Ferrari

36 ans, manouvrier

(23 mai 1836, Toloza (?), Italie)
CRIME CRAPULEUX.

Dans la nuit du 14 au 15 novembre 1871, assassine à coups de masse Eugène Demeiller, 36 ans, et Marie Josèphe Muguet, épouse Demeiller, 33 ans, tenanciers de l'auberge des Quatre-Vents à Landouzy-la-Ville.

La petite Marie Rousselle, 8 ans, fille d'une de ses complices et présente lors du double crime, les trahira le 24 février 1872.

Ses complices Pierrot et Marloi sont condamnés aux travaux forcés à perpétuité, et Vanpoël à quinze ans de travaux forcés.
Guillotiné le 26 juillet 1873
04 juin 1873 Cour d'assises du Rhône

Lyon
Jules Joseph Seringer

27 ans, marin

(23 avril 1846, Mélecey, 70)
FAMILICIDE/TUERIE.

Dans la nuit du 28 au 29 janvier 1873, au 20, rue Meunier à Villeurbanne, tua à coups de couteau sa mère Marie Hortense Posty, épouse Guérin, 47 ans, son beau-père Louis Apollinaire Guérin, 68 ans, ancien receveur de navigation, et sa demi-soeur Claude Esther Guérin, 23 ans.
Guillotiné le 05 août 1873.
15 juin 1873 Cour d'assises de la Seine-Inférieure

Rouen
Adolphe Romain Neveu

38 ans, contremaître à l'usine de coton Mottet

(29 septembre 1834, Yvetot, 76)
FÉMINICIDE NON INTIME/CRIME DE VENGEANCE.

Le 22 novembre 1872, entre Canteleu et Rouen, défigure et fracasse le crâne du jeune Delphin Luce, 10 ans, et tente d'assassiner de la même manière Justine Boulard, 20 ans, tous deux ouvriers dans la même usine.

Il s'enfuit avant de pouvoir violer Justine, qui devait se marier trois jours plus tard et qui n'avait jamais accepté d'être sienne.
Gracié le 02 août 1873.

Décédé le 27 septembre 1918 à l'île Nou.
18 juin 1873 Cour d'assises du Lot-et-Garonne

Agen
Jean "Johannès" Mano

29 ans, facteur rural, charpentier

(27 juillet 1843, Saugnac-et-Muret, 40)
FAMILICIDE/FÉMINICIDE INTIME.

Ne supportant plus de vivre sous le même toit que ses beaux-parents, tue à coups de pic le 10 avril 1872 au Barp (Gironde) son beau-père Arnaud Mano, 60 ans, maçon, sa belle-mère Marie Levesque, épouse Mano, 51 ans, sa propre femme, Jeanne "Manorine" Mano, épouse Mano, 31 ans, ainsi que leurs deux filles, Marie, 5 ans, et Maria, onze mois, laissant les petits garçons en vie (Bernardin, 7 ans et Jean, 3 ans).

Condamné en première instance aux travaux forcés à perpétuité par la cour d'assises de la Gironde le 15 mars 1873, arrêt cassé le 17 avril 1873.
Exécution prévue au Barp.

Gracié le 14 août 1873.

Décédé le 30 septembre 1902 à l'île Nou.
18 juin 1873 Cour d'assises de la Seine

Paris
François Jumeau

25 ans, jardinier

(vers 1848, Paris)
CRIME CRAPULEUX.

Enfermé en maison de correction à Mettray jusqu'en 1869, se rend le 08 avril 1873 au 20, rue Dupin chez M.Hartard, un ancien gardien de Mettray, qui comptait lui faire une lettre pour assurer les autorités de la volonté de réinsertion de Jumeau. Trouvant Mme Hartard, 65 ans, seule chez elle, Jumeau décide de profiter de la situation et tente de l'assassiner pour la voler.

Un complice demeure en fuite.
Gracié le 02 août 1873.

Décédé le 30 décembre 1920 au Camp Est.
19 juin 1873 Cour d'assises de la Loire

Montbrison
Charles Jean Baptiste Houbre

29 ans, journalier

(24 avril 1844, Malzéville, 54)
CRIME CRAPULEUX.

Libéré de prison pour vol, sans le sou, sans travail (personne ne voulant embaucher un voleur), assassine à coups de couteau dans la nuit du 22 au 23 février 1873 au bois d'Avaize, à Rive-de-Gier, le nommé Jean Laurent pour lui dérober son livret d'ouvrier.
Guillotiné le 06 août 1873
15 juillet 1873 Cour d'assises de la Dordogne

Périgueux
Martial Lardy

21 ans, tailleur

(03 février 1852, Audrix, 24)
CRIME CRAPULEUX.

Fraîchement libéré de la centrale d'Eysses où il avait été incarcéré suite à plusieurs condamnations pour vols, tue à coups de lime et de pioche, le 17 avril 1873 à Salles-de-Belvès, Marie Glaudine, épouse Calvet, 58 ans, meunière, alors qu'il la cambriole et dérobe 27 francs.
Exécution prévue à Salles-de-Belvès.

Gracié le 29 août 1873.

Décédé le 02 mars 1883 à Fonwhary.
16 juillet 1873 Cour d'assises de l'Ain

Bourg
Jean Thomas

59 ans, cultivateur

(02 novembre 1813, Trévoux, 01)
FÉMINICIDE INTIME.

A Reyrieux, le 07 mai 1873, tua à coups de maillet sa deuxième femme Benoîte Marie Dufour, 50 ans, et tenta de faire croire à un cambriolage ayant mal tourné.

Il espérait ainsi récupérer l'intégralité des biens obtenus par le mariage... tandis que Benoîte, lassée de sa violence, songeait à divorcer.
Gracié le 28 août 1873.

Décédé le 10 septembre 1873 à Lyon (suicide par pendaison à la prison Saint-Paul).
06 août 1873 Cour d'assises de la Haute-Saône

Vesoul
Nicolas Simonnet

28 ans, tourneur en bois

(08 mai 1845, Leffond, 70)
CRIME CRAPULEUX.

Repris de justice, tua à Leffond le 19 mai 1868 Jeanne Françoise Talnet, veuve Simonnet, 80 ans, en lui fracturant le crâne et en l'étranglant pour la voler, mais également pour se venger d'une dénonciation de sa part qui l'avait conduit pendant un an en prison pour lui avoir volé du lard.

Condamné le 24 avril 1873 aux travaux forcés à perpétuité par la cour d'assises du Loiret pour avoir, dans la nuit du 14 au 15 janvier 1873, tué à coups de maillet, à Châteauneuf-sur-Loire, Pierre Jollivet, 62 ans, tourneur en bois, qui avait eu le tort de l'embaucher comme domestique trois jours plus tôt, et à qui il avait dérobé 150 francs.

La nouvelle de cette condamnation parue dans la presse réveilla les anciens soupçons des habitants de Leffond, qui n'avaient osé le dénoncer à l'époque faute de preuves suffisantes - et craignant sans doute les représailles.
Gracié le 20 septembre 1873.

Condamné à mort le 17 octobre 1876 par le 2e Conseil de Guerre de la Guyane pour tentative d'assassinat.

Guillotiné le 21 octobre 1876 à Cayenne (973).
08 août 1873 Cour d'assises du Nord

Douai
Ernest Edmond Mignot

22 ans, ferblantier

(27 juin 1851, Saint-Quentin, 59)
CRIME SUR CODÉTENU.

Condamné à vingt ans de prison pour incendies volontaires le 13 février 1873, poignarde d'un coup de tiers-point dans le bas-ventre un co-détenu, Louis Dufresne, 38 ans, le 17 mai 1873, dans la maison centrale de Loos-les-Lille, parce que ce dernier lui aurait volé son gobelet.
Exécution prévue dans la cour de la centrale de Loos.

Gracié le 04 octobre 1873.

Décédé le 18 février 1876 à l'île Nou.
19 août 1873 Cour d'assises de l'Aude

Carcassonne
Antonin Pradal

34 ans, commis boucher

(03 juin 1839, Sigean, 11)
NÉPOTICIDE/CRIME DE VENGEANCE.

Repris de justice, déjà condamné sept fois pour vol.

Le 13 mai 1873, à Port-la-Nouvelle, en pleine rue, agresse à coups de couteau de boucher son frère Jacques Pradal, 48 ans, boucher le blessant à la jambe, pour se venger d'avoir été licencié la veille suite au vol d'un billet de 10 francs.

Se précipite au domicile de son frère où il s'enferme dans la chambre de sa nièce Anna Marie Marguerite Pradal, 4 ans, qu'il poignarde et décapite à coups de couteau.
Guillotiné le 15 octobre 1873.
28 août 1873 Cour d'assises de l'Eure-et-Loir

Chartres
Jean Pierre Hulans

34 ans, voiturier

(08 novembre 1838, Saint-Hilaire-la-Gravelle, 41)
CRIME CRAPULEUX.

Repris de justice, libéré de prison début juin 1873, assassine à coups de bâton dans la nuque, dans la nuit du 24 au 25 juin 1873 sur le bord d'une route à La Fringale, commune de La Chapelle-du-Noyer, François Octave Gallou, 38 ans, journalier, pour lui voler sa montre et environ 30 francs.
Guillotiné le 11 octobre 1873 à Châteaudun.
11 octobre 1873 Cour d'assises des Côtes-du-Nord

Saint-Brieuc
François "Thomann, Landauer" Zepp

33 ans, acrobate, Hercule de foire

(16 février 1840, Rimbach, 68)
FÉMINICIDE INTIME.

Tua le 08 août 1873, sur la route de Binic à Saint-Brieuc, commune de Saint-Julien, sa compagne, Anna Klocksès, épouse Landauer, de vingt-neuf coups de couteau.
Gracié le 19 novembre 1873.

Condamné à mort par le Conseil de Guerre de Nouvelle-Calédonie le 20 mai 1879, peine commuée en travaux forcés à perpétuité le 30 août 1879.

Décédé le 17 juin 1882.
23 octobre 1873 Cour d'assises du Loiret

Orléans
Louis Henri "Camille" Rouard

20 ans, journalier, maçon

(18 mars 1853, Montargis, 45)
SATYRE ASSASSIN/FÉMINICIDE SEXUEL.

Déjà condamné à trois ans de prison en 1870 pour vols.

Le 29 juin 1873, à Oussoy, rencontre Marie-Louise Denis, 16 ans, au bal. Face à ses réticences, il l'enlève, la conduit dans un champ de blé pour tenter de la violer avant de renoncer et de la défigurer et de la décapiter à coups de couteau.
Gracié le 03 décembre 1873.

Décédé le 01 janvier 1914 en Nouvelle-Calédonie.
31 octobre 1873 Cour d'assises de l'Allier

Moulins
Blaise Rondepierre

29 ans, cultivateur

(30 novembre 1843, Varennes-sur-Tèche, 03)
CRIMES CRAPULEUX.

A Boucé, tue à coups de hache dans la nuit du 17 au 18 février 1872 Étienne Crozat, 70 ans, meunier et sa femme Marie Neury, épouse Crozat, 66 ans, pour les voler.

Le 15 juin 1873, en pleine nuit, à Saint-Gérand-le-Puy, il réveille les époux Rambert et abat Gilberte Maillant, épouse Rambert, 60 ans, cultivatrice, d'une cartouche en plein visage alors que celle-ci ouvre la porte ; tente de faire feu une seconde fois sur Charles Rambert, 76 ans, qui parvient à refermer la porte et à le mettre en fuite.
Guillotiné le 11 décembre 1873 à Varennes-sur-Allier.
15 novembre 1873 Cour d'assises du Nord

Douai
Louis Joseph "Deux-Têtes" Afchain

50 ans, tisseur

(15 juin 1823, Honnechy, 59)
CRIME DE VENGEANCE PAR ERREUR.

Contrebandier, le 03 août 1873, au hameau de la Haie-Manneresse, commune de Saint-Souplet, abat d'un coup de fusil Pierre Joseph Carlier, 31 ans, fabricant de tissus.

Crime commis par erreur : en froid avec un voisin nommé Deprez, qui lui devait trois francs et ne cessait de repousser l'échéance du paiement, avait pris Carlier pour son débiteur et l'avait abattu sans sommation.
Gracié le 31 décembre 1873.

Décédé le 04 janvier 1887 en Nouvelle-Calédonie.
30 novembre 1873 Cour d'assises des Bouches-du-Rhône

Aix
Jean Joseph Augustin "Eugène Blachet" Daronnat

21 ans, soldat

(25 février 1852, Saint-Victor, 07)
CRIME CRAPULEUX.

Déserteur du 4e régiment d'infanterie de marine, assassine à coups de taravelle et de couteau le 04 juin 1873, entre Cuges-les-Pins et Aubagne, au lieu dit "La Roche-Taillée", Joseph Jullien, charretier d'Aubagne, pour le voler.
Gracié le 22 janvier 1874.

Décédé le 21 avril 1884 en Nouvelle-Calédonie.
06 décembre 1873 Cour d'assises de la Corrèze

Tulle
Pierre Taurisson

35 ans, cultivateur

(09 avril 1838, Turenne, 19)
SATYRE ASSASSIN D'ENFANTS.

Le 28 juillet 1873, sortant de la prison centrale d'Eysses où il vient de purger cinq ans pour vol, à quatre kilomètres de Cahors, il égorge, éventre et viole la petite Marie Sastres, 9 ans, et vole son parapluie et ses bottines.

Le 11 août, à Noailles, volant un sac de blé chez le fermier Serres, il est surpris par la petite Marguerite Conche, bergère de dix ans : comme elle menace de le dénoncer, il l'égorge et l'éventre de six coups de couteau.
Guillotiné le 15 janvier 1874.

1874 : 31 condamnations

07 janvier 1874 Cour d'assises de la Somme

Amiens
Oscar Désiré Choart

26 ans, mécanicien

(13 mars 1847, Seclin, 59)
CRIME DE VENGEANCE/FÉMINICIDE INTIME.

Abat à coups de revolver le 13 novembre 1873 à Corbie son beau-frère Louis Lefebvre, et tente d'abattre son épouse Mathilde Elvire Lefebvre, 33 ans, au sortir d'un rendez-vous à Amiens pour planifier leur divorce, suite à une dispute au cours de laquelle il avait cassé tous ses meubles.
Gracié le 03 février 1874.

Evadé de Saint-Laurent-du-Maroni le 12 septembre 1881.
24 janvier 1874 Cour d'assises de la Seine

Paris
Pierre Blaise Moignon

31 ans, journalier

(21 août 1842, Paris)
FÉMINICIDE INTIME.

Condamné le 26 septembre 1860 par la cour d'assises de la Seine à six ans de travaux forcés pour cambriolage, peine purgée en Guyane.

Le 05 octobre 1873, au 22, rue Soulages à Bercy, tue d'une balle dans la tête sa soeur Antoinette Moignon, épouse Jaffeux, 23 ans, marchande de futailles au 22, rue de Soulage, à Bercy.

Il avait profité du fait qu'elle soit une épouse volage pour parvenir à la violer au cours d'un voyage de son époux, après des refus maintes fois répétés de lui céder, et avait décidé de la tuer quand elle lui avait interdit de la toucher.
Gracié le 24 février 1874.

Décédé le 30 juin 1874 à Saint-Martin-de-Ré (17).
04 février 1874 Cour d'assises du Calvados

Caen
Aimée Rosalie Gautier, épouse Grandière

35 ans, domestique

(04 ou 13 septembre 1838, Rânes, 61)
INFANTICIDE.

Mère de deux enfants légitimes, séparée de son époux Toussaint suite à son intempérance, accouche d'un troisième enfant, un garçon, né d'un adultère, le 26 décembre 1873 à Sainte-Marie-aux-Anglais, et l'étouffe immédiatement.
Graciée le 20 mars 1874.

Décédée le ?
09 février 1874 Cour d'assises des Basses-Pyrénées

Pau
Augustino Balbino-Banuelos

47 ans, cordonnier

(1827, Canales, Espagne)
CRIME CRAPULEUX.

Assassinèrent Frédéric Rausch à coups de couteau dans la tête, le 20 octobre 1872 sur les allées marines de Bayonne, pour le voler.

Les fils Banuelos, Pedro et Augustino, complices, sont condamnés à vingt ans de travaux forcés et dix ans de réclusion.
Exécution prévue à Bayonne.

Gracié le 31 mars 1874.

Peine prescrite le 01 janvier 1928.

Décédé le ?
Damian "Cosme Correas" Corillo-Gestal

32 ans, cordonnier

(1842, Correos de Samora, Espagne)
Guillotiné le 08 avril 1874 à Bayonne.
27 février 1874 Cour d'assises de la Vienne

Poitiers
Jean Marsault

62 ans, cultivateur

(24 novembre 1811, Frontenay-sur-Dive, 86)
CRIME DE VENGEANCE/TUERIE.

Ayant cédé à son fils et à sa bru ses biens en viager, le fermier est pris d'une hargne à leur encontre.

Le 18 octobre 1873, à Frontenay, à la suite d'une dispute, abat d'un coup de fusil sa belle-fille Marie Rondeau alors qu'elle cherche à se réfugier chez ses voisins et cousins, les Guillon. Louis Guillon, touché en pleine poitrine, agonisera une semaine durant.

Marsault va ensuite dans le champ de son fils et tombe sur le père de sa bru, Pierre Rondeau, en train de labourer. Il le blesse sans le tuer.

Marsault est arrêté alors qu'il demande à une ferme voisine de la poudre et des munitions pour son arme.
Guillotiné le 10 avril 1874.
04 mars 1874 Cour d'assises de la Haute-Garonne

Toulouse
Pierre Lasserre

41 ans, charpentier

(02 octobre 1832, Montgeard, 31)
CRIME CRAPULEUX/INCENDIAIRES.

Tuent d'un coup de hachette dans la tête, le 16 octobre 1873, Adolphe Fouant, baron de la Tombelle, 55 ans, patron de Le Vaineur, dans son manoir d'Ampouillac, à Cintegabelle, et incendient le château après l'avoir dévalisé.

Un mètre de menuisier, appartenant à Lasserre, mit la police sur la piste.
Guillotinés le 21 avril 1874.
Philippe "Mitron" Le Vaineur

28 ans, domestique

(vers le 01 mai 1845, Mouchès, 32)
16 avril 1874 Cour d'assises de la Mayenne

Laval
René Houdaylier

76 ans, commerçant à la retraite

(vers 1798, Houssay, 53)
FÉMINICIDE INTIME/CRIME DE VENGEANCE.

Tua sa femme, Jacquine Bodin, à Château-Gontier le 29 décembre 1873, puis fait subir le même sort, à coups de poignard dans le ventre et l'aine à M.Piron, commerçant dans la même ville, qu'il accusait à tort être à l'origine de la ruine de son commerce de blés.

Alla ensuite frapper d'un coup de couteau à la cuisse Mme Gaudin, qu'il accusa de lui avoir dérobé 30 francs, puis tenta de se suicider en se pendant chez lui.
Exécution prévue à Château-Gontier.

Gracié le 28 mai 1874, peine commuée en réclusion à perpétuité.

Décédé le 25 août 1880 à Caen.
16 mai 1874 Cour d'assises de la Haute-Garonne

Toulouse
Antoine Césériat

40 ans, terrassier sur la ligne ferroviaire Toulouse-Auch

(02 avril 1834, Lyon)
CRIME CRAPULEUX.

Tue à coups de bâton ferré Joseph Baillet, 56 ans, marchand-colporteur, et Marie Coste, épouse Battier, 46 ans, le 08 décembre 1873 à leur domicile de Pibrac pour les voler, et incendie leur maison pour dissimuler son crime.
Guillotiné le 30 juin 1874 à Pibrac.
01 juin 1874 Cour d'assises du Puy-de-Dôme

Riom
Charles Chassagnette

38 ans, cultivateur, maçon

(03 octobre 1835, Charensat, 63)
CRIME CRAPULEUX.

Fracasse à coups de pierre le crâne de Joseph Berthon, 65 ans, cultivateur, dans la nuit du 18 au 19 avril 1874 entre les Marmetoux et Charensat pour lui voler 43 francs.
Exécution prévue à Saint-Gervais.

Gracié le 30 juin 1874.

Décédé à l'île Nou le 23 mai 1875.
10 juillet 1874 Cour d'assises des Côtes-du-Nord

Saint-Brieuc
Euphrosine Marie Bogard, épouse Bourgeon

22 ans, cultivatrice

(07 février 1852, Le Haut-Corlay, 22)
TENTATIVE DE MARITICIDE.

Tente d'empoisonner son mari Jean Baptiste Bourgeon à Botquillio, commune de Saint-Mayeux, en lui faisant avaler du cidre mêlé de phosphore à deux reprises, le 01 mars et un dimanche de mars suivant, puis avec un potage additionné de mort-aux-rats (arsenic) le 22 avril 1874.

Les doses de phosphore provoquent chez Bourgeon de violentes coliques, et il ne mange que deux cuillères de potage, ce qui est insuffisant pour le tuer lors de la dernière tentative.

Euphrosine Aimée Guillermo, épouse Le Gall, sa mère, 50 ans, ménagère, qui avait acheté l'arsenic, est condamnée aux travaux forcés à perpétuité.
Graciée le 19 août 1874.

Décédée le 19 février 1877 à Rennes (35).
25 juillet 1874 Cour d'assises de la Haute-Marne

Chaumont
François Eugène Lièvre

27 ans, mineur

(30 novembre 1846, Vaucouleurs, 55)
CRIME CRAPULEUX.

Assassine dans la nuit du 19 au 20 avril 1874 à Thomance-les-Joinville Mme veuve Hanin, une vieille rentière, pour la voler, et consomme du kirsch à côté du cadavre, oubliant son propre tire-bouchon sur les lieux du crime.
Gracié le 04 septembre 1874.

Décédé le 23 avril 1901 à l'île Nou.
07 août 1874 Cour d'assises de la Haute-Saône

Vesoul
Jean François Poisse

46 ans, ouvrier mineur

(21 avril 1828, Valay, 70)
CRIME CRAPULEUX.

Le 1er juillet 1874, dans les bois de la Vendue, abat d'un coup de fusil en pleine poitrine M.Lambert, facteur de Valay, pour lui voler son portefeuille.
Guillotiné le 15 septembre 1874.
12 août 1874 Cour d'assises du Nord

Douai
Louis Cuvelier

20 ans, sans profession

(26 août 1853, Annoeullin, 59)
CRIME CRAPULEUX/INCENDIAIRE.

Tue à Annoeullin dans la nuit du 03 au 04 juillet 1874 François Maille, 68 ans, en l'étranglant pour lui voler 528 francs, puis met le feu à sa ferme.
Gracié le 26 septembre 1874.

Décédé le 21 juillet 1875 à l'île Nou.
18 août 1874 Cour d'assises de l'Aude

Carcassonne
Antonio Carrera-Fillol

19 ans, terrassier

(février 1855, Albelda, Espagne)
CRIME CRAPULEUX.

Tue le 28 avril 1874 à Conhilac son compatriote Villars à coups de maillet puis en l'égorgeant pour lui voler les économies qu'il avait eu le tort de lui montrer, soit à peine plus de 40 francs.

Son complice Antonio Espiès, 19 ans, journalier, est condamné aux travaux forcés à perpétuité.
Gracié le 26 septembre 1874.

Evadé le 25 juillet 1898.
24 août 1874 Cour d'assises du Gard

Nîmes
Joseph Marie Mariani

24 ans, marin

(01 février 1850, Montemaggiore-Montegrosso, 20)
CRIME SUR CODÉTENU.

Détenus à la maison centrale de Nîmes, le 27 juillet 1874, tuèrent de deux coups de tranchet un co-détenu, François-Joseph Becquart, employé comptable au greffe de la centrale, car Becquart aurait colporté des rumeurs d'homosexualité sur Mariani.

Un troisième complice, Joseph Guien, 18 ans, maçon, est condamné à vingt ans de travaux forcés.
Guillotiné le 03 octobre 1874.
Léopold Marie "Lafleur" Reguidel

30 ans, charpentier

(13 février 1844, Lorient, 56)
Gracié le 30 septembre 1874.

Décédé le 06 juin 1888 à l'île Nou.
27 août 1874 Cour d'assises de l'Eure-et-Loir

Chartres
Louis Sylvain Poirier

31 ans, journalier

(30 avril 1843, Céton, 61)
TUEUR EN SÉRIE./B>

Au soir du 30 octobre 1871, au Gault (41), tue à coups de hache la veuve Lecomte et sa voisine, Mme Riolet.

Le 8 janvier 1874, dans une auberge de Brou, il tue à coups de bûche la tenancière, Mme Bézard, 69 ans.

Le 25 mai 1874, à la Bazoche-Gouët, il tue à coups de marteau la fille de ses voisins, Rose Travers, 14 ans, et blesse grièvement le frère aîné, Désiré Travers, 16 ans, l'handicapant à vie.
Guillotiné le 28 septembre 1874.
02 septembre 1874 Cour d'assises de la Lozère

Mende
Marie Rose Bringer, veuve Boulet

65 ans, ménagère

(11 août 1809, Les Vernets, Lachamp, 48)
INFANTICIDE.

Fille et mère, prostituées, la mère étant la proxénète de sa fille.

Enceinte d'un client, Rose accouche, le 19 mai 1874 à Mende, d'une fillette. Sa mère "baptise" elle-même l'enfant avant de l'étouffer en lui comprimant la poitrine.

Le 22 mai, le petit corps est débité en morceaux par la grand-mère, qui va jeter les restes dans le Lot, où ils sont repêchés le 26 mai.
Graciée le 12 octobre 1874.

Décédée le ?
Rose Boulet

22 ans, sans profession

(05 octobre 1851, La Rochebelot, Rieutort de Randon, 48)
Graciée le 12 octobre 1874.

Décédée le ?
05 septembre 1874 Cour d'assises de la Saône-et-Loire

Chalon-sur-Saône
André Goulfert

43 ans, manoeuvre

(14 octobre 1830, Saulzet, 03)
CRIME CRAPULEUX.

Repris de justice (cinq condamnations préalables), à Palinges, dans la nuit du 17 au 18 décembre 1873, étrangle le charretier Pierre Lécuelle et lui vole ses 600 francs d'économies.

Arrêté en mars 1874 à Alger où il s'était réfugié.

Comparaît une première fois devant la cour d'assises de la Saône-et-Loire le 23 juin 1874, procès remis suite à la demande de la défense pour obtenir des examens mentaux complémentaires.
Guillotiné le 20 octobre 1874.
10 septembre 1874 Cour d'assises de la Seine

Paris
Pierre Désiré Moreau

32 ans, herboriste

(10 janvier 1842, Fontenay-sur-Conie, 28)
FÉMINICIDES INTIMES.

A Saint-Denis, empoisonne son épouse Félicité Hortense Aubry, 33 ans, ouvrière à la mécanique, qui décède le 18 août 1873.

Le 16 avril 1874, épouse Adélaïde Louise Lagneau, 31 ans, qui décède à son tour le 28 mai 1874.
Guillotiné le 13 octobre 1874.
12 septembre 1874 Cour d'assises de la Seine

Paris
Charles Boudas

49 ans, tailleur de pierres

(24 avril 1825, Gorze, 57)
CRIME CRAPULEUX.

Assomme d'un coup de marteau le brocanteur et marchand de meubles Antoine Faath, 54 ans, rue Audran à Paris le 02 décembre 1873, puis l'égorge d'un coup de rasoir pour lui voler 1.500 francs.
Guillotiné le 13 octobre 1874.
22 octobre 1874 Cour d'assises des Côtes-du-Nord

Saint-Brieuc
Eugène Victor

36 ans, ouvrier agricole

(09 septembre 1838, Saint-Brieuc, 22)
SATYRE ASSASSIN.

Etrangle et viole Virginie Le Saulnier, 17 ans, fille de sa patronne Françoise Quinio, veuve Le Saulnier, à Trégueux le 13 juillet 1874.
Gracié le 12 décembre 1874.

Décédé le 26 mai 1876 à l'île Nou.
31 octobre 1874 Cour d'assises de l'Allier

Moulins
Joseph Hippolyte Caillot

43 ans, fabricant d'allumettes et scieur de bois

(02 décembre 1830, Grenoble, 38)
FÉMINICIDE INTIME/CRIME DE VENGEANCE.

Le 04 avril 1874, rue des Pêcheurs, à Moulins, tua sa femme Elisa Caroline Dunand, épouse Caillot, 41 ans, et sa belle-soeur, Françoise Dunand, 44 ans, avec une hachette, parce que les deux femmes refusaient de leur donner leur argent pour qu'il aille le dépenser au café.
Guillotiné le 14 décembre 1874.
21 novembre 1874 Cour d'assises du Gard

Nîmes
"François Terrier"
(vrai nom inconnu)

environ 50 ans, charpentier de marine ?

(vers 1824, originaire de Normandie ?)
CRIME CRAPULEUX.

Pour lui dérober 146 francs, assomme à coups de pierre Henri Fournier, colporteur, près d'Aigues-Mortes le 27 mai 1874, et le jette dans le canal.

Retrouvé le lendemain, vivant mais gravement blessé par un garde sur la berge au niveau de Saint-Laurent-d'Aigouze, Fournier donne le signalement de son assaillant et les circonstances de son agression avant de mourir le 01 juin.

Ne donnera jamais sa véritable identité, ayant adopté celle de Terrier depuis 1871 : probable forçat évadé de Guyane, s'attribuera les noms de "Carlo di Rudio" et de "Jules Dereux", deux autres bagnards condamnés en 1858.
Guillotiné le 02 février 1875.
28 novembre 1874 Cour d'assises du Rhône

Lyon
Pierre Montant

55 ans, cultivateur

(31 juillet 1819, Ampuis, 69)
FAMILICIDE/TUERIE.

Tue, le 14 septembre 1874 à Ampuis, son frère Jean Pierre Montant, 59 ans, sa belle-soeur, Marie Claudine Ducros, épouse Montant, 35 ans, et sa nièce Marie Pierrette, 8 ans, en les assommant d'un coup de hachette avant de les égorger d'un coup de couteau, pour une question d'héritage non équitablement partagé.
Gracié le 19 janvier 1875.

Décédé le 07 janvier 1876 à l'île Nou.
28 novembre 1874 Cour d'assises des Bouches-du-Rhône

Aix
Pietro "Pierre" Stefanini

26 ans, terrassier

(1848, Roccalanzona, Medesano, Emilie-Romagne, Italie)
FÉMINICIDE INTIME.

Tua de deux coups de couteau, le 08 juillet 1874 à Marseille, rue du Grand-Chemin-de-Toulon, Jeanne Pongini, 17 ans, qui avait été sa fiancée mais avait rompu en juin en apprenant que le jeune homme était atteint d'une maladie vénérienne.
Gracié le 19 janvier 1875.

Rapatrié en 1903.

Décédé le ?
03 décembre 1874 Cour d'assises de la Seine-et-Oise

Versailles
Julien Michel Broux

25 ans, charretier

(18 mars 1849, Paris)
CRIME SUR AGENT PENITENTIAIRE.

Détenu à la centrale de Poissy pour vagabondage et outrage à magistrats, tente d'assassiner le gardien Hamelin, le 15 octobre 1874, d'un coup de barre de fer.

Mobile : la vie à Poissy lui était insupportable, et il était certain qu'en commettant un crime de sang, il serait envoyé en Nouvelle-Calédonie !
Gracié le 15 janvier 1875.

Décédé le 11 novembre 1876 à l'anse Vata (étranglé).
07 décembre 1874 Cour d'assises de l'Aube

Troyes
Henri Guillaume Leboeuf

60 ans, ouvrier bonnetier

(06 août 1814, Troyes, 10)
CRIME DE VENGEANCE.

Abat de deux balles de pistolet dans la poitrine, le 19 octobre 1874, le docteur Guichard, médecin à Troyes.

Le praticien avait fait une expertise médicale de Leboeuf en 1866, lors de son divorce - sa femme, battue, n'en pouvait plus -, rapport qui concluait à un alcoolisme important, doublé d'un tempérament violent, tout en demeurant responsable de ses actes, d'où une condamnation à quinze jours de prison pour violence sur son épouse.
Gracié le 19 janvier 1875, peine commuée en réclusion à perpétuité.

Décédé le 27 mai 1883 à Melun (77).

1875 : 37 condamnations

23 février 1875 Cour d'assises du Nord

Douai
Léon Pierre Ruffin

26 ans, journalier

(26 septembre 1848, Cambrai, 59)
CRIME CRAPULEUX.

Dans l'après-midi du 4 décembre 1874, au 9, rue Saint-Georges à Cambrai, étrangle avec une corde Lucie Josèphe Seillier, épouse Desmaretz, 68 ans, pour la voler.

L'assassin, aperçu par la servante du curé voisin en train d'entrer dans la maison, est retrouvé dans le grenier, caché dans une caisse.
Guillotiné le 15 avril 1875 à Cambrai.
25 février 1875 Cour d'assises de la Seine

Paris
Pierre Louis Bacquet

40 ans, manouvrier

(07 janvier 1835, Béthencourt, 80)
CRIME CRAPULEUX.

Égorge à coups de couteau un commissionnaire en marchandises, Charles-Édouard Roscher, 61 ans, Prussien, au 51, rue Hauteville le 29 décembre 1874, pour le voler.

Libéré la veille de huit mois de prison pour vol.
Guillotiné le 31 mars 1875.
04 mars 1875 Cour d'assises des Bouches-du-Rhône

Aix
Joseph Frédéric Baud

19 ans, ajusteur mécanicien.

(17 octobre 1855, Toulon, 83)
CRIME CRAPULEUX/CRIME AVUNCULAIRE.

Tua le 25 décembre 1874 sa vieille tante, Marie Turcat (peut-être Anne Marie Beau, veuve Turcat), 76 ans, au 46, rue Jaubert à Marseille, de treize coups de hachoir, pour lui voler 3 francs 75 et une poule, et lui tranchant la main gauche pour lui voler ses bagues.

Le corps est retrouvé quelques jours plus tard par les voisins, à demi-dévoré par son chat et son chien restés enfermés à ses côtés.
Gracié le 12 avril 1875.

Evadé le 05 février 1887.
06 mars 1875 Cour d'assises des Vosges

Épinal
Nicolas Labanvoye

61 ans, rempailleur de chaises

(29 mai 1813, Portieux, 88)
CRIME CRAPULEUX.

Braconnier, le 30 janvier 1875 à Moriville, assassine d'une balle derrière l'oreille la vieille Mme Prévôt, marchande de vins, pour voler 7 francs.
Arrêt cassé le 01 avril 1875.
19 mars 1875 Cour d'assises de l'Eure-et-Loir

Chartres
Marie "Françoise" Fillon, épouse Bigot

27 ans, journalière

(28 février 1848, Villiers-Saint-Orien, 28)
FILICIDES/INCENDIAIRE.

Met le feu à sa maison de Sancheville le 14 octobre 1874 : ses filles, Augustine Mélina Bigot, âgée de 2 ans et demi, et Marie Joséphine Bigot, 4 mois, meurent dans le sinistre.

Abandonnée par son mari qui fuyait la justice, dans la misère mais peu décidée à travailler, mère ivrogne et maltraitante, elle avait affirmé souhaiter se débarrasser de ses enfants pour obtenir une place de domestique.
Graciée le 27 avril 1875.

Décédée le ?
08 avril 1875 Cour d'assises du Finistère

Quimper
Marie Jeanne Bodéré, veuve Bodéré

24 ans, cultivatrice

(10 décembre 1851, Penmarc'h, 29)
AMANTS DIABOLIQUES.

Le 02 octobre 1874, à Penmarc'h, empoisonne son cousin et mari Bertrand Bodéré, 30 ans, au sulfate de cuivre, mêlé dans du vin et dans un gâteau, avant de le battre à mort avec la complicité de son autre cousin et amant, Jean Le Goff, 19 ans.

Le Goff est condamné aux travaux forcés à perpétuité.
Graciée le 25 mai 1875.

Décédée le 18 août 1876 à Rennes.
24 avril 1875 Cour d'assises du Cher

Bourges
Marie Bouriant, épouse Pierre

34 ans, cultivatrice

(30 mai 1840, Ainay-le-Vieil, 18)
INFANTICIDES.

Etouffe à Ainay-le-Vieil, en septembre 1874, son dernier nouveau-né, avant de jeter le corps dans la fosse d'aisance.

Prévenu en décembre 1874, le parquet de Saint-Amand fait rechercher (et trouve) le corps, apprenant par la même occasion que Mme Pierre a connu, ces dix dernières années, sept grossesses sans que quiconque ait vu le moindre enfant après coup, grossesses pour la plupart illégitimes, la jeune femme étant une prostituée notoire dans le village.

Deux des grossesses se soldent par des fausses couches (qu'elle provoquait elle-même aussi), les autres, nés viables, sont aussitôt tués par leur mère par suffocation ou à coups de poing.

Le premier enfant, né en 1864, avait été enterré sous l'actuel emplacement de la fosse d'aisances ; le deuxième, en 1866, (mort-né à sept mois de grossesse), est enterré dans un angle du jardin, comme le troisième (né viable en 1867) et le quatrième (mort-né en 1868) ; les trois derniers ont vu le jour en pleine santé : le cinquième, né en 1869, est enterré sous le poirier ; le sixième, né en 1873, est inhumé le long du mur qui borde la rue principale du village.
Graciée le 16 juin 1875.

Décédée le ?
30 avril 1875 Cour d'assises de la Seine

Paris
Paul Alphonse Thauvin

18 ans, relieur

(10 janvier 1857, Paris)
CRIME CRAPULEUX.

Membres d'une bande de voleurs, assassinent, dans la nuit du 1er au 02 octobre 1874, au 242, rue de Vaugirard, la veuve Rougier, rentière, 67 ans, en l'étranglant avec un mouchoir, puis volent de l'argenterie, 50 francs en pièces d'or, et quelques bijoux, notamment les boucles d'oreilles de la victime.

Douze autres complices comparaissent, condamnés à des peines allant de la perpétuité à quatre ans de réclusion.
Gracié le 17 juin 1875.

Décédé le 19 août 1881 à l'île Nou.
Blaise "Boher" Georges

31 ans, vernisseur

(21 juillet 1843, Grenelle-Paris)
Gracié le 17 juin 1875.

Décédé le 01 décembre 1927 à Nouméa.
Adolphe Clément François Maillot

45 ans, plombier-zingueur

(01 novembre 1829, Paris)
Gracié le 17 juin 1875.

Décédé le 31 mars 1882 à l'île Nou.
04 mai 1875 Cour d'assises du Var

Draguignan
François "Le Bouvet" Faye

69 ans, cultivateur

(24 juillet 1805, Draguignan, 83)
CRIME DE VENGEANCE.

Abat d'un coup de fusil dans la poitrine, le 13 février 1875 à Draguignan, l'aubergiste Chautard.

Six mois plus tôt, suite à une faillite, les biens de Faye avaient été vendus aux enchères, et Chautard s'était porté acquéreur de certains d'entre eux, notamment une oliveraie.
Arrêt cassé le 05 juin 1875.

Condamné à la réclusion criminelle à perpétuité par la cour d'assises des Bouches-du-Rhône le 09 juillet 1875.

Décédé le ?
08 mai 1875 Cour d'assises de la Meurthe-et-Moselle

Nancy
Nicolas Labanvoye

62 ans, rempailleur de chaises

(29 mai 1813, Portieux, 88)
CRIME CRAPULEUX.

Braconnier, le 30 janvier 1875 à Moriville (88), assassine d'une balle derrière l'oreille la vieille Mme Prévôt, marchande de vins, pour voler 7 francs.

Condamné en première instance par la cour d'assises des Vosges le 06 mars 1875, arrêt cassé le 01 avril 1875.
Guillotiné le 22 juin 1875 à Épinal (88).
12 mai 1875 Cour d'assises de la Seine-Inférieure

Rouen
Achille Hippolyte Amand Jodon

22 ans, caporal fourrier au 87e régiment de ligne

(11 décembre 1852, Ingouville, 76)
CRIME CRAPULEUX.

Tue le caissier Florence au Havre le 30 novembre 1874 de quatre balles de revolver tirées à bout portant, dont deux dans la tête, pour fracturer le coffre de son patron, agent de change, et voler 8.000 francs.
Arrêt cassé le 11 juin 1875.
14 mai 1875 Cour d'assises du Loir-et-Cher

Blois
Louis Mulot

35 ans, épicier

(11 janvier 1840, Dampierre, 18)
CRIME CRAPULEUX.

Abat de deux coups de fusil dans la poitrine, le 28 juin 1874 à Thoury, le cultivateur Elie Gitton, 38 ans, pour lui voler le contenu de son porte-feuille.

Egalement faussaire, auteur de faux en écriture privée, et issu d'une famille de repris de justice (père condamné pour vols, une soeur condamnée à quinze ans de travaux forcés pour assassinat).
Gracié le 23 juin 1875.

Décédé le 29 avril 1904 en Nouvelle-Calédonie.
19 mai 1875 Cour d'assises de la Haute-Garonne

Toulouse
François "Besse/Abadie" Rieubernet

28 ans, vannier

(25 avril 1847, Saint-Geniès, 31)
CRIMES CRAPULEUX.

Le 13 novembre 1874, à Bruguières, tente de tuer M.Borde.

Dans la nuit du 02 au 03 février 1875, au cours d'un cambriolage à Aucamville, tue à coups de couteau Jean Eugène Pins, 24 ans, épicier, et blesse gravement Pétronille Ricaud, veuve Pins.

Pierre Pélissier, 49 ans, jardinier, est condamné à cinq ans de réclusion.
Guillotiné le 13 juillet 1875.
20 mai 1875 Cour d'assises du Gard

Nîmes
Francisco "François" Sancho-Carrete

33 ans, cultivateur

(vers 1842, L'Argentera, Tarragone, Espagne)
CRIME CRAPULEUX SUR BELLE-SOEUR.

Le 27 novembre 1874, Grand'Rue à Beaucaire, étrangle avec un foulard, frappe à coups de bâton et poignarde à au moins six reprises avec un couteau catalan Marie Grillot, épouse Sancho, la femme de son frère Jaime, avec la complicité de José "Joseph" Vaqué-Nola, 35 ans, berger, pour voler environ 7.000 francs.

Marie survit en ayant la présence d'esprit de feindre sa mort, mais enceinte de plusieurs mois, perd son enfant dans l'attaque.

Vaqué est condamné aux travaux forcés à perpétuité.
Guillotiné le 10 juillet 1875 à Beaucaire.
22 mai 1875 Cour d'assises du Gard

Nîmes
Ernest Alexandre Dubois

26 ans, marin

(14 décembre 1848, Nesle, 80)
CRIME SUR AGENT PENITENTIAIRE.

Condamné le 29 novembre 1873 par la cour d'assises de la Corse à trois ans de prison pour vol, incarcéré à la maison centrale de Nîmes.

Condamné aux travaux forcés à perpétuité le 18 août 1874 par la cour d'assises du Gard pour avoir, le 01 juin 1874, tenté de tuer Joseph Rabary, marin, un de ses co-détenus.

Tenta de tuer par la suite le gardien Anglade le 27 février 1875 en le frappant avec son propre boulet.
Gracié le 06 juillet 1875.

Condamné à mort le 08 décembre 1885 par le 1er Conseil de Guerre de Nouvelle-Calédonie pour évasion, vol avec effraction, incendie et tentative d'incendie, peine commuée en travaux forcés à perpétuité le 09 juin 1886.

Décédé le 28 novembre 1891 à Thio.
18 juin 1875 Cour d'assises de la Gironde

Bordeaux
Jean Fradon

37 ans, cultivateur

(02 juin 1838, Cubnezais, 33)
FÉMINICIDE INTIME/TENTATIVE DE MATRICIDE.

Tua à coups de fusil Marie Nivet, épouse Fradon, 32 ans, sa femme qu'il avait martyrisé tout au long de leurs seize ans de mariage, et tenta de faire subir le même sort à sa mère, Jeanne Niaud, épouse Fradon, le 09 mars 1875 à Cubnezais.

Avait déjà tenté d'assassiner sa mère quand il n'avait que seize ans.
Guillotiné le 02 août 1875.
08 juillet 1875 Cour d'assises de la Somme

Amiens
Charles Pacifique Darras

57 ans, journalier

(15 décembre 1817, Le Mont-aux-Malades, 76)
CRIME CRAPULEUX.

Tua à coups de serpe dans la nuit du 6 au 7 avril 1875 à Frettemeule Victor Joly, 76 ans, cantonnier, pour trouver des économies... qui n'existent pas !
Gracié le 18 août 1875.

Décédé le 28 mai 1876 à l'île Nou.
29 juillet 1875 Cour d'assises de l'Eure

Évreux
Achille Hippolyte Amand Jodon

22 ans, caporal fourrier au 87e régiment de ligne

(11 décembre 1852, Ingouville, 76)
CRIME CRAPULEUX.

Tue le caissier Florence au Havre (76) le 30 novembre 1874 de quatre balles de revolver tirées à bout portant, dont deux dans la tête, pour fracturer le coffre de son patron agent de change et voler 8.000 francs.

Condamné en première instance par la cour d'assises de la Seine-Inférieure le 12 mai 1875, arrêt cassé le 11 juin 1875.
Fusillé le 07 septembre 1875.
06 août 1875 Cour d'assises de la Gironde

Bordeaux
Jean Adrien Duverneuil

45 ans, tailleur sur verre

(15 mai 1830, Brantôme, 24)
CRIME SUR PROPRIÉTAIRES.

Repris de justice, locataire pénible, sommé de se calmer par ses propriétaires, les époux Sicot, chez qui il était logé depuis sa précédente sortie de prison six mois plus tôt, les frappe à coups de canne-épée le 9 juillet 1875 au 163, rue de la Benauge, quartier de La Bastide à Bordeaux.

Modeste Louise Brossard, épouse Sicot, 34 ans, touchée au coeur, meurt pendant qu'on la transporte à la pharmacie voisine, Jacques Sicot, 32 ans, survit, ainsi qu'un voisin, Pierre Rives, venu à leur secours.
Gracié le 09 septembre 1875.

Décédé le 22 mai 1887 à l'île Nou.
06 août 1875 Cour d'assises de la Meurthe-et-Moselle

Nancy
François Chaussy

45 ans, berger à Briey

(vers 1830, Rurange-les-Mégange, 57)
SATYRE ASSASSIN D'ENFANT.

Viole et étrangle avec une corde Jean-François Pierson, 7 ans, fils de fermier à Lantéfontaine-Immonville, le 24 mai 1875.

Le 07 mai précédent, avait déjà enlevé à Briey le petit Raymond Cunche, 10 ans, et était en train de l'étrangler quand l'arrivée d'une voiture sur la route proche l'avait fait fuir avant de pouvoir réussir à violer le garçonnet.
Arrêt cassé le 26 août 1875.
19 août 1875 Cour d'assises de la Haute-Garonne

Toulouse
François "Le Clavelou" Vidal

66 ans, cloutier

(02 août 1809, Toulouse)
TENTATIVE DE FILICIDE ET DE FÉMINICIDE INTIME.

Ivre et furieux, tente de tuer dans son sommeil son fils Honoré, 33 ans, forgeron, de dix-sept coups de marteau le 8 juillet 1875, au 16, rue du faubourg Matabiau à Toulouse, puis tente de l'achever et de tuer son épouse Claire Antoinette Dabant, 62 ans, à coups de broche.
Gracié le 29 septembre 1875, peine commuée en réclusion perpétuelle.

Décédé le ?
22 août 1875 Cour d'assises de la Haute-Garonne

Toulouse
François "Berretou" Bergès

37 ans, forain, homme à tout faire

(08 février 1839, Lasbordes-Balma, 31)
TUERIE.

Victime d'une crise de paranoïa, abat à coups de fusil Bernard Naudy, Raymon Lasbax, cantonniers, Antoine Caussinus, propiétaire foncier, et blesse l'épicier Raymond Vergnes le 24 octobre 1874 au quartier Bonhoure, à Toulouse.
Gracié le 29 septembre 1875, peine commuée en réclusion perpétuelle.

Décédé le ?
20 octobre 1875 Cour d'assises du Var

Draguignan
Jean Honoré Allongue

39 ans, cultivateur

(08 février 1836, Fayence, 83)
TUEUR EN SÉRIE.

Le 11 avril 1875, à Saint-Paul-en-Forêt, assassine à coups de hache Geneviève Roustan, veuve Lantoin, 72 ans, son ancienne patronne.

Le 19 avril 1875, mutile et tente d'assassiner Benoît Lantoin, 39 ans, le fils aveugle de sa victime, qu'il avait hypocritement hébergé chez lui.

Après son arrestation, on attribue à Allongue deux crimes supplémentaires : la mort de son beau-père, le fossoyeur Francesco Bianco, 69 ans, le 19 novembre 1871 et également le 15 juin 1873, une tentative de meurtre sur sa propre fille Élisabeth Françoise, 5 ans, qu'il jette dans le puits de la maison en l'absence de son épouse. L'enfant survécut, mais on ne prêta pas foi à ses accusations.
Guillotiné le 09 décembre 1875.
21 octobre 1875 Cour d'assises de la Meuse

Saint-Mihiel
François Chaussy

45 ans, plombier-zingueur

(vers 1830, Rurange-les-Mégange, 57)
SATYRE ASSASSIN D'ENFANT.

Viole et étrangle avec une corde Jean-François Pierson, 7 ans, fils de fermier à Lantéfontaine-Immonville, le 24 mai 1875.

Le 07 mai précédent, avait déjà enlevé à Briey le petit Raymond Cunche, 10 ans, et était en train de l'étrangler quand l'arrivée d'une voiture sur la route proche l'avait fait fuir avant de pouvoir réussir à violer le garçonnet.

Condamné le 06 août 1875 par la cour d'assises de la Meurthe-et-Moselle, arrêt cassé le 26 août 1875.
Guillotiné le 15 novembre 1875 à Nancy (54).
23 octobre 1875 Cour d'assises de la Somme

Amiens
Ernest Théodore Froidure

31 ans, manouvrier

(28 mai 1844, Villers-Bocage, 80)
INCENDIAIRE.

Auteur de plusieurs incendies à Villers-Bocage, le 24 décembre 1874, le 2 janvier, le 4 avril et le 18 avril 1875.
Gracié le 03 décembre 1875.

Décédé le 07 août 1907 en Nouvelle-Calédonie.
12 novembre 1875 Cour d'assises de la Meurthe-et-Moselle

Nancy
Jean Baptiste Émile Gréveis

20 ans, domestique

(21 novembre 1854, Void, 55)
CRIME CRAPULEUX.

Le 10 octobre 1875, assomma à coups de bouteille son ancienne patronne, Catherine Cordier, veuve Mangin, 62 ans, rentière à Maxéville, avant de la tuer à coups de hache, pour voler 12 francs 50, une bouteille de vin et une bouteille de limonade.
Guillotiné le 31 décembre 1875.
13 novembre 1875 Cour d'assises du Nord

Douai
Marie Sidonie Hennon

33 ans, ?

(23 août 1842, Renescure, 59)
INFANTICIDE.

Mère de quatre enfants dont elle n'avait jamais pris soin, accouche le 14 juillet 1875 dans un bois de Renescure d'un garçon, qu'elle tente d'étouffer en lui enfonçant un bonnet dans la bouche avant de l'enterrer vivant.
Graciée le 04 janvier 1875, peine commuée en vingt ans de travaux forcés.

Décédée le 01 mars 1889 à Clermont (60).
13 novembre 1875 Cour d'assises de l'Ille-et-Vilaine

Rennes
Joseph Riaud

47 ans, ancien boucher, journalier, violoniste

(02 décembre 1830, Grenoble, 38)
FÉMINICIDE INTIME.

Bat à mort à coups de pieds et de manche de fléau sa troisième femme, Marie-Josèphe Chesnais, 34 ans, le 2 août 1875 à Bains-de-Bretagne, en l'accusant d'adultère au bout de trois ans d'union.

Soupçonné du meurtre des deux précédentes, Marie Noël, décédée à 45 ans le 25 novembre 1859 à Bains, douze ans après leur mariage, et Perrine Rio, décédée à Bains le 24 mars 1860 à l'âge de 47 ans, moins de deux mois après leur mariage.
Guillotiné le 08 janvier 1876.
17 novembre 1875 Cour d'assises du Lot

Cahors
Sophie Gautié, épouse Bouyou

44 ans, aubergiste

(30 octobre 1831, Albiac, 46)
FILICIDES.

Le 22 juin 1875, son fils aîné (né de son première mariage), Jean-Louis Colomb, meurt de tuberculose, et deux heures plus tard, la petite Elisa Sophie Colomb, sa fille de neuf mois, meurt à son tour dans les bras de sa grand-mère.

L'autopsie permet de découvrir qu'on lui a enfoncé trois aiguilles (deux à repriser, une à tricoter) dans le corps, et que l'aiguille à tricoter, brisée en deux, a perforé le coeur.

Alors qu'on soupçonne la grand-mère du meurtre d'Elisa, on se rend compte que mis à part l'aîné, François, alors âgé de 16 ans, des six autres enfants qu'elle a eu avec son mari Jacques Bouyou, aucun n'a dépassé son premier anniversaire. Marguerite Célestine, née le 15 novembre 1861, est décédée le 26 août 1862 ; Emilie 1864 - 26 juillet 1865 à Viazac ; Louise 25 juin 1866- 13 juillet 1866 (Murat, 15) ; Albert, au Bourg, 15 février 1868-17 mars 1868 ; Marie, au Bourg, 02 février 1871-01 mars 1871 ; l'autopsie de la petite dernière, elle aussi nommée Marie, née le 07 mars 1875 et décédée le 15 avril à l'âge de 38 jours, permet de découvrir quatre aiguilles dans le corps !

Avait été également soupçonnée d'avoir empoisonné son premier mari, Jean Pierre Colomb, décédé en 1858 à 37 ans.
Guillotinée le 04 janvier 1876 au Bourg.
23 novembre 1875 Cour d'assises de la Marne

Reims
Gabriel François Rambouillet

54 ans, manouvrier

(28 septembre 1821, Châtillon-sur-Morin, 51)
CRIME DE BRACONNIER.

Abat d'un coup de fusil en pleine tête, le 20 octobre 1870 à Bricot-la-Ville, Pierrette Désirée Rousseau, épouse Bailly, femme du garde-forestier qui, quatorze jours plus tôt, l'avait surpris en flagrant délit de braconnage et dressé procès-verbal.

Le crime ne fut révélé qu'au cours d'une dispute entre père et fils Rambouillet, le 12 septembre 1875, devant témoins.
Gracié le 04 janvier 1876.

Décédé le 17 octobre 1876 à l'île Nou.
27 novembre 1875 Cour d'assises du Puy-de-Dôme

Riom
Michel Piètre

23 ans, cultivateur

(03 juillet 1852, Les Martres-sur-Morge, 63)
FÉMINICIDE INTIME.

Tue à coups de hache, dans la nuit du 25 au 26 août 1874 aux Martres-sur-Morge, sa femme, Marie Joséphine Grenet, 21 ans.

Dès le mariage, Jean Piètre, 53 ans, père de Michel, avait voulu faire de Marie sa maîtresse, et la pauvre s'y était toujours refusée.

Deux ans durant, Gabrielle Ramillien, épouse Piètre, 51 ans, et Jean, s'acharnèrent à salir la réputation de leur bru inexplicablement détestée.

Jean condamné aux travaux forcés à perpétuité, Gabrielle à vingt ans de travaux forcés.
Gracié le 07 janvier 1876.

Décédé le 15 octobre 1912 à l'île Nou.
01 décembre 1875 Cour d'assises des Bouches-du-Rhône

Aix
Antoine Dominique Urban

52 ans, journalier

(24 juin 1823, Clans, 06)
FÉMINICIDE INTIME/FILICIDE.

A Marseille, empoisonne avec des champignons sa femme Rose-Marie Colombino le 07 novembre 1871, puis récidive sur son fils Joseph, 20 ans, le 30 mars 1875, pour récupérer l'intégralité de l'héritage de sa défunte épouse.
Gracié le 15 janvier 1876.

Décédé le 02 février 1898 à l'île Nou.
01 décembre 1875 Cour d'assises du Maine-et-Loire

Angers
Pierre Massé

56 ans, cultivateur

(07 juillet 1819, Louerre, 49)
FÉMINICIDE INTIME.

A Ambillou-Château, abat le 19 septembre 1875 d'un coup de fusil en pleine poitrine sa femme Madeleine Percher, 52 ans, qu'il battait depuis des années et qui, à force de plaintes, l'avait fait condamner huit jours plus tôt à deux mois de prison pour violences.
Gracié le 08 janvier 1876.

Décédé le 03 mars 1912 à l'île Nou.
09 décembre 1875 Cour d'assises du Morbihan

Vannes
Marie Josèphe Le Clainche

27 ans, cultivatrice

(30 décembre 1847, Elven, 56)
INFANTICIDES.

Accouche, dans la nuit du 08 au 09 août 1875 à Elven d'un garçon qu'elle étrangle à mains nues, et qu'elle enterre sommairement le lendemain.

Avait procédé de même pour ses trois précédentes grossesses, début janvier 1866, à la Toussaint 1869 et à l'hiver 1872.
Graciée le 17 janvier 1876.

Décédée le 07 avril 1878 à Rennes (35).
19 décembre 1875 Cour d'assises du Tarn-et-Garonne

Montauban
Marguerite Léris, veuve Grieumard

61 ans, cultivatrice

(11 septembre 1814, Lapenche, 82)
FAMILICIDE.

Bat tout au long de leur union son mari Jean Grieumard, cultivateur à Saint-Vincent, et leur fille, Marguerite.

Commence à empoisonner sa famille au plomb et au phosphore - récupérés sur les allumettes de ménage - à compter de l'automne 1874. Son petit-fils Jean Antonin David, 10 ans et demi, meurt le premier, le 12 juin 1875. Le 15, le père de son gendre, Jean David aîné, 58 ans, expire à son tour, suivi par son mari Jean Grieumard, 61 ans, le 27 juin et leur fille Marguerite Grieumard, épouse David, 37 ans, le 30 juin.
Graciée le 29 janvier 1876.

Décédée le 24 février 1877 à Cadillac (33).

1876 : 23 condamnations

14 janvier 1876 Cour d'assises des Landes

Mont-de-Marsan
Pierre "Larroze" Lacaze

46 ans, cultivateur

(09 février 1829, Miramont-Sensacq, 40)
CRIME CRAPULEUX.

Tue chez les Duluc, à Miramont-Sensacq, dans la nuit du 26 au 27 octobre 1875, Bernard Castay, commerçant aisé, d'un coup de revolver dans le visage et de plusieurs coups de barre de fer sur la tête, avant de voler 300 francs en billets de banque, un bas de laine rempli de pièces d'or, plusieurs hectolitres d'avoine dans sa ferme, et enfin de jeter son corps dans un gouffre voisin, le "Trou aux fées".

L'instigateur du crime, Duluc, qui devait une grosse somme à Castay, et qui tira le coup de feu, est condamné aux travaux forcés à perpétuité. Sa femme, Sidonie Despérès, est condamnée à dix ans de travaux forcés.
Gracié le 02 mars 1876.

Décédé le 13 janvier 1877 à l'île Nou.
08 mars 1876 Cour d'assises du Pas-de-Calais

Saint-Omer
Charles Auguste Ficheux

27 ans, manoeuvre

(15 septembre 1848, Boulogne-sur-Mer, 62)
CRIME DE VENGEANCE.

Poignarde avec un couteau militaire, et ce à de multiples reprises le 06 février 1876 à Boulogne-sur-Mer, rue du Croissant, Alfred Sagnier, un ami d'enfance qu'il avait fini par prendre en grippe parce que ce dernier "déchirait ses vêtements".

Reconnu comme sadique, aimait tuer des animaux, et avait déjà menacé sa mère avec un tranchet de cordonnier.
Exécution prévue à Boulogne-sur-Mer (le condamné proteste et dit qu'il préférerait mourir à Saint-Omer).

Gracié le 20 avril 1876.

Décédé le 24 septembre 1894 à l'île Nou.
03 mai 1876 Cour d'assises de la Drôme

Valence
André Courbis

67 ans, cultivateur

(29 janvier 1809, Châteauneuf-sur-Isère, 26)
FÉMINICIDE INTIME/CRIME A GAGES (COMMANDITAIRE).

Mari violent envers sa seconde (ou troisième ?) épouse, Marie Courrier, veuve Girier, qu'il avait épousée en 1873. Les sévices qu'il lui infligeait étaient nombreux : enfermée dans l'étable aux porcs, ou devant passer la nuit dans un arbre en plein hiver, tout en étant battue quotidiennement.

Condamné en décembre 1874 à un an de prison par le tribunal correctionnel, incarcéré à Valence. A sa libération, installé à Châteauneuf-sur-Isère.

Sa femme est retrouvée assassinée au matin du 24 janvier 1876 à Saint-Paul-lès-Romans, à l'âge de 64 ans.

S'il dispose d'un alibi, on apprend vite que Courbis a recruté deux jeunes hommes récemment libérés de prison, Marcelin Gellas et Auguste Chazeau, pour tuer son épouse à sa place.

Les complices furent condamnés aux travaux forcés à perpétuité.
Guillotiné le 15 juin 1876.
12 mai 1876 Cour d'assises de la Gironde

Bordeaux
Jean Baptiste Pascal

24 ans, garçon boucher

(11 février 1852, Jonzac, 17)
CRIME CRAPULEUX AVEC APPÂT.

Le 29 octobre 1875, égorge à Lormont, dans le bois du Rouquet, Baptiste Méry, serrurier, qui avait été attiré dans un piège par la maîtresse de Pascal, Juliette Elisabeth "Garnier" Jean, 19 ans, afin de le voler.

Juliette et un autre complice, Jean "le Manchot" Bouchau, 27 ans, toucheur de boeufs, sont condamnés à perpétuité.
Guillotiné le 03 juillet 1876.
17 mai 1876 Cour d'assises de l'Isère

Grenoble
Laure Cartier, épouse Murer

39 ans, cultivatrice

(06 juillet 1836, Barraux, 38)
PARRICIDE PAR PROCURATION/CRIME CRAPULEUX.

Prostituée notoire, pour un mobile financier (une rente viagère de 200 francs annuels), fait tuer son père Pierre Nicolas Cartier, ancien huissier de justice, 79 ans, de deux coups de hache à Barraux le 24 janvier 1876, par son mari Louis Murer, 35 ans, qui est condamné aux travaux forcés à perpétuité.
Graciée le 04 juillet 1876.

Décédée le 23 décembre 1911 à Bourail.
06 juin 1876 Cour d'assises de l'Indre-et-Loire

Tours
Maxime Marin

42 ans, charpentier

(14 novembre 1833, Chinon, 37)
FÉMINICIDE INTIME/CRIME SUR BEAU-PÈRE.

Etouffe le 13 janvier 1876 à Cinais sa femme, Marie-Louise Vazereau, 46 ans, et fait croire qu'elle est morte de maladie.

Le 20 février, il tue son beau-père Pierre Vazereau, 78 ans, en le battant à coups de sabot et en l'étouffant.

Mobile : il comptait hériter plus rapidement de ses proches.
Arrêt cassé le 06 juillet 1876.
28 juin 1876 Cour d'assises de la Loire

Montbrison
Jacques Popy

27 ans, ouvrier forgeur

(01 juin 1849, Montluçon, 03)
CRIME CRAPULEUX.

Repris de justice, tua à coups de talon le 18 août 1875 à Izieux Pierre Gaune, 17 ans 1/2, ouvrier forgeur, pour lui voler son argent, sa veste et ses chaussures.

Son complice Jean Méry, 23 ans, ouvrier forgeur et soldat au 16e de ligne, est condamné aux travaux forcés à perpétuité.
Exécution prévue à Izieux.

Gracié le 05 août 1876.

Décédé le ? (avant de quitter la France pour le bagne).
11 juillet 1876 Cour d'assises de l'Ain

Bourg
Didier Manin

38 ans, cultivateur

(27 octobre 1837, Saint-Étienne-sur-Chalaronne, 01)
CRIME CRAPULEUX.

Tua Claude Duc, 63 ans, au hameau du Haut-Mizeriat, à Saint-Didier-sur-Chalaronne le 03 avril 1876 de deux coups de davier dans la tête, pour voler fort peu d'argent et des couvertures qu'il se dépêcha de jeter dans la champ d'un voisin.
Exécution prévue à Saint-Didier-de-Chalaronne (ou à Bourg ?).

Gracié le 24 août 1876.

Décédé à l'île Nou le 19 août 1887.
12 juillet 1876 Cour d'assises de la Seine

Paris
Toussaint Léon Gervais

47 ans, chiffonnier

(28 avril 1829, Boulogne-sur-Seine, 75)
FÉMINICIDE INTIME.

Dans la nuit du 03 au 04 novembre 1875, avenue du Moulin-Joli, au hameau de la Garenne, commune de Colombes, enterre vive sa compagne, Ursule "veuve Bonnerue" Lutz, 54 ans, après lui avoir brisé la nuque, pour s'approprier son argent et ses meubles.
Guillotiné le 12 août 1876.
27 juillet 1876 Cour d'assises des Pyrénées-Orientales

Perpignan
Segundo Roldan-Morales

24 ans, jardinier

(vers 1852, Madrigueras, Albacete, Espagne)
CRIME CRAPULEUX.

Déserteur de l'armée espagnole, pour le voler, assomme à coups de pioche l'abbé Joseph Blanqué, 35 ans, directeur du séminaire de Prades, dont il était l'employé, le 05 avril 1876, et l'enterre dans le jardin encore vivant.
Guillotiné le 02 septembre 1876.
14 août 1876 Cour d'assises du Loir-et-Cher

Blois
Maxime Marin

42 ans, charpentier

(14 novembre 1833, Chinon, 37)
FÉMINICIDE INTIME/CRIME SUR BEAU-PÈRE.

Etouffe le 13 janvier 1876 à Cinais (37) sa femme, Marie-Louise Vazereau, 46 ans, et fait croire qu'elle est morte de maladie.

Le 20 février, il tue son beau-père Pierre Vazereau, 78 ans, en le battant à coups de sabot et en l'étouffant.

Mobile : il comptait hériter plus rapidement de ses proches.

Condamné en première instance par la cour d'assises de l'Indre-et-Loire le 06 juin 1876, arrêt cassé le 06 juillet 1876.
Guillotiné le 18 septembre 1876.
31 octobre 1876 Cour d'assises des Alpes-Maritimes

Nice
Marius Turcan

24 ans, cultivateur

(08 juin 1852, Bouyon, 06)
AMANTS DIABOLIQUES.

Le 20 août 1876 à Bouyon, attira dans un guet-apens Séraphin Ghetti, 25 ans, ouvrier terrassier, mari de sa maîtresse, Joséphine Tardet, 31 ans : là, il l'assomme d'un coup de crosse de fusil, avant de lui ouvrir le ventre d'un coup d'échalas et de l'égorger.

Joséphine est condamnée à vingt ans de travaux forcés.
Guillotiné le 14 décembre 1876.
08 novembre 1876 Cour d'assises de la Meurthe-et-Moselle

Nancy
Paul Eugène Corbé

34 ans, manoeuvre

(27 mars 1842, Damas-au-Bois, 88)
MATRICIDE.

Abat d'un coup de fusil dans le ventre, le 17 juillet 1876 à Saint-Rémy-aux-Bois sa mère, Marie-Catherine Lavoisier, épouse Corbé, 56 ans, qui lui reprochait son ivrognerie et refusait de lui donner de l'argent.

Avait déjà tenté de l'étrangler au cours de l'hiver.
Gracié le 08 décembre 1876.

Décédé à l'île Nou le 13 octobre 1916.
14 novembre 1876 Cour d'assises de la Charente-Inférieure

Saintes
Jean Bouton

75 ans, ?

(29 mars 1801, Fontaines-d'Ozillac, 17)
CRIME DE VENGEANCE.

Abat d'un coup de fusil en pleine poitrine le 25 juillet 1876 à Nieul-le-Virouil Pierre Pierreau, 34 ans, cultivateur, époux de sa petite-fille, et met le feu à un hangar voisin.

Misathrope et paranoïaque, Bouton accusa sa victime d'avoir empoisonné ses lapins et volé ses récoltes !
Gracié le 22 décembre 1876, peine commuée en réclusion perpétuelle.

Décédé le 14 janvier 1878 à Caen (14).
17 novembre 1876 Cour d'assises de la Charente-Inférieure

Saintes
Louis Massé

24 ans, ancien marin

(03 janvier 1852, Dolus, 17)
SATYRE ASSASSIN D'ENFANTS.

Viole à Dolus, sur l'île d'Oléron, en septembre 1876 la petite Marie Nadreau, neuf ans.

Le 23 septembre 1876, à Saint-Pierre-d'Oléron, viole, égorge et éventre Adeline Robert, 15 ans, bergère, avant de lui arracher l'oreille gauche pour lui voler sa boucle d'oreille.
Gracié le 15 décembre 1876.

Décédé le 24 juin 1914 à l'île Nou.
17 novembre 1876 Cour d'assises de la Marne

Reims
Nicolas Léonide Portelette

50 ans, manouvrier

(08 septembre 1826, Maizy, 02)
CRIME DE VENGEANCE.

Braconnier et contrebandier, dénoncé en 1871 pour trafic de tabac et condamné à une amende de 3.000 francs, nourrit une haine profonde envers ses voisins, les Laurent, qu'il suppose être les traîtres qui l'ont dénoncé.

Tue Mme Laurent, 40 ans, le 20 septembre 1876 à Ventelay, d'un coup de fusil en pleine poitrine.

Arrêté avant d'aller faire subir le même sort à son mari.
Gracié le 12 décembre 1876.

Décédé le 24 juillet 1878 à l'île Nou.
17 novembre 1876 Cour d'assises de la Haute-Garonne

Toulouse
Julien Ducaux

36 ans, journalier

(28 août 1840, Saint-Julien-sur-Garonne, 31)
FÉMINICIDE INTIME/TUERIE.

Le 26 septembre 1876, à Villeneuve-les-Cugnaux, frappe à coups de bêche et de pioche son épouse Guillaumette Maurat, 32 ans (morte le 1er octobre), sa belle-soeur Marie Naurat, 28 ans (morte le 8 octobre), et Victoire Anglade, épouse Lacroix, leur voisine, 42 ans (morte le 29 septembre).

Sa belle-soeur allait se marier et emporter avec elle, hors de la maison Ducaux où elle demeurait jusqu'alors, ses meubles et ses biens !
Guillotiné le 27 décembre 1876.
17 novembre 1876 Cour d'assises de la Seine-et-Oise

Versailles
Philippe "Armand" Dufaÿs

27 ans, journalier

(04 février 1849, Chapet, 78)
CRIME DE VENGEANCE/INCENDIAIRE.

A Chapet, ivrogne notoire, mécontent d'avoir été licencié, met le feu à la grange de ses anciens patrons, les Chénier, en septembre 1875, et tue Mme Chénier le 19 août 1876 de seize coups de couteau.
Gracié le 22 décembre 1876.

Décédé le 06 juin 1878 à l'île Nou.
18 novembre 1876 Cour d'assises du Nord

Douai
Charles Louis Yden

38 ans, cultivateur

(12 mars 1838, Sainte-Marie-Cappel, 59)
FÉMINICIDE INTIME/INCENDIAIRE.

A Borre, dans la nuit du 8 au 9 novembre 1875, tua en l'étouffant sa femme Justine Caroline Catoen, 49 ans, ménagère, et faisant passer sa mort pour un infarctus, hérita de ses biens d'une valeur de 10.000 francs.

Il désira se remarier et fit la cour à Mlle Pauline Oudoire, qui le repoussa.

Le 2 avril 1876, la grange de la veuve Oudoire ainsi que plusieurs dépendances prirent feu. Yden fut suspecté mais jamais ouvertement accusé tant il faisait peur.

Enfin, au sortir de la messe du dimanche 6 août 1876, Yden tira deux coups de fusil sur Pauline, la touchant légèrement, et alla se constituer prisonnier. Aux gendarmes, il avoua le meurtre de son épouse.
Guillotiné le 23 décembre 1876.
20 novembre 1876 Cour d'assises de la Seine-Inférieure

Rouen
Marie Eloïse Chauvet, épouse Brard

51 ans, ?

(07 avril 1825, Bocasse, 76)
PARRICIDE.

Empoisonne huit jours durant son père Nicolas, 76 ans, à Bocasse-Val-Martin, jusqu'à ce qu'il meure le 11 août 1876 : elle lui avait préparé de la crème et de l'eau-de-vie mêlés d'une mixture d'arsenic et d'acide chlorhydrique.

Voulait le voir mourir pour hériter et sortir de la délicate situation financière où elle se trouvait.

Son mari, Alexandre Frédéric Brard, 35 ans, accusé de complicité durant le procès de sa femme, est arrêté, inculpé et condamné aux travaux forcés à perpétuité par la cour d'assises de la Seine-Inférieure le 03 mars 1877.
Graciée le 22 décembre 1876.

Décédée le ?
24 novembre 1876 Cour d'assises de l'Ille-et-Vilaine

Rennes
Jean Olivier Penhouët

56 ans, cultivateur

(07 mai 1820, Miniac-Morvan, 35)
AMANTS DIABOLIQUES.

Tue à Saint-Pierre de Plesgaen de deux balles dans le dos son gendre, Célestin Lorre, 40 ans, le 21 juillet 1876.

Mobile : il entretenait une relation incestueuse avec sa fille cadette, Jeanne-Marie Penhoüet, épouse Lorre, 33 ans, relation sentimentale partagée (!) par cette dernière, qui haïssait son mari et espérait le voir mourir, allant jusqu'à tenter de l'empoisonner à la cantharide et au sulfate de cuivre depuis plusieurs mois.

Jeanne Marie est condamnée aux travaux forcés à perpétuité.
Exécution prévue à Saint-Malo.

Arrêt cassé le 21 décembre 1876.
02 décembre 1876 Cour d'assises de la Côte-d'Or

Dijon
Claude Garnier-Fauverney

39 ans, cultivateur

(08 juin 1837, Soissons-sur-Nacey, 21)
CRIME DE VENGEANCE.

Le 08 septembre 1876, tente d'assassiner de deux coups de fusil M.Bonvalot-Morizot, adjoint au maire de Soissons-sur-Nacey, qu'il détestait depuis longtemps.

Bonvalot avait témoigné contre lui dans une affaire grave : Garnier avait tiré sur un garde-champêtre un an plus tôt, et il avait été condamné à trois mois de prison.
Gracié le 10 janvier 1877.

Evadé de Nouvelle-Calédonie le 16 janvier 1889.
13 décembre 1876 Cour d'assises du Lot-et-Garonne

Agen
Bertrand Duprat

21 ans, ouvrier tuilier

(26 avril 1855, Saint-Laurent, 47)
CRIME CRAPULEUX.

>Assassina d'un coup de pal de charrette le 08 octobre 1876 à Saint-Pierre-de-Buzet l'employeur de son père, Jean Baptiste Baudia, 41 ans, tuilier, pour lui voler 175 francs en or, pour se refaire après avoir perdu une grosse somme au baccarat.
Gracié le 18 janvier 1877.

Décédé à l'île Nou le 29 novembre 1921.

1877 : 35 condamnations

10 janvier 1877 Cour d'assises de la Meuse

Saint-Mihiel
Charles Émile Moulut

24 ans,

(03 janvier 1853, Dompcevrin)
CRIME CRAPULEUX.

Le 17 novembre 1876, à Erize-Saint-Dizier, tuèrent la veuve Sophie-Jerôme Ragouget, aubergiste de 65 ans, à coups de rondin pour voler 600 francs, une chevalière et des titres mobiliers.
Guillotiné le 24 mars 1877.
Jean Alphonse Nicolas Eugène "Léon" Moulut

18 ans, tisserand

(28 février 1858, Dompcevrin)
Gracié le 21 mars 1877.

Décédé le 23 mars 1934 à Pouembout (Nouvelle-Calédonie).
11 janvier 1877 Cour d'assises du Finistère

Quimper
Marc Morvan

28 ans, domestique

(28 mai 1848, Châteaulin, 29)
FÉMINICIDE SEXUEL/SATYRE ASSASSIN.

Frappe de dix coups de couteau et viole Marie-Louise Madec, 32 ans, le 3 septembre 1876 à Châteaulin, parce qu'elle refusait de devenir sa maîtresse.
Gracié le 25 février 1877.

Décédé le 16 octobre 1915 à l'île Nou.
20 janvier 1877 Cour d'assises de l'Orne

Alençon
Jacques Joseph Mercier

59 ans, journalier

(11 novembre 1817, Le Bosc-Renoult, 61)
CRIME DE VENGEANCE PAR PROCURATION (TUEUR).

Abattit dans la nuit du 13 au 14 juin 1876 au Bosc-Renoult, Alexandre Lambert, 63 ans, propriétaire terrien, d'un coup de fusil dans le dos, à hauteur du coeur.

Le crime avait été échafaudé par Marie-Apolline Lecesne, épouse Lambert, 22 ans, femme de François, le neveu de Lambert, lequel, mécontent de leur attitude, avait l'intention prochaine de les deshériter.

Le rôle de tueur est confié à Mercier, connu comme étant un dangereux repris de justice, mais aussi l'amant de la jeune Marie, qui est condamnée aux travaux forcés à perpétuité.
Gracié le 21 mars 1877.

Décédé le 28 mars 1878 en Nouvelle-Calédonie.
23 janvier 1877 Cour d'assises du Cher

Bourges
Claude Chantereau

24 ans, domestique d'auberge

(11 juin 1852, Gron, 18)
CRIME CRAPULEUX.

Tue à Garigny, le 27 novembre 1876, Louis Priot, cultivateur à Couy, d'un coup de pieu sur la nuque, pour voler son porte-monnaie, avant de jeter le corps dans un puits.

Bilan du crime : deux pièces de cinq francs.
Gracié le 21 mars 1877.

Remise de résidence le 25 mars 1917, décédé après 1917.
07 février 1877 Cour d'assises de l'Eure

Évreux
Adolphe Émile Fez

30 ans, cultivateur

(13 novembre 1846, Courdemanche, 27)
FÉMINICIDE INTIME/TENTATIVES DE MEURTRES.

Persuadé à tort de l'infidélité de sa femme, Marceline Baton, épouse Fez, 27 ans, l'abat d'une balle de revolver le 18 juin 1876 à Courdemanche, puis tente de tirer sur l'amant supposé, Jules Clairet. Comme ses voisins, les époux Lemaire, font obstacle, il leur tire dessus à leur tour, abattant net Eugène Lemaire, 69 ans, tailleur, et atteignant au bras Joséphine Ruffin, épouse Lemaire, 48 ans.

Marceline Fez meurt à l'hôpital le 23 juin.
Arrêt cassé le 01 mars 1877.

Condamné aux travaux forcés à perpétuité par la cour d'assises de la Seine-Inférieure le 11 mai 1877.

Décédé le 03 janvier 1879 à l'île Nou.
23 février 1877 Cour d'assises du Rhône

Lyon
Charles Giroud

47 ans, cultivateur journalier

(15 mai 1829, Violay, 42)
CRIME CRAPULEUX.

Frappe de cinq coups de piochon-râcle, le 07 novembre 1876 à Lentilly, Jeanne Game, veuve Ferry, 64 ans, pour la voler.

Surpris par le neveu de sa victime et deux amis avant qu'il n'ait le temps de commettre le cambriolage, frappe M.Poncet avec son arme, le blessant légèrement à la joue gauche, et est mis hors d'état de nuire.
Gracié le 10 avril 1877.

Décédé le 20 août 1878 à l'île Nou.
27 février 1877 Cour d'assises de l'Hérault

Montpellier
Eugène Chabre

34 ans, colporteur en mercerie

(24 mars 1842, Grenoble, 38)
FÉMINICIDE INTIME/CRIME SUR BELLE-MÈRE.

Abat à coups de revolver dans la forêt de Font-Froide, à Saint-Clément-la-Rivière, le 17 novembre 1876, sa femme (en instance de divorce) Victoire Hélène Mazon, 25 ans, et sa belle-mère, Victoire Vincent, veuve Mazon.
Gracié le 10 avril 1877.

Décédé le 04 septembre 1902 à l'île Nou.
11 mars 1877 Cour d'assises de la Loire-Inférieure

Nantes
Jean Olivier Penhouët

56 ans, cultivateur

(07 mai 1820, Miniac-Morvan, 35)
AMANTS DIABOLIQUES.

Tue à Saint-Pierre de Plesgaen (35) de deux balles dans le dos son gendre, Célestin Lorre, 40 ans, le 21 juillet 1876.

Mobile : il entretenait une relation incestueuse avec sa fille cadette, Jeanne-Marie Penhoüet, épouse Lorre, 33 ans, relation sentimentale partagée (!) par cette dernière, qui haïssait son mari et espérait le voir mourir, allant jusqu'à tenter de l'empoisonner à la cantharide et au sulfate de cuivre depuis plusieurs mois.

Jeanne Marie est condamnée aux travaux forcés à perpétuité.

Condamné en première instance le 24 novembre 1876 par la cour d'assises de l'Ille-et-Vilaine, arrêt cassé le 21 décembre 1876.
Exécution prévue à Saint-Malo.

Gracié le 03 mai 1877.

Décédé à l'île Nou le 01 mai 1878.
12 mars 1877 Cour d'assises des Hautes-Pyrénées

Tarbes
Francisco "François" Badel

30 ans, terrassier

(1847, Ponts (?), Espagne)
CRIME CRAPULEUX.

Le 25 novembre 1875, en compagnie de Valentino Badel, 25 ans, frère de Francisco, se rendent chez les Campistrous, à Montoussé, où ils sont accueillis par Louise, fille de la maison, qui a connu Francisco et Marie-Jeanne en prison.

Les trois arrivants poignardent et étranglent Louise, puis Philippe, son père octogénaire, puis volent plus de 50.000 francs d'économie.

Valentino est condamné aux travaux forcés à perpétuité.
Guillotiné le 12 mai 1877.
Jeanne Marie Viau, épouse Mengella

24 ans, ménagère

(15 février 1853, Tarbes)
Graciée en mai 1877.

Décédée le ?
15 mars 1877 Cour d'assises de la Seine

Paris
Baptiste Joseph Sébastien Billoir

58 ans, ancien militaire

(22 janvier 1819, Blécourt, 59)
FÉMINICIDE INTIME.

Le 2 novembre 1876, tue d'un coup de pied Jeanne Le Manach, sa maîtresse, chez elle, 51, rue des Trois-Frères, et dépece le cadavre dès le lendemain pour aller le jeter dans la Seine, où il est retrouvé.
Guillotiné le 26 avril 1877.
18 avril 1877 Cour d'assises de la Mayenne

Laval
Julien Fouilleul

20 ans, domestique de ferme

(15 juillet 1856, La Baconnière)
Connu pour sa violence psychopathologique.

Massacre à coups de bâton et de talon le 07 janvier 1877 à Saint-Ouen-des-Toits François Lucas, 38 ans, carrier, et Louis Gambert, cultivateur, 46 ans, qui meurt trois jours après l'attaque.
Gracié le 01 juin 1877.

Condamné à mort par le Conseil de Guerre de Nouvelle-Calédonie en mai 1887 pour tentative de meurtre sur surveillant militaire.

Guillotiné le 28 décembre 1887 à l'île Nou (Nouvelle-Calédonie).
26 avril 1877 Cour d'assises de l'Eure

Évreux
Pierre Motte

47 ans, cordonnier, représentant de commerce

(11 septembre 1829, Montreuil-l'Argillé)
FÉMINICIDE NON INTIME.

Poignarde mortellement au coeur la fille de sa femme, Marie, 18 ans, le 12 décembre 1876 à Montreuil-l'Argillé parce que la jeune fille se refusait à lui.
Gracié le 05 juin 1877.

Décédé à l'île Nou le 10 janvier 1887.
07 mai 1877 Cour d'assises de la Seine-et-Oise

Versailles
Alexandre Stéphane Jacques Joseph Déon

20 ans, sculpteur

(23 janvier 1857, Besançon, 25)
CRIME CRAPULEUX.

Repris de justice, le 09 décembre 1876, étranglent et égorgent la veuve Tartarin, 77 ans, cabaretière à Argenteuil, pour lui voler 32 francs 50.
Gracié le 18 juin 1877.

Décédé le 05 janvier 1910 à l'île Nou.
Georges Désiré Lamoureux

20 ans, ouvrier couvreur

(05 octobre 1856, Saint-Denis, 75)
Gracié le 18 juin 1877.

Décédé le 10 juin 1878 à l'île Nou.
Ange Valentin Roux

19 ans, sans profession

(27 octobre 1857, Marseille, 13)
Guillotiné le 21 juin 1877.
12 mai 1877 Cour d'assises du Maine-et-Loire

Angers
Marie Louise Chenevreau, veuve Piltan

26 ans, ménagère

(27 mai 1850, Bourgueil)
MARITICIDE.

A Saumur, ayant l'intention - depuis trois ans - de refaire sa vie avec un amant, empoisonne à l'arsenic son mari Léonard, 38 ans, qui meurt le 08 décembre 1876.
Graciée le 21 juin 1877.
15 mai 1877 Cour d'assises du Maine-et-Loire

Angers
Augustin Changeur

21 ans, cordonnier

(28 août 1855, Puyréaux, 16)
CRIME SUR AGENT PÉNITENTIAIRE.

Condamné à sept ans de réclusion à Blois, incarcéré à la centrale de Fontevrault, assassine de sept coups de tranchet - dont deux mortels - le gardien François Joseph Corminier, 29 ans, le 20 juin 1876 en cherchant à s'évader.

Condamné aux travaux forcés à perpétuité - de même que son co-accusé Moslier, 19 ans - par la cour d'assises du Maine-et-Loire le 12 août 1876, attend son départ pour l'île de Ré (et la Nouvelle-Calédonie) à la maison d'arrêt d'Angers.

Le 24 avril 1877, frappe le gardien Delaître pendant sa tournée d'inspection nocturne, en l'assommant avec le chariot amovible qui sert à faire bouger le seau d'aisance du couloir jusqu'à la cellule, et mord l'index gauche du gardien-chef Brien jusqu'à le lui sectionner.
Guillotiné le 23 juin 1877.
19 mai 1877 Cour d'assises du Nord

Douai
Léonard Hubert Julien Théophile Aublin

37 ans,

(08 janvier 1840, Wormhout, 59)
CRIME CRAPULEUX.

Voleur multirécidiviste, a déjà passé au total 17 ans derrière les barreaux.

Tua dans la nuit du 25 au 26 juin 1876 M. François Meurant, 65 ans, percepteur à Sivry et sa bonne Rosalie Broguez, 69 ans, respectivement de 19 et 18 coups de couteau. Butin du vol : le portefeuille du percepteur, son coffre-fort cadenassé n'ayant pu être ouvert.

L'un de ses complices, Vital Bernard, se suicide en prison. Pierre-Aimable Crochon est condamné aux travaux forcés à perpétuité.
Guillotiné le 28 juin 1877.
05 juillet 1877 Cour d'assises des Bouches-du-Rhône

Aix
Léon Paul Vitalis

24 ans, terrassier

(25 juin 1853, Bréau-et-Salagosse, 30)
AMANTS DIABOLIQUES/MATRICIDE.

Tuèrent le 19 mars 1877 Marie Anne Salat, veuve Boyer, 43 ans, propriétaire d'une crémerie et d'une mercerie, mère de Maria et maîtresse de Vitalis, dépecèrent le cadavre et allèrent le dissimuler au Cap Pinède.
Guillotiné le 17 août 1877 à Marseille.
Maria Boyer

17 ans, ?

(11 juin 1859, Montpellier, 34)
Graciée en août 1877.

Incarcérée à Cadillac.

Libérée et revenue à Marseille (selon Le Petit Provençal du 20 novembre 1904).

Décédée le ?
11 juillet 1877 Cour d'assises de la Seine-et-Oise

Versailles
Joseph Haas

19 ans, boutonnier

(27 juillet 1857, Paris)
CRIME SUR AGENT PÉNITENTIAIRE.

Détenu à la centrale de Poissy, plante un poinçon derrière l'oreille du gardien Millet, soi-disant pour lui apprendre à être moins sévère, le 14 avril 1877.

Son complice Joseph Marie Gassine, 20 ans, est condamné à dix ans de travaux forcés.
Arrêt cassé le 02 août 1877.

Condamné aux travaux forcés à perpétuité par la cour d'assises de la Seine le 24 octobre 1877.

Evadé le 06 octobre 1889.

Décédé (tué) le 27 mars 1890 à Tub-Tub (Nouvelle-Guinée).
11 août 1877 Cour d'assises de l'Aisne

Laon
Jean Sylvestre Clovis Frison

53 ans, maçon

(15 septembre 1823, Aubigny-aux-Kaisnes, 02)
FILICIDE.

Assassina sa fille Noémie Sylvie Frison, 27 ans, à coups de marteau le 15 juin 1877 à Beaumont-en-Beine.

Alcoolique au dernier degré, battait régulièrement son épouse et sa fille.
Guillotiné le 13 septembre 1877.
13 août 1877 Cour d'assises de la Seine

Paris
Jean Pierre Welker

21 ans, employé aux abattoirs

(20 février 1856, Moosch, 68)
SATYRE ASSASSIN D'ENFANT.

Pédophile récidiviste, le 01 juin 1877, enlève sa voisine Marie Joséphine Eckerlé, 8 ans, qu'il ramène chez lui au 17, rue Nationale (13e), avant de la violer et de l'étrangler avec sa corde à sauter.
Guillotiné le 11 septembre 1877.
27 août 1877 Cour d'assises de la Seine

Paris
Alphonse Armand Dupont

28 ans, commerçant

(08 mars 1849, Soulaires, 28)
FÉMINICIDE INTIME.

Assassine d'un coup de couteau en pleine gorge sa femme Marie Montabrut, qui l'avait quitté après qu'il eut mis au clou l'intégralité de leur mobilier, au bazar des Halles centrales le 1er juin 1877.
Arrêt cassé le 13 septembre 1877.

Condamné aux travaux forcés à perpétuité par la cour d'assises de la Seine-et-Oise le 23 novembre 1877.

Décédé le 18 mars 1886 à l'île Nou.
04 septembre 1877 Cour d'assises du Lot-et-Garonne

Agen
Pierre François Félix Laval

25 ans, cultivateur

(16 octobre 1851, Agen, 47)
MATRICIDE.

Etrangla à Agen dans la nuit du 22 au 23 juillet 1877 sa mère Anne Cancher, veuve Laval, 66 ans, pendant son sommeil, et alla se dénoncer à sa soeur et à son beau-frère avant de revenir sur ses aveux.
Gracié le 09 octobre 1877.

Décédé le 07 juillet 1893 à l'île Nou.
12 septembre 1877 Cour d'assises de la Saône-et-Loire

Chalon-sur-Saône
Benoît Baconnait

16 ans, journalier

(05 juin 1861, Lacrost, 71)
SATYRE ASSASSIN.

Etrangle avec une corde et un fichu, puis viole Marie Vialet, vachère, 17 ans, le 03 juillet 1877 à Cuisery, et vole les boucles qu'elle portait aux oreilles.
Gracié le 30 octobre 1877.

Décédé le 08 août 1891 à Bourail.
27 septembre 1877 Cour d'assises de la Seine

Paris
Antoine Joseph Albert

25 ans, journalier

(13 décembre 1851, Falisolle, Belgique)
CRIME CRAPULEUX SUR PROPRIÉTAIRE.

Déserteur de l'armée belge, étrangle et tue à coups de poings Françoise Anne Havel, épouse Lepelletier, sa logeuse, le 24 août 1876 à la Tour Malakoff (Vanves, actuellement Malakoff), avant de la jeter dans le puits voisin.

Sa complice et maîtresse, Hortense Marie Lavoitte, épouse Louet, 28 ans, est condamnée aux travaux forcés à perpétuité.
Guillotiné le 25 octobre 1877.
25 octobre 1877 Cour d'assises des Alpes-Maritimes

Nice
Jean Antoine Guirard

25 ans, cultivateur

(28 septembre 1852, La Roquette-sur-Siagne, 06)
CRIME AVUNCULAIRE.

Etrangla avec une corde, dans la nuit du 4 au 5 avril 1877 à Golfe-Juan, commune de Vallauris, sa tante, Anne Marie Guirard, veuve Asso, 60 ans, dont le testament ne le favorisait pas.
Gracié le 03 décembre 1877.

Décédée après le 04 avril 1914 en Nouvelle-Calédonie.
27 octobre 1877 Cour d'assises de la Seine

Paris
Ernest Jules Fiévet

27 ans, cordonnier

(24 avril 1850, Reims, 51)
CRIME DE VENGEANCE/TENTATIVE DE FRATRICIDE.

Recherché par la police suite à une plainte déposée par son père, concernant un vol d'obligations supérieur à 500 francs, tenta, le 30 juin 1877 au 26, rue du Petit-Carreau, de tuer son frère Charles, 35 ans et son beau-frère Ducastel, qui avaient insisté pour qu'il soit arrêté.

Egalement auteur d'un viol le 25 juin 1877 sur une petite Louise, âgée de 10 ans.
Gracié le 28 novembre 1877.

Décédé le 02 avril 1896 à l'île Nou.
14 novembre 1877 Cour d'assises des Ardennes

Mézières
François Josué Rethée

36 ans, charpentier

(29 novembre 1840, Voncq, 08)
INCENDIAIRE.

Repris de justice, voleur et violeur, met le feu à la ferme de M.Desmon, le 02 septembre 1877 à Saint-Lambert, entraînant pour 14.500 francs de dommages, puis le même soir, à Semuy, met le feu à une bergerie appartenant à M.Fromageot (31.300 francs de dégâts), et enfin, à Voncq, incendie la ferme Gilbert (52.000 francs de dégâts).

Avoua avoir commis ces incendies dans le but d'être condamné aux travaux forcés et expédié en Nouvelle-Calédonie.
Gracié le 26 janvier 1878.

Décédé le 19 août 1893 à l'île Nou.
22 novembre 1877 Cour d'assises de la Seine

Paris
Henri Louis Mugnier

25 ans, journalier

(31 mars 1852, Paris)
TENTATIVE DE FRATRICIDE.

Ayant dépensé sa part d'héritage maternel, tente de tuer d'un coup de ciseaux dans le coeur le 9 juillet 1877, au 21, rue des Cités à Aubervilliers son frère aîné Jules Simon Mugnier, 33 ans, boucher, qui refusait de lui donner 1.900 francs supplémentaires.
Gracié le 12 décembre 1877.

Décédé le 14 décembre 1899 à l'île Nou.
30 novembre 1877 Cour d'assises de la Seine-et-Marne

Melun
Luigi Téofilo "Louis Théophile" Corsinesco

23 ans, ouvrier fumiste

(09 juillet 1854, Paris)
CRIME SUR CODÉTENU/RIVALITÉ AMOUREUSE.

Condamné à six ans de réclusion par le 1er conseil de guerre de Paris pour avoir porté des coups de couteau à un garde de Paris lors d'une rixe dans un bal populaire, incarcéré à la centrale de Melun à partir du 6 mars 1873.

Prisonnier rétif et violent (il avait tenté de tuer un gardien, Candal, en lui lançant une paire de cisailles en 1876), s'éprend d'un certain Auguste François Lebigot, 21 ans, imprimeur, condamné par la cour d'assises de la Seine le 1er novembre 1876 à six ans de réclusion pour cambriolage, incarcéré à Melun depuis le 8 janvier 1877, et surnommé "la reine des brosses" suite à son affectation à l'atelier de fabrication des brosses-.

Violemment jaloux, poignarda à trois reprises Paul Robin, 22 ans, garçon maquignon, un rival qui tournait trop autour de son "gosse", le 12 juillet 1877.
Guillotiné le 05 janvier 1878.
13 décembre 1877 Cour d'assises de l'Yonne

Auxerre
Jean Dufond

52 ans, ouvrier cordonnier

(22 décembre 1824, Balleray, 58)
CRIME CRAPULEUX.

Déjà condamné le 15 mars 1855 par la cour d'assises de la Seine-Inférieure à dix ans de prison pour avoir volé 100.000 francs.

Dans la nuit du 25 au 26 août 1877, à Saint-Martin-du-Tertre, attaque l'auberge des époux Adnot, frappant à coups de pierre Louis Adnot, 62 ans, et son épouse Véronique Bertrand, épouse Adnot, 66 ans, en s'acharnant sur les têtes de ses victimes, avant de voler 16 francs.

Véronique Adnot meurt sur place, Louis Adnot survit assez de temps pour dénoncer son assassin, mais ses blessures sont trop graves, et il décède à l'hospice de Sens le 31 août.
Gracié le 15 janvier 1878.

Décédé avant d'aller au bagne.

1878 : 30 condamnations

08 janvier 1878 Cour d'assises des Bouches-du-Rhône

Aix
Jean Marie Siméan

60 ans, cultivateur

(02 février 1817, Bessenay, 69)
CRIME SUR BELLE-SOEUR/NÉPOTICIDE.

A Septèmes-les-Vallons, quartier de Peragallo (entre Saint-Antoine et le village), le 22 juillet 1877, étrangle et étouffe la soeur de sa femme, Pérone Coudurier, veuve Jacquet, 52 ans, sans profession, qui vivait avec lui depuis qu'elle était devenue veuve, après qu'elle se soit rendue compte qu'il lui avait volé 5.600 francs. Ensuite, il étrangle sa nièce Thérèse Jacquet, âgée de 11 ans, qui a assisté à toute la scène.
Guillotiné le 22 février 1878.
30 janvier 1878 Cour d'assises de l'Eure

Évreux
Modeste Emmanuel Louchard

27 ans, berger

(25 janvier 1851, Goupillières, 27)
MATRICIDE.

Pour une histoire d'argent, dans la nuit du 16 au 17 mars 1877 à Goupillières, assomma sa mère, Julienne-Agathe Guillotin, veuve Guillotin, 55 ans, à coups de marteau, la découpa à coups de serpe, jeta les tronçons dans une marnière voisine et fit cuire sa tête dans un four pour la rendre méconnaissable.
Guillotiné le 18 mars 1878.
21 février 1878 Cour d'assises de la Haute-Vienne

Limoges
Luis "Louis" Garcia-Rodriguez

23 ans, valet de ferme

(17 août 1854, Pozoblanco, Espagne)
CRIME CRAPULEUX/CRIME DE VENGEANCE.

Frappe à coups de bâton, étrangle et étouffe le 26 décembre 1877 à Boisseuil M.Caillaud, propriétaire terrien, 77 ans, qu'il avait menacé et qui cherchait à le faire s'éloigner du village...et donc de sa maîtresse, Marie Desvolois, épouse Longequeue, 35 ans, la domestique de Caillaud.

Crime motivé par la vengeance et le désir d'argent, Caillaud devant verser 2.600 francs à ses fermiers à la fin de l'année.

Marie est condamnée aux travaux forcés à perpétuité.
Gracié le 1er avril 1878.

Décédé le 27 août 1926 à l'île Nou.
15 mars 1878 Cour d'assises du Morbihan

Vannes
Marc Evanno

32 ans, fabricant de galoches

(05 novembre 1845, Plouay, 56)
BRIGANDS/CRIME CRAPULEUX.

Auteurs de plus de soixante-quinze vols avec effraction dans les environs de Lorient, qui leur rapportèrent plus de 15.000 francs.

Assassinent à coups de hache et d'herminette Jean Bouedec, cultivateur à Caudan, le 15 octobre 1875 sur la route d'Arzano à Pont-Scorff pour le dévaliser.

Leurs épouses respectives, Marie-Louise Bévan, 26 ans, et Marie-Yvonne Thomase, 33 ans, sont condamnées à trois ans de prison pour recel.
Gracié le 20 mai 1878.

Décédé le 01 mai 1898 à l'île Nou.
Armel-Marie Le Cordroch

38 ans, ouvrier perceur

(15 novembre 1839, Quéven, 56)
Gracié le 20 mai 1878.

Décédé le 20 décembre 1904.
03 avril 1878 Cour d'assises du Finistère

Quimper
Yves François Denis

33 ans, cultivateur à Kervigaoué

(18 juin 1844, Plouigneau, 29)
CRIME AVUNCULAIRE.

Le 15 décembre 1877, à Plougonven, tua à coups de piquet de charette sa tante et bienfaitrice, Jeanne Leroux, 61 ans, qui lui avait vendu ses biens en viager.

Dans une mauvaise situation financière, Denis ne pouvait lui payer les 300 francs qu'il lui devait.

Ses domestiques, François-Marie Larhantec et François Simon, devenus ses complices contre 15 francs et un peu d'eau-de-vie, sont condamnés respectivement à vingt et dix ans de travaux forcés.
Exécution prévue à Morlaix.

Arrêt cassé le 02 mai 1878.
05 avril 1878 Cour d'assises de la Somme

Amiens
Thomas Philippe Théophile Gourlain

19 ans, domestique de ferme

(18 juillet 1857, Saulchoy, 62)
CRIME CRAPULEUX.

Au chômage, égorge le 10 janvier 1878 Joséphine Launay, 44 ans, épicière à Vironchaux, avec le couteau de cuisine qu'elle vient de lui vendre, et dérobe les quelques 200 francs contenus dans sa caisse.
Gracié le 20 mai 1878.

Décédé le 24 janvier 1895 à Pouambout.
10 avril 1878 Cour d'assises de la Mayenne

Laval
Louis Léon "Ernest Blanchard" Bouché

21 ans, domestique

(14 juin 1856, Breuillet, 78)
SATYRE ASSASSIN D'ENFANT.

Engagé sous la fausse identité de Blanchard chez les Houssin, une famille de meuniers du Bas-Coudray, à Sainte-Isle, viole et égorge la fille de ses patrons, Henriette, âgée de 11 ans, le 2 février 1878.

Arrêté, il est identifié comme étant un rédiciviste, auteur de plusieurs viols commis sur mineures.
Guillotiné le 11 juin 1878.
01 mai 1878 Cour d'assises des Alpes-Maritimes

Nice
Guglielmo Antonio "Rosso" Rossi

24 ans, journalier

(17 juillet 1853, Lamonta (?), Italie)
FÉMINICIDE INTIME/FÉMINICIDE NON INTIME/PÉRIPATÉTICIDE/CRIME DE VENGEANCE ?

Dans la nuit du 26 au 27 juin 1877, rue Saint-Antoine, quartier du Suquet à Cannes, tue d'un coup de couteau dans le coeur Maria Garino, 18 ans, journalière et prostituée, puis poignarde mortellement au cou Magdalena "Magdeleine" Vigliano, épouse Balbo, 27 ans, journalière et prostituée, la colocataire de Maria, qui venait à sa rescousse. Magdalena survit assez longtemps pour aller chez les voisins et dénoncer son meurtrier : elle serait morte au moment de révéler un second nom.

Mobile : soit la jalousie (Maria aurait été sa maîtresse), soit la vengeance, la jeune femme aurait dénoncé quelque temps auparavant un ami de Rossi dans une affaire de vol.
Gracié le 29 juin 1878.

Décédé le 29 janvier 1895 à l'île Nou.
24 mai 1878 Cour d'assises de la Côte-d'Or

Dijon
Jean Marie Dumont

24 ans, ouvrier forgeron

(10 janvier 1854, Champlecy, 71)
CRIME CRAPULEUX.

Fracasse à coups de barre de fer le crâne de Marie Lignier, épouse Derey, 27 ans, cabaretière à Ruffey-les-Echirey, le 08 avril 1878, et frappe un consommateur, le berger Arbinet, pour cambrioler le débit de boissons à son aise, et voler une petite somme.
Gracié le 10 juillet 1878.

Décédé le 29 août 1881 à l'île Nou.
25 mai 1878 Cour d'assises du Rhône

Lyon
Pierre Jean Laurent

28 ans, ?

(20 décembre 1849, Estaing, 12)
CRIME CRAPULEUX.

Déjà condamné à dix reprises, le 09 décembre 1877, tue à coups de hache Pierre Villecourt, 64 ans, propriétaire à Brullioles, pour lui voler plusieurs centaines de francs en valeurs-papier, et ainsi s'assurer une somme suffisante pour épouser sa compagne Adrienne.
Guillotiné le 13 juillet 1878.
04 juin 1878 Cour d'assises du Nord

Douai
Louis Grégoire Jean Baptiste "Théodule Beury" Delannoy

51 ans, maréchal-ferrant

(23 février 1826, La Bassée, 59)
CRIME CRAPULEUX.

Tue à coups de marteau, à La Groise, le 22 décembre 1877, Victoire Preux, veuve Denise, 82 ans, pour lui voler 72 francs en pièces de monnaie.

Condamné à vingt ans de travaux forcés par la cour d'assises du Pas-de-Calais le 13 mars 1878 pour l'assassinat à coups de marteau d'Émilienne Monteville, caberetière, sa maîtresse, le 04 novembre 1863, rue de la Mer à Saint-Pierre-lès-Calais, pour lequel il avait été condamné à la peine de mort par contumace (il se cachait depuis sous la fausse identité de Beury).
Gracié le 13 juillet 1878.

Décédé à l'île Nou le 27 décembre 1903.
06 juin 1878 Cour d'assises du Morbihan

Vannes
Yves François Denis

33 ans, cultivateur à Kervigaoué

(18 juin 1844, Plouigneau, 29)
CRIME CRAPULEUX AVUNCULAIRE.

Le 15 décembre 1877, à Plougonven, tua à coups de piquet de charette sa tante et bienfaitrice, Jeanne Leroux, 61 ans, qui lui avait vendu ses biens en viager.

Dans une mauvaise situation financière, Denis ne pouvait lui payer les 300 francs qu'il lui devait.

Ses domestiques, François-Marie Larhantec et François Simon, devenus ses complices contre 15 francs et un peu d'eau-de-vie, sont condamnés respectivement à vingt et dix ans de travaux forcés.

Condamné en première instance par la cour d'assises du Finistère le 03 avril 1878, arrêt cassé le 02 mai 1878.
Guillotiné le 18 juillet 1878 à Morlaix.
06 juillet 1878 Cour d'assises de la Meuse

Saint-Mihiel
Pierre Jean Baptiste Noël

35 ans, terrassier

(19 mai 1843, Villers-sur-Meuse, 55)
CRIME CRAPULEUX.

Tue de quatre balles de revolver dans l'estomac, dans la nuit du 31 janvier au 1er février 1878, à Yppécourt, M.Lefebvre, cultivateur à Verdun, pour lui voler sa carriole et 21 francs avant de jeter le corps dans la Meuse, où il est repêché le 10 mars suivant.
Gracié le 24 août 1878.

Décédé le 13 mars 1894 au cap Brun.
13 juillet 1878 Cour d'assises du Gers

Auch
Auguste "Philippe" Courtade

46 ans, garde particulier

(22 février 1832, Lascazères, 65)
TUERIE/CRIME SUR PROPRIÉTAIRE/CRIME SUR JURISTE.

Menacé d'expulsion par son propriétaire, Barthélémy Rémi Dulin, 33 ans, employé aux chemins de fer du Midi, il l'abat à coups de fusil et de revolver, le 23 mars 1878 à Plaisance, ainsi qu'Antoine Louis Hybre, 33 ans, juge de paix, Jean Marie Burgan, 54 ans, huissier, Jean Louis Lasserre, 42 ans, greffier de la justice de paix, avant de blesser gravement à la cuisse Marie Pauline "Julie" Robin, épouse Dulin, 26 ans, couturière, puis de tenter de se suicider d'une balle dans le menton qui ne fait que le défigurer.
Exécution prévue à Plaisance.

Gracié le 06 septembre 1878.

Décédé le 30 août 1879 à Thouars (79).
31 juillet 1878 Cour d'assises de la Seine

Paris
Aimé Thomas Barré

25 ans, clerc de notaire

(10 avril 1853, Saint-Georges-sur-Loire, 49)
CRIME CRAPULEUX.

Le 23 mars 1878, attirent dans un piège au 61, rue d'Hauteville, Berthe Liberre-Limouse, dite la "mère Gillet", laitière en affaires avec Barré, la croyant très riche : elle est assommée à coups de marteau par Barré puis poignardée de six coups de scalpel en plein coeur par Lebiez.

Après l'avoir volée, dépeçent le corps, dont ils expédient une partie au Mans dans une malle, puis abandonnent les membres découpés dans une chambre d'hôtel, rue Poliveau.

La maîtresse de Barré, Léontine Lepin, 25 ans, est condamnée à trois ans de prison pour recel.
Guillotinés le 07 septembre 1878.
Paul Louis René Lebiez

25 ans, étudiant en médecine

(30 juillet 1853, Angers, 49)
09 août 1878 Cour d'assises de la Haute-Saône

Vesoul
Pierre Laurent Feltzinger

61 ans, cultivateur

(02 septembre 1816, Rougegoutte, 90)
FÉMINICIDE INTIME.

Assassine le 02 juillet 1878 sa seconde épouse, Marie Catherine Chapuis, 43 ans, de trois coups de hache sur la tête et tente de tuer son beau-fils de 22 ans, ne faisant que le blesser légèrement.
Gracié le 27 septembre 1878, peine commuée en réclusion perpétuelle.

Décédé le 25 février 1887 à Caen (14).
22 août 1878 Cour d'assises de l'Isère

Grenoble
Jacqueline "Jeanne" Royer

27 ans, prostituée

(21 avril 1851, Musin-Magnieu, 01)
CRIME CRAPULEUX PAR PROCURATION.

Dans la nuit du 10 au 11 janvier 1878, à St-Martin-d'Hères, fait tuer à coups d'instrument contondant Pierre Deler, colporteur, par son amant Pierre-Marius Chevalier, repris de justice, pour s'emparer de son argent.

Enivré au cours d'un repas au restaurant, assommé avec une barre de charrette, dépouillé de sa montre et de sa gibecière, qui contient probablement plus de 1.000 francs, le malheureux est jeté dans l'Isère.

Chevallier est condamné aux travaux forcés à perpétuité.
Graciée le 19 octobre 1878.

Décédée le 01 mai 1930 à Bourail.
04 septembre 1878 Cour d'assises du Pas-de-Calais

Saint-Omer
Charles Louis Citerne

34 ans, maçon

(03 mai 1844, Bapaume, 62)
CRIME CRAPULEUX.

Pénètre par effraction, dans la nuit du 19 au 20 avril 1878, chez la veuve Demiautte, 76 ans, à Liguy-Tilloy, à qui il casse la tête à coups de ciseau à froid avant de voler une somme indéterminée.

Emile Chausse est condamné à deux ans de prison, Vital Carpeza acquitté.
Gracié le 17 octobre 1878.

Décédé le 15 février 1887 en Nouvelle-Calédonie.
07 septembre 1878 Cour d'assises de la Loire

Montbrison
Étienne Duranton

38 ans, mineur

(27 mars 1840, Saint-Julien-Molhesabate, 43)
AMANTS DIABOLIQUES.

Abattit de 4 balles de revolver et cinq coups de couteau Augustin Laroche le 16 février 1878 à St-Etienne.

Marie-Ursule Garnier, 36 ans, veuve Laroche, sa cousine germaine, maîtresse et complice, est condamnée aux travaux forcés à perpétuité.
Exécution prévue à Saint-Etienne.

Gracié le 16 octobre 1878.

Décédé le 07 décembre 1886 à l'île Nou.
26 octobre 1878 Cour d'assises de l'Orne

Alençon
Aimé Ernest Mautin

28 ans, ouvrier charpentier, maçon

(21 octobre 1850, L'Aigle, 61)
SATYRE ASSASSIN/FÉMINICIDE SEXUEL.

Viole, le 10 juin 1878 à Moulicent, Louise-Désirée Gautier, épouse Renard, 21 ans, puis la frappe à coups de bouteille, de couteau et de faucille, l'éventrant et la défigurant, avant de s'acharner sur la petite Augustine Renard, trois ans, qui survit.

Mme Renard a le temps de le dénoncer, avant de mourir, deux jours plus tard.
Guillotiné le 18 décembre 1878.
06 novembre 1878 Cour d'assises du Doubs

Besançon
Célestin Louis Nachin

30 ans, journalier

(10 mars 1848, Gondenans-Montby, 25)
SATYRE ASSASSIN/FÉMINICIDE NON INTIME.

Tue à coups de hache (lui sectionnant trois doigts, puis lui fendant le crâne), le 10 septembre 1878, à Gondenans-Montby, Etiennette Euvrard, épouse Rondot, 59 ans, avant de violer sa fille Marie "Célina" Rondot, 24 ans, qu'il convoitait depuis plusieurs semaines, et de tenter de la tuer en l'étranglant.
Gracié le 31 décembre 1878.

Décédé le 15 octobre 1884 à Péremba.
16 novembre 1878 Cour d'assises de l'Aisne

Laon
Victor Alexandre Pilloy

40 ans, manouvrier

(20 novembre 1837, Presles-et-Thierny, 02)
CRIME SUR PRÊTRE.

Tue le 08 septembre 1878 à Leuilly-sous-Laon, l'abbé Leredde, curé d'Ardon, 64 ans, à coups de cognée de bûcheron sur la tête, apparemment par haine envers l'Eglise.
Gracié le 31 décembre 1878.

Evadé le 05 juillet 1891.
21 novembre 1878 Cour d'assises du Maine-et-Loire

Angers
Pierre Henri Dubray

38 ans, commissionnairer

(07 décembre 1839, Saint-Christophe-du-Luat, 53)
CRIME VICARIANT.

Pour se venger de Joséphine Cordier, épouse Poirier, 36 ans, sa compagne qui l'avait mis à la porte et ne voulait pas reprendre la vie commune, enlève son fils, Auguste Eugène Poirier, six ans, de la garderie d'Angers où il se trouve le 16 octobre 1878, et va le pendre à un chêne dans le bois d'Avrillé.

Agresse le 17 octobre à Bouchemaine Anne Hardy, vachère, 13 ans, à qui il fait des attouchements avant de la jeter dans le Maine : la jeune fille survit.
Gracié le 28 décembre 1878.

Décédé le 18 mai 1895 à l'île Nou.
25 novembre 1878 Cour d'assises de la Seine

Paris
Modeste Louis Victor Guillot

29 ans, épicier

(26 juin 1849, Ligny-le-Châtel, 89)
CRIME VICARIANT.

Mari violent, ayant provoqué la ruine de son commerce, il étrangla sa propre fille Hélène, 2 ans, le 19 juin 1878 au 54, rue Pernety, dans une crise d'ivresse pour se venger des remontrances de son épouse Zélie Cachet.
Gracié le 28 décembre 1878.

Décédé à l'île Nou le 19 janvier 1913.
29 novembre 1878 Cour d'assises de la Côte-d'Or

Dijon
Émile Caulet

19 ans, terrassier

(07 avril 1859, Saint-Julien-de-la-Nef, 30)
CRIME SUR PROPRIÉTAIRE.

Abat le 22 octobre 1878 de six coups de revolver M.Pacot, aubergiste à Marcilly-sur-Tille, son logeur, pour se venger d'une retenue sur son loyer s'élevant à... 7 francs 55 (retenue correspondant à la somme non réglée par Caulet au mois de septembre, plus les intérêts).
Gracié le 23 janvier 1879.

Décédé le 02 février 1895 à Pouembout.
07 décembre 1878 Cour d'assises du Nord

Douai
Louis Désiré Auguste "Fraichelot" Delart

37 ans, ouvrier

(15 mai 1841, Erquinghem-Lys, 59)
CRIME CRAPULEUX/SATYRE ASSASSIN SUR PERSONNE AGEE.

Inculpé à deux reprises de viol et d'attentat à la pudeur sur la fille de son épouse, alors âgée de moins de treize ans. Quatre fois condamné pour vols, abus de confiance et escroquerie, libéré de la maison centrale de Loos le 28 janvier 1878 après deux ans d'incarcération.

Egorge avec un couteau à pain, assomme à coups de poing, viole et pend une infirme, Adelaïde Forceville, épouse Cokelaëre, 68 ans, le 30 mai 1878 à Bailleul, puis vole sa bague et ses boucles d'oreille, mais aussi 40 francs et deux montres en argent.

Auteur de quatre attentats à la pudeur consommés ou tentés avec violence, le 16 mai 1878 à Neuve-Église et à Ploegstreet (Belgique), le 26 mai à Nieppe et le 27 mai à Bailleul.

Nettement soupçonné d'avoir, le 02 juin 1878 à Erquinghem-le-Sec, assassiné à coups de marteau Marie Catherine Blanquart, épouse Carpentier, 64 ans, ouvrière de ferme : il est arrêté plus tard au cours de la même journée.
Gracié le 23 janvier 1879.

Décédé le 18 octobre 1887 à l'île Nou.
09 décembre 1878 Cour d'assises du Pas-de-Calais

Saint-Omer
Pierre Joseph Deboffe

71 ans, équarisseur, cultivateur à Hesdin

(10 novembre 1807, Fruges, 62)
CRIME CRAPULEUX.

Déjà condamné à vingt reprises.

Le 26 septembre 1878, à Etaples, tue d'un coup de couteau de poche dans la gorge Julie-Isidore Ranson, veuve Célacheux, pour lui voler 275 francs, et dépèce son corps en six morceaux qu'il jette dans la Canche.
Gracié le 23 janvier 1879, peine commuée en réclusion perpétuelle.

Décédé le 10 mars 1884 à Caen.
19 décembre 1878 Cour d'assises de l'Yonne

Auxerre
Charles Gustave Perrot

19 ans, charretier

(04 novembre 1859, Paris)
PARRICIDES.

Dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre 1878, à Saint-Cyr-les-Colons, tue à coups de couteau de boucher ses grands-parents, Marie Huant, épouse Moreau, 81 ans, (un coup, qui la décapite presque) et Sylvestre Moreau, 79 ans (trois coups dans la poitrine), pour voler 100 francs et une montre d'argent.

Son complice Barré, 16 ans, est condamné aux travaux forcés à perpétuité.
Gracié le 04 mars 1879.

Décédé le 17 septembre 1923 au Camp Est.

1879 : 24 condamnations

19 février 1879 Cour d'assises du Calvados

Caen
Marie Julie "veuve Lemière" Martin

72 ans, ?

(30 octobre 1806, Anctoville, 14)
INFANTICIDE.

Aide sa petite-fille naturelle, Léa Lemière, 20 ans, à accoucher d'un garçon le 06 décembre 1878 à Anctoville, et l'étrangle avec une ficelle avant de le jeter dans la Seulle, où il est repêché le 09 janvier, parfaitement conservé par le froid qui a en partie gelé les eaux.

Léa est condamnée à cinq ans de prison.
Graciée le 29 mars 1879.

Décédée le ?
05 mars 1879 Cour d'assises du Lot-et-Garonne

Agen
Jean Laprade

20 ans, carrier, cultivateur

(05 novembre 1858, Allemans-du-Dropt, 47)
TUERIE/FAMILICIDE/PARRICIDE/MATRICIDE.

Le 10 novembre 1878, à Allemans-du-Dropt, tua son père Jean-François Laprade, 43 ans, carrier, sa mère Elisabeth Chaumès, 38 ans, sa grand-mère Marie Teyssier, Veuve Laprade, 83 ans, à coups de serpe.
Guillotiné le 19 mai 1879.
26 mars 1879 Cour d'assises de la Saône-et-Loire

Chalon-sur-Saône
Pierre Moucaut

56 ans, journalier

(06 février 1823, La Chapelle-Saint-Sauveur, 71)
INFANTICIDES.

Etrangle le 17 octobre 1878 son fils nouveau-né à La Chapelle-Saint-Sauveur.

Avait déjà empoisonné deux de ses enfants au lendemain de leurs baptêmes, Pierre en juillet 1873 et Alexandrine en septembre 1874. Soupçonné d'avoir au total commis quatorze infanticides !

Sa troisième épouse, Caroline Guenuchot, 37 ans, complice du dernier meurtre, est condamnée à vingt ans de travaux forcés.
Gracié le 18 juin 1879.

Décédé le 20 janvier 1885 à l'île Nou.
28 mars 1879 Cour d'assises de la Loire

Montbrison
Jeanne Marie Paturel, veuve Deschamps

48 ans, canneteuse

(03 avril 1830, Saint-Priest-la-Roche, 42)
FILICIDE.

Etrangle puis noye sa fille Marie Deschamps, 17 ans, tisseuse, à Roanne dans la nuit du 04 au 05 septembre 1878 et jette son corps denudé dans un champ.

Mobile : sa fille lui reprochait sa malhonnêteté - elle avait été condamnée le 04 septembre 1861 par la cour d'assises de la Saône-et-Loire à cinq ans de réclusion pour émission de fausse monnaie, aux côtés de son époux qui avait écopé de sept ans de prison -, le nombre de ses liaisons - elle se prostituait depuis des années -, et ses débordements en général.

Son amant - et amant de sa fille - François Préfol, 23 ans, tisseur, est condamné aux travaux forcés à perpétuité.
Graciée le 08 mai 1879.

Décédée le 14 août 1883 à Montpellier (34).
12 mai 1879 Cour d'assises de la Gironde

Bordeaux
Jean Raffier

28 ans, cultivateur

(04 mars 1851, Bergerac, 24)
CRIME CRAPULEUX.

Etrangle et étouffe avec un linge Françoise Allemand, veuve Mougneau, 81 ans, dans la nuit du 16 au 17 mars 1879 au Truch, commune de Saint-Loubès, et vole plus de 9.000 francs en or et en billets.
Gracié le 14 juillet 1879.

Décédé le 17 septembre 1906 à l'île Nou.
14 mai 1879 Cour d'assises de la Gironde

Bordeaux
Jean Marie Darrieux

33 ans, ouvrier boulanger

(02 juin 1845, Simorre, 32)
CRIME SUR PROPRIÉTAIRE.

Assomme à coups de marteau son propriétaire Louis Ferraud, 69 ans, avant de mettre le feu à son corps pour lui voler plus de 2.500 francs le 10 janvier 1879, au 25, rue Dublan à Bordeaux.
Gracié le 29 juillet 1879.

Evadé le 25 octobre 1880.
01 juin 1879 Cour d'assises de la Vienne

Poitiers
Marcelline Roy, épouse Guiot

27 ans, journalière

(14 mars 1852, Antoigné, 49)
MARÂTRE.

Veuve, se remarie en juillet 1878 avec Louis Guiot, lui-même veuf et père de deux enfants, Louis, 7 ans, et Nathalie, 2 ans.

Tua Nathalie le 21 février 1879 à Morton à force de mauvais traitements en la forçant à avaler des épingles.
Graciée le 14 juillet 1879.

Décédée le 05 septembre 1883 à Rennes (35).
04 juin 1879 Cour d'assises du Pas-de-Calais

Saint-Omer
Jean Colin

33 ans, ouvrier teinturier

(12 novembre 1845, Anost, 71)
CRIME VICARIANT.

Après avoir appris, la veille, que sa femme, Marie Michel, venait de procéder à une séparation de biens après un an et demi de mariage à peine, se rend chez ses beaux-parents à Frévent le 28 décembre 1878, armé d'un sabre, avec lequel il tue de deux coups le domestique Stemborg, qui voulait l'empêcher d'entrer (l'homme meurt au bout de huit heures), blesse son beau-frère, Léon, 12 ans, et tue sa belle-soeur, Julie, 18 ans, qui meurt sur le coup, avant de se réfugier dans les bois où il est arrêté par les gendarmes.
Gracié le 14 juillet 1879.

Evadé le 25 octobre 1889.
05 juin 1879 Cour d'assises de l'Oise

Beauvais
André Joseph Emmanuel Bourdelle

48 ans, marchand de porcs

(30 mars 1831, Coupelle-Vieille, 62)
FÉMINICIDE INTIME.

Amant de sa voisine Célina Lambert, épouse Deligny, il fit signer en septembre 1878 au mari trompé sur son lit de mort un acte qui le rendait propriétaire de ses biens à hauteur de 3.800 francs. Flouée par son amant, la veuve Deligny décide de le quitter et de se remarier avec un nommé Papin : elle est abattue d'un coup de revolver dans la tête le 21 mars 1879 à Mortefontaine.

Célina survécut quatre jours, le temps de dénoncer ses assassins.

Philibert Héron, gendre de Bourdelle, est condamné à vingt ans de travaux forcés.
Arrêt cassé le 04 juillet 1879.
21 juin 1879 Cour d'assises de la Loire

Montbrison
Jean Chambe

38 ans, maçon

(04 décembre 1840, Saint-Rambert, 42)
PARRICIDE.

Etrangla à Saint-Rambert courant janvier 1879 son père Antoine Chambe, 74 ans, charpentier en bateaux, pour hériter de sa maison et de ses meubles.

Il dissimula le cadavre sous l'évier pendant deux mois, vivant dans la maison en compagnie du corps putréfié et prétendant que le vieil homme étant parti en voyage.
Guillotiné le 10 septembre 1879 à Saint-Rambert.
30 août 1879 Cour d'assises de la Seine

Paris
Émile "Kosiki du Trône" Abadie

19 ans, boulanger

(07 décembre 1859, Rochefort, 17)
BRIGANDS.

Membres de la "Bande de Montreuil", auteurs de plusieurs vols.

Le 17 avril 1879, cambriolent l'appartement d'Elisabeth Foy, épouse Bassengeaud, 44 ans, et la massacrent à coups de couteau, avant de voler une montre, un revolver, quelques francs et des cigares.

Leurs complices, Victor Claude, 19 ans, est condamné à sept ans de prison pour vols, et Nicolas Farigoule, 15 ans, et Frédéric Charton, 14 ans, à vingt-quatre mois de réclusion.
Gracié le 10 novembre 1879.

En l'apprenant, avoue sa participation à un autre crime, resté jusqu'alors impuni (voir au 30 août 1880).

Décédé le 17 septembre 1911 à l'île Nou.
Pierre Gille

16 ans, fleuriste

(21 septembre 1862, Paris)
Gracié le 10 novembre 1879.

Décédé le 29 septembre 1924 à Pouembout.
03 septembre 1879 Cour d'assises du Pas-de-Calais

Saint-Omer
Achille Charles Guislain Lequette

24 ans, meunier

(01 décembre 1854, Ligny-Thilloy, 62)
CRIME CRAPULEUX.

Tue à la sortie d'Hamelincourt, le 26 avril 1879, M.Citerne, cultivateur, revenant du marché d'Arras, d'une quarantaine de coups de pied de fer avant de l'étrangler avec son écharpe, pour lui voler 300 francs.
Exécution prévue à Arras.

Gracié le 10 novembre 1879.

Décédé le 21 décembre 1898 à l'île Nou.
11 septembre 1879 Cour d'assises de l'Oise

Beauvais
Fulgence Théophile Hinard

43 ans, journalier

(26 mars 1836, Tillé, 60)
FÉMINICIDE NON INTIME/PARÂTRE.

Tente d'assassiner d'un coup de couteau de cuisine dans le ventre la fille de sa femme, Victorine Racinet, 18 ans, le 15 mars 1879 à Rotangy, parce que la jeune fille était devenue son obsession.

Déjà condamné le 19 mai 1858 par le 1er Conseil de Guerre de la Division Militaire d'Alger pour vol à cinq ans de travaux forcés.
Gracié le 10 novembre 1879.

Décédé le 17 août 1889 à l'île Nou.
12 septembre 1879 Cour d'assises de l'Oise

Beauvais
Théotime Hippolyte Prunier

23 ans, charretier

(06 mars 1856, Le Vaumain, 60)
SATYRE ASSASSIN.

Le dimanche 27 juillet 1879, à Trie-la-Ville, voulait violer Louise Fonvel, 16 ans, domestique chez le même employeur, le meunier Frumence Bellache, meunier, mais faute de parvenir à l'isoler, rabattit ses désirs sur la belle-mère de Bellache, Marie Alexandrine Félicie Deshayes, épouse Jobin, 49 ans, qu'il assomme à coups de bûche alors qu'elle s'occupait de la traite des vaches dans l'étable.

Après avoir violé le cadavre à deux reprises, le jette dans les eaux de l'Aunette, puis retourne repêcher le corps une demi-heure plus tard pour s'assurer de sa mort... et le violer de nouveau !
Guillotiné le 13 novembre 1879.
13 septembre 1879 Cour d'assises de l'Oise

Beauvais
Prosper Jules Arsène Martin

31 ans, charretier

(25 août 1848, Milly-sous-Thérain, 60)
CRIME CRAPULEUX.

Assassine à coups de manche de fourche dans la nuit du 27 au 28 juillet 1879 sur la route à Notre-Dame-du-Thil Barthélémy Toutain, 60 ans, domestique, pour lui voler 200 francs qu'il devait aller déposer à la Caisse d'épargne de Beauvais.
Gracié le 10 novembre 1879.

Décédé à l'île Nou le 18 avril 1915.
25 octobre 1879 Cour d'assises de la Somme

Amiens
André Joseph Emmanuel Bourdelle

48 ans, marchand de porcs

(30 mars 1831, Coupelle-Vieille, 62)
FÉMINICIDE INTIME.

Amant de sa voisine Célina Lambert, épouse Deligny, il fit signer en septembre 1878 au mari trompé sur son lit de mort un acte qui le rendait propriétaire de ses biens à hauteur de 3.800 francs. Flouée par son amant, la veuve Deligny décide de le quitter et de se remarier avec un nommé Papin : elle est abattue d'un coup de revolver dans la tête le 21 mars 1879 à Mortefontaine (60).

Célina survécut quatre jours, le temps de dénoncer ses assassins.

Philibert Héron, gendre de Bourdelle, est condamné à vingt ans de travaux forcés.

Condamné en première instance par la cour d'assises de l'Oise le 05 juin 1879, arrêt cassé le 04 juillet 1879.
Gracié le 17 janvier 1880.

Décédé le 30 août 1911 à l'île Nou.
30 octobre 1879 Cour d'assises de la Haute-Marne

Chaumont
Adolphe François Arnoult

42 ans, cantonnier

(07 avril 1837, Rouvres-sur-Aube, 52)
FÉMINICIDE INTIME.

Veuf, blesse mortellement d'un coup de fusil dans la poitrine le 20 septembre 1879 Marie Adrienne Bougrelle, 26 ans, institutrice à Rouvres-sur-Aube, soeur cadette de sa défunte femme Catherine.

Après son veuvage, Adrienne était devenue sa maîtresse ; quand elle était tombée enceinte, les parents Bougrelle avaient accepté avec réticence leur mariage, sachant que Catherine avait été une femme malheureuse en ménage.

Dans les jours suivant l'accouchement, Adrienne avait été battue - ainsi que ses parents - par le fiancé, ce qui avait conduit les Bougrelle à annuler le mariage, alors imminent.
Gracié le 17 janvier 1880.

Décédé le 16 novembre 1897 à l'île Nou.
13 novembre 1879 Cour d'assises de l'Ille-et-Vilaine

Rennes
Jean Marie Louis Esnault

21 ans, terrassier

(06 octobre 1858, Laignelet, 35)
SATYRE ASSASSIN D'ENFANT.

Viole ét égorge de deux coups de couteau Marie Lemarié, 7 ans et demi, le 25 août 1879 à Saint-Germain-en-Cogles.
Gracié le 17 janvier 1880.

Décédé le 13 septembre 1891 à l'île Nou.
28 novembre 1879 Cour d'assises de la Seine

Paris
Narcisse Albert Delattre

24 ans, artiste de rue

(29 juin 1855, Bacqueville, 76)
INCENDIAIRE.

Fils d'un juge de paix, chef d'une bande de voleurs, auteur d'une série de vols qualifiés à Paris, incendie le 16 mars 1879 une chambre de bonne située au 12, rue Turbigo, après l'avoir dévalisée et dérobé 200 francs en or, un porte-monnaie, des boucles d'oreille, des vêtements et du linge.

Arrêté deux heures plus tard en possession d'une partie du butin, Delattre affirma avoir incendié le lieu par accident, en se servant d'un livre enflammmé pour s'éclairer, le feu s'étant propagé au lit.

Ses complices condamnés à des peines s'échelonnant de huit ans de travaux forcés à trois ans de réclusion.
Gracié le 17 janvier 1880.

Décédé le ?
28 novembre 1879 Cour d'assises de la Seine-Inférieure

Rouen
Tranquille Léopold Départe

19 ans, domestique de ferme

(28 septembre 1860, Toussaint, 76)
CRIME DE VENGEANCE.

Accusé - à juste titre - le 31 août 1879 à Tourville d'avoir volé la montre de François Grandserre, charretier, 65 ans, interrogé par la gendarmerie.

Furieux de cette accusation pourtant méritée, tue le jour-même Grandserre de quatre coups de couteau dans la nuque et le cou à Contremoulins, pour se venger.
Gracié le 17 janvier 1880.

Décédé le 21 janvier 1882 à la baie de Prony.
04 décembre 1879 Cour d'assises de la Haute-Loire

Le Puy
Jean François "Quatorze" Queyron

27 ans, fermier

(06 octobre 1852, Chaspinhac, 43)
CRIME SUR PROPRIÉTAIRE.

Tua le 26 septembre 1879 Joseph Désiré Dominique, 38 ans, son propriétaire, à Viaye-les-Moines, commune de Saint-Vincent, de deux coups de fusil puis en l'achevant à coups d'une hache de fortune fabriquée par ses soins.
Gracié le 17 janvier 1880.

Décédé le 06 décembre 1888 à l'île Nou.
08 décembre 1879 Cour d'assises de la Seine

Paris
Victor Joseph Prévost

42 ans, ancien boucher, ex-Cent-Garde, gardien de la paix

(11 décembre 1836, Mormant, 77)
FÉMINICIDE INTIME/CRIMES CRAPULEUX.

Arrêté pour avoir, le 10 septembre 1879, assassiné chez lui, au 22, rue de l'Evangile à coups de boule de tender Alexandre Lenoble, courtier en bijouterie, 38 ans, afin de lui voler pour 6.000 francs de bijoux. Il découpa le cadavre en morceaux et tenta de les faire disparaître dans les bouches d'égoût du quartier, mais il fut remarqué en pleine action.

L'enquête montra que trois ans plus tôt, au même endroit, Prévost avait étranglé sa maîtresse Adèle Marguerite Blondin, 44 ans, gouvernante, le 27 février 1876, découpé son cadavre au couteau et à la scie et jeté le tout dans les égouts, sauf la tête, enterrée près de la porte de la Chapelle.

Mobile : lui voler les 1.500 francs qu'elle conservait toujours sur elle.
Guillotiné le 19 janvier 1880
13 décembre 1879 Cour d'assises de la Loire

Montbrison
Gaspard Beysson

29 ans, épicier

(13 janvier 1850, Chenereilles, 42)
CRIME DE DETTES.

Pour ne pas avoir à lui rembourser les 900 francs qu'il lui avait emprunté, tenta d'empoisonner avec du vin son meilleur ami Benoît Badel, mineur, le 8 octobre 1879 au hameau de la Petite-Vaure, commune de Sorbiers, avant de le massacrer la nuit suivante à coups de marteau et de jeter le corps dans un puits de mine abandonné.
Gracié le 17 février 1880.

Décédé le 12 décembre 1906 à l'île Nou.

1880 : 25 condamnations

23 janvier 1880 Cour d'assises du Cher

Bourges
Simon Bonnefoi

41 ans, journalier, vigneron

(13 avril 1838, Châteaumeillant, 18)
CRIME CRAPULEUX.

Assomme à coups de chaise, puis de pelle, le 11 août 1879 à Châteaumeillant, Julie Bonnet, épouse Ferron, 52 ans, pour voler de l'argent afin de payer ses impôts.
Exécution prévue à Châteaumeillant.

Les jurés, ne s'attendant pas au verdict suprême, signent tous le recours.

Gracié le 27 mars 1880.

Décédé à Saint-Martin-de-Ré le 07 juillet 1880.
23 février 1880 Cour d'assises du Nord

Douai
Charles Émile Couvelaëre

21 ans, domestique de ferme

(25 avril 1858, Arnèke, 59)
CRIME CRAPULEUX.

Tue à Ochtezeele le 28 décembre 1879 son ancienne patronne, Eugénie Marquis, épouse Vaesken, 39 ans, cultivatrice, à coups de couteau de cuisine et de couperet, la décapitant presque, en l'absence de sa famille partie à la messe, pour voler 800 francs en argent et or dans un coffre de la chambre à coucher.
Gracié le 08 avril 1880.

Remise de résidence en mai 1921.

Décédé le ? en Nouvelle-Calédonie.
27 février 1880 Cour d'assises de l'Aude

Carcassonne
Henri Bos

29 ans, maçon

(27 septembre 1850, Le Vigan, 46)
CRIME CRAPULEUX SUR JURISTE.

A Saint-Hilaire, le 29 mars 1879, attirent Me Alexandre Yence, 62 ans, notaire, dans un piège, le tuent à coups de revolver et de pierres puis l'achevent en l'étranglant avec une corde, avant d'aller piller son étude pour voler un peu d'argent et une quarantaine de lettres de change.
Gracié le 10 juin 1880.

Décédé le 31 mars 1883 à l'île Nou.
François Emile Castans

22 ans, bourrelier

(04 avril 1857, Greffeil, 11)
Gracié le 10 juin 1880.

Décédé le 30 mars 1911 en Nouvelle-Calédonie.
03 mars 1880 Cour d'assises de l'Indre-et-Loire

Tours
Eugène Jean Baptiste Jamin

32 ans, jardinier

(24 juillet 1847, Saint-Cyr-sur-Loire, 37)
CRIME CRAPULEUX.

Libéré de la prison de Tours après un mois de réclusion pour vols, assomme le soir-même à Mettray à coups de tavelle en fer Pierre Monnereau, domestique, qui revenait de livrer cinq tonneaux de vin au nom de son employeur, M.Gaudron, négociant en vins, et lui vole 10 francs dans son porte-monnaie, son pantalon et ses chaussures.
Arrêt cassé le 25 mars 1880.

Condamné aux travaux forcés à perpétuité par la cour d'assises du Loiret le 19 avril 1880.

Décédé le 21 janvier 1904 en Nouvelle-Calédonie.
23 avril 1880 Cour d'assises de la Seine-et-Oise

Versailles
Louis Jules Henry

20 ans, garçon boucher

(20 janvier 1860, Paris)
INCENDIAIRE/CRIME EN PRISON.

Condamné le 27 octobre 1879 à treize mois de prison par le tribunal correctionnel de Paris pour vols, détenu à la maison centrale de Poissy.

Le 10 février 1880, met le feu à un tas d'ordures dans l'atelier de la prison.
Exécution prévue à Poissy.

Gracié le 31 juillet 1880.

Décédé le 13 mai 1919 à l'île Nou.
09 mai 1880 Cour d'assises du Nord

Douai
Henri Désiré Delplanque

19 ans, magasinier

(20 février 1861, Tourcoing, 59)
CRIME CRAPULEUX.

Employé dans l'entreprise Destombes, jette dans le canal à Roubaix Héléna Desreux, 14 ans, ouvrière dans la même entreprise qui transportait la paye du personnel, soit 4.500 francs.
Exécution prévue à Roubaix.

Gracié le 31 juillet 1880.

Décédé le 19 janvier 1883 à l'île Nou.
14 mai 1880 Cour d'assises de la Seine-et-Marne

Melun
Jean Baptiste Fahy

22 ans, manouvrier

(11 juin 1857, Faremoutiers, 77)
MATRICIDE.

Tua au Poncet, commune de Saint-Augustin, le 10 février 1880, sa mère, Marguerite Désirée Gatefossé, épouse Fresne, 59 ans, en l'étranglant à mains nues avant de lui écraser la tête à coups de talon.

Il n'avait pas apprécié que sa mère se remarie, et menaçait les époux Fresne assez fréquemment de mort.
Gracié le 31 juillet 1880.

Décédé le 26 octobre 1908 en Nouvelle-Calédonie.
15 mai 1880 Cour d'assises du Rhône

Lyon
François Chalaye

26 ans, tailleur d'habits

(03 juillet 1853, Saint-Étienne, 42)
MATRICIDE.

Tue le 19 février 1880 à Lyon sa mère Jeanne "Mariette" Chalaye, 60 ans, en l'assommant, puis en l'étranglant avec un foulard, avant de violer le corps et de dérober quatre francs, deux clefs et des obligations.
Gracié le 31 juillet 1880.

Décédé le 16 juillet 1900 à la Foa.
19 mai 1880 Cour d'assises du Calvados

Caen
Siméon Romain Aldéric Chasle

19 ans, domestique

(12 juillet 1862, Perrières, 14)
PARRICIDE.

Abat d'un coup de fusil, le 03 avril 1880 à Vaudeloges, son père Jean Médéric Chasle, 40 ans, cultivateur qui, pensait-il, l'avait spolié de sa part d'héritage maternel en se remariant en 1878.
Gracié le 31 juillet 1880.

Evadé le 16 mai 1883.
15 juin 1880 Cour d'assises de la Charente

Angoulême
Jules Isaac Huort

23 ans, garçon coiffeur

(07 octobre 1856, Cognac, 16)
MATRICIDE.

Attaque sa grand-mère, Geneviève Boeuf, veuve Laversanne, 73 ans, au soir du 27 février 1880 rue Dupuy à Cognac en tentant de lui arracher la langue à mains nues afin de la voler.

La vieille dame meurt le lendemain matin.
Guillotiné le 16 septembre 1880
12 juillet 1880 Cour d'assises de la Dordogne

Périgueux
Lorand Frémont

59 ans, ouvrier tonnelier

(28 novembre 1820, Lussas, 24)
SATYRE ASSASSIN D'ENFANT.

Au hameau de Buzetière, commune de Lussas, tente de violer et tue à coups de bûche le 15 mars 1880 Marguerite Lamazière, 12 ans, fille de ses voisins.
Gracié le 05 septembre 1880.

Décédé le 16 octobre 1881 à l'île des Pins.
24 juillet 1880 Cour d'assises de la Seine

Paris
Louis Edmond Baude

33 ans, porteur de pain

(20 novembre 1848, Fère-en-Tardenois, 02)
CRIME DE VENGEANCE.

Employé à Saint-Denis à la boulangerie Duboc, détournait l'argent de ses livraisons, et si sa patronne accepta de ne pas le licencier, elle se remboursa sur ses étrennes.

Baude se procura donc de l'arsenic chez un ami verrier, et après avoir tué les deux chevaux de ses maîtres avec, décida d'en faire usage plus grave dès qu'il serait licencié.

Sachant que de nouvelles malversations, révélées le 05 avril 1880, allaient le conduire à la porte incessamment, il versa le poison dans le pétrin destiné aux deux premières fournées du 06 avril 1880, occasionnant des troubles graves, mais non mortels, chez plus de 300 consommateurs !

La somme détournée s'élevait à 96 francs.
Gracié le 05 septembre 1880.

Décédé le 22 septembre 1903 en Nouvelle-Calédonie.
30 juillet 1880 Cour d'assises de la Seine

Paris
Louis Ménesclou

20 ans, ancien mousse

(16 février 1860, Paris)
SATYRE ASSASSIN D'ENFANT.

Viole et étrangle la petite fille de ses voisins, Louise Deu, 4 ans, le 15 avril 1880 au 155, rue de Grenelle.

Découpe le corps en trente-cinq morceaux et fait brûler certains tronçons dans son poêle.
Guillotiné le 07 septembre 1880.
11 août 1880 Cour d'assises du Nord

Douai
Léon Adolphe Wels

19 ans, marin

(05 novembre 1860, Mardyck, 59)
SATYRE ASSASSIN D'ENFANT.

Viole et tue de quatre coups de couteau à Rosendael, commune de Dunkerque, le 8 juin 1880, Marie Apolline Martin, sept ans et demi.
Exécution prévue à Dunkerque.

Gracié le 30 septembre 1880.

Décédé le 19 février 1895 à l'île Nou.
11 août 1880 Cour d'assises de la Seine

Paris
Louis Victor Oblin

35 ans, ouvrier de chantier

(24 décembre 1844, Landisacq, 61)
CRIME CRAPULEUX.

Tua dans la nuit du 06 au 07 mars 1880 son ami d'enfance et collègue Jules Lemonnier, ? ans, maçon en l'enivrant, en lui dérobant son porte-monnaie contenant 77 francs, puis en l'abandonnant rue Haute-de-Bezons à Courbevoie, la tête dans une ornière : la première carriole qui emprunta la route cette nuit-là pour aller aux Halles de Paris lui écrasa la tête proprement.
Gracié le 30 septembre 1880.

Décédé à l'île Nou le 07 novembre 1915.
30 août 1880 Cour d'assises de la Seine

Paris
Michel Knobloch

18 ans, ébéniste

(09 avril 1862, Paris)
CRIME CRAPULEUX.

Participe à l'assassinat, le 8 janvier 1879 à Saint-Mandé Julien Cyprien Lecercle, 20 ans, commis épicier, en l'égorgeant pour lui voler 4.000 francs.

Emile Abadie, auteur véritable du crime, précédemment condamné à mort le 30 août 1879 par la même cour d'assises n'avoue qu'au jour de sa grâce présidentielle - condamné dans le cadre d'une autre affaire, la loi interdisant qu'on le condamne à mort une nouvelle fois pour une affaire plus ancienne que celle pour laquelle il a déjà été jugé.

Un troisième complice, Paul Kirall, 22 ans, ciselier, est condamné aux travaux forcés à perpétuité.
Gracié le 11 novembre 1880.

Décédé le 30 septembre 1933 au Camp Est.
03 septembre 1880 Cour d'assises de l'Ardèche

Privas
Louis Joachim "Le Verdun" Vabre

28 ans, casseur de pierres, berger

(22 janvier 1852, Chantemerle, 26)
CRIME CRAPULEUX.

Tue, dans la nuit du 30 avril au 01 mai 1880 au Teil, Pierre Bernard, casseur de pierres, pour lui voler de l'argent, du linge, des meubles et des vêtements.

Sa femme Clémence Riondet, épouse Vabre, 32 ans, est condamnée à deux ans de prison pour complicité de vol, son frère est acquitté.
Arrêt cassé le 30 septembre 1880.

Condamné aux travaux forcés à perpétuité par la cour d'assises du Gard le 18 novembre 1880.

En attente d'un autre procès devant la cour d'assises des Bouches-du-Rhône (voir le 03 mars 1881).
09 septembre 1880 Cour d'assises des Vosges

Épinal
Charles Jean Antoine Gley

16 ans, ouvrier de fabrique

(22 février 1864, Gérardmer, 88)
CRIME CRAPULEUX.

Assassinèrent à Gérardmer le 05 juillet 1880 Lucien Parmentelat, ouvrier, 20 ans, pour lui dérober sa paye.
Gracié le 03 novembre 1880.

Réhabilité le 31 août 1923.

Décédé le ?
Louis Auguste Cuny

16 ans, ouvrier de fabrique

(04 mars 1864, Saint-Dié, 88)
Gracié le 03 novembre 1880.

Décédé le 27 août 1924 à Nouméa.
28 septembre 1880 Cour d'assises de la Seine

Paris
Joseph Gaillepand

34 ans, journalier

(23 septembre 1846, Thonon, 74)
CRIME CRAPULEUX.

Voleur récidiviste, se présente peu avant quatre heures du matin, le 10 mai 1880, dans la boutique de vins de Nicolas Schmitt, à Clichy, et l'assomme de trois coups de massette pour lui voler sa montre, une bague et la trentaine de francs que contenait sa caisse.
Gracié le 03 novembre 1880.

Décédé le 21 octobre 1910 en Nouvelle-Calédonie.
29 octobre 1880 Cour d'assises de la Seine

Paris
Désiré Octave Camille Foulloy

18 ans, domestique

(11 mai 1862, Faverolles, 80)
CRIME CRAPULEUX.

Tua son patron (depuis le 16 mai), M.Joubert, marchand de vin au 62, rue Fontaine-au-Roi, le 13 juin 1880, en lui cassant la tête avec deux siphons d'eau de Seltz pour lui voler 1.500 francs. Se réfugia en Allemagne.

Prétendit s'être vengé des mauvais traitements infligés par son employeur.

Comparaît une première fois devant la cour d'assises de la Seine le 13 août 1880, procès renvoyé.
Gracié le 16 décembre 1880.

Décédé le 08 avril 1929 à Bourail.
30 novembre 1880 Cour d'assises de la Gironde

Bordeaux
Francisco Fructuoso "Antonio Lopez Rojas" Ramirez-Chacon

31 ans, ouvrier perruquier

(janvier 1849, Arcos de la Frontera, Espagne)
CRIME CRAPULEUX.

Tue à coups de couteau dans la nuit du 02 au 03 avril 1880, dans leur maison au croisement des routes de Bordeaux et de Carcans (4-6, rue Pierre Ralle) à Saint-Laurent-du-Médoc Antoine Victor Eyfren, 46 ans, médecin et sa femme, Marie Philomène Le Guénédal, épouse Eyfren, 37 ans, pour leur voler 6 francs.

Il avait été quelque temps durant le domestique du couple.

Un complice soupçonné, Castéra, est acquitté. Les deux autres, Benito Garcia et Carlos Rollin, sont en fuite.
Gracié le 21 mai 1881.

Evadé de Nouvelle-Calédonie le 13 septembre 1899.
16 décembre 1880 Cour d'assises de la Charente

Angoulême
Baptiste Robert

56 ans, cultivateur

(21 décembre 1823, Villejésus, 16)
CRIME CRAPULEUX.

Egorge Jean Durand, marchand d'eau-de-vie, à la Terne, commune de Luxeuil, dans la nuit du 12 au 13 mars 1880, afin de lui voler 4.000 francs.

Déjà soupçonné d'être l'auteur d'un crime similaire en décembre 1878.
Gracié le 08 mars 1881.

Décédé le 08 février 1884 à l'île Nou.
30 décembre 1880 Cour d'assises du Var

Draguignan
Jean Baptiste Basile Brun

33 ans, facteur rural

(08 mars 1847, Saint-Benoît, 04)
CRIME CRAPULEUX.

Au quartier des Salettes à Lorgues, tue à coups de serpe, de hachoir et de couteau de cuisine dans la tête Pierre Louis Victor Chenillion, 71 ans, peintre-décorateur, le 25 juillet 1880, pour lui voler deux montres, un revolver et soixante francs.

Son complice Joseph Paul Edouard Ravais, 35 ans, propriétaire, est condamné aux travaux forcés à perpétuité.
Gracié le 08 mars 1881.

Décédé le 26 novembre 1882 à l'île Nou.

1881 : 20 condamnations

20 février 1881 Cour d'assises de la Haute-Garonne

Toulouse
Augustin "Antonio Montets" Escande

48 ans, maçon

(26 février 1832, Anglès, 81)
CRIME CRAPULEUX.

Condamné par contumace par la cour d'assises du Tarn à vingt ans de travaux forcés pour tentative de viol en 1876.

Sous fausse identité, abat à coups de revolver, dans la nuit du 19 au 20 août 1877 au port de Vénasque, sur la Montagne de la Pique, Baltasar Amil, chimiste à Barcelone, et blesse le beau-frère de ce dernier, José Torrès y Batalon, et leur vole 200 douros, soit 2.000 francs.

Les Espagnols avaient été attirés dans un piège sous prétexte de découvrir et d'exploiter ensemble un gisement argentifère en pleine montagne.
Gracié le 18 mai 1881.

Décédé le 25 janvier 1892 à l'île Nou.
03 mars 1881 Cour d'assises des Bouches-du-Rhône

Aix
Louis Joachim "Le Verdun" Vabre

29 ans, casseur de pierres, berger

(22 janvier 1852, Chantemerle, 26)
CRIME DE VENGEANCE/INCENDIAIRE.

Dans la nuit du 26 au 27 septembre 1878, en Arles, met le feu à une meule de paille au mas "La Providence" située en pleine Camargue, sur la route des Saintes-Maries-de-la-Mer, et, près du clos Négadis, tue à coups de bâton son ex-employeur, Martin Caralp, 57 ans, propriétaire des lieux, parti chercher de l'aide à la ferme voisine, puis Pierre Rouvière, 65 ans, domestique agricole, qui était allé à la recherche de son maître.

S'apprêtait à attaquer Virginie Panatier, épouse Caralp, 58 ans, de la même manière quand l'arrivée d'un témoin le met en fuite.

Le crime était motivé par le fait d'avoir été récemment licencié.

Déjà condamné à mort par la cour d'assises de l'Ardèche le 03 septembre 1880 pour une autre affaire de meurtre et de vol, arrêt cassé le 30 septembre 1880, condamné aux travaux forcés à perpétuité par la cour d'assises du Gard le 18 novembre 1880.
Gracié le 20 mai 1881.

Décédé à la Dumbéa le 15 novembre 1890.
19 mars 1881 Cour d'assises de la Gironde

Bordeaux
Louis Lassime

45 ans, carrier

(20 avril 1835, Saint-Quentin-de-Baron, 33)
CRIME CRAPULEUX/TUERIE.

Le 21 avril 1880, au lieu-dit Tardinet à Saint-Quentin-de-Baron, abattent à coups de pelle Jean Donzeau, 42 ans propriétaire terrien, et sa femme Jeanne Blanc, épouse Donzeau, 44 ans, avant de tuer Catherine Bedrene, veuve Blanc, 74 ans, de vingt-cinq coups de crosse de fusil sur le crâne, pour voler 600 francs.

Jean Descombes, 46 ans, cultivateur, voisin des victimes et complice, est condamné à vingt ans de travaux forcés, sa femme Marie Deseigne, épouse Descombes, 47 ans, à cinq ans de prison.
Gracié le 09 juillet 1881.

Décédé le 14 juillet 1899 à l'île Nou.
Jean Lavergne

56 ans, garçon meunier

(14 novembre 1824, Saint-Mariens, 33)
Gracié le 09 juillet 1881.

Décédé le 28 février 1892 à l'île Nou.
07 mai 1881 Cour d'assises de la Meurthe-et-Moselle

Nancy
Joseph Egensperger

21 ans, marinier

(16 avril 1860, Huningue, 68)
CRIME CRAPULEUX.

S'introduit, dans la nuit du 19 au 20 janvier 1881, sur la péniche de Jean-Baptiste Décamps, 69 ans, son ancien employeur, à Pont-à-Mousson, armé d'un sabre-baïonnette. Réveillant Décamps par maladresse, il l'étrangle, et vole 400 francs.
Gracié le 09 juillet 1881.

Décédé le 05 février 1908 en Guyane.
16 mai 1881 Cour d'assises de la Gironde

Bordeaux
Jean Guittard

60 ans, laboureur

(02 août 1820, Lège, 33)
CRIME DE BRACONNIER.

Le 08 janvier 1881, sur la dune du Grand Crohot au Porge, arrêté en flagrant délit de pose de collets par Jean Pomès, 35 ans, cantonnier-garde forestier de Lège, l'abat de deux coups de fusil, l'un dans la tête et l'autre dans la poitrine, puis enterre le corps dans le sable.
Gracié le 16 juillet 1881, peine commuée en réclusion perpétuelle.

Décédé le ?
28 mai 1881 Cour d'assises de l'Isère

Grenoble
Joseph François Barral

49 ans, tailleur d'habits

(21 juillet 1831, Voiron, 38)
CRIME SUR PROPRIÉTAIRE.

Tua le 27 novembre 1880 d'un coup de pistolet à Moirans son propriétaire, Joseph Antoine Mollard, 37 ans, mécanicien, qui l'avait surpris en train de déménager à la cloche de bois.

Barral était aussi l'auteur d'attentats à la pudeur sur son fils Joseph, 14 ans, co-accusé dans l'affaire et acquitté.
Arrêt cassé le 08 juillet 1881.

Condamné aux travaux forcés à perpétuité par la cour d'assises de la Drôme le 08 août 1881.

Décédé le 10 décembre 1899 à l'île Nou.
07 juin 1881 Cour d'assises des Deux-Sèvres

Niort
Jean Sacré

27 ans, jardinier

(16 mars 1854, Doix, 85)
CRIME CRAPULEUX.

Tente d'étrangler, dans la nuit du 18 au 19 février 1881 dans une carrière de Sainte-Pezenne, commune de Niort, Jean Mahé, 17 ans, ouvrier relieur, à qui il casse une dent et arrache l'oeil gauche avant de le jeter dans un puits profond de cinq mètres, pour lui voler son porte-monnaie contenant 15 francs.
Gracié le 10 août 1881.

Décédé le 15 mai 1921 en Nouvelle-Calédonie.
15 juin 1881 Cour d'assises de la Seine

Paris
Léonce Claude Ferry

29 ans, menuisier

(15 juillet 1851, Lyon)
CRIME CRAPULEUX.

Frappe de deux coups d'un immense couteau Mme veuve Gouye, 42 ans, patronne d'un hôtel au 1, passage de l'Elysée-des-Beaux-Arts (18e), le 09 décembre 1880, pendant qu'il la cambriolait.

La victime survit.

Son complice receleur, Emile Jauffret, 20 ans, est condamné à deux ans de réclusion.
Gracié le 10 août 1881.

Evadé de Guyane le 28 octobre 1885.
06 juillet 1881 Cour d'assises de la Meuse

Saint-Mihiel
Louis Sourd

26 ans, manoeuvre

(10 janvier 1855, Vigneulles-lès-Hattonchâtel, 55)
CRIME CRAPULEUX.

Tue à coups de bûche, à l'aube du 22 février 1881 à Vigneulles, Marie-Ange Person, veuve Gilgaire, 79 ans, rentière, pour tenter de lui voler un portefeuille rempli d'or.

L'heure étant assez avancée, n'osant plus fracturer les meubles de peur de faire trop de bruit, il s'enfuit sans rien voler et en oubliant sa canne.
Gracié le 10 août 1881.

Remise de peine en 1911.

Peut-être décédé le 22 mai 1947 en Nouvelle-Calédonie ?
09 juillet 1881 Cour d'assises des Côtes-du-Nord

Saint-Brieuc
Louis Marie Riou

31 ans, laboureur

(22 mars 1850, Maël-Pestivien, 22)
CRIME SUR PROPRIÉTAIRE.

Tue d'un coup de pistolet dans la bouche à Pont-Caffin, commune de Ploumagoar, le 12 janvier 1881, Guillaume Le Gall, 61 ans, métayer, pour le voler, et pour ne plus à avoir à lui payer sa rente viagère - qu'il tardait régulièrement à verser.

Son complice, Yves-Marie Le Chever, 21 ans, est condamné à vingt ans de travaux forcés.
Gracié le 08 septembre 1881.

Décédé le 23 janvier 1914 en Nouvelle-Calédonie.
10 août 1881 Cour d'assises du Nord

Douai
Adolphe Norbert Alexandre "Louis" Bourgois

45 ans, colporteur

(13 septembre 1835, Warhem, 59)
SATYRE ASSASSIN D'ENFANT.

Viola et égorgea avec un couteau de poche la petite Céline Verhée, 7 ans, à Vieux-Berquin le 04 juillet 1881.
Gracié le 14 septembre 1881.

Décédé le 05 mai 1898 à l'île Nou.
11 août 1881 Cour d'assises de la Seine-Inférieure

Rouen
Pierre Émile Michel

36 ans, ouvrier-emballeur

(16 mai 1845, Monts, 14)
FÉMINICIDE INTIME.

Souteneur, tua sa femme Marie Amanda Aubrée, épouse Michel, 38 ans, sans profession, enceinte de huit mois, de six coups de revolver, rue d'Ignauval à Sainte-Adresse le 24 mars 1881, parce que celle-ci l'avait quitté pour se réfugier chez des voisins et cherchait à obtenir une instance en séparation.
Gracié le 19 octobre 1881.

Décédé le 25 décembre 1907 à l'île Nou.
23 août 1881 Cour d'assises du Loir-et-Cher

Blois
Pierre Sylvain Bonard

37 ans, journalier

(02 novembre 1843, Ligny-le-Ribault, 45)
CRIME A GAGES (TUEUR).

Assomme à coups de bâton le 18 avril 1881 à Villeny le bûcheron Vincent Trochoux, 34 ans.

Il avait été payé 60 francs pour ce crime par Claude Rancien, 55 ans, maçon, qui avait une maîtresse commune avec Trochoux et était bien décidé à la garder pour lui seul.

Rancien est condamné aux travaux forcés à perpétuité.
Gracié le 02 janvier 1882.

Décédé le 09 février 1890 à La Foa.
24 août 1881 Cour d'assises de la Corse

Bastia
Barthélémy Anziani

47 ans, laboureur

(03 novembre 1833, San-Martino-di-Lota, 20)
FÉMINICIDE INTIME.

Sept fois condamné pour violences conjugales, déshérité par sa propre mère au profit de son épouse Marie-Dominique Anziani, 40 ans, parce que la vieille dame connaissait son tempérament de débauché, tenta à trois reprises d'assassiner son épouse par haine.

Condamné à quinze mois de prison, retrouva à sa libération le 23 mai 1881 Marie-Dominique dans les vignes de Perello, sur la route de San-Martino-de-Lota, à Pietranera, et la poignarda mortellement d'un coup de couteau dans le coeur.
Arrêt cassé le 15 septembre 1881.
10 septembre 1881 Cour d'assises de la Seine

Paris
Pierre "Gustave" Lantz

32 ans, ouvrier boulanger

(09 novembre 1848, Lixheim, 57)
PARRICIDE.

Tua dans la nuit du 15 au 16 décembre 1880 son père Jacob "Jacques" Lantz, 71 ans, ouvrier bonnetier, à Lixheim, à coups de pied et de poing et en lui cognant la tête sur le plancher avant de l'étrangler. Après, il abusa du corps du vieil homme.
Arrêt cassé le 30 septembre 1881.
14 octobre 1881 Cour d'assises de la Seine

Paris
Eugène Joseph "Le Rouquin" Pigeonnat

20 ans, ouvrier ferblantier

(24 mars 1861, Paris)
CRIME DE VENGEANCE.

Souteneur, poignarde en plein coeur, dans la nuit du 17 au 18 juillet 1881, devant le 61, boulevard de Rochechouart à Paris (9e), Jean Baptiste Edouard Cambournac, 29 ans, emballeur, qui avait eu le tort quelques heures plus tôt de s'interposer dans une rixe opposant Pigeonnat à un ennemi, Humbert.
Gracié le 02 janvier 1882.

Remise de l'obligation de résidence le 15 décembre 1933.
07 novembre 1881 Cour d'assises du Doubs

Besançon
Remigio "Rémi" Morbi

29 ans, ouvrier terrassier

(12 octobre 1862, Gussola, Lombardie, Italie)
CRIME SANS RAISON.

Tua de trois coups de couteau à Mathay les frères Marie Joseph Léon Curtil, 21 ans, et Jules Adolphe Curtil, 23 ans, cultivateurs, qui sortaient d'un café, le 26 mai 1881.

Son complice Luigi Belleti, ouvrier italien comme lui, est en fuite.
Gracié le 02 janvier 1882.

Evadé le 18 septembre 1903.
22 novembre 1881 Cour d'assises de la Seine-Inférieure

Rouen
Félix Joseph Alavoine

35 ans, tisserand et aubergiste

(18 septembre 1846, Elbeuf, 76)
FÉMINICIDE INTIME.

A Sotteville, frappe et étrangle sa femme, Emilie Sénéchal, veuve Bénard, 46 ans, le 27 août 1881, avant de mettre le feu à l'auberge.

Mobile du crime : récuperer les économies de la défunte - qu'il maltraita durant leurs quatre années de mariage -, s'élevant à plusieurs milliers de francs, et parvenir à ses fins avec la fille de sa femme, Ernestine Bénard, 16 ans, qu'il convoitait depuis l'année précédente.
Gracié le 23 février 1882.

Décédé le 03 juin 1905 à l'île Nou.
31 décembre 1881 Cour d'assises des Bouches-du-Rhône

Aix
Barthélémy Anziani

48 ans, laboureur

(03 novembre 1833, San-Martino-di-Lota, 20)
FÉMINICIDE INTIME.

Sept fois condamné pour violences conjugales, déshérité par sa propre mère au profit de son épouse Marie-Dominique Anziani, 40 ans, parce que la vieille dame connaissait son tempérament de débauché, tenta à trois reprises d'assassiner son épouse par haine.

Condamné à quinze mois de prison, retrouva à sa libération le 23 mai 1881 Marie-Dominique dans les vignes de Perello, sur la route de San-Martino-de-Lota, à Pietranera (Corse), et la poignarda mortellement d'un coup de couteau dans le coeur.

Condamné en première instance le 24 août 1881 par la cour d'assises de la Corse, arrêt cassé le 15 septembre 1881.
Gracié le 23 février 1882.

Décédé le 26 février 1916 à l'île Nou.

1882 : 36 condamnations

12 janvier 1882 Cour d'assises de la Seine-et-Oise

Versailles
Pierre "Gustave" Lantz

33 ans, ouvrier boulanger

(09 novembre 1848, Lixheim, 57)
PARRICIDE.

Tua dans la nuit du 15 au 16 décembre 1880 son père Jacob "Jacques" Lantz, 71 ans, ouvrier bonnetier, à Lixheim, à coups de pied et de poing et en lui cognant la tête sur le plancher avant de l'étrangler. Après, il abusa du corps du vieil homme.

Condamné en première instance par la cour d'assises de la Seine le 10 septembre 1881, arrêt cassé le 30 septembre 1881.
Guillotiné le 31 mars 1882.
14 janvier 1882 Cour d'assises de l'Orne

Alençon
Clément Fourmeaux

41 ans, journalier

(07 février 1840, Paris)
CRIME CRAPULEUX.

Tue à coups de marteau dans la nuit du 1er au 2 novembre 1881 à Argentan Joséphine Leclancher, veuve Deuzet, 63 ans, marchande de chaussures, pour voler 95 francs dont il dépense le quart dans une maison close la nuit même.
Gracié le 15 mars 1882.

Décédé le 10 mars 1904 en Nouvelle-Calédonie.
19 janvier 1882 Cour d'assises de la Seine-et-Oise

Versailles
Camillo "Camille" Mentone

22 ans, ouvrier terrassier

(13 mars 1859, Villar Perosa, Italie)
CRIME DE VENGEANCE.

Après une altercation xénophobe avec trois Français, le 05 décembre 1881 sur la route d'Enghien, à Argenteuil, assomme l'ouvrier André d'un coup de canne, puis tue deux passants, Alfred Grison, 24 ans, ouvrier et Jacques Château, 40 ans, charretier, de plusieurs coups de couteau dans la poitrine.
Gracié le 15 mars 1882.

Réhabilité le 14 mars 1924.

Décédé le ? en Nouvelle-Calédonie.
01 février 1882 Cour d'assises de la Vendée

La Roche-sur-Yon
Louis François Chevallereau

46 ans, journalier

(27 juillet 1835, Thouarsais-Bouildroux, 85)
FÉMINICIDE INTIME.

Etouffe avec un traversin puis étrangle, dans la nuit du 18 au 19 octobre 1881 à Antigny, sa femme, Rose-Madeleine Biraud, 52 ans, qu'il battait depuis leur mariage neuf ans plus tôt, et ce afin de récupérer les biens de sa femme, comme prévu dans le contrat de mariage en cas de décès d'un des conjoints.
Gracié le 15 mars 1882.

Décédé le 08 mars 1883 à l'île NOu.
10 février 1882 Cour d'assises de l'Aisne

Laon
Joseph Frédéric Soissons

40 ans, briquetier

(02 août 1841, Erloy, 02)
MATRICIDE.

Ivrogne, à force de violences, en 1881, fit fuir sa femme Pélagie Chauderlier ainsi que leurs trois enfants.

Demanda à sa mère, Marie Louise Philippe, veuve Soissons, 72 ans, de s'installer chez lui, à Marly-Gomont. Inquiète pour lui, la vieille dame ne cesse de lui conseiller d'arrêter la boisson, et dès lors, il la bat comme plâtre régulièrement.

Craignant de la voir partir - ainsi que ses économies, environ 1.000 francs -, le 24 novembre 1881, tue la veuve Soissons à coups de pelle à feu et la piétine avec ses sabots, puis met le feu à sa propre maison pour faire disparaître les traces.
Guillotiné le 29 juin 1882.
12 février 1882 Cour d'assises de la Gironde

Bordeaux
Pierre "Justin" Martinet

34 ans, cultivateur

(08 août 1847, Caplong, 33)
CRIME CRAPULEUX AVUNCULAIRE.

Assassine dans la nuit du 9 au 10 avril 1881 son oncle Mathias Martinet, 72 ans, aux Maingauds, commune de Pineuilh, en lui aspergeant le visage d'acide sulfurique pendant qu'il dort, puis le frappe à coups de fourche, de couteau, de serpe, de piques à brochettes et d'un gros clou, pour le voler.

Anne Martinet, veuve Martinet, soeur de la victime et mère du criminel, 70 ans, est condamnée à cinq ans de réclusion, et les voisins, Pierre Large, 45 ans, cultivateur et Marie Souliac, épouse Large, 40 ans, respectivement à quinze et vingt ans de travaux forcés.
Guillotiné le 03 juillet 1882.
19 février 1882 Cour d'assises des Landes

Mont-de-Marsan
Pierre Diris

53 ans, journalier

(06 avril 1828, Poyanne, 40)
CRIME CRAPULEUX.

Tuent de dix-sept coups de marteau et de couteau le 19 février 1871 à Murain, commune de Poyanne, Vincent Lestage, 75 ans, rentier, passant pour riche, ainsi que Catherine Lespiancq, veuve Maisonnave, 60 ans, domestique, à coups de tisonnier, avant de voler 6.000 francs.

Les époux Diris sont alors soupçonnés, mais sans preuves.

Une dispute entre le nommé Vincent Laborde et sa maîtresse, à l'auberge Espedro en juillet 1880, où Laborde est accusé de complicité au double crime, relance l'enquête.

Deux des participants au crime sont décédés depuis : Joseph Suscosse, le 13 août 1871, et Aline "La Sévère" Rodier, le 05 avril 1877, tous deux après avoir probablement été empoisonnés par Espedro, qui était respectivement le voisin de Suscosse et l'amant d'Aline, et ce afin de faire taire d'éventuels témoins gênants. Espedro avait également, un jour, tué un rival à coups de bâton sur la tête.

Laborde condamné à dix ans de travaux forcés.
Gracié le 22 juin 1882.

Décédé le 20 mars 1885 à l'île Nou.
Jean "Pédro" Espedro

59 ans, charpentier, aubergiste

(05 novembre 1822, Saint-Geours-d'Auribat, 40)
Gracié le 22 juin 1882.

Décédé le 29 mars 1894 à Bourail.
Jeanne Lauret, épouse Diris

45 ans, ménagère

(13 août 1836, Laurède, 40)
Graciée le 22 juin 1882.

Décédée le ?
11 mars 1882 Cour d'assises du Pas-de-Calais

Saint-Omer
Bernhard Otto Hupp

22 ans, tailleur d'habits

(22 novembre 1859, Krefeld, Prusse)
CRIME SUR PROPRIÉTAIRE.

Tue à coups de couteau dans la nuit du 24 au 25 novembre 1881 à La Capelle, commune de Baincthun, sa logeuse, Marie Victorine Ansel, veuve Delobez, 45 ans, cabaretière puis tente de tuer le second locataire, un vieillard nommé Bodart, et s'enfuit sans être arrivé à rien voler.
Exécution prévue à Boulogne-sur-Mer.

Gracié le 22 juin 1882.

Evadé de Guyane le 21 mars 1890.
21 avril 1882 Cour d'assises de la Marne

Reims
Gustave Irénée Guillot

22 ans, peintre sur porcelaine

(04 avril 1860, Tarbes, 65)
FÉMINICIDE INTIME.

Assassine de cinq coups de couteau à la poitrine, à la gorge et au visage le 07 janvier 1882 à l'auberge de la Pomme d'Or à Châlons-sur-Marne sa maîtresse Claudine Bardin, 22 ans, chanteuse de café-concert à Châlons-sur-Marne, qui l'avait laissé tomber à cause de sa violence et de son intransigeance.
Gracié le 22 juin 1882.

Evadé de Guyane le 21 mars 1890.
29 avril 1882 Cour d'assises du Doubs

Besançon
François Louis Aubert

26 ans, hôtelier-restaurateur

(22 juillet 1855, Besançon)
CRIME CRAPULEUX.

Logeur et locataire, tous deux repris de justice (Gavard étant un souteneur notoire).

Dans la nuit du 10 au 11 décembre 1881, 5 rue Sainte-Anne à Besançon, pour commettre un cambriolage, tuent Emélie Fourot, épouse Fourot, 59 ans, domestique, en l'assommant puis en l'étranglant à mains nues, avant de s'en prendre à la propriétaire des lieux, Catherine Feuillet, veuve Sourdey, 77 ans, qu'ils étranglent puis étouffent, dans les deux cas avec un mouchoir. Volent ensuite 922 francs en or, argent et billets, puis un peu d'argenterie, une montre en or.

Leur complice Chapuis, qui avait travaillé chez un des locataires de la veuve Sourdey, et qui avait renseigné les deux autres, est condamné aux travaux forcés à perpétuité.
Gracié le 08 juillet 1882.

Décédé le 31 janvier 1890 à Thio (Nouvelle-Calédonie).
François Joseph Gavard

20 ans, couvreur

(29 janvier 1862, Besançon)
Gracié le 08 juillet 1882.

Evadé le 11 juillet 1884.
06 mai 1882 Cour d'assises de l'Ain

Bourg
Antoine Nallard

52 ans, charpentier, conseiller municipal

(25 mars 1830, Priay, 01)
AMANTS DIABOLIQUES.

Assassina de quatre coups de sabot et étrangla avec une corde Joseph Roserat, 39 ans, cultivateur, le mari de sa maîtresse, le 24 février 1882 à l'étang Mulet, commune de Priay.

L'attitude de Françoise Rovaret, veuve Roserat, 29 ans, laisse entendre qu'elle était au fait des intentions meurtrières de son amant, mais elle ne sera pas poursuivie.
Gracié le 07 juillet 1882.

Décédé le 17 janvier 1884 à l'île Nou.
09 mai 1882 Cour d'assises de la Côte-d'Or

Dijon
Pacifico "Pacifique" Aïna

43 ans, terrassier

(07 mars 1839, Cerano, Piémont, Italie)
CRIME CRAPULEUX.

Assomme puis étrangle le 3 mars 1882 à Villebichot Étienne Quillardet, 84 ans, propriétaire, pendant son sommeil pour le voler.

Son complice Jean Dubien, 20 ans, journalier, est condamné à vingt ans de travaux forcés.
Gracié le 07 juillet 1882.

Décédé le 21 septembre 1906 à Belep.
13 mai 1882 Cour d'assises de la Seine

Paris
Joseph Charles Bistor

22 ans, courtier en librairie

(12 janvier 1860, Paris)
CRIME CRAPULEUX.

Tua Marie Anne Poitrat, veuve Stordeur, 68 ans, dont il connaissait le petit-fils, au 232, rue de Charenton, dans la nuit du 10 au 11 décembre 1881, en l'assommant de plusieurs coups de marteau, puis l'étranglant avec une ficelle avant de lui voler un titre de rente valant 15 francs, un peu d'argent, deux montres, et quelques objets.

Sa maîtresse et complice, Anna Perrin, 17 ans, est condamnée à six ans de réclusion.
Gracié le 24 juillet 1882.

Décédé le 07 novembre 1905 à l'île Nou.
27 mai 1882 Cour d'assises de la Seine

Paris
Georges François Bonfils

33 ans, ouvrier-joaillier

(21 novembre 1848, Paris)
CRIME CRAPULEUX.

Couvert de dettes, habitué du mont-de-piété, en particulier son bureau du 7, quai Conti, tenu par Mme Rabier.

Le 30 janvier 1882 au matin, en l'absence de la responsable des lieux, tente de tuer de onze coups de marteau Marie Rabier, 14 ans, pour pouvoir voler les lieux tranquillement, en particulier pour dérober un sac d'écus qui le fascinait.
Gracié le 24 juillet 1882.

Décédé le 08 juillet 1884 à l'île Nou.
16 juin 1882 Cour d'assises des Vosges

Épinal
Arthur Fourquin

27 ans, manoeuvre, caporal de sapeurs-pompiers

(01 juillet 1854, Vittel, 88)
INCENDIAIRE.

Le 11 août 1879, à Vittel, incendie la grange et la maison de Mme Rolin.

Le 18 août 1879, met le feu à une grange appartenant à M.Morel, incendie qui détruit la maison du propriétaire, ainsi que deux maisons contiguës, celles de MM. Bagelin et Thierry.

Le 07 septembre 1879, incendie la maison de M.Petitjean.

Le 22 août 1880, boute le feu aux écuries de l'hôtel Hugotte, incendie qui se propage à la maison Rambeaux voisine, et qui en détruit la toiture.

Auteur de trois tentatives commises dans l'enceinte de l'établissement Bouloumié durant l'été 1880, envers le magasin de dentelles de Mme Heureceux, le magasin de broderies de Mme Schhwerdenhummer et la bergerie de l'hôtel, accolée à une partie des logements des curistes.

Réussit à incendier dans la nuit du 10 au 11 septembre 1880 un hangar de paille appartenant à M.Bouloumié.

En 1881, incendie les maisons de MM.Pierrot et Thiébault.

Dans la nuit du 16 au 17 octobre 1881, met le feu à la remise de MM. Guon et Loucol, laquelle s'embrase avec force, étant rempli d'articles de scierie, de bois et de tonneaux de goudron.

Dénoncé suite à une dispute en public avec son père, au cours de laquelle l'incendie du hanger Bouloumié lui fut reproché.
Gracié le 30 octobre 1882.

Décédé le 29 mai 1899 en Nouvelle-Calédonie.
17 juin 1882 Cour d'assises de l'Aveyron

Rodez
Jules Auguste Loubat

32 ans, gantier

(07 novembre 1849, Millau, 12)
PARRICIDE.

Abattit d'un coup de fusil à Millau le 17 avril 1882 son père Emmanuel Loubat, 60 ans, venu lui reprocher son ivresse presque permanente.
Exécution prévue à Millau.

Gracié le 07 août 1882.

Décédé le 28 février 1892 à Thio.
22 juin 1882 Cour d'assises des Vosges

Épinal
Eugène Édouard Martiné

39 ans, marchand de fromages

(31 mars 1843, Tendon, 88)
NÉPOTICIDE.

Empoisonna à la strychnine le 07 juillet 1881 à Bruyères sa nièce, Ernestine Martiné, 22 ans, modiste.

Couvert de dettes, il avait contracté une assurance-vie au nom de la jeune fille le 27 janvier précédent à hauteur de 12.000 francs...

Il avait selon toutes vraisemblances tué de la même manière en 1879 son propre frère Léon, le père d'Ernestine, pour toucher les 20.000 francs d'une assurance-vie !
Gracié le 17 août 1882.

Remise de la résidence en 1924.

Décédé le ? en Nouvelle-Calédonie.
23 juin 1882 Cour d'assises de l'Aveyron

Rodez
Basile Prosper Mézy

19 ans, cultivateur

(18 mars 1863, Canilhac, 48)
CRIME AVUNCULAIRE CRAPULEUX/CRIME CRAPULEUX.

Assassine son oncle Jean Antoine Mézy, 52 ans, à coups de couteau, le 28 juillet 1881, sur la route à Sevérac-le-Château pour lui voler 800 francs.

Tua sur la route de Saint-Geniez Joseph Carrière, 18 ans, pour lui voler ses gages s'élevant à une centaine de francs le 5 novembre 1881, et jette son corps dans un ravin.

Son complice, Étienne Astruc, était alors en fuite (voir 10 décembre 1882).
Gracié le 27 février 1883.

Décédé le 22 mai 1934 à Nouméa.
27 juin 1882 Cour d'assises de la Haute-Loire

Le Puy
Pierre Mallet

34 ans, sans profession

(13 septembre 1847, Saint-Arçons-d'Allier, 43)
CRIME SUR PRÊTRE.

Vagabond, tua à coups de marteau le 03 janvier 1882 l'abbé Jean Pierre Rivet, 48 ans, curé de Saint-Arçons-d'Allier, pour le voler.

L'intention de dévaliser un presbytère en tête, Mallet avait déjà, quelque temps plus tôt, tenté d'entraîner dans un piège le père Garraud, curé de Sainte-Marie des Chazes, mais ce dernier s'était méfié de lui et l'avait fait reculer, une arme à la main.
Guillotiné le 28 août 1882.
02 juillet 1882 Cour d'assises des Bouches-du-Rhône

Aix
Antoine Gustave Métafiot

44 ans, cultivateur

(13 septembre 1847, Saint-Arçons-d'Allier, 43)
CRIME CRAPULEUX.

Tue à coups de gourdin et de fourche Françoise Berton, veuve Barbaroux, 77 ans, ainsi que le domestique Ambroise Trotabas, 65 ans, dans la nuit du 3 au 4 avril 1882 au mas de la Gavotte, quartier d'Entressen à Istres.

Delphine Berton, épouse Reynaud, fille de la victime et maîtresse de Métafiot, qui l'avait incité à commettre le crime pour hériter de la fortune maternelle - environ 20.000 francs - est acquittée.
Gracié le 29 août 1882.

Décédé à l'Ile Nou le 04 août 1906.
27 juillet 1882 Cour d'assises de la Vendée

La Roche-sur-Yon
Jules Pierre "Armand" Barbier

33 ans, ouvrier agricole

(20 janvier 1849, Saint-Vincent-Sterlanges, 85)
CRIME CRAPULEUX/TUERIE.

Tua à coups de fourche et de pioche à Saint-Vincent-Sterlanges, le 17 février 1882, son patron Auguste Louis Durand, 73 ans, et sa fille Marie Clémentine Durand, épouse Guibot, 48 ans, et blessa grièvement Aimée Durand, 70 ans, et une fillette, Cécile Bernier, 5 ans, pour les voler.
Guillotiné le 22 septembre 1882.
27 juillet 1882 Cour d'assises du Doubs

Besançon
Othilie Marie Fumey

37 ans, ménagère

(22 août 1844, Levier, 25)
INFANTICIDE.

A Levier, étouffa son nouveau-né avec un oreiller le 03 juillet 1882.

Mère de deux enfants naturels, déjà condamnée pour abandon d'enfant.
Graciée le 04 septembre 1882, peine commuée en vingt ans de travaux forcés.

Décédée le ?
13 août 1882 Cour d'assises de la Seine-et-Oise

Versailles
Marin Joseph Fenayrou

40 ans, pharmacien

(19 décembre 1841, Aguessac, 12)
RIVALITÉ AMOUREUSE.

Tua à coups de marteau le 18 mai 1882 à Chatou le pharmacien Louis Aubert, 28 ans, l'ancien amant de sa femme, après l'avoir attiré dans un guet-apens, et jette son corps dans la Seine.

Sa femme Louise Gabrielle Anne Gibon, épouse Fenayrou, 30 ans, est condamnée aux travaux forcés à perpétuité, son frère Frédéric Lucien Fenayrou, 35 ans, à sept ans de travaux forcés.
Arrêt cassé le 07 septembre 1882.

Condamné aux travaux forcés à perpétuité par la cour d'assises de la Seine le 14 octobre 1882.

Décédé le 25 mai 1890 à Houaïlou.
09 août 1882 Cour d'assises de la Seine

Paris
Jean Baptiste Emile Robert

21 ans, marbrier

(01 octobre 1860, Paris)
CRIME CRAPULEUX.

Étranglent Louise Elisabeth Roger, veuve Galsterrer, 76 ans, rentière, dans la nuit du 26 au 27 février 1882 au 1, rue Labat, pour lui voler des bijoux et 950 francs en billets.

Jugés en compagnie de cinq complices, leur principal camarade, Jean Joseph Jean, 21 ans, chaudronnier, est condamné aux travaux forcés à perpétuité. Les quatre autres entendent des verdicts allant de quinze ans de travaux forcés à un acquittement.
Graciée le 30 octobre 1882.

Décédé après février 1919 (date de sa remise d'obligation de résidence).
François Lipps

23 ans, journalier

(10 juin 1859, Saverne, 67)
Gracié le 30 octobre 1882.

Décédé le 14 juin 1939 à Nouméa.
29 août 1882 Cour d'assises des Bouches-du-Rhône

Aix
Jacques Frédéric Gagniot

25 ans, dessinateur-mécanicien

(06 octobre 1856, Saint-Nazaire, 44)
CRIME CRAPULEUX.

>Assassina Gabriel Merceron, 70 ans, horloger au 14, rue Paul à Marseille, d'au moins trente-trois coups de canne-épée le 15 juin 1882 et dévalise son magasin.
Exécution prévue à Marseille.

Gracié le 30 octobre 1882.

Décédé le 03 novembre 1908 en Nouvelle-Calédonie.
09 octobre 1882 Cour d'assises de la Seine

Paris
Jules Jean Baptiste Coché

23 ans, débardeur

(12 août 1859, Clichy-la-Garenne, 75)
CRIME CRAPULEUX.

Souteneur, étrangle avec son foulard le 21 mai 1882, passage Cépré à Paris, Joseph Seguin, 34 ans, tâcheron, pour lui voler sa montre ainsi que les deux francs de son porte-monnaie.

Son complice Jean Pouly, 31 ans, mineur, est condamné aux travaux forcés à perpétuité.
Gracié le 02 décembre 1882.

Décédé le 02 février 1888 en Nouvelle-Calédonie.
29 novembre 1882 Cour d'assises de la Haute-Saône

Vesoul
Jean Haury

39 ans, journalier

(15 février 1843, Guebwiller, 68)
CRIME DE VENGEANCE/INCENDIAIRE.

Condamné le 13 mai 1882 par le tribunal correctionnel de Bar-sur-Aube (10) à six mois de prison pour vagabondage, libéré au bout de quatre mois, regagne la direction de Lure.

Le 24 septembre 1882, s'arrêtant à Amblans, se voit refuser par le maire - en termes grossiers - sa demande d'un logement pour la nuit et décide alors de se venger, promettant de mettre le feu un peu partout dans le village : incendie alors la maison de la veuve Jeanmougin, sur la route de Lure à Vesoul.
Gracié le 13 janvier 1883.

Décédé le 19 février 1890 en Nouvelle-Calédonie.
07 décembre 1882 Cour d'assises de la Loire-Inférieure

Nantes
Pierre Jean Marie Langlais

54 ans, journalier

(29 mars 1828, Le Pellerin, 44)
CRIME SUR BEAU-FRÈRE/FÉMINICIDE INTIME.

Blesse mortellement d'un coup de fusil en pleine tête son beau-frère, François Beaulieu, 51 ans, cultivateur, et tente d'assassiner sa femme, Françoise Michelle Beaulieu, épouse Langlais, 54 ans, d'un second coup de fusil dans le flanc droit, le 16 octobre 1882 à la ferme des Landes, au Pellerin.

Mobile : se venger de son épouse qui l'avait quitté depuis plusieurs années suite à ses violences conjugales quotidiennes.
Gracié le 27 février 1883.

Décédé le 25 juillet 1884 à l'île Nou.
10 décembre 1882 Cour d'assises de l'Aveyron

Rodez
Étienne Astruc

26 ans, tailleur d'habits

(16 février 1856, Campagnac, 12)
CRIME CRAPULEUX.

Tua sur la route de Saint-Geniez Joseph Carrière, 18 ans, pour lui voler ses gages s'élevant à une centaine de francs le 5 novembre 1881, et jette son corps dans un ravin.

Son complice, Basile Mézy, 19 ans, cultivateur, avait été condamné à la peine de mort le 23 juin 1882 par la même cour d'assises.
Gracié le 27 février 1883.

Décédé le 12 juillet 1898 à l'île Nou.
13 décembre 1882 Cour d'assises de l'Aveyron

Rodez
Jean Constant

25 ans, cultivateur

(17 juin 1857, Blaye-les-Mines, 81)
CRIME CRAPULEUX/SATYRE ASSASSIN.

Etrangla et assassina à coups de barre de fer, le 08 juin 1880 à Gratia (Catalogne), les époux Jean-Marie et Jeanne Estoup, colporteurs, violant au passage Jeanne, avant de piller leur domicile. Repart en France le jour-même.

Le 05 octobre 1880, dans les bois de Condom, tente d'assassiner M.Couderc, fermier, revenant de la foire d'Aubrac, et lui dérobe 730 francs.

Le 01 février 1881, près de Marjevols (Lozère), attaque et tente de tuer le charcutier Barateau, qui survit et le dénonce.

Condamné aux travaux forcés à perpétuité par la cour d'assises de l'Aveyron le 07 juin 1881 pour l'agression du bois de Condom, et à la même peine par la cour d'assises de la Lozère le 22 juin 1881. Le parquet de Rodez apprend alors l'existence du double crime de Gratia, et ouvre une instruction, d'où ce dernier procès.
Gracié le 09 avril 1883.

Décédé le 04 décembre 1893 à Bourail.
15 décembre 1882 Cour d'assises de la Gironde

Bordeaux
Armand "Cadichon" Lacoste

43 ans, propriétaire cultivateur

(09 octobre 1839, Budos, 33)
MATRICIDE.

Tue à Budos, le 28 juillet 1882, sa mère Marie Delas, veuve Lacoste, 75 ans, en la frappant trois fois avec une énorme pierre sur la tête, puis en la précipitant dans le puits.
Gracié le 27 février 1883.

Décédé le 25 avril 1927 à l'île Nou.
21 décembre 1882 Cour d'assises de la Gironde

Bordeaux
Jean Mathieu

31 ans, domestique cultivateur

(01 avril 1851, Saint-Laurent-des Vignes, 24)
CRIME A GAGES (TUEUR).

A Dambert, commune de Gornac, abat de deux balles de revolver le 22 septembre 1882 l'oncle de son patron Roché, Jean Mouline, 58 ans, qui avait cédé sa propriété en viager à ses neveux et tardait à mourir, avant de camoufler le crime en suicide.

Jean Roché, 32 ans, propriétaire cultivateur et neveu de la victime, est condamné à dix ans de travaux forcés.

Pétronille Lusseau, épouse Roché (et maîtresse de Mathieu), 24 ans, accouchant durant le procès, voit son affaire renvoyée, et est acquittée par la cour d'assises de la Gironde le 17 février 1883.
Gracié le 23 avril 1883.

Décédé le 21 septembre 1907 en Nouvelle-Calédonie.

1883 : 27 condamnations

09 janvier 1883 Cour d'assises des Bouches-du-Rhône

Aix
Joseph Alfred Clément

59 ans, cultivateur

(23 août 1823, Jouques, 13)
CRIME DE VENGEANCE.

Voleur, créa un piège dans la cabane de son ennemi, M.Laget, garde forestier à Peyrolles, provoquant la détonation d'un fusil de chasse sur le premier à entrer dans le cagna. Le piège fonctionna sur M.Laget le 12 juillet 1882.

Alfred essaya d'accabler son fils cadet, Joseph, un simplet, lequel sera condamné à vingt ans de travaux forcés.

Son autre fils, Augustin, sera condamné à cinq ans de prison.
Gracié le 22 mars 1883.

Décédé le 17 février 1896 à l'île Nou.
16 février 1883 Cour d'assises des Ardennes

Mézières
Blaise "Pierre" Pelaud

20 ans, maçon

(01 août 1862, Saint-Martial-le-Vieux, 23)
SATYRE ASSASSIN D'ENFANT.

A Arreux, le 17 juillet 1882, viole Marie Gérard, 10 ans, avant de la tuer en lui enfonçant de la terre dans la gorge.
Gracié le 05 mai 1883.

Décédé le 18 février 1932 à Bourail.
17 février 1883 Cour d'assises de la Seine-Inférieure

Rouen
Lucien Nartol

54 ans, herbager et journalier

(11 avril 1828, Rouen, 76)
FÉMINICIDE INTIME.

Assassina sa femme Florentine Angrand, épouse Nartol, 35 ans, à coups de marteau et de couteau à Sommery dans la nuit du 08 au 09 janvier 1883 parce qu'elle refusait de lui donner de l'argent.
Gracié le 23 avril 1883.

Décédé le 02 juillet 1885 en Nouvelle-Calédonie.
23 février 1883 Cour d'assises de la Gironde

Bordeaux
Pierre Sabaté

20 ans, garçon de café

(20 septembre 1862, Morlanne, 64)
CRIME CRAPULEUX.

Assassina dans la nuit du 10 au 11 décembre 1882 à Mérignac François Lassalle, 75 ans, cultivateur, et Jeanne Denis, épouse Lassalle, 73 ans, à coups de pince de fer pesant 7 kgs, pour leur voler 400 francs.
Gracié le 16 mai 1883.

Evadé de Nouvelle-Calédonie le 16 février 1885.
07 mars 1883 Cour d'assises de l'Indre-et-Loire

Tours
Pierre Nicier

25 ans, cultivateur

(09 octobre 1857, Saint-Nicolas-de-Bourgueuil, 37)
PARRICIDE.

Etrangle avec son foulard son père Pierre Nicier, 50 ans, cultivateur à Saint-Nicolas de Bourgueil le 23 janvier 1883.
Gracié le 05 mai 1883.

Décédé le 16 septembre 1892 à Thio.
09 mars 1883 Cour d'assises des Vosges

Épinal
Charles Knauer

23 ans, charpentier

(10 mai 1859, Strasbourg)
CRIME CRAPULEUX.

>Egorgèrent à coups de canif François Berguer, 71 ans, cabaretier, le 08 décembre 1882 à Remiremont, pour voler 25 francs.
Graciée le 05 mai 1883.

Décédé le 19 avril 1900.
Philippe Charles Ravon

47 ans, palefrenier

(05 mai 1835, Rupt-sur-Moselle)
Gracié le 05 mai 1883.

Décédé le 08 août 1913 en Nouvelle-Calédonie.
15 mai 1883 Cour d'assises de la Meurthe-et-Moselle

Nancy
Augustin Hachair

36 ans, cultivateur

(10 mai 1847, Barbas, 54)
MATRICIDE.

Frappe et étouffe sa mère Victoire Hachair, 66 ans, rentière à Barbas dans la nuit du 6 au 7 janvier 1883, qui refusait de lui abandonner ses biens.
Gracié le 18 juillet 1883.

Décédé le 12 janvier 1886 à l'île Nou.
28 mai 1883 Cour d'assises de la Seine

Paris
Jean François Roulet

55 ans, frotteur

(07 mai 1828, Champignelles, 89)
S'introduit le 27 janvier 1883, 3, rue Bourdaloue (9e) dans le cabinet d'un avocat, Me Plum, ancien client à lui, et tente d'assassiner la cuisinière, Anne Chapuis, épouse Péju, 47 ans, d'un coup de couteau de cuisine en pleine poitrine. Les cris de la victime attirant les voisins, Roulet s'enfuit sans rien prendre.

Mme Péju meurt le 18 février suivant.
Gracié le 23 juillet 1883.

Décédé le 09 septembre 1884 à la baie de Prony.
31 mai 1883 Cour d'assises de la Seine

Paris
Louis Joseph Laîné

20 ans, briquetier

(03 avril 1863, Paris)
CRIME CRAPULEUX.

Tente d'assassiner à coups de nerf de boeuf et de couteau Henri Schulteiss, 35 ans, ouvrier briquetier, avenue de Paris à Villejuif le 30 octobre 1882 pour le voler.

Le procès, initié le 13 mars, avait été repoussé au 25 avril, puis finalement fin mai.

Ses complices Arthur Duchauffour, 19 ans, briquetier et Anton "Antoine" Durkenetz, 28 ans, terrassier sont condamnés aux travaux forcés à perpétuité.
Gracié le 17 août 1883.

Décédé le 01 avril 1916 à l'île Nou.
05 juillet 1883 Cour d'assises de la Dordogne

Périgueux
Catherine "Barbe" Dessolas, épouse Pouchard

40 ans, cultivatrice

(04 avril 1843, Saint-Pierre-de-Côle, 24)
CRIME CRAPULEUX SUR BEAU-FRÈRE.

Assomme à coups de bâton puis étrangle Claude Pouchard, 77 ans, son beau-frère, cultivateur, dans les bois de Veysilles, dans la nuit du 20 au 21 mai 1883, pour hériter de sa ferme.

Antoine Pouchard, 70 ans, mari de Catherine et frère de la victime, menuisier, est condamné à vingt ans de réclusion.
Graciée le 14 septembre 1883.

Décédée le ?
18 juillet 1883 Cour d'assises de la Somme

Amiens
Marie Marcelline Dailly, veuve Chevallier

51 ans, cultivatrice

(29 mars 1832, Cayeux-sur-Mer, 80)
CRIME SUR BRU.

Assassine par jalousie à Cayeux-sur-Mer le 30 mai 1883 Marie Madeleine Lecat, 20 ans, épouse de son fils Constant, en l'assommant avec une serpe puis en lui donnant une dizaine de coups de ciseaux dans la tête.
Graciée le 19 septembre 1883.

Décédée le 22 mars 1885 à Doullens (80).
21 juillet 1883 Cour d'assises de la Marne

Reims
Édouard Hotz

29 ans, ouvrier agricole

(07 novembre 1853, Rixheim, 68)
CRIME CRAPULEUX.

Licencié pour vol, tua son ancien patron, Louis Ferdinand Morlot, 60 ans, cultivateur, d'un coup de croc à paille dans la tête, le 23 mai 1883 à Blaise-sous-Arzilière, et déroba 2.000 francs et une paire de bottes.
Guillotiné le 17 septembre 1883.
26 juillet 1883 Cour d'assises de la Seine-et-Oise

Versailles
Louis Augustin Constantin Houy

55 ans, ouvrier terrassier

(28 mars 1828, Villeconin, 78)
CRIME CRAPULEUX.

Tue d'une balle de revolver dans la tête chacune Cécile Ursule Matrenghem, veuve Deslandres, 73 ans, rentière, et Anne Touzet, épouse Carré, 59 ans, bonne de la première victime, à Dourdan le 09 avril 1883, pour les voler. Les corps sont retrouvés le 20 avril.

Son complice Théodore Souillier, 34 ans, journalier, est condamné à quinze ans de travaux forcés, Capelle, receleur, à cinq ans de prison.
Guillotiné le 01 octobre 1883
28 juillet 1883 Cour d'assises de la Seine

Paris
Joseph Marcelin Jeunet

41 ans, marchand de fruits, ancien agent de police

(28 septembre 1841, Marnézia, 39)
INCESTE/INFANTICIDE.

Abuse de sa fille aînée, Hortensia, 17 ans, qui tombe enceinte de lui.

Sur ses ordres, après avoir accouché dans la nuit du 03 au 04 mai 1883, la jeune fille décapite le bébé - un garçon - d'un coup de couteau avant de jeter le corps dans une fosse d'aisance.

Hortensia est condamnée à dix ans de travaux forcés.
Gracié le 12 septembre 1883.

Décédé le 27 août 1919 à Farino.
30 juillet 1883 Cour d'assises de la Seine-et-Oise

Versailles
Louis Marie Person

17 ans, peintre en bâtiment

(19 octobre 1865, Brest, 29)
CRIME SUR AGENT PENITENTIAIRE.

Détenu en maison de correction, condamné à huit mois de prison en correctionnelle le 1er février 1883 pour vol commis chez un épicier.

Assassine d'un coup de poinçon de vannerie dans la poitrine Louis-Victor Ménager, 24 ans, gardien de la prison de la maison de correction de Versailles, au 28, avenue de Paris, le 17 juillet 1883, parce qu'il estimait qu'il le brimait.
Gracié le 08 octobre 1883.

Décédé le 02 avril 1889 à l'île Nou.
11 août 1883 Cour d'assises de la Seine-Inférieure

Rouen
Frédéric Vellinger

18 ans, journalier

(28 février 1865, Paris)
CRIME SUR AGENT PÉNITENTIAIRE.

Délinquant juvénile, incarcéré à la maison d'arrêt Bonne-Nouvelle, voulant aller en Nouvelle-Calédonie, frappe de deux coups de marteau le gardien Lamotte avant de le poignarder mortellement au bras et au cou avec une paire d'énormes ciseaux, le 14 juin 1883.
Gracié le 25 septembre 1883.

Peine à purger dans une centrale ?
14 août 1883 Cour d'assises du Rhône

Lyon
Benoît Marie François Gonnachon

29 ans, domestique

(30 novembre 1853, Saint-Igny-de-Vers, 69)
PARRICIDE.

Le 07 février 1883, à Saint-Igny-de-Vers, attire dans un guet-apens et tue son père Jean-Marie Gonnachon, 55 ans, à coups de hache, afin d'en hériter l'argent que celui-ci lui refusait depuis trop longtemps.

Son complice Pierre Chalandon, 28 ans, fabricant d'échelles, est condamné aux travaux forcés à perpétuité.
Guillotiné le 12 octobre 1883.
17 août 1883 Cour d'assises de la Corse

Bastia
Jean Noël Santucci

34 ans, laboureur

(17 janvier 1849, Poggio-di-Nazza, 20)
RIVALITÉ AMOUREUSE.

Le 19 janvier 1883, sur la grand route de Poggio-di-Nazza, assassine à coups de fusil Godefroy Morelli, 34 ans, cordonnier, l'ancien soupirant de son épouse Attilia, et Ours Antoine Casabianca, 40 ans, cultivateur, qu'il croyait être l'entremetteur.
Gracié le 27 octobre 1883.

Décédé le 08 septembre 1922 au Camp Est.
27 août 1883 Cour d'assises de la Haute-Saône

Vesoul
Georges Bender

58 ans, surveillant d'usine

(04 mai 1825, Langensoultzbach, 67)
CRIME DE VENGEANCE.

Le 15 juin 1883, à Delle, abat de deux coups de fusil Jean Baptiste Loppin, 30 ans, son ancien patron, directeur d'une bonneterie.

Loppin l'avait licencié quelques jours plus tôt pour avoir abusé de plusieurs ouvrières de l'usine.
Gracié le 27 octobre 1883.

Décédé le 08 février 1897 à l'île Nou.
30 août 1883 Cour d'assises de la Haute-Saône

Vesoul
François Pierre Joseph Charpiot

25 ans, voiturier

(13 octobre 1857, Petit-Croix, 90)
CRIME CRAPULEUX.

Décapita de deux coups de serpe Suzanne Catherine Robert, 40 ans, à Brevilliers le 07 juillet 1883 pour lui voler 30 francs.
Exécution prévue à Lure.

Arrêt cassé le 27 septembre 1883.
11 octobre 1883 Cour d'assises des Alpes-Maritimes

Nice
Giambattista "Jean Baptiste" Madala

28 ans, charretier

(10 mai 1855, Verzuolo, Piémont, Italie)
CRIME CRAPULEUX.

Agresse le couple Copello, dans leur maison de Villefranche-sur-Mer le 07 février 1883, tuant Jean Baptiste Copello, 65 ans, de plusieurs coups de couteau et manquant tuer Félicité Rosalie Arène, épouse Copello, 73 ans, volant 20.000 francs, trois montres et des bijoux.

Ses complices, Joseph Rebroin, 21 ans, maçon et Giambattista Rivolta, 23 ans, journalier, sont condamnés à perpétuité et vingt ans de travaux forcés.
Gracié le 15 janvier 1884.

Décédé le 16 juin 1907 en Nouvelle-Calédonie.
27 octobre 1883 Cour d'assises de la Seine

Paris
François Jean Baptiste Daux

24 ans, charretier

(04 mars 1859, Eve, 60)
CRIME CRAPULEUX.

Etrangle avec un foulard puis frappe au visage à coups de pavé Marguerite Bastien, veuve Bourselet, 56 ans, marchande des quatre-saisons, à Dugny, le 19 mai 1883, pour lui voler 23 francs.

La victime survit par miracle.
Gracié le 04 décembre 1883.

Décédé le 01 avril 1933 en Nouvelle-Calédonie (disparu en mer).
27 octobre 1883 Cour d'assises de la Somme

Amiens
Pierre François Adolphe "Boudouille" Lebrun

37 ans, ouvrier jardinier

(24 novembre 1845, Valines, 80)
FILICIDE INCESTUEUX/SATYRE ASSASSIN D'ENFANT.

Viole et étrangle le 12 septembre 1883 à Voyeul-Saint-Jean sa fille Octavie Lebrun, 9 ans, avant de jeter le corps dans la rivière.
Gracié le 15 janvier 1884.

Décédé le 06 avril 1920 en Nouvelle Calédonie.
31 octobre 1883 Cour d'assises du Doubs

Besançon
François Pierre Joseph Charpiot

26 ans, voiturier

(13 octobre 1857, Petit-Croix, 90)
CRIME CRAPULEUX.

Décapita de deux coups de serpe Suzanne Catherine Robert, 40 ans, à Brevilliers (70) le 07 juillet 1883 pour lui voler 30 francs.

Condamné en première instance par la cour d'assises de la Haute-Saône le 30 août 1883, arrêt cassé le 27 septembre 1883.
Exécution prévue à Lure (70).

Gracié le 15 janvier 1884.

Evadé de Cayenne le 27 août 1884.
12 décembre 1883 Cour d'assises du Rhône

Lyon
Antoine Marie Cyvoct

22 ans, tisseur, journaliste

(28 février 1861, Lyon)
CRIME PAR INCITATION.

Éditeur anarchiste de L'Etendard révolutionnaire.

Accusé d'avoir, par un article paru le 12 mars 1882 où il dénonçait le théâtre Bellecour comme étant un nid de bourgeois, et que "Le premier acte de la révolution sociale devra être de détruire ces repaires", incité un attentat perpétré le 23 octobre 1882 où un employé du restaurant du théâtre, Louis Miodre, 19 ans, fut tué.
Gracié le 20 février 1884.

Amnistié en mars 1898.

Tenta de faire de la politique sans réel succès.

Décédé le 05 avril 1930 à Paris 12e.
14 décembre 1883 Cour d'assises de l'Eure-et-Loir

Chartres
François Nicolas Brette

57 ans, chaudronnier

(10 septembre 1826, Arrou, 28)
INFANTICIDE.

Tente à plusieurs reprises d'aider sa jeune maîtresse, Marie Breton, 20 ans, à avorter en lui faisant boire des mixtures abortives de vin blanc et de sabine, en lui faisant porter une ceinture de cuir très serrée.

Le jour de l'accouchement, le 24 octobre 1883, jette l'enfant dans une fosse d'aisances et l'enfonce dans le conduit à l'aide d'une barre de fer.

Marie Breton est acquittée.
Gracié le 14 février 1884.

Décédé le 06 mai 1885 en Nouvelle-Calédonie.

1884 : 34 condamnations, plus 1 condamnation militaire

21 janvier 1884 Cour d'assises de l'Eure

Évreux
Édouard Le Roy

24 ans, journalier

(23 mars 1859, Lambézellec, 29)
CRIME CRAPULEUX.

Vagabonds, libérés de la prison d'Evreux le 20 novembre 1883.

Entrent en plein jour dans le Carmel d'Evreux, à Gravigny, le 21 novembre 1883 pour cambrioler et assaillent deux religieuses : Soeur Saint-Joseph, née Radegonde Florence Bergeon, 54 ans, est frappée d'un coup de bâton. Soeur Saint-Barthélémy, née Théodorine Augustine Huyard, 23 ans, est frappée de sept coups de couteau. Toutes deux survivent.
Gracié le 25 février 1884.

Evadé le 21 janvier 1897.
Louis Auguste Semelaigne

25 ans, ouvrier maréchal-ferrant

(26 octobre 1858, Conches-en-Ouche, 27)
Gracié le 25 février 1884.

Décédé le 27 avril 1918 à Nouméa.
22 janvier 1884 Cour d'assises de la Seine-et-Oise

Versailles
Jules Brandin

22 ans, garçon maçon

(28 octobre 1862, Bernay, 77)
CRIME CRAPULEUX.

N'ayant pas d'argent pour payer un arrièré de loyer de 30 francs, tue à Roissy le 29 novembre 1883 Françoise Augustine Gérin, veuve Desoyer, 58 ans, rentière, en l'asphyxiant sous son oreiller et ses propres draps, dérobant au moins 250 francs.
Gracié le 09 avril 1884.

Décédé le 19 novembre 1913 en Nouvelle-Calédonie.
01 février 1884 Cour d'assises du Var

Draguignan
François "Lamadou" Silvy

48 ans, charpentier, scieur de long

(16 janvier 1836, Saint-Étienne, 42)
CRIME CRAPULEUX.

Attaque avec deux complices le 20 octobre 1883 à Carcès, rue de la Capelette, la maison de Joseph Lieutard, 74 ans, rentier, allant jusqu'à commencer à l'étrangler. Agresse et étrangle ensuite Péronne Marie Maréchal, veuve France, 66 ans, domestique, et sa fille Philomène France, 27 ans, mais depuis une pièce voisine, Mme Collomb, née France, une autre fille de la domestique, travestit sa voix et dit arriver à leur rescousse avec un revolver, ce qui fait fuir les criminels sans butin, persuadés qu'il y a un autre homme dans la maison.

Toutes les victimes survivent.

Arrêtés sitôt revenus à Marseille, dénoncés par deux prostituées à qui ils avaient confié leur projet criminel.

Martin Masson, 25 ans, marin, et Marius Bagarry, 30 ans, ouvrier boulanger, sont condamnés à quinze et huit ans de travaux forcés.
Gracié le 09 avril 1884.

Décédé le 19 novembre 1920 au Camp Est.
16 février 1884 Cour d'assises du Nord

Douai
Henri Libert Masquelin

30 ans, cabaretier, menuisier

(22 juin 1853, La Madeleine, 59)
MATRICIDE.

Ivrogne, eut des relations incestueuses avec sa mère, Appoline Joséphine Duthoit, veuve Masquelin, 60 ans, tenancière d'estaminet à La Madeleine-lès-Lille, en la menaçant. La frappait souvent devant témoins.

Le 07 novembre 1883, finit par l'assassiner à coups de manche à balai et de hache, avant de lui arracher la langue et de lui enfoncer un encrier en plomb dans la gorge.
Guillotiné le 12 avril 1884.
21 février 1884 Cour d'assises des Vosges

Épinal
Catherine Carly, femme Aubertin

54 ans, brodeuse

(04 novembre 1829, Hennezel, 88)
AMANTS DIABOLIQUES.

Empoisonnèrent à l'arsenic Augustin Bourlette, 36 ans, bûcheron à Gruey, le 15 septembre 1883.

Le premier empoisonnement eut lieu le 03 septembre, jour de l'expulsion de Régent, locataire du couple, hors de la maison Bourlette, quand l'époux se rendit compte de l'adultère. Mal dosé, le poison ne fit "que" rendre malade le malheureux.

Marie alla donc demander de l'assistance à sa mère Catherine... laquelle avait été accusée des années plus tôt d'avoir elle-même empoisonné son propre mari !

Joseph Aubertin, 55 ans, second époux de Catherine et qui fournit l'arsenic, est condamné à vingt ans de travaux forcés.
Arrêt cassé le 04 juillet 1884.
Marie-Célestine Lamarine, veuve Bourlette

26 ans, brodeuse

(19 février 1858, Hennezel, 88)
Arrêt cassé le 04 juillet 1884.

Condamnée le 13 novembre 1884 par la cour d'assises de la Meurthe-et-Moselle aux travaux forcés à perpétuité.

Décédée le ?
Louis Édouard Régent

25 ans, verrier

(07 mai 1858, Hennezel, 88)
Arrêt cassé le 04 juillet 1884.
21 février 1884 Cour d'assises de la Haute-Saône

Vesoul
Giovanni Negroni

37 ans, terrassier

(27 décembre 1846, Valgoglio, Lombardie, Italie)
CRIME DE BRACONNIER.

Poignarde à de multiples reprises dans la nuit du 11 au 12 novembre 1883 à Perouse (90) Alexis Courtot, 62 ans, brigadier forestier, qui avait dressé procès-verbal contre son épouse en 1874, puis son fils, Alexis Augustin Courtot, 27 ans, facteur, qui venait à son secours.

Le père meurt le lendemain, le fils lui survit huit jours.
Gracié le 17 mai 1884.

Décédé le 28 octobre 1903 en Nouvelle-Calédonie.
06 mars 1884 Cour d'assises des Bouches-du-Rhône

Aix
François Guichard

35 ans, ouvrier boulanger

(24 novembre 1848, Grasse, 06)
CRIME CRAPULEUX.

Etrangle à Marseille, rue Paradis, Michel Père, encaisseur au Crédit Lyonnais le 30 novembre 1883 pour voler 126.000 francs.
Gracié le 17 mai 1884.

Décédé le 03 décembre 1903 en Nouvelle-Calédonie.
08 mars 1884 Cour d'assises de la Manche

Coutances
Auguste Luc Desfoux

56 ans, tisserand, cultivateur

(18 octobre 1827, Le Grand-Celland, 50)
CRIME CRAPULEUX SUR GENDRE.

Dans la nuit du 24 au 25 septembre 1883, à Montigny, égorge Honoré Victor Loyson, 23 ans, contremaître, pendant que celui-ci dort.

Loyson venait d'épouser civilement le 16 septembre Eulalie Turquetil, 16 ans, la fille adoptive des Desfoux et celui-ci ne tenait pas à lui verser la moindre dot.
Exécution prévue à Mortain.

Gracié le 29 avril 1884.

Décédé le 27 octobre 1885 en Nouvelle-Calédonie.
21 mars 1884 Cour d'assises de la Seine

Paris
"Michel Campi"
(vrai nom inconnu)

35 ans environ, sans profession

(disant 17 juillet 1849 ou 1850, Marseille - détails eux aussi faux)
CRIME SANS RAISON.

Le 10 août 1883, assassine à coups de massette chez lui, au 7, rue du Regard à Paris, Jean François Zoroastre Octave Ducros de Sixt, 65 ans, avocat et auteur poète, et tenta de tuer également Mathilde Ducros de Sixt, 63 ans, soeur de ce dernier, qui en reste à demi-démente. Jamais aucune explication ne fut donnée à ce crime.
Guillotiné le 30 avril 1884.
16 mai 1884 Cour d'assises de l'Ille-et-Vilaine

Rennes
Marie Perrine Chevallier, veuve Revault

37 ans, cabaretière, tricoteuse

(23 janvier 1847, Bourgon, 53)
FILICIDE.

Tua Léopold Marie, son enfant illégitime, 5 mois le 6 mars 1884 rue d'Embon à Vitré en le frappant sur le bord de la table pour lui casser la tête et les deux bras.
Graciée le 02 août 1884.

Libérée.

Décédée le 05 juin 1913 à Laval (53).
31 mai 1884 Cour d'assises de l'Aude

Carcassonne
Jules Guibal

48 ans, jardinier-fleuriste

(02 avril 1836, Alès, 30)
PÉRIPATÉTICIDE/FÉMINICIDE NON INTIME.

Assassina au 28, rue de Metz à Carcassonne Antoinette Cuguillère, 33 ans, prostituée, dans la nuit du 08 au 09 octobre 1883 en l'étouffant, puis en volant des vêtements et du mobilier pour se rembourser d'une dette qu'elle avait envers lui.

Le corps n'est retrouvé que le 29 octobre.
Arrêt cassé le 27 juin 1884.

Condamné aux travaux forcés à perpétuité par la cour d'assises de l'Hérault le 09 août 1884.

Décédé le 30 octobre 1900 à l'île Nou.
13 juin 1884 Cour d'assises de la Corrèze

Tulle
Pierre Gironde

33 ans, cultivateur

(14 février 1851, Brivezac, 19)
PARRICIDE.

Craignant d'être expulsé de la maison paternelle, le 09 août 1883, tue son père Jean Gironde, 63 ans, cultivateur à Champeau, commune de Brivezac, de trente coups de hache et de couteau, et le jette dans une mare voisine pour faire croire à un suicide.

Comparaissant le 09 décembre 1883 devant la cour d'assises de la Corrèze, son frère cadet Martin Pierre, 21 ans, cité comme témoin, révèle que Pierre lui a fait porter le coup de grâce sous la menace, ce qui provoque le renvoi de l'affaire à une session ultérieure.

Au terme du second procès, Martin est acquitté.
Guillotiné le 18 août 1884.
25 juin 1884 Tribunal Militaire de la IIIe Région

Rouen
Jules Marie Louise Auguste Adeline

20 ans, soldat au 74e de ligne

(10 mai 1864, Touques, 14)
PARRICIDE.

Bat à mort et étrangle son grand-père, Jean Jacques Toussaint Biette, 81 ans, le 10 juin 1884 à Touques (14) pour lui voler quelques centaines de francs.
Fusillé le 29 octobre 1884.
25 juin 1884 Cour d'assises du Jura

Lons-le-Saunier
Louis Benjamin Gustave Bournier

22 ans, employé de commerce

(08 janvier 1862, Ivrey, 39)
CRIME CRAPULEUX.

Assomme à coups de marmite le 03 mars 1884 à Ivrey la châtelaine Charlotte Françoise Masson d'Ivrey, 86 ans, rentière et Madeleine Demesmay, 72 ans, cuisinière pour les voler. Pris de terreur face aux corps de ses victimes, s'enfuit sans rien emporter.
Gracié le 02 août 1884.

Décédé le 05 février 1888 en Nouvelle-Calédonie.
28 juin 1884 Cour d'assises de la Loire

Montbrison
Paul Antoine Berthaud

25 ans, agent d'affaires

(02 décembre 1858, Pouilly-lès-Feurs, 42)
PARRICIDE.

Tua à coups de marteau de maçon le 07 juillet 1883 son grand-père Jean Eugène Moretton, 88 ans, rentier, ancien notaire et maire, et étrangla avec une serviette Catherine Variclier, 47 ans, domestique de M.Moretton, rue de Roanne à Feurs, pour dévaliser les lieux.
Guillotiné le 16 août 1884.
08 juillet 1884 Cour d'assises des Bouches-du-Rhône

Aix
Saviero Pigneri

26 ans, journalier

(1857, Petrona, Italie)
CRIME CRAPULEUX.

Dans la nuit du 17 au 18 avril 1884, abat de deux coups de revolver son compatriote Giovanni Battista Lupia, dans les plaines de Meyran, près d'Arles, pour lui voler ses vêtements ainsi qu'une somme de quatre francs.

Son complice Nicodème Candeloro, 32 ans, journalier, est condamné aux travaux forcés à perpétuité.
Gracié le 06 septembre 1884.

Décédé le 14 avril 1914 à l'île Nou.
23 juillet 1884 Cour d'assises du Cher

Bourges
Jean Jordannet

54 ans, journalier

(03 mars 1830, Villequiers, 18)
MATRICIDE.

A Villequiers, le 26 mars 1884, tue sa mère, Solange Sajot, veuve Verdy, 78 ans, en l'assommant à coups de bâton avant de jeter le corps dans un lavoir pour faire croire à un suicide. Mobile : hériter de la maison familiale.

Sa femme, Anne Belleville, 51 ans, est condamnée à vingt ans de travaux forcés.
Gracié le 23 septembre 1884.

Décédé le 05 mars 1903 en Nouvelle-Calédonie.
05 août 1884 Cour d'assises du Nord

Douai
Adolphe Jean Baptiste Van Coille

32 ans, cordonnier

(05 février 1852, Louvain, Belgique)
FÉMINICIDE INTIME.

Egorge pendant son sommeil, le 13 juin 1884 au 28, rue de Julien à Lille, faubourg de Wazemmes, sa maîtresse Sylvie Moerman, épouse Corthals, 38 ans, journalière, après une violente dispute au sujet d'un chien.
Gracié le 24 octobre 1884.

Décédé le 18 septembre 1923 en Nouvelle-Calédonie.
09 août 1884 Cour d'assises de l'Isère

Grenoble
Joseph François Jacquin

34 ans, ouvrier galochier

(08 septembre 1849, Chapareillan, 38)
FAMILICIDE/TUERIE.

Dans une crise de rage, fend la tête de sa mère, Sophie Drillat, épouse Jacquin, 56 ans, d'un coup de hache le 10 juin 1884 à Chapareillan, puis décapite son frère cadet, André, 15 ans et demi, de cinq coups de hache, avant de tuer son père, François Jacquin, 70 ans, d'un dernier coup de son arme.
Gracié le 24 octobre 1884.

Evadé de Nouvelle-Calédonie le 11 août 1889.
14 août 1884 Cour d'assises de la Seine-Inférieure

Rouen
Pierre Catry

27 ans, terrassier, docker

(27 octobre 1856, Rousel (?), Belgique)
CRIME CRAPULEUX.

Frappe d'un coup de poing américain et étrangle le 23 mai 1884 Marie Désirée Mougin, 54 ans, bonne du curé de Notre-Dame de Gravenchon, et pille le presbytère, volant au total 2.226 francs en or, sous et piècettes.

Son complice Emile Vanhuysse, 21 ans, terrassier et déjà onze condamnations, est condamné aux travaux forcés à perpétuité.
Gracié le 24 octobre 1884.

Décédé le 26 janvier 1889 à Bouloupari.
23 août 1884 Cour d'assises de la Seine

Paris
François Joseph Cornet

29 ans, charpentier

(04 août 1855, Lieurneux, Belgique)
BRIGAND/TENTATIVE DE GENDARMICIDE.

Chef d'une bande de cambrioleurs de Neuilly.

Le 25 octobre 1883, lors d'un contrôle d'identité à Neuilly, tire sur le commissaire Vérillon, l'inspecteur Leclère et le brigadier Wahl.

Le 28 octobre 1883, porte de Beaumont à L'Isle-Adam, tuent à coups de couteau Hélène Joséphine Jassemin, épouse Durand, 64 ans, aubergiste, pour lui voler 500 francs et une montre précieuse.

Nicolas Franque est acquitté, Joseph Bérenger condamné à dix ans de réclusion, Alexis Delbary, 22 ans, bijoutier, à huit ans de travaux forcés et Alphonse Marquelet, 23 ans, plombier, l'assassin de Mme Durand, aux travaux forcés à perpétuité.

Marquelet sera condamné à mort à son tour le 18 août 1890 par le 1er Conseil de Guerre de Nouvelle-Calédonie pour complicité d'assassinat et vols qualifiés, et guillotiné le 30 août à l'île Nou.
Gracié le 28 octobre 1884.
13 septembre 1884 Cour d'assises du Pas-de-Calais

Saint-Omer
Antoine Charles Anglicus

38 ans, cordonnier

(22 août 1846, Namur, Belgique)
SATYRE ASSASSIN/FÉMINICIDE INTIME/FILICIDE/INCESTE.

Abusait de sa fille Marie Henriette, 18 ans, couturière, depuis plusieurs années.

Celle-ci s'enfuit au printemps 1884, et travaille à Saint-Pierre dans une usine de tulle.

Le 12 juin, son père la retrouve, veut la forcer à regagner la maison familiale et la tue d'un coup de couteau de boucher dans le coeur comme elle refusait.
Guillotiné le 09 décembre 1884 à Saint-Pierre-lès-Calais.
30 septembre 1884 Cour d'assises de la Seine

Paris
François "Le Pacha de la Glacière" Meerholz

19 ans, sans profession

(07 juin 1865, Paris)
PÉRIPATÉTICIDE/FÉMINICIDE SEXUEL.

Souteneur, assomme à coups de poings dans le ventre et la tête Marie "Antoinette" Provot, ouvrière, âgée d'environ 35 ans, le 22 avril 1884, après avoir eu des relations sexuelles consenties avec elle, dans les fossés des fortifications au niveau de la porte de Gentilly.

Auguste "Plume-Pattes" Delaplanche, 18 ans, corroyeur, qui avait violé la jeune femme moribonde et inconsciente, est condamné à huit ans de travaux forcés. Nicolas "Fleur d'Amour" Berous, 16 ans, est acquitté.
Gracié le 05 décembre 1884.

Réhabilité le 16 août 1933.
13 novembre 1884 Cour d'assises de la Côte-d'Or

Dijon
Pierre Hippolyte Marquis

32 ans, rémouleur

(23 avril 1852, Thise, 25)
CRIME DE VENGEANCE/CRIME SUR JURISTE.

Tue de trois coups de revolver au sortir de la messe à Arceau le 31 août 1884 Constant Tripart, 72 ans, juge, ancien conseiller à la cour de Besançon, et son fils Louis Ferdinand Tripart, 42 ans, propriétaire.

Le 26 janvier 1875, le juge Tripart, alors président de la cour d'assises du Doubs, l'avait condamné à cinq ans de réclusion pour avoir tenté de tuer un rival d'un coup de pieu au cours d'une bagarre à Besançon.
Guillotiné le 19 janvier 1885.
14 novembre 1884 Cour d'assises de la Meurthe-et-Moselle

Nancy
Catherine Carly, femme Aubertin

55 ans, brodeuse

(04 novembre 1829, Hennezel, 88)
Empoisonnèrent à l'arsenic Augustin Bourlette, 36 ans, bûcheron à Gruey (Vosges) le 15 septembre 1883, gendre de Catherine.

Le premier empoisonnement, organisé par Marie-Célestine Bourlette, fille de Catherine, eut lieu le 03 septembre, jour de l'expulsion de Régent, locataire du couple Bourlette, quand l'époux se rendit compte de l'adultère. Mal dosé, le poison ne fit "que" rendre malade le malheureux. Marie-Célestine alla donc demander de l'assistance à sa mère Catherine, laquelle avait été accusée des années plus tôt d'avoir elle-même empoisonné son propre mari !

Marie-Célestine, condamnée en première instance à la peine de mort, est condamnée aux travaux forcés à perpétuité.

Joseph Aubertin, 55 ans, second époux de Catherine et qui fournit l'arsenic, est condamné à dix ans de travaux forcés.

Condamnés en première instance par la cour d'assises des Vosges le 21 février 1884, arrêt cassé le 04 juillet 1884.
Exécution prévue à Épinal.

Graciée le 16 janvier 1885.

Décédée le ?
Louis Édouard Régent

26 ans, verrier

(07 mai 1858, Hennezel, 88)
Exécution prévue à Épinal.

Gracié le 16 janvier 1885.

Décédé le 03 août 1935 à Nouméa.
19 novembre 1884 Cour d'assises du Calvados

Caen
Gustave Armand Clément "Marion, William Hatteras" Birée

19 ans, domestique

(03 mars 1865, La Cambe, 14)
CRIME CRAPULEUX.

Agresse le 03 août 1884 son patron, Jean Louis Ménage, 77 ans, propriétaire à Ellon, à coup de flèche de charrue, puis lui vide les poches et dévalise la maison, volant bourse, billets et pièces d'or et d'argent, au total près de 5.000 francs avant de s'enfuir. Il est arrêté dans un bordel deux jours plus tard. M. Ménage survit deux mois à l'agression, décédant le 14 octobre.
Gracié le 16 janvier 1885.

Evadé le 29 janvier 1929 du Camp Est.
21 novembre 1884 Cour d'assises du Calvados

Caen
Lucie Marie Georgette Maurissette, veuve Aveline

34 ans, domestique

(23 avril 1850, Loches, 37)
AMANTS DIABOLIQUES.

A Foulognes, tenta d'empoisonner son mari Alexandre Aveline, 45 ans, cuisinier, le 19 septembre 1883, puis chargea son amant, Joseph Auguste Garnier, artilleur, 25 ans, de l'abattre au fusil de chasse, le 27 septembre.

Garnier est condamné aux travaux forcés à perpétuité.
Graciée le 16 janvier 1885.

Décédée le ?
22 novembre 1884 Cour d'assises du Calvados

Caen
Jules Lamoureux

30 ans, journalier

(01 novembre 1854, Cormolain, 14)
MATRICIDE.

A Cormolain, le 13 septembre 1884, étrangle avec sa cravate sa mère, Marie Virginie Lepeltier, épouse Lamoureux, 63 ans, et lui frappe sur la tête avec un pavé puis tente de tuer son père Jean Baptiste, 67 ans, qui venait au secours de son épouse avant de s'enfuir avec leur argent.

Avait déjà tenté d'empoisonner ses parents à l'essence de térébenthine pour obtenir leur héritage plus rapidement.
Guillotiné le 22 janvier 1885 à Bayeux.
02 décembre 1884 Cour d'assises de l'Indre-et-Loire

Tours
François "Martineau" Guérin

47 ans, journalier

(02 mars 1837, Parçay-sur-Vienne, 37)
CRIME DE VENGEANCE.

A Sainte-Maure, le 15 novembre 1884, assassina d'un coup de fusil son voisin Louis Billault, 67 ans en affirmant que ce dernier lui faisait depuis longtemps des "tracasseries" - il l'avait entre autre dénoncé suite à un vol de fagots.

Jugé par conséquent dix-sept jours après le crime.
Gracié le 16 janvier 1885.

Décédé le 01 septembre 1886 en Nouvelle-Calédonie.
10 décembre 1884 Cour d'assises de l'Oise

Beauvais
Octave Arnould Haudegond

44 ans, charretier

(22 décembre 1839, Courcelette, 80)
FÉMINICIDE INTIME.

Abat de deux coups de revolver dans la tête sa femme, Judith Florentine Theme, épouse Haudegond, 34 ans, journalière, le 09 septembre 1884 à Saint-Félix parce qu'elle refusait de reprendre la vie commune.
Gracié le 06 février 1885.

Décédé le 16 mai 1910 en Nouvelle-Calédonie.
15 décembre 1884 Cour d'assises du Pas-de-Calais

Saint-Omer
Pierre Antoine Hecquet

39 ans, cordonnier

(02 juin 1845, Dannes, 62)
FÉMINICIDE INTIME.

Abattit de deux coups de fusil le 26 novembre 1884 à Etaples sa femme, Joséphine Deberghes, 40 ans, épicière, qu'il maltraitait depuis douze ans.
Gracié le 06 février 1885.

Décédé après 1924 en Nouvelle-Calédonie.

1885 : 42 condamnations

05 février 1885 Cour d'assises de la Seine-Inférieure

Rouen
Georges Louis Clatot

18 ans, domestique de ferme

(01 août 1866, Hautot-Saint-Sulpice, 76)
CRIME CRAPULEUX.

Pour le voler, le 12 novembre 1884 sur la route à Quincampoix, abat d'une balle dans la tête Nicolas Bernard Bailleul, 70 ans, cultivateur, maire de Houppeville, alors que celui-ci revenait du marché de Bosc-le-Hard.
Gracié le 14 avril 1885.

Décédé le 29 octobre 1887 en Nouvelle-Calédonie.
06 février 1885 Cour d'assises de l'Aisne

Laon
Auguste Joseph Leleu

24 ans, manouvrier

(04 avril 1860, Bohain, 02)
CRIME CRAPULEUX.

A Marle dans la nuit du 3 au 4 décembre 1884, égorge d'un coup de couteau Louis Joseph Loiseau, 71 ans, pour le voler.
Gracié le 14 avril 1885.

Remise des travaux forcés le 04 septembre 1928.

Décédé le ? en Nouvelle-Calédonie.
09 février 1885 Cour d'assises de la Gironde

Bordeaux
François "Firmin" Rosier

21 ans, domestique-cultivateur

(31 décembre 1863, Lagorce, 33)
CRIME CRAPULEUX.

Tua à coups de marteau le 19 octobre 1884 à Coutras sa voisine Marie Justine Raillon, veuve Durand, 75 ans, rentière, pour lui voler ses économies.
Gracié le 14 avril 1885.

Décédé le 19 novembre 1895 à Touho (Nouvelle-Calédonie).
16 février 1885 Cour d'assises de la Seine-et-Marne

Melun
Paul Alexandre Meauger

24 ans, manouvrier

(10 mai 1860, Crouy-sur-Ourcq, 77)
CRIME DE BRACONNIER.

Tue le 15 juillet 1884 Théophile Joseph Lourdelet, 31 ans, garde-chasse qui allait l'arrêter une nuit, dans le bois de May-en-Multien, au lieu-dit la Fontaine-sous-le-Bois.
Gracié le 14 avril 1885.

Evadé le 28 décembre 1886.
01 mars 1885 Cour d'assises du Puy-de-Dôme

Riom
Pierre Biton

25 ans, portefaix

(01 mars 1860, Saint-Gervais-sous-Meymont, 63)
CRIME CRAPULEUX.

Pour le voler, étrangla avec un mouchoir Julien Chossière, 65 ans, aubergiste, à Sauviat, dans la nuit du 11 au 12 septembre 1884.

Ses trois complices, Guillaume Bernard, Claude Molle et Michel Jarle furent condamnés à perpétuité.
Guillotiné le 17 avril 1885.
02 mars 1885 Cour d'assises du Nord

Douai
Pierre Joseph Depouhon

23 ans, maçon

(1862, ?, Belgique)
PÉRIPATÉTICIDE.

Déserteur, étouffe et étrangle Flore Dhellemme, veuve Josson, 49 ans, prostituée, le 29 novembre 1884, 3, rue Magenta à Roubaix, pour lui voler ses vêtements et le contenu de son porte-monnaie, en partie pour se venger du fait qu'il voulait qu'elle accepte d'avoir des relations sexuelles avec lui sans payer.
Gracié le 15 mai 1885.

Décédé avant d'aller au bagne ?
06 mars 1885 Cour d'assises de la Seine

Paris
François Félix Mielle

35 ans, garçon de café, prostitué

(1850, Triseul, 52)
CRIME CRAPULEUX.

Etrangle le 28 avril 1884, rue de Lyon, son amant François Lebon, 41 ans, marchand de volailles, le coupe en deux et jette son corps dans la Seine, pour le dévaliser.
Gracié le 22 avril 1885.

Décédé le 14 octobre 1925 à l'île Nou.
06 mars 1885 Cour d'assises de la Charente

Angoulême
Pierre "Louis" Forgeaud

25 ans, sans profession

(15 février 1860, Nantes, 44)
CRIME CRAPULEUX AVUNCULAIRE.

Recueilli par son oncle Jean Forgeaud, 68 ans, et sa femme Marie Durand, 77 ans, les étouffe et les égorge à coups de rasoir chez eux, 60, rue des Boissières à Angoulême dans la nuit du 19 au 20 avril 1884 avec la complicité de leur bonne, Marie-Catherine Marionneau, épouse Elie, sa maîtresse, pour leur voler 30.000 francs en titres de rente, bijoux et argent. Après le crime, se réfugient en Italie et sont extradés.

Marie-Catherine est condamnée aux travaux forcés à perpétuité.
Arrêt cassé le 17 avril 1885.
11 mars 1885 Cour d'assises de la Seine

Paris
Adolphe Tiburce Gamahut

23 ans, ancien moine, lutteur de foire

(13 décembre 1861, Épernay, 51)
CRIME CRAPULEUX.

Avec quatre complices, égorge et assomme à coups de bouteille Victoire Julie Bousselot, veuve Ballerich, 54 ans, au 145, boulevard de Grenelle, le 27 novembre 1884, pour voler deux francs cinquante.

La victime, mère d'un commissaire de police, avait la réputation d'être une femme riche.

Paul Félix Midi, 21 ans, ébéniste et Louis Léon Bayon, 20 ans, typographe, sont condamnés aux travaux forcés à perpétuité, Charles Hubert Soulier, 18 ans, peintre en voitures, à dix ans de réclusion, Louis Célestin Carrey, 19 ans, porteur aux Halles, à six ans de réclusion.
Guillotiné le 24 avril 1885.
20 mars 1885 Cour d'assises du Nord

Douai
Alphonse Lepot

20 ans,

(04 décembre 1864, Seclin)
CRIME CRAPULEUX.

Assomment, tranchent la langue et étranglent avec un mouchoir Adélaïde Joséphine Denimal, veuve Boulanger, 62 ans, le 19 septembre 1884 en plein jour au 49, rue de Lannoy, quartier de Fives à Lille, pour lui voler des vêtements mais pas d'argent.
Guillotiné le 21 mai 1885.
Charles Adolphe Linez

29 ans, ajusteur

(11 mai 1855, Douai)
Gracié le 19 mai 1885.

Décédé le 27 avril 1927 à Nouméa.
15 avril 1885 Cour d'assises de la Meuse

Saint-Mihiel
Jacques Damase Charpentier

20 ans, ouvrier

(28 août 1864, Chevillon, 52)
CRIME XÉNOPHOBE.

Au cours d'une rixe entre Français et Italiens le 25 décembre 1884 à Aulnois-en-Perthois, frappe à coups de pierre l'ouvrier Canalle. Menacé de dénonciation par Meggioliano le lendemain, il l'assomme à coups de frein de charrette, tandis que Victor Hocquet l'achève d'un coup de couteau.

Hocquet, 32 ans, ouvrier, est condamné à un an de prison. Claude-Ferdinand Mellinger, 20 ans, est acquitté.
Gracié le 12 juin 1885.

Réhabilité judiciairement le 09 avril 1926.

Décédé le ? en Nouvelle-Calédonie.
17 avril 1885 Cour d'assises de l'Eure

Évreux
Désiré Eugène Royer

37 ans, marchand de beurre et de cidre

(23 janvier 1848, Aube, 61)
CRIME CRAPULEUX.

En faillite, sous prétexte d'acheter des pommes, tue d'un coup de canne-épée dans la poitrine Rose Adélie Desmais, épouse Segretin, 64 ans, domestique, le 5 décembre 1884 à Saint-Clair d'Arcey puis, après avoir pillé la ferme de sa victime, blesse gravement d'une balle dans la cuisse Thimoleon Segretin, 73 ans, qui revenait des champs.

Son complice Louis Pierre Lozanne, 58 ans, sabotier à Saint-Clair, amant d'une fille Segretin, et qui, en froid avec sa belle-famille, avait indiqué le "coup", est condamné aux travaux forcés à perpétuité.
Arrêt cassé le 16 mai 1885.
08 mai 1885 Cour d'assises du Calvados

Caen
Jacques Pierre Augustin Heurtevent

36 ans,

(23 juillet 1848, Manerbe)
CRIME CRAPULEUX.

Tuèrent à coups de serpe dans la nuit du 20 au 21 janvier 1885 Madeleine Rose Guesnet, veuve Pilon, 79 ans, à Saint-Aubin-sur-Algot pour lui voler de l'argent et des volailles.

Célina Bloche, épouse Heurtevent, 35 ans, est acquittée.
Guillotiné le 18 juillet 1885.
Siméon Michel Monsallier

59 ans, journalier

(30 mai 1825, Couesmes, 53)
Gracié le 16 juillet 1885, peine commuée en réclusion perpétuelle.

Décédé le 13 octobre 1894 à Caen.
13 mai 1885 Cour d'assises de l'Aube

Troyes
Émile Billioux

22 ans, chaussonnier

(03 mai 1863, Mergey, 10)
CRIME DE VENGEANCE.

Au terme d'une soirée de beuverie dans un bar mal famé de la rue du Temple à Troyes, le 17 février 1885, égorge d'un coup de tranchet Eugène Olivier Dupont, 22 ans, soldat de 2e classe du 37ème régiment de ligne, puis le poignarde trois fois à la poitrine. Dupont meurt devant le 28, rue de Croncels.

La querelle portait sur une addition de 70 centimes pour les deux litres de vin que la victime, ses deux camarades soldats, le meurtrier et ses deux compagnons chaussonniers venaient de consommer !

Billioux, récemment délaissé par sa maîtresse Antonia Laury qu'il battait, avait pris les militaires casernés à Troyes en haine car la jeune femme flirtait volontiers avec eux.
Gracié le 30 juin 1885.

Evadé le 13 novembre 1893.
16 mai 1885 Cour d'assises de l'Aube

Troyes
Joseph "Gagny" Gagnier

54 ans, manouvrier

(11 mars 1831, Vaucouleurs, 55)
TUERIE.

Déjà acquitté par les assises dans une affaire de meurtre sur un garde-chasse au Haut-Chêne, près de Lusigny, en 1878.

Le 21 janvier 1885, au lieu-dit "La Gloire-Dieu", à Courteron, tua à coups de canne ferrée Adérit Delahache, 49 ans, cultivateur, puis étouffe avec les draps sa mère, Jeanne Euphrasie Fortier-Maire, veuve Delahache, 76 ans, avant d'étrangler la servante Célestine Beauvallet, 23 ans.

Son complice Aimé Arnoult est condamné aux travaux forcés à perpétuité.
Guillotiné le 02 juillet 1885.
18 mai 1885 Cour d'assises de l'Aube

Troyes
Giovanni Maria "Jean Marie" Bonardi

27 ans, terrassier

(19 août 1857, Idro, Brescia, Italie)
CRIME DE VENGEANCE PAR ERREUR.

A Romilly-sur-Seine, ivre, entendant le prénom de son ennemi, son ancien patron Zéphir Cognon, 51 ans, le 09 février 1885, il blesse mortellement de trois coups de couteau dans la poitrine un voisin, Louis Zéphir Cayn, 37 ans, bonnetier, qui meurt le lendemain matin.
Gracié le 30 juin 1885.

Décédé le 22 juin 1903 en Nouvelle-Calédonie.
18 mai 1885 Cour d'assises du Maine-et-Loire

Angers
Charles Antoine Courtin

19 ans, domestique de ferme

(13 novembre 1865, Biossay, 49)
CRIME AVUNCULAIRE CRAPULEUX.

Voleur récemment libéré de Fontevrault, tue le 21 février 1885 à Douces sa tante, Françoise Courtin, veuve Suzanne, 78 ans, journalière, à coups de serpe, la décapitant presque, pour la voler.
Exécution prévue à Saumur.

Gracié le 25 juillet 1885.

Décédé le 06 mai 1886 en Nouvelle-Calédonie.
23 mai 1885 Cour d'assises de la Gironde

Bordeaux
Pierre "Louis" Forgeaud

25 ans, sans profession

(15 février 1860, Nantes, 44)
CRIME CRAPULEUX AVUNCULAIRE.

Recueilli par son oncle Jean Forgeaud, 68 ans, et sa femme Marie Durand, 77 ans, les étouffe et les égorge à coups de rasoir chez eux, 60, rue des Boissières à Angoulême (16) dans la nuit du 19 au 20 avril 1884 avec la complicité de leur bonne, Marie-Catherine Marionneau, épouse Elie, sa maîtresse, pour leur voler 30.000 francs en titres de rente, bijoux et argent. Après le crime, se réfugient en Italie et sont extradés.

Marie-Catherine est condamnée aux travaux forcés à perpétuité.

Condamné en première instance par la cour d'assises de la Charente le 06 mars 1885, arrêt cassé le 17 avril 1885.
Guillotiné le 27 juillet 1885.
30 mai 1885 Cour d'assises de la Seine

Paris
Alphonse Georges Blum

24 ans, représentant de commerce

(05 juillet 1860, Paris)
CRIME CRAPULEUX.

Etranglent avec un foulard le 18 novembre 1883, au 48, rue Madame, Jean-Albert Olbert, 61 ans, marchand de meubles et brocanteur, ancien patron de Thomas, pour lui voler de l'argent, une montre et un revolver.

Arrêtés en juillet 1884.
Gracié le 05 août 1885.

Décédé après 1926.
François Thomas

33 ans, tapissier

(13 janvier 1852, Reims, 51)
Gracié le 05 août 1885.

Décédé après 1925.
11 juin 1885 Cour d'assises du Pas-de-Calais

Saint-Omer
Louis Joseph Alexis Pain

22 ans, manouvrier

(27 mars 1863, Saint-Omer-Capelle)
CRIME CRAPULEUX.

Frères, le 8 mars 1885, à Saint-Folquin, étranglent à mains nues puis avec un mouchoir Sophie Delalée, veuve Mollet, 74 ans, cabaretière, avant de lui dérober 262 francs.
Guillotiné le 12 août 1885.
Emery Octave Pain

19 ans, ouvrier

(28 octobre 1865, Saint-Omer-Capelle)
Gracié le 07 août 1885.

Décédé le 18 mars 1927 à Farino.
11 juin 1885 Cour d'assises du Nord

Douai
Augustin Joseph Mathieu

22 ans, journalier

(27 octobre 1862, Marchovelette, Belgique)
CRIME CRAPULEUX.

Tua de six coups de hachette dans la tête son patron Charles Locquegnies, 42 ans, brocanteur et marchand de bois, dans son hangar de la rue Marceau à Roubaix le 08 avril 1885, et lui vole 140 francs, qu'il dépense presque entièrement en une journée en vêtements neufs et consommation dans des estaminets.
Gracié le 05 août 1885.

Décédé le 24 décembre 1899 à l'île Nou.
13 juin 1885 Cour d'assises de la Seine

Paris
Félix Albert Pel

36 ans, horloger

(12 juin 1849, Aigueblanche, 73)
FÉMINICIDES INTIMES, TUEUR EN SÉRIE.

A Montreuil, empoisonne à l'arsenic sa maîtresse Eugénie Mayer en 1879, puis son épouse Marie Eugénie Buffereau le 24 octobre 1880, puis sa compagne Elisa Boehmer le 12 juillet 1884, et faisait brûler les corps.

Probable assassin de sa mère en 1877.
Arrêt cassé le 09 juillet 1885.

Condamné aux travaux forcés à perpétuité par la cour d'assises de la Seine-et-Marne le 14 août 1885.

Meurt le 09 juin 1924 à Bourail.
20 juin 1885 Cour d'assises de la Seine

Paris
Paul Gaspard

22 ans, ouvrier menuisier

(24 août 1862, Paris 20e)
CRIME CRAPULEUX.

Dans la nuit du 20 au 21 février 1885, assassinent de 42 coups de ciseaux Jacques Joseph Delaunay, 74 ans, fabricant de malles, dans la cour des Fabriques, 70, rue d'Angoulême. Lui dérobent 102 francs 50, ne parvenant pas à trouver les quelques 2.000 francs qu'il avait obtenus en revendant peu avant son carrousel de chevaux de bois, et volent en supplément un paletot, une chemise et des boules de billard.

Henri Caulier, 26 ans, colporteur, est acquitté.
Guillotiné le 10 août 1885.
Henri Bernard Mayer

21 ans, peintre décorateur

(17 avril 1864, Paris)
Gracié le 05 août 1885.

Décédé le 19 octobre 1899 en Guyane.
27 juin 1885 Cour d'assises de la Seine

Paris
Charles "Henry Martin" Marchandon

21 ans, valet de chambre

(10 octobre 1863, Neauphle-le-Château, 78)
CRIME CRAPULEUX.

Egorge et poignarde à l'estomac Marie Laure Virieux, épouse Cornet, 47 ans, épouse d'un riche industriel fileteur de Pondichéry, au 4, rue de Sèze, dans la nuit du 15 au 16 avril 1885, pour la voler.

Sa victime l'avait engagé la veille comme domestique.
Guillotiné le 10 août 1885.
10 juillet 1885 Cour d'assises de la Somme

Amiens
Jean Baptiste Alexandre Alphonse Petit

40 ans, cultivateur

(21 juin 1845, Domqueur)
CRIME DE VENGEANCE.

Abattit d'une balle dans l'oeil gauche Auguste Joseph Cantrel, 44 ans, maire de Domqueur, le 31 mai 1885, par haine.

Cantrel l'avait fait condamner plus tôt dans l'année à vingt jours de prison et à une amende pour outrages.
Gracié le 01 septembre 1885.

Décédé le 25 décembre 1913 en Nouvelle-Calédonie.
05 août 1885 Cour d'assises du Puy-de-Dôme

Riom
Jean Trincard

32 ans, cultivateur

(18 avril 1853, Vertaizon)
MATRICIDE.

Etrangla - plus précisément la serra contre lui pour l'étouffer - sa mère, Gabrielle Boisson, 58 ans, pour la voler le 12 mai 1885 à Vertaizon.
Guillotiné le 28 septembre 1885.
09 août 1885 Cour d'assises de la Seine-Inférieure

Rouen
Désiré Eugène Royer

37 ans, marchand de beurre et de cidre

(23 janvier 1848, Aube, 61)
CRIME CRAPULEUX.

En faillite, sous prétexte d'acheter des pommes, tue d'un coup de canne-épée dans la poitrine Rose Adélie Desmais, épouse Segretin, 64 ans, domestique, le 5 décembre 1884 à Saint-Clair d'Arcey (27) puis, après avoir pillé la ferme de sa victime, blesse gravement d'une balle dans la cuisse Thimoleon Segretin, 73 ans, qui revenait des champs.

Son complice Louis Pierre Lozanne, 58 ans, sabotier à Saint-Clair, amant d'une fille Segretin, et qui, en froid avec sa belle-famille, avait indiqué le "coup", est condamné aux travaux forcés à perpétuité.

Condamné en première instance par la cour d'assises de l'Eure le 17 avril 1885, arrêt cassé le 16 mai 1885.
Gracié le 25 septembre 1885.

Décédé le ? en Guyane.
24 août 1885 Cour d'assises des Ardennes

Mézières
François Edmond Noël

38 ans, chaufournier

(14 mai 1847, Carignan, 08)
CRIME CRAPULEUX.

Tue à coups de marteau de cordonnier dans la tête le 04 avril 1885 Jeanne Catherine Alexandre, veuve Simon, 85 ans, fermière à Haraucourt, pour lui voler 145 francs.

Avait également l'intention d'incendier la maison, mais le crime fut découvert avant qu'il ne puisse revenir y bouter le feu.
Gracié le 03 octobre 1885.

Décédé le 24 mars 1903 en Nouvelle-Calédonie.
14 septembre 1885 Cour d'assises de la Seine

Paris
Charles Louis "Lallemand" Birckel

21 ans, chaudronnier

(27 octobre 1863, Rothau, 67)
CRIME CRAPULEUX.

Frappe de neuf coups de couteau de cuisine son colocataire Jean Paul Spreiber, 22 ans, journalier, après avoir joué à l'amitié sincère, pour lui voler les 800 francs qu'il avait hérité de sa mère, le 02 mai 1885, 71, rue Cambronne (15e).
Gracié le 01 décembre 1885.

Décédé le 22 février 1894 en Nouvelle-Calédonie.
22 octobre 1885 Cour d'assises de la Meuse

Saint-Mihiel
Étienne Briot

26 ans, ancien épicier

(24 juin 1859, Ligny, 55)
CRIME CRAPULEUX.

Tire plusieurs coups de revolver le 18 septembre 1885 11, rue des Minimes à Bar-le-Duc sur Anne Virginie Houdinet, épouse Mailhes, 25 ans, cafetière, ainsi que son employé, Auguste Vin, 16 ans, garçon de café, dans le but de les voler.

Le serveur meurt, atteint en plein coeur, Mme Mailhes, touchée au bras, s'enfuit et appelle à l'aide, le mettant en fuite sans rien prendre.
Gracié le 28 décembre 1885.

Réhabilité le 02 décembre 1927.

Décédé le ? en Nouvelle-Calédonie.
07 novembre 1885 Cour d'assises de l'Aisne

Laon
Émile Magloire "Rempart" Delacourt

31 ans, domestique

(07 février 1854, Vendeuil, 02)
SATYRE ASSASSIN DE PERSONNE AGÉE.

Egorge à coups de couteau, piétine à coups de talons et viole dans la nuit du 14 au 15 juillet 1885, rue des Raines à Anguilcourt-le-Sart, Rosalie Laloux, veuve Convers, 84 ans, rentière, ancienne aubergiste.
Gracié le 30 janvier 1886.

Décédé le 01 février 1895 à l'île Nou.
11 novembre 1885 Cour d'assises du Calvados

Caen
François Armand Mérieult

43 ans, ouvrier briquetier

(03 mai 1842, Fatouville-Grestain, 27)
CRIME DE VOISINAGE.

Le 20 septembre 1885, cour de l'Ancienne Mairie à Touques, tue d'un coup de couteau dans le coeur Pierre Dubois, 40 ans, journalier, un voisin qui lui reprochait de faire trop de tapage par son intempérance.
Gracié le 26 janvier 1886.

Décédé le 08 septembre 1920 à Fonwhary.
13 novembre 1885 Cour d'assises des Ardennes

Mézières
Nicolas Théodule Gurnot

32 ans, manoeuvre

(27 mai 1853, Condé-lès-Autry, 08)
CRIME CRAPULEUX.

Tua le 5 août 1885, chemin de Lançon, commune de Condé-les-Autry, abat d'un coup de fusil dans la tête Eugène Tarnaux-Collard, 49 ans, encaisseur à la banque Fournel et Barthélémy de Grandpré, pour voler la sacoche qu'il transportait.
Guillotiné le 05 février 1886.
13 novembre 1885 Cour d'assises du Calvados

Caen
Joachim Marie Le Gal

33 ans, journalier

(20 novembre 1852, Locminé, 56)
CRIME CRAPULEUX.

Dans la nuit du 13 au 14 juillet 1885, dans le pré des Coursales à Bonneville-la-Louvet, assassinent à coups de pelle et de pioche Gabriel Coulonnier, 47 ans, journalier, compagnon de beuverie, pour lui voler 100 francs et quelques habits.
Gracié le 30 janvier 1886.

Décédé le 29 juillet 1898 à La Foa.
Benoît Jeton

44 ans, ouvrier agricole

(04 octobre 1841, Saint-Georges-de-Reneins, 69)
Guillotiné le 02 février 1886.
09 décembre 1885 Cour d'assises de l'Aveyron

Rodez
Germain Félix "Platine" Vaissettes

32 ans, journalier

(20 novembre 1853, Viala-de-Tarn, 12)
CRIME DE BRACONNIER.

Vagabond, tue François Caubel, 34 ans, garde-chasse d'un coup de son propre fusil de chasse dans le ventre à Villefranche-de-Panat le 10 septembre 1885, et lui vole cinq perdreaux.

Caubel venait de l'appréhender pour une attaque à main armée commise sur un berger, Calviac, le 25 juin précédent... et tout en causant, il avait stupidement donné son fusil au contrevenant pour pouvoir s'allumer une pipe !
Gracié le 13 février 1886.

Décédé le 23 avril 1900 en Nouvelle-Calédonie.
11 décembre 1885 Cour d'assises du Lot-et-Garonne

Agen
Pierre Tarrit

36 ans, ancien coiffeur et tisserand

(05 septembre 1849, Puch, 47)
CRIME CRAPULEUX.

Devenu vagabond, voleur récidiviste, condamné déjà à sept ans de prison et huit ans de réclusion.

Le 02 mai 1885, au lieu-dit Roubertou, commune de Saint-Etienne-de-Fougères, étrangle avec une cordelette puis achève à coups de bâton Marie Lapeyre, 76 ans, propriétaire, pour lui voler 300 francs.

La victime, infirme, lui avait souvent offert l'hospitalité.

La corde fut si serrée qu'elle en décapita presque la victime.
Gracié le 13 février 1886.

Décédé le 04 septembre 1892 à Thio.

1886 : 39 condamnations

14 janvier 1886 Cour d'assises de la Seine

Paris
Pierre Marie Barbier

25 ans, fleuriste

(22 janvier 1861, Lyon)
CRIME CRAPULEUX.

Endetté, assassine Eugène Maton, 50 ans, employé de l'Assistance publique, au 58, rue Rambuteau le 15 octobre 1884, et pend le cadavre pour faire croire à un suicide. Il dérobe plusieurs dizaines de milliers de francs en liquide, titres et valeurs mobilières.
Gracié le 15 mars 1886.

Décédé le 02 septembre 1887 en Nouvelle-Calédonie.
15 janvier 1886 Cour d'assises de la Meuse

Saint-Mihiel
Joseph Adrien Gervaisot

28 ans, manoeuvre

(27 février 1857, Montiers-sur-Saulx, 55)
CRIME CRAPULEUX.

Cambriolant la maison Demandre, rue Entre-Deux-Ponts à Montiers-sur-Saulx le 12 décembre 1885, surpris par la maîtresse de maison, Elisabeth Mathilde Demandre, épouse Demandre, 47 ans, sans profession, alors qu'il empoche 400 francs en billets, l'assomme à coups de poing et lui plonge la tête dans un tas de fumier pour l'étouffer.
Gracié le 15 mars 1886.

Décédé le 03 avril 1889 à Thio.
15 janvier 1886 Cour d'assises du Doubs

Besançon
Émile Olivier

32 ans, journalier

(08 novembre 1853, Chenebier, 70)
CRIME CRAPULEUX.

Étrangle avec une corde et tue à coups de hache, le 02 mai 1885, Pierre-Charles Fostel, 52 ans, cultivateur à Voujeaucourt, pour le voler, mais dérangé par les voisins, repart sans rien.

Son complice Joseph Auer, 28 ans, ouvrier de fabrique, est condamné vers le 27 février 1886 par la cour d'assises de la Haute-Alsace à la peine de mort, et sera gracié.
Gracié le 26 mars 1886.

Décédé le 22 décembre 1886 en Nouvelle-Calédonie.
04 février 1886 Cour d'assises de la Haute-Saône

Vesoul
Francesco Picenardi

23 ans, ouvrier terrassier

(01 mars 1862, Canneto sull'Oglio, Italie)
CRIME CRAPULEUX.

Hébergé par les époux Martin, couple d'aubergistes sexagénaires de Corre, qui le considéraient comme faisant partie de la famille. Pour les voler, Picenardi les attaque à coups de serpe pendant qu'ils dorment le 5 septembre 1885 : François Martin, 69 ans, est presque décapité, Mélanie Girard, épouse Martin, 60 ans, survit miraculeusement aux dix-huit blessures reçues (elle mourra quinze ans plus tard).
Guillotiné le 29 mars 1886.
10 février 1886 Cour d'assises de la Seine

Paris
Pierre Louis Forget

23 ans, mineur

(28 décembre 1862, Paris)
CRIMES CRAPULEUX.

Le 12 juillet 1885, peu après minuit, sur le Champ-de-Mars (7e), en compagnie de deux autres souteneurs, blessent mortellement de deux coups de couteau à la gorge et au visage Antoine "L'Auvergnat" Courtix, 39 ans, débardeur, pour lui voler deux francs. Courtix, retrouvé vers quatre heures du matin, est transporté à l'hôpital Necker où il décède dix minutes après son admission.

Vers une heure du matin, dans les jardins du Trocadéro, attaquent et frappent de deux coups de couteau à la tête et à la poitrine Albert Kuntz, 19 ans, ouvrier teinturier, pour lui voler sa montre et son porte-monnaie contenant 17 francs 50.

Émile Hulot, 19 ans, garçon brasseur, et Pierre "Titi" Bouillon, 18 ans, chaudronnier, complices, sont condamnés aux travaux forcés à perpétuité.
Gracié le 07 avril 1886.

Décédé le 09 avril 1915 en Nouvelle-Calédonie.
Jacques Florent "Le Môme" Koenig

21 ans, chaudronnier

(05 janvier 1865, Paris)
Guillotiné le 08 avril 1886.
10 février 1886 Cour d'assises de l'Aisne

Laon
Cyprien Augustin Gatteaux

42 ans, manoeuvre

(02 décembre 1843, Chigny, 02)
CRIME CRAPULEUX.

Dans la nuit du 12 au 13 novembre 1885, étrangle avec une corde et poignarde sept ou huit fois au visage et à la main son ancienne voisine Marie Florence Douan, veuve Mathieu, 61 ans, propriétaire, dans sa maison du quartier de la Grosse-Pierre à Beaurieux, pour lui voler trois montres d'or et d'argent, une chaîne de cou en or, une quinzaine de paire de draps, des couverts, des boucles d'oreille et un parapluie.

Eugène Tranquille Lepage, 38 ans, menuisier et souteneur, son beau-frère, est condamné aux travaux forcés à perpétuité.
Guillotiné le 03 avril 1886.
11 février 1886 Cour d'assises de la Meurthe-et-Moselle

Nancy
Marie Joseph Charles Vialy

22 ans, journalier

(22 janvier 1864, Girmont, 88)
CRIME DE VENGEANCE/INCENDIAIRE.

Met le feu à la maison d'un ancien employeur, M.Ferry, à Pulnoy le 13 novembre 1885, pour se venger d'avoir été licencié.

Autre mobile : se rendre inapte - de par cette condamnation - au service militaire.
Gracié le 26 mars 1886.

Décédé le 01 août 1896 à l'île Nou.
09 mars 1886 Cour d'assises de l'Oise

Beauvais
Bertrand Philogone Bertout

16 ans, domestique de ferme

(05 décembre 1869, Ognolles, 60)
CRIME CRAPULEUX.

Pousse dans une marre puis frappe à coups de fourchet sur la tête, le 31 janvier 1886 à Ognolles, Charles François Edouard Cuvillier, 70 ans, propriétaire, pour le voler. Les cris de la victime attirent les voisins, et l'assassin s'enfuit.

M.Cuvillier mourra des suites de l'attaque le 15 février 1886.
Arrêt cassé le 09 avril 1886.

Condamné aux travaux forcés à perpétuité par la cour d'assises de la Somme le 13 juillet 1886.

Décédé le ? (après juillet 1910) en Guyane.
11 mars 1886 Cour d'assises de l'Oise

Beauvais
Jules Émile Danin

28 ans, cultivateur

(23 février 1858, Cernoy, 60)
TENTATIVE DE MATRICIDE/MATRICIDE.

Le 06 juillet 1885 à Cernoy, pris de boisson, bat sa mère, Marie Catherine Delattre, épouse Danin, 63 ans, qui le lui le reprochait, puis le soir-même, tue sa grand-mère paternelle, Marie Brigide Delattre, veuve Danin, 79 ans, avec une fourche.
Gracié le 17 mai 1886.

Décédé le 19 décembre 1889 aux Îles du Salut.
17 mars 1886 Cour d'assises du Lot-et-Garonne

Agen
Eugène Victor Pesquerel

29 ans, sans profession

(11 mai 1856, Neuilly, 14)
CRIME CRAPULEUX/PÉRIPATÉTICIDE.

Vagabond, poignarde et étrangle à mains nues, dans la nuit du 16 au 17 janvier 1886, rue des Rondes St-Jean à Agen, Jeanne "Suzanne" Bernadet, 38 ans, prostituée, pour la voler.
Gracié le 17 mai 1886.

Décédé le 25 mars 1901 à Pam (Nouvelle-Calédonie).
06 avril 1886 Cour d'assises de la Meuse

Saint-Mihiel
François Émile Chard

26 ans, bûcheron

(26 août 1860, Gibeaumeix, 54)
CRIME SUR BEAUX-PARENTS.

A Naives-en-Blois, le 02 janvier 1886, fracasse à coups de sabot et de maillet le crâne de Thérèse Taguel, veuve Robert, 74 ans, grand-mère de son épouse Julie, parce qu'elle refusait de leur donner ses biens de son vivant.
Gracié le 02 juin 1886.

Décédé le ? en Nouvelle-Calédonie.
09 avril 1886 Cour d'assises de la Somme

Amiens
Jean François "Émile" Jacques

25 ans, tisserand

(07 mars 1861, Abbeville, 60)
CRIME CRAPULEUX.

Le 11 janvier 1886, à Wiry-au-Mont, attire dans l'étable Marie Alexandrine Léonide Piedecoq, 46 ans, qu'il tue d'un coup de serpe à la tête, avant de rentrer dans la ferme et de tuer Marie Catherine Leulier, veuve Piedecoq, 80 ans, alitée, à coups de serpe et de pincettes, avant de dévaliser les lieux, volant faute d'argent trois porte-moannie, deux couteaux, une montre en métal, une paire de ciseaux, une paire de draps, du pain et du sucre. Sur le départ, croisant Mlle Piedecoq, encore vivante et le suppliant de l'épargner, l'achève de plusieurs coups de serpe, la décapitant presque.

Les deux femmes, dont la charité était bien connue dans la région, avaient été plusieurs fois ses bienfaitrices.
Gracié le 28 juin 1886.

Evadé le 24 août 1887.
12 avril 1886 Cour d'assises de la Seine-et-Oise

Versailles
Léon Eugène "Tapage" Jean

25 ans, journalier

(18 avril 1860, Mantes-la-Ville, 78)
CRIME CRAPULEUX.

Défonce à coups de pieu le 10 octobre 1880 au hameau de Brasseuil, commune d'Auffreville, le crâne de Catherine God, veuve Mallèvre, 80 ans, cultivatrice, pour lui voler 1.700 francs. Le 12 avril 1881, face au manque de preuves et à des défauts d'instruction, il est acquitté de ce crime par la cour d'assises de la Seine-et-Oise.

Le 18 août 1885, à Vert, assomme avec un chevalet à scier le bois un vieillard, Jean Louis Pigis, 77 ans, propriétaire cultivateur, pour lui voler sans doute environ 3.600 francs. Les coups sont si forts que l'arme de fortune se casse en deux.
Guillotiné le 11 juin 1886.
16 avril 1886 Cour d'assises de la Seine-et-Oise

Versailles
Louis Reder

30 ans, couvreur

(08 janvier 1856, Paris)
TENTATIVE DE GENDARMICIDE.

Souteneur et voleur, le 29 janvier 1886, 8, Grande-Rue à Croissy-sur-Seine, cambriole la villa des époux Tiloy, négociants à Paris. Surpris en pleine action, tire à coups de revolver sur le garde-champêtre Jean Hennique, 55 ans, qu'il blesse à l'épaule droite, et les voisins venus en renfort.

Atteint d'une balle dans le dos tirée par Hennique alors qu'il s'enfuit, reste plusieurs semaines hospitalisé entre la vie et la mort.

Ses complices, Henri Dalstein, 18 ans, et Antoine Dassaud, 21 ans, sont respectivement condamnés à vingt et dix ans de travaux forcés.
Gracié le 02 juin 1886.

Décédé le 17 mai 1902 en Nouvelle-Calédonie.
13 avril 1886 Cour d'assises de la Marne

Reims
Joseph Denis Muraton

46 ans, scieur de long, cultivateur

(01 janvier 1840, Rebeuville, 88)
INCENDIAIRE.

A Charmont, auteur de plusieurs incendies volontaires, notamment de sa propre maison le 08 février 1886 afin de toucher la prime d'assurance et de rembourser ses nombreux créanciers.
Gracié le 02 juin 1886, peine commuée en vingt ans de travaux forcés.

Remise de peine le 13 août 1918.

Décédé le ?
25 mai 1886 Cour d'assises de l'Aisne

Laon
Théodule Urbain Rollet

29 ans, manouvrier

(25 mai 1857, Ormoy-le-Davien, 60)
CRIME DE BRACONNIER.

Abat le 29 mars 1886 Louis-Prosper Lefèvre, 72 ans, garde-forestier, qui venait de le surprendre en flagrant délit de chasse non autorisée dans les bois de Priez.
Gracié le 19 juillet 1886.

Evadé le 02 juillet 1894.
28 mai 1886 Cour d'assises de l'Aisne

Laon
Pierre Louis Édouard "Guerlout" Cotteret

24 ans, manouvrier

(1862, Beauvois, 02)
CRIME CRAPULEUX.

Frappe à coups de sabot puis égorge d'un coup de couteau le 30 janvier 1886 Christine Michel, veuve Psarski, 57 ans, épicière, à Beauvois pour lui voler son argent, ainsi de cigares, des chemises et d'autres marchandises du magasin.

Sa maîtresse Marie Léocadie Poulain, épouse Marchand, 24 ans, manouvrière, inculpée de recel, est acquittée.
Gracié le 19 juillet 1886.

Décédé le 09 septembre 1888 à Cayenne.
09 juillet 1886 Cour d'assises de la Seine

Paris
Joseph "Pas de Chance" Frey

26 ans, couvreur, souteneur

(12 novembre 1859, Paris 12e)
CRIME CRAPULEUX.

Frappent et étranglent avec son propre foulard Louise Henriette Largeot, veuve Deshayes, 42 ans, hôtelière, le 26 mars 1886, 94, boulevard de Charonne, avec l'intention de la voler.

Des clients italiens de l'hôtel, rentrés tard, sentent qu'il y a eu un drame et bloquent l'accès à l'extérieur en attachant la porte avec une corde, le temps d'aller chercher des gardiens de la paix.
Guillotinés le 04 octobre 1886.
Marie Joseph Pierre Rivière

30 ans, journalier, souteneur

(06 juin 1856, Pléaux, 15)
13 juillet 1886 Cour d'assises de la Seine-et-Oise

Versailles
Gaston Théophile Renard

23 ans, garçon épicier

(26 octobre 1862, Villemanoche, 89)
TENTATIVE DE CRIME EN TRAIN.

Agresse de trois coups de coup-de-poing américain, le 09 juin 1886, dans le train Versailles-Paris, juste à la sortie de la gare de Viroflay, Frédéric Charles Collomb, 41 ans, surveillant au palais de Versailles, pour le voler, mais sa victime résiste et parvient à le faire se précipiter hors du compartement, alors que le train est en marche, près du pont Saint-Symphorien.
Gracié le 03 septembre 1886.

Evadé le 03 mai 1888.
02 août 1886 Cour d'assises des Alpes-Maritimes

Nice
François Honoré Rosso

64 ans, cultivateur

(04 novembre 1821, Fontan, 06)
CRIME SUR BRU.

Pris d'une haine terrible envers la femme de son fils Clément, Louise Bellon, épouse Rosso, 36 ans, atteinte d'une maladie invalidante, il l'étrangle puis l'acheve à coups de poing la nuit du 3 juillet 1886 au hameau de Berghe, commune de Fontan.
Gracié le 29 septembre 1886, peine commuée en réclusion perpétuelle.

Décédé le 18 avril 1888 à Riom (63).
11 août 1886 Cour d'assises de l'Eure-et-Loir

Chartres
Antoine Augustin Leduc

36 ans, berger

(16 mars 1850, Saint-Nom-la-Bretèche, 78)
CRIME CRAPULEUX.

Assassine à coups de serpe le 27 mai 1886 à Faverolles son ancienne logeuse Louise Véronique Moulin, 75 ans, propriétaire terrienne pour lui voler 400 francs ainsi que du linge et quelques objets.

Sa complice et maîtresse, Blanche Delacauchy, 19 ans, est condamnée aux travaux forcés à perpétuité.
Arrêt cassé le 10 septembre 1886.
14 août 1886 Cour d'assises de la Charente-Inférieure

Saintes
Théophile Émile "Auguste" Furet

29 ans, cultivateur

(10 février 1857, Saint-Palais-de-Négrignac, 17)
CRIME CRAPULEUX.

A La Font-des-Hérauds, commune de Saint-Palais-de-Négrignac, étrangle Jeanne Bénassit, veuve Sébillaud, 86 ans, dans la nuit du 24 au 25 mars 1886, pour lui voler 5.000 francs et s'enfuit quand on le soupçonne.

Réfugié au Mas d'Anglade, près de Perpignan (66), abat d'une balle dans la tête le 16 avril 1886 au petit jour un certain "Bertrand", 24 ans (dont l'identité réelle demeurera inconnue), et camoufle le crime, laissant des indices compromettants pour laisser croire à la police que Bernard était l'assassin de la Veuve, et qu'il s'était suicidé, pris de remords.

Arrêté le 18 avril à Bordeaux.
Guillotiné le 11 novembre 1886.
06 octobre 1886 Cour d'assises du Pas-de-Calais

Saint-Omer
Victor Joseph Lamour

39 ans, couvreur

(15 juillet 1847, Vendin-le-Vieil, 62)
Frappe à coups d'essieu de brouette puis de manche de fourche Marie Marquilly, veuve Dubois, 69 ans, sans profession, à Wingles le 26 novembre 1885 pour la voler. Exécution prévue à Béthune.

Gracié le 26 novembre 1886.

Décédé le 09 juillet 1890 au Maroni.
30 octobre 1886 Cour d'assises du Vaucluse

Carpentras
Théophile Ginoux

21 ans, sans profession

(01 août 1865, Orange, 84)
SATYRE ASSASSIN D'ENFANT.

Frappe, mord, étrangle, viole et éventre à mains nues Rose Roux, 6 ans, le 17 avril 1886 dans une grotte au hameau des Saffres, à Carpentras.
Guillotiné le 11 janvier 1887.
11 novembre 1886 Cour d'assises du Calvados

Caen
Prosper François Catherine

27 ans, gardien d'herbages

(25 mars 1859, Frênes, 61)
PARÂTRE.

A Écots, maltraite sa belle-fille, Jeanne Maizeret, 2 ans, du 13 janvier 1886 (date de son mariage avec Marie, la mère de Jeanne), au 12 juillet 1886, date à laquelle il la mord à deux reprises aux bras avant de lui casser la tête d'un coup de poing.
Gracié le 07 janvier 1887.

Remise de peine en 1915.

Décédé le ? en Guyane.
13 novembre 1886 Cour d'assises de la Seine-et-Oise

Versailles
Antoine Augustin Leduc

36 ans, berger

(16 mars 1850, Saint-Nom-la-Bretèche, 78)
CRIME CRAPULEUX.

Assassine à coups de serpe le 27 mai 1886 à Faverolles son ancienne logeuse Louise Véronique Moulin, 75 ans, propriétaire terrienne pour lui voler 400 francs ainsi que du linge et quelques objets.

Sa complice et maîtresse, Blanche Delacauchy, 19 ans, est condamnée à vingt ans de travaux forcés, peine mitigée par rapport à la première condamnation.

Condamné en première instance par la cour d'assises de l'Eure-et-Loir le 11 août 1886, arrêt cassé le 10 septembre 1886.
Gracié le 07 janvier 1887.

Décédé le 13 décembre 1889 aux Îles du Salut.
20 novembre 1886 Cour d'assises du Maine-et-Loire

Angers
Jean Liger

53 ans, cultivateur

(05 novembre 1833, Pellouailles-les-Vignes, 49)
CRIME CRAPULEUX.

Le 26 juin 1886, au hameau de la Rue-des-Bois, commune de Pellouailles-les-Vignes, tue à coups de marteau dans la tête sa voisine Marie Lecomte, 45 ans, cultivatrice, puis fait subir le même sor, avec plus d'acharnement encore, à son père Etienne Lecomte, propriétaire terrien, 76 ans, pour leur voler leurs économies, 15.000 francs, cachés sous le carrelage.

Son fils Frédéric Liger, 17 ans, est condamné à quinze ans de travaux forcés.
Gracié le 07 janvier 1887.

Décédé le 10 octobre 1891 à Cayenne.
24 novembre 1886 Cour d'assises du Loir-et-Cher

Blois
Georgette Marie Rosalie Lebon, épouse Thomas

25 ans, journalière

(26 mars 1861, Langon, 41)
MATRICIDE.

L'accusant de sorcellerie pour mettre sur son dos tous leurs malheurs, arrosent de pétrole Marie Élisabeth Chataignault, veuve Lebon, mère de Georgette, 60 ans, impotente, avant de la faire brûler vive, le 29 juillet 1886 dans leur ferme du Luneau, commune de Selles-Saint-Denis.

Alexandre Lebon, 23 ans, et Alexis Lebon, 33 ans, frères de Georgette et complices, sont condamnés aux travaux forcés à perpétuité.
Guillotinés le 24 janvier 1887 à Romorantin.
Silvain Eugène Thomas

30 ans, journalier

(14 novembre 1856, Villeherviers, 41)
27 novembre 1886 Cour d'assises de l'Aube

Troyes
Louis Alphonse Austruy

20 ans, sans profession

(01 mars 1866, Paris)
CRIME SUR AGENT PÉNITENTIAIRE.

Six fois condamné, la dernière fois le 12 février 1885 par la cour d'assises de la Seine à dix ans de réclusion pour vol qualifié, transféré à Caen-Beaulieu, puis conduit à Clairvaux après avoir agressé un détenu.

Tue le 31 août 1886 Eugène Isselin, 40 ans, gardien, avec un casse-tête de fortune, fait de trois pierres, d'un morceau de bois et de lambeaux de cravates.
Exécution prévue à Ville-sous-la-Ferté.

Gracié le 21 janvier 1887.

Evadé le 12 mai 1896.
30 novembre 1886 Cour d'assises de l'Aisne

Laon
Rosalie Adolphine Laly, veuve Lecast

35 ans, servante de ferme

(10 avril 1851, Fère-en-Tardenois, 02)
AMANTS DIABOLIQUES.

Le 16 juillet 1886, au lieu-dit Les Grès-Fouilleaux à Marizy-Saint-Mard, fait tuer par son amant et collègue Victor "Poron" Guay, 20 ans, valet de charrue son mari, Louis Napoléon Lecast, 43 ans, berger, qui est abattu de trois balles de revolver pendant son sommeil, sorti du lit et achevé à coups de bâton sur la tête.

Guay est condamné à vingt ans de travaux forcés.
Exécution prévue à Château-Thierry.

Arrêt cassé le 24 décembre 1886.
30 novembre 1886 Cour d'assises de la Haute-Vienne

Limoges
Catherine "Thérèse" Baudet

52 ans, lingère, prostituée, tenancière de maison close

(11 mars 1834, Limoges)
CRIME DE VENGEANCE.

Le 23 juin 1886, au Clos de la Bergère, à Limoges, kidnappe et viole le jeune Frédéric Chabanacy, quatre ans et huit mois, fils de ses propriétaires qu'elle détestait sans raison, avant de le tuer à coups de ciseaux, dont cinq, dans la gorge pour s'assurer de son silence.

Jette ensuite le corps dans l'étang de pêche de la Jourdanie, au lieu-dit les Grouillauds.

Nia tout, et refusa de donner un alibi pour le laps de temps entre l'enlèvement de l'enfant et la découverte du corps.
Graciée le 22 janvier 1887.

Décédée le 18 octobre 1887 à Cadillac (33).
02 décembre 1886 Cour d'assises de la Haute-Vienne

Limoges
Silvain Désiré Simonet

30 ans, marchand de chaussures

(16 février 1856, Levroux, 36)
CRIME CRAPULEUX.

Repris de justice, surpris en plein cambriolage, attaque à coups de barre de fer Anne Françoise Brière, veuve Lavaud, 53 ans, tenancière de l'auberge du "20-100-O", au 54, faubourg de Paris à Limoges, dans la nuit du 04 au 05 février 1886, ainsi que son gendre Pierre Paul Coussy, 35 ans, fontainier.

La veuve Lavaud succombe le 18 février 1886, Coussy le 08 septembre.

Suite à son arrestation, condamné deux fois à vingt ans de travaux forcés pour vols avec effraction par la cour d'assises de l'Indre le 28 et le 29 septembre 1886, et condamné aux travaux forcés à perpétuité par la cour d'assises du Cher le 04 novembre 1886 pour tentative d'assassinat commis à coups de barre de fer lors d'un cambriolage le 12 février 1886 sur Mme Bernard, aubergiste au 8, place de la Nation à Bourges, pour lui voler 600 francs en or et billets.
Gracié le 22 janvier 1887.

Evadé le 22 septembre 1887.
11 décembre 1886 Cour d'assises de la Côte-d'Or

Dijon
Théodore Félix Ménétrier

25 ans, cordonnier

(02 octobre 1861, Fauverney, 21)
TUEUR EN SÉRIE/INCENDIAIRE.

Dans la nuit du 24 au 25 janvier 1885, met le feu à la ferme de M.Monniot, fermier, causant la mort de cinq chevaux, cinq vaches pour un total de destruction se chiffrant à 15.000 francs.

Récidive le 23 mars chez la veuve Georges Tarnier, cultivatrice, en incendiant le hangar : l'incendie détruit entièrement la ferme, et tue deux porcs. Les lieux n'étaient hélas pas assurés, et les dégâts, chiffrés à 15.000 francs.

Le 04 juillet 1885, boute le feu à une écurie et une grange appartenant à Henri Gardey, cafetier, causant des dégâts chiffrés à 3.700 francs.

En 1885, commet plusieurs agressions sexuelles sur Jeanne Lerat, 7 ans, fille des épiciers dont il était le locataire, et vole à plusieurs reprises le commerce, dérobant de petits articles comme du chocolat des bougies ou des articles de mercerie.

Dans la nuit du 15 au 16 août 1885, à Fauverney, viole et étrangle à mains nues à Fauverney Anne Tarnier, veuve Fournier, 82 ans, chez qui il s'était introduit, et repart en volant 8 francs prélevés dans un porte-monnaie.

Tente de se suicider chez un de ses oncles à Plombières le 30 novembre en se tirant un coup de revolver dans la tempe.

Dans la nuit du 14 au 15 janvier 1886, route nationale 5 à Neuilly-lès-Dijon, étrangle, égorge et viole Jeanne Clerc, veuve Garrot, 81 ans, manouvrière et met le feu à sa maison.

Aurait étranglé et violé entre mai et juin 1885 à la frontière franco-suisse une adolescente de 15 ou 16 ans, jamais identifiée : il prétextera qu'elle "était trop laide et que personne n'aurait voulu d'elle".

Avait également été soupçonné du meurtre d'Anne Clerc, veuve Borne, 68 ans, journalière, égorgée à Quétigny dans la nuit du 24 au 25 juin 1885 : l'affaire restera impunie.
Gracié le 14 février 1887.

Décédé le 28 juin 1887 en Guyane.
15 décembre 1886 Cour d'assises de la Côte-d'Or

Dijon
Prudent "Clément" Perreau

21 ans, menuisier

(09 septembre 1865, Vermenton, 89)
TENTATIVE DE CRIME CRAPULEUX.

Durant la nuit du 15 au 16 avril 1886, s'introduit par effraction chez M.Rousseau, percepteur à Briennon, et dérobe 1.600 francs, une montre en or, un porte-monnaie et un canif.

Dans la nuit du 30 au 31 mai 1886, commet un cambriolage chez M.Rodier, négociant en vins à Nuits, et vole deux revolvers et un un couteau.

Dans la nuit du 02 au 03 juin 1886, entré dans une maison de la rue Monge à Saint-Jean-de-Losne, blesse gravement de trois coups de couteau dans la poitrine Jacques Vincent Escalle, 52 ans, percepteur, réveillé par sa présence, et repart en volant une montre avec sa chaîne, ses décorations de capitaine en retraite et un médaillon en or.

Escalle, bien que victime d'une péritonite, survivra à l'attaque.
Gracié le 14 février 1887.

Décédé le 11 février 1908 en Guyane.
20 décembre 1886 Cour d'assises des Vosges

Épinal
Eugène Charles Dubois

30 ans, marchand ambulant

(21 mai 1856, Boulogne-sur-Mer, 62)
TENTATIVE DE CRIME CRAPULEUX.

Conçoit un guet-apens le 16 septembre 1886 sur les conseils de Joseph-Emmanuel Marchal : ce dernier, à la foire de Faucogney, avait "sympathisé" avec Jules Auguste Gérard, 45 ans, maquignon à Saint-Laurent, et constaté au cours de deux haltes dans des auberges, que le marchand de bestiaux avait un porte-monnaie bien garni.

Tapi au bord de la route, à 500 mètres de l'entrée de Lépanges-sur-Vologne, frappe Gérard à coups de marteau et de fouet, avant de tenter de l'étrangler à mains nues, et lui vole 645 francs.

Abandonné sur le bord de la route sans connaissance, Gérard survit : revenant à lui, il peut se rendre à une ferme voisine pour demander de l'aide.

Joseph-Emmanuel Marchal, 20 ans, marchand ambulant, est condamné à vingt ans de travaux forcés.
Gracié le 17 janvier 1887.

Evadé le 03 mai 1888.
21 décembre 1886 Cour d'assises des Vosges

Épinal
Célestin Marchal

28 ans, bûcheron

(25 mars 1858, Allarmont, 88)
CRIME CRAPULEUX.

Semi-vagabond, au matin du 13 octobre 1886, au lieu-dit Pré-Moulin, hameau de la Sciotte à Allarmont, tue à coups de hache Marie-Catherine Cheffre, veuve Marchal, 66 ans (aucun lien de parenté avec lui) et met le feu à la maison pour faire disparaître les traces du crime.

Mobile : la veuve aurait refusé de lui vendre pour deux sous de pain, et l'avait chassé de chez elle en s'armant d'une hache, dont il se servit pour la tuer.
Gracié le 17 janvier 1887.

Décédé le 02 juillet 1910 en Guyane.

1887 : 31 condamnations

07 janvier 1887 Cour d'assises des Bouches-du-Rhône

Aix
Luigi "Louis" Barbieri

21 ans, cordonnier

(25 juin 1865, Muro Lucano, Italie)
FÉMINICIDE NON INTIME.

Le 24 mai 1886, à Marseille, dans l'auberge du 38, rue de l'Échelle où il réside, blesse mortellement Félicie Rubino, 30 ans, tailleuse, belle-fille de l'aubergiste, de trois coups de tranchet dans le flanc gauche, l'aine droite et l'abdomen parce qu'elle refusait de l'épouser, et blesse légèrement Maria Repetti, veuve Rubino, 45 ans, aubergiste, au bras droit.
Gracié le 21 février 1887.

Décédé le 18 septembre 1897 en Guyane.
12 janvier 1887 Cour d'assises de la Seine

Paris
Clément Duval

36 ans, serrurier

(11 mars 1850, Cérans-Foulletourte, 72)
TENTATIVE DE GENDARMICIDE.

Anarchiste, cambriole l'hôtel particulier de Mme Herbelin, au 31, rue Monceau (18e) dans la nuit du 04 au 05 octobre 1886, pillant les lieux, volant notamment des bijoux, pour un butin d'au moins 15.000 francs, avant de mettre le feu au bâtiment.

Le 17 octobre 1886, au 56, rue Saussure, frappe et poignarde d'un coup de lime, Gustave Amand Rossignol, 40 ans, brigadier à la Sûreté parisienne, venu l'arrêter, le blessant gravement sans le tuer.

Jean Houchard, 40 ans, bijoutier, et Gustave Didier, 39 ans, mécanicien, accusés de recel, sont acquittés.
Gracié le 21 février 1887.

Evadé le 14 avril 1901, après plusieurs tentatives.

Décédé le 29 mars 1935 à Brooklyn, New York City (U.S.A.).
18 janvier 1887 Cour d'assises de la Somme

Amiens
Arthur Mille

40 ans, journalier

(29 avril 1846, Poix, 80)
CRIME CRAPULEUX.

Abat de deux balles dans la tête Florent Béatrice Devraigne, 63 ans, marchand de veaux, dans sa voiture sur la route de Fameches à Croixrault dans la nuit du 19 au 20 novembre 1886 pour lui voler 250 francs.
Gracié le 29 mars 1887.

Décédé le 27 octobre 1889 au Maroni.
07 février 1887 Cour d'assises des Alpes-Maritimes

Nice
Santo Siragusa

39 ans, journalier

(vers 1847, Polizzi Generosa, Sicile, Italie)
CRIME CRAPULEUX.

Braquait les passants - en particulier les femmes - à Peille, sur la route de Monaco à la Turbie.

Agresse Marie Augustine Repaire, épouse Laugier, 48 ans, cultivatrice, le 27 août 1886 au quartier de Carnier, tentant de l'étrangler avant de lui voler un mouchoir et 5 francs.

Le 29 août, au lieu-dit Saint-Michel, récidive et bat violemment Honorine Chiabaut, épouse Galliano, 45 ans, en lui cognant la ta tête sur le sol pour lui dérober son mouchoir avant de la jeter dans une ravine profonde de deux mètres. Elle survit défigurée.

Tua, le 8 novembre 1886, chemin de Bon Pen, quartier des Lacs, Marie Pauline Pollari, veuve Bottin, 48 ans, marchande de légumes, d'un coup de couteau dans le coeur, pour lui voler son parapluie et douze francs.
Gracié le 29 mars 1887.

Décédé le 11 octobre 1900 en Guyane.
10 février 1887 Cour d'assises de la Meurthe-et-Moselle

Nancy
Alexis Nicolas Guerchoux

57 ans, vigneron

(05 septembre 1829, Thiaucourt, 54)
NÉPOTICIDE.

Tue à coups de couteau son neveu François Baudin, 40 ans, après une dispute quant à un testament commun, puis tente de se suicider en se poignardant dans le ventre, puis en s'étranglant et finalement en avalant du verre pilé le 30 décembre 1886 à Thiaucourt-Regniéville.
Gracié le 24 mars 1887.

Décédé le 09 février 1888 en Guyane.
02 mars 1887 Cour d'assises de l'Aube

Troyes
Louis Casimir Tournecuillert

24 ans, ébéniste

(26 février 1863, Montreuil-sous-Bois, 75)
CRIME SUR AGENT PÉNITENTIAIRE.

Condamné à mort le 03 mai 1886 par le conseil de guerre maritime de Rochefort pour avoir, alors qu'il était en compagnie disciplinaire en Algérie, frappé un supérieur.

Gracié, sa peine commuée en quinze ans de prison, incarcéré à Clairvaux.

Tenta de tuer de cinq coups de couteau Nicolas Rémy, 29 ans, gardien de prison qu'il détestait, le 17 février 1887, pour s'évader.
Gracié le 04 mai 1887.

Décédé le 27 juin 1895 en Guyane.
09 mars 1887 Cour d'assises de la Seine

Paris
Claude "Baron Didier de Castilly" Demangeot

27 ans, représentant de commerce

(15 juin 1859, Saint-Marcel, 71)
FÉMINICIDE NON INTIME.

Déjà condamné à neuf reprises, libéré de la centrale de Gaillon le 07 octobre 1886 après treize mois de prison pour attentat public à la pudeur.

Arrivé à Paris le soir-même, frappe de cinq coups de couteau à virole Marie Louise Pierrette Fauché, veuve Roux, 41 ans, buraliste au 14, rue Boissy-d'Anglas (8e), la blessant gravement.

Deux ans plus tôt, client du commerce, il avait courtisé la jeune femme qui n'avait pas voulu de lui.
Gracié le 29 avril 1887.

Décédé le 22 avril 1895 aux Îles du Salut.
14 mars 1887 Cour d'assises de la Seine

Paris
Louis Rossel

18 ans, garçon de café

(20 novembre 1868, Prêles, Suisse)
CRIME CRAPULEUX.

Ayant fui sa famille en 1881, auteur de plusieurs vols en Haute-Saône et Côte-d'Or où il se dissimule sous de fausses identités.

Sous le nom d'Eugène Rose, se fait engager le 16 septembre 1886 à Paris comme garçon par les époux Emile et Louise Loyson, tenanciers du café Gay-Lussac, sis au 240 rue Saint-Jacques.

Assomme et étrangle dans la nuit du 02 au 03 novembre 1886 Louise Josephine Noll, épouse Loyson, 41 ans, pour voler 100 francs et des bijoux.

Arrêté à Constantine, en Algérie, le 11 novembre 1886.
Gracié le 29 avril 1887.

Décédé le 28 janvier 1915 à Saint-Laurent-du-Maroni.
19 mars 1887 Cour d'assises de l'Oise

Beauvais
Rosalie Adolphine Laly, veuve Lecast

35 ans, servante de ferme

(10 avril 1851, Fère-en-Tardenois, 02)
AMANTS DIABOLIQUES.

Le 16 juillet 1886, au lieu-dit Les Grès-Fouilleaux à Marizy-Saint-Mard, fait tuer par son amant et collègue Victor "Poron" Guay, 20 ans, valet de charrue son mari, Louis Napoléon Lecast, 43 ans, berger, qui est abattu de trois balles de revolver pendant son sommeil, sorti du lit et achevé à coups de bâton sur la tête.

Guay est condamné à vingt ans de travaux forcés.

Condamnée en première instance par la cour d'assises de l'Aisne le 30 novembre 1886, arrêt cassé le 24 décembre 1886.
Exécution prévue à Château-Thierry (02).

Graciée le 29 avril 1887.

Décédée le 19 novembre 1895 à Clermont (60).
26 mars 1887 Cour d'assises de l'Indre-et-Loire

Tours
Louis "Le Rouge" Guénand

51 ans, fendeur de bois

(02 avril 1835, Saint-Aignan, 41)
CRIME PAR VENGEANCE/TENTATIVE DE TUERIE.

Condamné déjà cinq fois pour coups et blessures, dont une à six ans de réclusion à Blois pour coups et blessures sur la personne de sa mère, Madeleine Ménaud.

Domestique à Loché, à la ferme du Grand-Village, chez les époux Aubry, licencié au bout d'un mois le 5 décembre 1886 à cause de son tempérament et du braconnage, tira le soir-même un coup de fusil sur le garçon de ferme Pierre Cottineau, 20 ans, qui mourra de ses blessures cinq heures plus tard.

Revient à la ferme, tire sur Eugène Aubry, 34 ans, et la domestique Valentine Bourdin, 22 ans, en les ratant, puis sur Louise Defond, épouse Aubry, 36 ans, et ses deux enfants, Eugène, 6 ans, et Octave, 18 mois, les blessant gravement, puis blesse aussi un jeune berger d'un coup de fourche dans la main.
Gracié le 17 mai 1887.

Tente de se suicider le 26 mai en gare de Tours, en revenant d'Orléans où venait d'avoir eu lieu la lecture des ses lettres de grâce.

Décédé le 25 novembre 1887 à Avignon (84), en se pendant avec un mouchoir dans une cellule du quartier disciplinaire.
27 avril 1887 Cour d'assises de la Somme

Amiens
François Marc Désiré Gaussuin

40 ans, ?

(19 avril 1847, Rouy-le-Petit, 80)
MATRICIDE.

Frappe à coups de manche de couteau puis étrangle sa mère, Marie Catherine Mayer, veuve Gaussuin, 71 ans, le 16 décembre 1886 à Rouy-le-Petit, par haine et mobile financier (tant pour la voler que d'hériter de la maison commune).

Plongée dans le coma, la victime décède le 20 décembre.
Guillotiné le 15 juin 1887.
13 mai 1887 Cour d'assises du Maine-et-Loire

Angers
Anne Marie Alliot, veuve Chené

23 ans, ?

(14 août 1863, Champtoceaux, 49)
AMANTS DIABOLIQUES.

Empoisonna au phosphore - récupéré à partir d'allumettes - le 17 décembre 1886 à Champtoceaux son mari et cousin, Joseph Chené, 25 ans, un mois après leurs noces, union souhaitée par elle pour profiter de la fortune de Chené.

Son amant et complice, Auguste Batardière, 23 ans, domestique, est condamné à vingt ans de travaux forcés. Anne Bordage, veuve Alliot, 46 ans, qui participa au crime, se pend le 10 janvier 1887 avant d'être arrêtée.
Arrêt cassé le 09 juin 1887.

Condamnée aux travaux forcés à perpétuité par la cour d'assises de la Loire-Inférieure le 24 septembre 1887.

Décédée le 13 mai 1897 à Rennes (35).
21 mai 1887 Cour d'assises du Nord

Douai
Clémence Josèphe Mathieux, épouse Cottin

46 ans, cultivatrice

(06 mai 1841, Ors, 59)
MATRICIDE.

Tua sa mère, Marie Catherine Vise, veuve Mathieux, 80 ans, en mettant le feu à sa maison à Ors, dans la nuit du 05 au 06 avril 1887.

Son mari Charles Toussaint Cottin, 41 ans, est condamné aux travaux forcés à perpétuité.
Graciée le 22 juillet 1887.

Décédée le 20 février 1906 à Rennes (35).
26 mai 1887 Cour d'assises de l'Aisne

Laon
Pierre Dermy

36 ans, manouvrier

(25 mars 1851, Honnecourt-sur-Escaut, 59)
CRIME CRAPULEUX.

Libéré de Loos après treize mois de prison le 26 décembre 1886.

Tua à coups de fer à repasser et de couteau de cuisine à Jussy dans la nuit du 8 au 9 janvier 1887 Marie-Catherine Maillard, veuve Poidvin, 86 ans, chez qui il avait travaillé quatre ans plus tôt, pour voler deux porte-monnaie, contenant 329 francs 55, quatre mouchoirs et un peu de linge.
Gracié le 23 juillet 1887.

Evadé le 08 décembre 1897.
29 juin 1887 Cour d'assises de la Seine

Paris
Alexandre Séjourné

25 ans, charpentier

(27 septembre 1861, La Ferté-Loupière, 89)
CRIME CRAPULEUX.

Sur la grand-route à Drancy, dans la nuit du 30 novembre au 1er décembre 1886, attaque et blesse mortellement à coups de pavé sur le crâne Bernard Delporte, 23 ans, charretier et garçon meunier, pour lui voler 85 francs.

Le jeune homme meurt après son transport chez son employeur à Garges-lès-Gonesse.
Gracié le 10 août 1887.

Décédé le 20 octobre 1895 à Cayenne (Guyane).
13 juillet 1887 Cour d'assises de la Seine

Paris
Enrico Giacomo Ernesto "Henri" Pranzini

31 ans, employé des postes égyptiennes

(07 juillet 1856, Alexandrie, Égypte)
CRIME CRAPULEUX/TUERIE.

Aventurier polyglotte, égorge à coups de couteau au 17, avenue Montaigne (8e), le 17 mars 1887, sa maîtresse, la demi-mondaine Claudine Marie "Régine de Montille" Régnault, 39 ans, la bonne, Annette Grémeret, 38 ans, et sa fille Marie Grémeret, 11 ans, pour dérober les bijoux de Mlle de Montille.
Guillotiné le 31 août 1887.
20 juillet 1887 Cour d'assises du Cher

Bourges
Louis "Lebouis" Bouis

20 ans, ouvrier charron

(17 février 1867, Loye-sur-Arnon, 18)
AMANTS DIABOLIQUES/CRIME A GAGES (TUEUR).

Massacrent à Vesdun le 25 février 1887 Antoine Héraudet, 37 ans, boulanger et aubergiste, à coups de bûche, incités par Marie Denizot, épouse Héraudet, 24 ans, la maîtresse de Chagnon.

Marie est condamnée à vingt ans de travaux forcés.
Gracié le 12 septembre 1887.

Evadé en Guyane le 14 mars 1902.
Jules Chagnon

27 ans, couvreur

(17 novembre 1859, Sidiailles, 18)
Gracié le 12 septembre 1887.

Evadé en Guyane le 08 mai 1901.
21 juillet 1887 Cour d'assises de l'Ain

Bourg
Benoît Duplâtre

29 ans, cultivateur

(14 novembre 1857, Bénonces)
CRIME SUR BELLE-MÈRE.

Marié en premières noces à Philomène Bubaton, veuf en 1884, épouse Joséphine Bubaton, la soeur de sa défunte femme.

Tua le 22 mai 1887 à Bénonces sa belle-mère, Marie Anne Robin, veuve Bubaton, 60 ans, d'un énorme coup de poing dans la tempe après lui avoir tendu un piège dans un chemin désert.
Gracié le 17 septembre 1887.

Réhabilité le 12 décembre 1922.

Décédé le 07 juin 1929 en Guyane.
26 juillet 1887 Cour d'assises de la Somme

Amiens
"Fernand Gillard"
(vrai nom inconnu)

32 ans, coiffeur

(se disant né en 1855, Québec, Canada)
SATYRE ASSASSIN/CRIME CRAPULEUX.

Viole et tue le 25 août 1886 Gabrielle Lévy, 22 ans, la receveuse des postes de Beauval, d'une vingtaine de coups de hache sur la tête et les épaules, puis vole le bureau de poste, dérobant notamment des timbres.

Devait être jugé le 29 avril, mais le procès est repoussé pour soumettre Gillard à des examens mentaux supplémentaires.

Inculpés de recel de timbres volés, Lemoine et Dumont, typographes parisiens, sont acquittés.
Gracié le 03 octobre 1887.

Décédé le 04 octobre 1889 aux Îles du Salut.
13 août 1887 Cour d'assises des Bouches-du-Rhône

Aix
Francisco "François-Dedieu" Esposito
(faux nom)

24 ans, cordonnier

(vers 1863, Grenade, Espagne)
BRIGANDS.

Chefs d'une bande de malfaiteurs qui dévalisaient les passants, le soir, dans les rues de Marseille, les frappant en cas de résistance.

Le 12 décembre 1886, rue Verte, quatre bandits, parmi lesquels Vespi, rouent de coups Lucien Gauthier, chauffeur à la P.L.M., et lui volent sa montre et son portemonnaie.

Le 16 janvier 1887, rue du Tapis-Vert, Marie Jausserand, marchande, est assaillie par trois malfrats, dont Bigazzi et une femme, qui repartent bredouilles, la victime n'ayant rien sur elle.

Le 23 janvier, attiré par une complice servant d'appât, M.Naville, marchand ambulant, est agressé par la jeune femme et Zampilli, qui lui volent 200 francs.

Le 30 janvier, au croisement du boulevard de la Madeleine et du chemin des Chartreux, attaquent à cinq ou six (dont Soldaini, Esposito et Vespi) M.Blidache, garçon d'hôtel, pour lui voler sa sacoche, sa montre et sa giletière.

Le 31 janvier, vers une heure du matin, boulevard National, Esposito et deux complices attaquent M.Dumay, constructeur mécanicien, qui est frappé à coup de pied. Un coup de feu est également tiré, sans toucher quiconque.

Dans la nuit du 03 au 04 mars, rue Désirée, Antoine Jeanselme, employé de commerce, est assailli par Zampilli, Vespi et Tegami : parvenant à s'enfuir et à rejoindre le poste de police, il alerte les gardiens de la paix Martin et Geromini qui se lancent à la poursuite des bandits. Zampilli fait feu sur eux sans les toucher.

Dans la nuit du 05 au 06 mars, devant le 29, rue Estelle, Paul Villard, représentant de commerce, est racketté de trente francs par cinq hommes, dont Esposito, porteur d'un pistolet, et un autre ayant un couteau.

La même nuit, non loin de là, rue Montgrand, Esposito, Tegami et Bocconi attaquent de la même façon Wulfran Canaple, 30 ans, propriétaire, lui volant son pardessus, sa canne, ses gants, sa montre, son portefeuille, 1.250 francs en billets, 50 francs-or et un étui à cigarettes.

Dans la nuit du 08 au 09 mars, boulevard du Nord, cinq des malfrats attaquent Jacques Richaud, 76 ans, négociant en vins en Avignon, qui se rendait à la gare Saint-Charles, pour lui voler sa valise. L'homme résistant et appelant au secours, Esposito lui tire deux coups de pistolet, le touchant à la tête, mais surtout mortellement au ventre. Richard décède le lendemain à l'Hôtel-Dieu.

Dans la nuit du 22 au 23 mars, à l'angle du cours Pierre-Puget et du boulevard Gazzino, attaquent à cinq M.Luc, employé à la Préfecture, à qui ils volent un revolver, une montre de nickel et un portemonnaie.

La nuit suivante, rue Paradis, devant l'église Saint-Joseph, Esposito, Tegami et Bocconi attaquent Adolphe Vey, confiseur, et volent son portemonnaie, un carnet, un mouchoir et 120 francs.

Dans la nuit du 24 au 25 mars, au croisement des rues Montaux et Saint-Suffren, Tegami, Zampilli, Soldaini et Vannuccini agressent Louis Vissac, 23 ans, commis des douanes, mais ses cris attirent des policiers non loin de là. Tegami, avant de partir, tire trois coups de revolver en direction de Vissac sans l'atteindre.

Au soir du 25 mars, Esposito profite d'une rixe entre Barthélémy Ferrero et M.Graillat, boucher, et son fils, Esposito blessant Graillat à la tête d'un coup de couteau pour lui voler sa montre et son portefeuille contenant 350 francs.

Le 03 avril, vers deux heures du matin, rue de Rome, Esposito, Tegami, Bocconi, Soldaini et Gaillac attaquent Edmond Callas, 28 ans, ouvrier tapissier, qui rentrait tardivement d'un chantier dans une salle des fêtes. Tegami le frappe de deux coups de couteau-poignard au bras et dans le ventre. Là encore, la victime meurt quelques heures plus tard, hospitalisé à l'Hôtel-Dieu.

La même nuit, place de la Joliette, Tegami, Esposito et un nommé Gaillac attaquent M.Vernon pour lui voler son portefeuille.

Esposito et Tegami, ainsi que leur complice Bigazzi, sont arrêtés le soir-même à la suite d'un contrôle d'identité, et le poignard ensanglanté ayant servi au meurtre de la nuit précédente est retrouvé sur Tegami.

Au cours des débats, ils ne cessèrent de nier, affirmant leur innocence, et ce jusqu'à la fin.

Alfredo Bocconi, 23 ans, forgeron, est condamné à dix ans de réclusion ; Adolfo Bigazzi, 24 ans, coiffeur, Cesare Vespi, 23 ans, journalier, et Eugenio Soldaini, 21 ans, cordonnier, à six ans de réclusion ; Ariosto Zampilli, 19 ans, cordonnier, est condamné à cinq ans de prison ; Salvatore Gennari, 37 ans et Giuseppe Vannuccini, 21 ans, tailleur d'habits, sont acquittés.

Emile Gaillac, 27 ans, sans profession, complice en fuite, sera finalement attrapé et condamné à vingt ans de travaux forcés par la même cour d'assises le 20 juin 1888.
Guillotinés le 08 octobre 1887.
Michele "Michel" Tegami

21 ans, tailleur d'habits

(vers 1866, Senigallia, Italie)
15 août 1887 Cour d'assises de l'Aude

Carcassonne
José Borras

25 ans, ouvrier agricole

(vers 1862, Sant Llorenç de Montgai, Espagne)
CRIME CRAPULEUX/ERREUR JUDICIAIRE.

Borras fut accusé d'avoir participé au meurtre d'Anna Pradiès, 60 ans, le 26 mai 1887 à Narbonne, et d'avoir gravement blessé à coups de canne-épée et de couteau son mari Dominique, régisseur de la ferme du "Petit Condom", pour voler 560 francs.

Un autre accusé, Francisco Villarubia, soutiendra l'innocence de Borras, identifié malgré tout par Dominique. Villarubia est condamné à dix ans de travaux forcés.

Après sa condamnation, Guillaumet, depuis la cellule, écrira une lettre au procureur pour disculper Borras, son cousin, et affirmer que le véritable coupable s'appelle Antonio Rossel, dit Castillou. Rossel, arrêté en Espagne, bénéficia d'un non-lieu et ne fut pas inquiété davantage.
Gracié le 19 juin 1888.

Libéré en juillet 1890 après avoir été reconnu innocent, mais jamais réhabilité.

Décédé le ?
Vicente Guilhaumet-Torres

25 ans, ouvrier agricole

(vers 1863, Camarasa, Espagne)
Gracié le 19 juin 1888.

Décédé après le 13 août 1918 (en Guyane ?).
10 septembre 1887 Cour d'assises de l'Indre

Châteauroux
Hippolyte Paviot

50 ans, botteleur, journalier

(22 août 1837, Mouhers, 36)
CRIME CRAPULEUX/TUERIE.

Au couvent du Plaix, commune de Mouhers, le 9 juin 1887, lors d'un cambriolage, assassine à coups de masse Jacques Richer, 85 ans, propriétaire, Jacques Thavereau, 68 ans, domestique, et vole 12.000 francs.

La bonne, Marie Jolly, veuve Brisse, bien que gravement blessée à la tête, survit à l'attaque et peut le dénoncer.
Guillotiné le 18 novembre 1887
29 septembre 1887 Cour d'assises du Pas-de-Calais

Saint-Omer
Marie Joséphine Mathilde Bouton

23 ans, découpeuse de tulle

(25 février 1864, Landrethun-le-Nord, 62)
FILICIDE.

Etrangla le 8 juillet 1887 au chemin des Pierrettes à Landrethun-le-Nord Amand Ferdinand Decambron, son second enfant naturel, âgé de deux mois et demi, lasse d'entendre sa famille lui reprocher son inconduite.
Graciée le 02 novembre 1887.

Décédée le ?
28 octobre 1887 Cour d'assises du Loiret

Orléans
Adrien "Joseph" Sarradin

29 ans, ouvrier tonnelier

(17 août 1858, Mer, 41)
CRIME CRAPULEUX/TUERIE.

Tua à coups de marteau dans la nuit du 1er au 2 mai 1887 à Beaugency Etienne Michou, vigneron, 88 ans, pour voler 125 francs.

Son complice, Henri Proust, 19 ans, se suicide avant son arrestation.
Gracié le 16 décembre 1887.

Décédé le 14 décembre 1894 à Essequibo (Guyane britannique).
10 novembre 1887 Cour d'assises de l'Aisne

Laon
Ambroise Gaston Pollet

26 ans, ouvrier agricole

(05 avril 1861, Jumencourt, 02)
MATRICIDE.

Assassina sa grand-mère Marie Catherine Victorine Leroux, veuve Gillot, 68 ans, à coups de bûche pour la voler, à Pont-Saint-Mard, au soir du 18 septembre 1887. Après avoir dérobé 25 francs, jette le corps dans le puits.
Guillotiné le 23 décembre 1887.
26 novembre 1887 Cour d'assises de la Côte-d'Or

Dijon
Louis Auguste Chomet

29 ans, terrassier

(27 juin 1858, Courcelles-en-Bassée, 77)
CRIME CRAPULEUX.

Le 11 juillet 1887, entre le hameau de Chevigny et Champ-d'Oiseau, commune de Semur, frappe d'un coup de pelle, puis d'un coup de poing en plein visage Angelo Penna, 28 ans, ouvrier terrassier, Italien, avant de l'achever d'un coup de talon sur la tête et de lui voler son dernier solde, s'élevant à 28 francs, son portemonnaie, sa montre d'argent et sa chaîne de nickel.

Le corps, abandonné sur place entre deux haies, n'est retrouvé que le 22 juillet.
Gracié le 20 janvier 1888.

Devenu en 1890 exécuteur-adjoint, puis exécuteur des arrêts criminels du bagne.

Décédé le 04 septembre 1909 en Guyane.
26 novembre 1887 Cour d'assises de l'Aude

Carcassonne
Joseph Siadous

31 ans, métayer

(13 août 1856, Pamiers, 09)
FÉMINICIDE INTIME/FÉMINICIDE NON INTIME.

Tue à coups de couteau à la ferme du Petit-Baliste, près de Narbonne, le 12 juin 1887, sa femme Jeanne-Cécile Rougé, épouse Siadous, 31 ans, enceinte de sept mois, et Marie Rougé, 18 ans, sa belle-soeur, qu'il manque décapiter, avant de se blesser au cou et d'accuser des vagabonds espagnols d'être les auteurs du double crime.

Mari violent : avait, par ses maltraitances, provoqué dix fausses couches chez son épouse !

Mobile : il désirait Marie Rougé, et celle-ci ne voulait pas de lui.
Gracié le 08 février 1888.

Décédé le 05 août 1892 à Kourou.
20 décembre 1887 Cour d'assises des Bouches-du-Rhône

Aix
Gian Andrea "Jean André" Rocchia

49 ans, bûcheron

(08 novembre 1838, Demonte, Piémont, Italie)
INCESTE/INFANTICIDE.

A compter de 1884, à Cassis, viole sa fille Marie Rocchia, alors âgée de 18 ans, et ce de façon presque quotidienne.

Se chargea de tuer lui-même les deux enfants qu'il eut d'elle en décembre 1885 et le 15 mai 1887.

Marie, accusée de complicité, est acquittée.
Gracié le 20 février 1888.

Décédé le 24 janvier 1892 au Maroni.

1888 : 28 condamnations

23 janvier 1888 Cour d'assises de l'Eure

Évreux
Paul Septime Maitayer

25 ans, ?

(27 mai 1862, Port-Mort, 27)
CRIME CRAPULEUX.

Le 11 novembre 1887, à Aubevoye, s'introduit au domicile des époux Laîné et vole une montre et un fusil avant d'être mis en fuite par un chien de garde.

Tapi deux jours durant dans la grange, le 13 novembre en fin de matinée, profite de l'absence de Mme Laîné pour revenir dans la même maison et tuer avec la crosse du fusil volé Adrien Pierre Laîné, 71 ans, avant de fouiller les lieux et d'emporter 50.000 francs-or.
Guillotiné le 31 mars 1888.
16 mars 1888 Cour d'assises de l'Indre-et-Loire

Tours
François Mauclair

38 ans, vigneron

(06 décembre 1849, Neuvy-Roi, 37)
AMANTS DIABOLIQUES.

Tue d'une balle dans la tête dans la nuit du 2 au 3 février 1888 à Epeigné-sur-Dême Alexandre Henri Bellanger, 32 ans, cafetier, venu lui acheter du vin.

Mauclair était l'amant d'Augustine Adet, épouse Bellanger, 30 ans, laquelle est condamnée aux travaux forcés à perpétuité.
Gracié le 10 mai 1888.

Décédé le 18 avril 1889 à Cayenne.
21 mars 1888 Cour d'assises du Pas-de-Calais

Saint-Omer
Augustin Joseph "Le Boiteux" Chéret

19 ans, journalier

(08 août 1868, Mercatel, 62)
CRIME CRAPULEUX.

Attaquent à coups de gourdins le 13 février 1888 à Agny, dans l'estaminet de la Maison-Rouge, la propriétaire, Flore Élisabeth Godard, épouse Darras, 39 ans, sa mère, Marie Anne Josèphe Bulot, veuve Godard, 72 ans et Blanche Godard, 11 ans, pour voler 27 francs.

La fillette, reprenant ses esprits, alla donner l'alerte.

Seule l'aïeule décèdera des coups portés.
Gracié le 08 mai 1888.

Décédé le 28 juillet 1889 à Kourou.
François Joseph Bernard

19 ans, journalier

(04 avril 1868, Mercatel, 62)
Gracié le 08 mai 1888.

Remise du reste de sa peine le 13 juillet 1917.

Décédé le 13 juin 1926 à Saint-Laurent-du-Maroni.
14 avril 1888 Cour d'assises du Finistère

Quimper
Paul Faine

40 ans, garçon meunier

(vers le 10 janvier 1848, trouvé le 24 janvier 1848, Quimper, 29)
SATYRE ASSASSIN D'ENFANT.

Etrangle puis viole Marie-Anne Louise Gloanec, 14 ans, le 19 novembre 1887, jeune soeur de son ancien patron Alain, meunier au Len-Du, commune d'Ergué-Armel, et part en volant 12 francs, et en laissant le corps dans la cave, dans une mise en scène de suicide par pendaison.

Faine avait été licencié un mois auparavant pour son attitude violente et ses comportements gênants envers l'adolescente.

Avait également violé Marie-Jeanne Istin, fermière, en 1882 à Ergué-Gabéric, et commis un attentat à la pudeur en janvier 1886 sur Jérome Yves Bourgibot, 8 ans, fils de ses employeurs au moulin Coz en Elliant.
Guillotiné le 02 juin 1888.
03 mai 1888 Cour d'assises de l'Orne

Alençon
Henry Félix Alphonse Jeanne

24 ans, domestique

(26 septembre 1863, Saint-Pierre-d'Entremont, 61)
CRIME CRAPULEUX.

Abat d'un coup de revolver en pleine tempe, dans la nuit du 3 au 4 novembre 1887 aux abords de Saint-Léger-sur-Sarthe, Jean Honoré Avignon, 42 ans, marchand de cochons, pour lui voler une vingtaine de francs. Abandonne le corps dans sa voiture après avoir dételé le cheval, qui lui sert à rallier la gare la plus proche et à gagner Paris, où il sera arrêté peu après.
Gracié le 30 juin 1888.

Evadé le 22 août 1889.
19 mai 1888 Cour d'assises du Rhône

Lyon
Antoine Grosselin

22 ans, boulanger

(21 juin 1865, Marchampt, 69)
CRIME CRAPULEUX.

Égorge d'un coup de couteau le 22 janvier 1888 au hameau du Chapuis, commune de Marchampt, Marie Descroix, veuve Claitte, 59 ans, propriétaire, dont il cache le corps dans le fenil.

Ayant tué pour voler, il est attrapé par un voisin, venu en visite quelques minutes plus tard, tentant de se cacher sous un lit, et est donc arrêté sans avoir rien dérobé.
Gracié le 06 juillet 1888.

Décédé le 23 septembre 1890 aux Îles du Salut.
20 mai 1888 Cour d'assises de l'Yonne

Auxerre
Edmé Arthur Alfred Alphonse

49 ans, journalier, limeur de scies

(10 mars 1839, Villiers-Vineux, 89)
CRIME CRAPULEUX.

Egorge d'un coup de couteau de boucher, dans la nuit du 08 au 09 février 1888 à Joigny, Louis Vétard, 40 ans, horloger-bijoutier, pour le dévaliser, et dépèce à la scie le cadavre en douze morceaux qu'il jette dans l'Yonne.

Ses complices, les époux Jules-Octave et Amélie Vacher, aubergistes chez lesquels le corps a été débité, sont condamnés à dix et six ans de réclusion, et Joséphine Martin, 23 ans, prostituée, à quatre ans.
Gracié le 13 juillet 1888.

Décédé le 23 août 1905 en Guyane.
28 mai 1888 Cour d'assises de la Seine

Paris
Charles Théodore Cornu

24 ans, ouvrier fumiste

(08 mars 1864, Crisenoy, 77)
CRIME CRAPULEUX.

Assassine d'une dizaine de coups de couteau Jules Lefèvre, 41 ans, oiseleur ambulant, dans la nuit du 13 au février 1888, dans une carrière de sable, boulevard de Créteil à Joinville-le-Pont, et vole son portefeuille contenant 37 francs 50.
Gracié le 13 juillet 1888.

Décédé le 23 août 1892 au Maroni.
31 mai 1888 Cour d'assises de la Savoie

Chambéry
Jean-Alexis Favre

31 ans, marchand forain

(13 avril 1857, Bourg-Saint-Maurice, 73)
CRIME CRAPULEUX.

Le 06 mars 1888 à la Balme, tue d'un coup de couteau dans la nuque, le décapitant presque, son colocataire Joseph Flavien Roux, 28 ans, colporteur, pendant que celui-ci dort.

Vole ses marchandises, coud le corps dans un sac avant de le jeter dans le Rhône, où il est repêché le lendemain.
Gracié le 12 juillet 1888.

Condamné à mort le ? 1894 par le tribunal criminel de Cayenne pour assassinat commis sur l'île Saint-Joseph.

Guillotiné le 28 décembre 1894 sur l'Île Royale (973).
02 juin 1888 Cour d'assises du Loir-et-Cher

Blois
Adrien Armand Poidras

24 ans, ouvrier maçon

(16 juillet 1863, Oucques, 41)
CRIME DE BRACONNIER.

Tua d'un coup de fusil en pleine poitrine le 11 mars 1888 Jean-Marie Joseph Benoît, 29 ans, garde particulier à Saint-Hilaire-la-Gravelle, qui allait l'arrêter pour braconnage de chevreuil dans les bois de la Gaudinière, commune de La Ville-aux-Clercs.

Complice, Louis Alexis Fichepain, 30 ans, journalier, est condamné à quinze ans de travaux forcés.
Gracié le 13 juillet 1888.

Décédé le 08 novembre 1903 en Guyane.
06 juin 1888 Cour d'assises de la Manche

Coutances
Jean Jules Désiré Fleury

36 ans, ouvrier charpentier

(25 mars 1852, Le Theil, 50)
CRIME CRAPULEUX.

Braconnier, abat d'un coup de fusil dans la tête Léon Constant Liout, 37 ans, serrurier-mécanicien à Cherbourg, le 03 décembre 1887 dans le bois du Coudray, à Mesnil-au-Val, à qui il dérobe ses chaussures, son argent et son fusil Lefaucheux.

Prétendra que le coup de feu était accidentel.
Gracié le 27 juillet 1888.

Décédé le 04 février 1889 durant le trajet vers la Guyane ?
10 juin 1888 Cour d'assises de la Corse

Bastia
Saviero "Xavier/L'animale" Rocchini

24 ans, ?

(09 janvier 1864, Porto-Vecchio, 20)
BANDIT D'HONNEUR/BRIGAND/FÉMINICIDE NON INTIME/GENDARMICIDES.

Lors d'une "vendetta" entamée entre leurs familles en septembre 1882, abat de deux coups de fusil dans la poitrine, le 08 septembre 1883 au lieu-dit Poretto di Gerbini, Simon Tafani, 19 ans : le jeune Tafani était le meurtrier du père de Saviero, Giovan-Francesco Rocchini, abattu le 11 octobre 1882 à Pascialella. Il prend à la fois le maquis et le goût du sang, devenant membre d'une petite bande dirigée par Pietro "Barrittone" Nicolaï, aux côtés de Pietro Giovanni.

Le 4 janvier 1886, au lieu-dit Passaghie, abat de deux coups de fusil Jeannette Milanini, 15 ans, bergère, qui s'était refusée à lui depuis plusieurs mois, puis l'achève d'un coup de revolver dans la tête.

Le 1er ou 12 janvier 1886, au moulin de Conazo, près de Sainte-Lucie-de-Porto-Vecchio, participe à une expédition punitive au cours de laquelle "Barrittone" abat de deux coups de fusil Jean Nazarelli, 70 ans, qui avait en 1882 fait condamner Giovanni et "Barrittone" pour menaces de mort.

Le 1er juin 1886, à Albagano, sur le chemin de Porto-Vecchio à Quenza, échange de coups de feu avec les gendarmes Angelini, Constantini et Lavigne : le gendarme Lavigne est abattu, Pietro Giovanni est tué lui aussi.

Le 02 juin 1887, à Bagarottoli, croisant malencontreusement quatre gendarmes de Sartène venus dans les parages pour une toute autre raison, "Barrittone" et Saviero ouvrent le feu sur les gendarmes Arcencam, Ferracci et Gardes sans faire de blessés.

Le 07 juin 1887, au lieu-dit Acqua-Trémola, à Sartène, tire sur deux gendarmes à cheval en train de convoyer un autre homme : Edouard Arcencam, 28 ans, est tué d'un coup de feu en pleine tête.

Arrêté dans un petit bar de Cauro le 09 septembre 1887.

La bande aurait également commis d'autres meurtres : dans la nuit du 29 au 30 mars 1885, les frères Vincensini avaient été tués pour voler leurs économies ; fin octobre 1886, un cultivateur est abattu d'un coup dans le ventre puis a le visage broyé à coup de pierre ; le 12 février 1888, "Barrittone" abat les frères Carducci.

Nicolaï, 31 ans, laboureur, arrêté le 09 mars 1888, est condamné aux travaux forcés à perpétuité.
Guillotiné le 05 septembre 1888 à Sartène.
11 juillet 1888 Cour d'assises de la Seine

Paris
Édouard Schumacher

22 ans, ouvrier ébéniste, soldat au 112e régiment d'infanterie de Bastia

(27 février 1866, Paris 5e)
CRIME CRAPULEUX.

En permission, étrangle à mains nues le 2 mars 1888, au 19, rue Descartes à Paris, Eugénie Vinchon, veuve Vignon, 79 ans, giletière, mère de son ancien employeur, et lui vole une montre, six francs et quelques bijoux de pacotille.
Guillotiné le 10 septembre 1888.
25 juillet 1888 Cour d'assises de la Seine-et-Oise

Versailles
Abel Georges Lucien Charron

18 ans, domestique

(08 juillet 1870, Saint-Laurent-des-Eaux, 41)
CRIME CRAPULEUX.

Tue d'une vingtaine de coups de hachoir dans la nuit du 24 au 25 mai 1888 au 14, Grande Rue à Montlhéry Marie Anne Ingrain, veuve Saintin, 69 ans, rentière et cousine du maire, pour lui voler 3.400 francs.
Gracié le 21 septembre 1888.

Réhabilité le 13 septembre 1909, remise de peine en 1912.

Décédé le ?
03 août 1888 Cour d'assises de la Seine-et-Marne

Melun
Félix Parcheminey

31 ans, manouvrier

(18 avril 1857, Jussey, 70)
CRIME EN TRAIN.

Voleur récidiviste, tente de tuer à coups de barre de fer dans l'omnibus 41, à la hauteur de la Ferté-sous-Jouarre, Armand Collin, 36 ans, maquignon à Nettancourt, revenant du marché aux bestiaux de Pantin, pour lui voler 9.000 francs.
Gracié le 18 septembre 1888.

Décédé le 05 septembre 1891 au Maroni.
10 août 1888 Cour d'assises du Rhône

Lyon
Joseph Louis Mazuyer

33 ans, gardien de la paix

(06 novembre 1854, Chassagny, 69)
CRIME CRAPULEUX.

Dans la nuit du 21 au 22 février 1888, à Chassagny, tue à coups de revolver Pierre Burel, 71 ans, pour lui voler ses livrets de caisse d'épargne.
Gracié le 19 septembre 1888.

Evadé le 05 octobre 1890.
10 août 1888 Cour d'assises de la Seine

Paris
Georges Alphonse Masset

37 ans, maréchal-ferrant

(29 juin 1851, Paris)
FÉMINICIDE INTIME.

Tua d'un coup de couteau dans le ventre son ex-maîtresse, la veuve Desirée Denizet, 49 ans, ouvrière blanchisseuse, le 1er avril 1888, rue de l'hôpital Saint-Louis, parce qu'elle ne voulait pas reprendre la vie commune.
Gracié le 19 septembre 1888.

Evadé le 14 septembre 1890.
08 septembre 1888 Cour d'assises de la Seine

Paris
Charles Auguste Mathelin

39 ans, puisatier

(27 avril 1849, Dommartin-le-Saint-Père, 52)
CRIME CRAPULEUX.

Tua pour le voler son ami Eugène Oudin, 60 ans, surveillant du balayage de Paris, dont on retrouve le corps pendu dans un bois d'Esbly (77) le 10 mars 1888 - deux jours après la mort.

Face au manque de zèle de la justice locale, l'affaire est retirée au parquet de Meaux et jugée à Paris.
Guillotiné le 31 octobre 1888.
28 septembre 1888 Cour d'assises de l'Oise

Beauvais
Prosper "Eugène" Lavisse

23 ans, valet de ferme

(12 juin 1865, Nogent-sur-Oise, 60)
CRIME CRAPULEUX.

Dans la nuit du 23 au 24 juillet 1888 s'introduit chez Victorine Désirée Mercier, veuve Favrel, 68 ans, à Béthencourt, commune de Bailleval, en passant par la cheminée avant de la tuer à coups de pierre pour lui voler 25 francs.
Guillotiné le 03 novembre 1888.
02 octobre 1888 Cour d'assises du Morbihan

Vannes
Mathurin Marie Mandart

20 ans, domestique de ferme

(vers 1868, Saint-Jean-Brevelay, 56)
CRIME CRAPULEUX.

Voleur récidiviste, libéré neuf jours plus tôt de la prison de Vannes, dans la nuit du 14 au 15 juillet 1888, non loin du village de Kerabus à Plaudren, tue à coups de pierre Joseph Le Brech, 63 ans, cantonnier, et vole ses vêtements et sa chaîne de montre.
Gracié le 13 novembre 1888.

Décédé le 21 février 1916 à Matoury (Guyane).
23 octobre 1888 Cour d'assises de l'Eure

Évreux
Alphonse Aucher

26 ans, jardinier

(20 février 1862, Poitiers)
CRIME CRAPULEUX.

Cambrioleurs spécialisés dans les braquages de presbytères, tuent le 1er mai 1888 Pierre Félix Hue, 81 ans, curé d'Armentières-sur-Avre avec un coup-de-poing américain pour piller sa demeure et faire main basse sur 600 francs.
Gracié le 12 décembre 1888.

Décédé le 20 avril 1900 en Guyane.
Louis Gustave Désiré Guerrier

20 ans,

(04 avril 1868, Cheffreville-Tonnencourt)
Gracié le 12 décembre 1888.

Décédé le 25 décembre 1900 à Saint-Laurent-du-Maroni.
25 octobre 1888 Cour d'assises de la Meuse

Saint-Mihiel
Pierre Théophile Nosjean

52 ans, journalier

(07 août 1836, Rancourt, 55)
INCENDIAIRE.

Condamné à dix ans de réclusion le 05 janvier 1880 pour incendie volontaire, libéré le 10 juillet 1888.

Met le feu, dans la nuit du 17 au 18 août 1888 à Remennecourt à un tas de paille et à une voiture remplie de blé, lesquels se trouvent dans une grange appartenant à la famille Rolland. Le sinistre se propage à plusieurs maisons voisines.

A son arrestation, le lendemain, avoue avoir voulu mettre le feu à la maison de son oncle, M.Boiry, dont il voulait se venger, mais s'être trompé de cible en état d'ivresse.
Gracié le 03 décembre 1888.

Décédé le 28 octobre 1904 en Guyane.
04 novembre 1888 Cour d'assises du Doubs

Besançon
Paul Albert Cordelier

24 ans, ?

(14 mars 1864, Dampierre-les-Bois, 25)
CRIME CRAPULEUX.

En août 1887, dans un bois près de Grange-la-Ville, en compagnie d'Emile Hugel, attire dans un guet-apens Joseph Muffat, cultivateur, et l'assomme à coups de bâton pour lui voler soixante-dix francs.

Le 07 janvier 1888, à Semondans, se rend avec Auguste Hugel, le frère d'Emile, chez Georges Maire, 66 ans, le forçant à les inviter à manger et à dormir, puis le menaçant le lendemain avec une hachette pour qu'il leur remette son argent.

Après avoir profité des largesses de son ami, Jules Edmond "Bley" Maitrot, 21 ans, ouvrier de fabrique, lors d'un dimanche au café et au bordel à Montbéliard, le raccompagne en train le 15 janvier 1888 jusqu'à Beaucourt. A l'entrée de Dampierre-les-Bois, ville de résidence de Maitrot, l'assomme avec un coup-de-poing américain puis l'étrangle avec un foulard pour lui voler le reste de son argent.

Suspecté aussi d'avoir tenté d'assassiner pour le voler M.Boucard, marchand de chevaux, le 13 janvier 1887 à Désandans, et dans le même village, le 13 septembre 1887, avoir tué et volé M.Duvernoy, marchand de bestiaux : il ne sera pas jugé pour ces faits, faute de charges suffisantes.

Auguste Hugel, 21 ans, est acquitté, Emile Hugel, 27 ans, est condamné à huit ans de travaux forcés et à la relégation.
Guillotiné le 20 décembre 1888.
14 novembre 1888 Cour d'assises de la Seine

Paris
Luis Federico Stanislas "Prado, de Haro, de Mendozza, Grasset" de Linska y Castillon
(vrai nom inconnu)

environ 34 ans, sans profession

(vers 1854, Monterrey, Mexique)
CRIME CRAPULEUX.

Egorgea sa maîtresse Camille Marie Aguétant, 34 ans, demi-mondaine, au 52, rue de Caumartin, le 14 janvier 1886, pour lui voler des bijoux, des titres de rente et environ 4.000 francs.

Réfugié à Bordeaux, en 1886, tente de tuer sa complice Eugénie Forestier, épouse Varlay.

Caché à Royan, dans la nuit du 24 au 25 août 1887, s'introduit dans le magasin des époux Forgerit, bijoutiers, et dévalise les lieux, volant pour 10.000 francs de bijoux.

Revenu à Paris, il planifie le cambriolage d'un ancien prêteur sur gages espagnol, M. Lorenzo, qui vit à l'Hôtel du Palais. Le 28 novembre 1887, pendant que la famille Lorenzo est au théâtre du Chatelet grâce à des places qu'il leur a offert, procède au vol des lieux, mais ne parvenant pas à forcer le coffre-fort, repart avec un canif d'or et un porte-crayon d'or et de platine. Sa présence éveillant les soupçons de deux garçons d'hôtel, il s'enfuit : pris au collet quai de la Conférence, il blesse gravement d'un coup de revolver au visage M.Moumont, gardien de la paix, mais ne parvient pas à s'échapper davantage.

José François Garcia, 40 ans, est condamné à cinq ans de réclusion, Roberto Andrès, 38 ans, et Firmin Lorenzo Ybanes, 44 ans, sont condamnés à quatre ans de prison, Mathilde Angèle Daull, 24 ans, modiste, à deux ans de prison. Eugénie Forestier, épouse Varlay, 27 ans, Marguerite Marie Couronneau, 21 ans, et Incarnacion Pradès, épouse Pablo, 30 ans, artiste lyrique, sont acquittées.
Guillotiné le 28 décembre 1888
23 novembre 1888 Cour d'assises du Loir-et-Cher

Blois
Claude Antoine Lyautey-Bellat

42 ans, piqueur de meules

(20 janvier 1846, Port-sur-Saône, 70)
FÉMINICIDE NON INTIME.

Le 19 août 1888 au moulin du Bois, lieu-dit le Bout-du-Gain, commune des Montils, blesse de 36 coups de couteau émoussé Angèle Augé, épouse Cosson, 23 ans, meunière, enceinte de cinq mois, avant de la jeter dans le Beuvron où elle se noie.

Sorti le 15 juillet précédent de la centrale d'Eysses où il venait de purger 5 ans pour vol.

Il nie tout au long du procès, avant de se raviser et d'avouer juste après la plaidoirie de son avocat : il avait eu envie d'elle, elle avait refusé. Il n'abusa cependant pas d'elle, ni avant ni après sa mort.
Guillotiné le 24 décembre 1888.
22 décembre 1888 Cour d'assises de la Corse

Bastia
Joseph Marchini

18 ans, cultivateur

(02 janvier 1870, Talasani, 20)
CRIME CRAPULEUX.

Le 19 mai 1888 au lieu-dit Rangati, entre Aléria et Aghione, assomme et poignarde Jean-Antoine Costa, septuagénaire, ancien piqueur des Ponts et Chaussées, pour lui voler environ 300 francs en or, argent et billets de banque.
Gracié le 16 février 1889.

Evadé le 17 septembre 1893.

1889 : 28 condamnations

17 janvier 1889 Cour d'assises de la Seine-et-Marne

Melun
Auguste Adrien Hardouin

29 ans, manouvrier

(18 février 1859, Montigny-Lencoup, 77)
INCENDIAIRE.

Auteur de onze incendies volontaires à Fontainebleau du 02 juillet au 21 octobre 1888, le dernier étant le sinistre des fourrages militaires.
Gracié le 24 février 1889.

Évadé le 07 juillet 1904.
13 février 1889 Cour d'assises de l'Hérault

Montpellier
Clemente "Leonardo Rossi" Mascia

34 ans, terrassier

(1855, Féligrano, Italie)
CRIME CRAPULEUX.

Blesse mortellement de quinze coups de couteau le 11 mai 1886, aux salins du Quinzième, commune de Sète, Pierrette Ract-Jacob, épouse Bussière, 36 ans, cantinière, et pille la maison, brisant les meubles à coups de hache et de marteau pour voler 800 francs, cinq montres qu'on lui avait laissé en gage et un revolver.

La jeune femme meurt le 13 mai.

Le 24 novembre 1886, ses complices Giovanni Corradini, 28 ans, journalier et Giovanni Ubertini, 39 ans, journalier sont respectivement condamnés aux travaux forcés à perpétuité et à cinq ans de travaux forcés le 24 novembre 1886.

"Rossi", en fuite, est condamné à mort par contumace, et capturé après de longs mois d'enquête à Buenos-Aires (Argentine).
Arrêt cassé le 14 mars 1889.

Condamné le 27 mai 1889 par la cour d'assises de l'Aude à vingt ans de travaux forcés.

Décédé le 08 septembre 1891 à Cayenne.
19 février 1889 Cour d'assises de la Gironde

Bordeaux
Jean "L'Amour" Joinis

49 ans, sans profession

(17 mai 1839, Monheurt, 47)
TENTATIVE DE CRIME CRAPULEUX.

Délinquant récidiviste, libéré de la maison d'arrêt d'Agen le 20 octobre 1889.

Tente de tuer de cinq ou six coups de pioche le 09 décembre 1888 Jean Bordes, 60 ans, cultivateur à Lahitault, commune de Bieujac, avec l'intention de le dévaliser, mais s'enfuit sans rien prendre face à la résistance et aux cris de la victime.

Il affirmera avoir été incité à commettre le crime par la belle-soeur de Bordes, tenancière d'une maison de tolérance à Tonneins, mais l'enquête n'aboutira à aucune preuve solide.
Gracié le 01 avril 1889.

Décédé le 1er juin 1889 à Saint-Martin-de-Ré (17).
26 mars 1889 Cour d'assises de la Seine

Paris
Fulgence Benjamin François Joseph Géomay

21 ans, caporal au 87e régiment

(19 mars 1868, Vannes, 56)
CRIME CRAPULEUX.

Assassine à coups de marteau Marguerite "Victoire" Couloumy, veuve Roux, 58 ans, marchande de vins, le 14 janvier 1889, dans son établissement "Aux Caves de la Gironde", 234, boulevard Saint-Germain, pour lui voler à peine 200 francs.
Guillotiné le 22 mai 1889
30 mars 1889 Cour d'assises de la Manche

Coutances
Jean Auguste Picquenard

39 ans, cultivateur

(07 décembre 1889, Saint-Thomas-de-Saint-Lô, 50)
PARÂTRE.

A Rampan, maltraita et tortura pendant près de quatre ans Louise Marie Marie, la fille de son épouse Joséphine Marie, finissant par provoquer sa mort à force de la fouetter le 12 décembre 1888. La fillette était alors âgée de sept ans et demi.
Gracié le 19 mai 1889.

Décédé le 15 novembre 1910 aux Îles du Salut.
12 avril 1889 Cour d'assises de l'Allier

Moulins
Gilbert Métayer

33 ans, ouvrier de forge

(15 janvier 1856, Commentry, 03)
CRIME CRAPULEUX.

Avec la complicité de son collègue Joseph Duvert, tue à coups de bâton puis piétine la face de leur chef d'équipe Gilbert Blanchet, 63 ans, pour lui voler 780 francs en or le 1er février 1889 à Commentry.

Duvert, 41 ans, manoeuvre est condamné aux travaux forcés à perpétuité.
Gracié le 15 juin 1889.

Décédé le 12 septembre 1897 en Guyane.
13 avril 1889 Cour d'assises de la Marne

Reims
Jean Alzini Delorme

57 ans, cultivateur

(04 juillet 1831, Fresne-lès-Reims, 51)
CRIME DE DETTES/INCENDIAIRE.

Tue à coups de bêche Eugène Renot, 80 ans, propriétaire, le 21 décembre 1888 à Bazancourt, pour le voler et pour éviter de s'acquitter d'une dette importante qu'il lui devait. Met le feu à la maison ensuite pour effacer toute trace.

Son complice Jean Baptiste Lobertreau, 58 ans, domestique de culture, est condamné aux travaux forcés à perpétuité, et son fils Léon Henri Delorme, 28 ans, cultivateur, à dix ans de travaux forcés.
Gracié le 24 mai 1889.

Décédé le 19 août 1891 aux Îles du Salut.
10 mai 1889 Cour d'assises de la Seine-et-Oise

Versailles
Félix Alphonse Lecomte

36 ans, cultivateur

(18 mai 1852, Feucherolles, 78)
FÉMINICIDE INTIME.

Veuf (son épouse était morte de la tuberculose), tenta plusieurs fois d'empoisonner sa seconde femme, Caroline Ernestine Chauvin, 42 ans notamment avec un bouillon à l'arsenic le 1er février 1889, puis de l'abattre de deux balles dans la tête en faisant croire à une attaque de bandits sur la route, aux Alluets, en mars 1889, le tout pour toucher les 50.000 francs d'assurance-vie qu'il avait placé sur elle.

Caroline survit et subira une dernière tentative d'empoisonnement, cette fois remarquée et dénoncée par la domestique, ce qui conduira à l'arrestation de Lecomte : l'épouse expliquera n'avoir pas dénoncé son mari criminel pour préserver son jeune beau-fils qu'elle aimait comme sa vraie mère ! Elle ne décèdera de causes naturelles qu'en 1918.
Gracié le 08 juillet 1889.

Décédé le 16 janvier 1894 à Cayenne.
24 mai 1889 Cour d'assises du Calvados

Caen
Joseph Adolphe Verseau

21 ans, carrier

(03 avril 1868, Drancy, 93)
CRIME CRAPULEUX.

Aux Loges-Saulces, le 17 avril 1889, assomme d'un coup de masse Marie Aimée Oriot, veuve Lebey, 66 ans, aubergiste et débitante de tabac, puis l'étrangle de sa main - il est amputé du bras gauche - pour la voler.

Avant de mourir, la victime appelle au secours, et les voisins arrivant empêchent l'assassin de partir et même de cambrioler les lieux.

Mobile : ayant mis sa maîtresse Marie Fleury enceinte, il avait accepté la volonté des parents Fleury d'épouser leur fille, mais n'avait pas d'argent pour cela.
Gracié le 10 juillet 1889.

Evadé le 15 juillet 1891.
27 mai 1889 Cour d'assises de l'Aube

Troyes
Ulysse Bayard

33 ans, acrobate, gantier

(12 février 1856, Valence, 26)
CRIME SUR AGENT PÉNITENTIAIRE.

Vagabond, voleur, condamné à près d'une dizaine de reprises depuis ses quinze ans, évadé en 1882 de la maison d'arrêt de Chambéry, arrêté à Tonnerre (89), condamné le 01 décembre 1882 par le tribunal correctionnel à un an de prison pour évasion, incarcéré à Nîmes.

Condamné par la cour d'assises du Gard le 09 mai 1883 à dix ans de réclusion pour avoir, dans la nuit du 13 au 14 mars 1883, frappé à la tête de plusieurs coups de barre de fer - descellée de son lit - M.Charion, gardien à la maison centrale de Nîmes, alors que celui-ci lui apportait à manger dans son cachot d'isolement.

Transféré à Poissy, détenu surexcité, incitant les autres prisonniers à la révolte, il est régulièrement douché et maintenu au cachot avec la camisole de force. Le 30 juin 1884, frappe de six coups de sécateur le gardien Reignier, le blessant gravement au flanc gauche. Condamné le 25 novembre 1884 à vingt ans de travaux forcés par la cour d'assises de la Seine-et-Oise, la peine devant exceptionnellement être purgée dans une maison centrale.

Transféré à Clairvaux, blesse gravement de sept coups de couteau Jean Baptiste Simonnot, 40 ans, gardien, le 26 mars 1889.
Exécution prévue à Ville-sous-la-Ferté.

Gracié le 27 juillet 1889.

Décédé le 20 août 1889 à Paris 14e (tuberculose).
29 mai 1889 Cour d'assises de la Gironde

Bordeaux
Jean "Choco, Mispiratceguy, Le Basque" Aguer

29 ans, manoeuvre, ancien sapeur-pompier

(11 février 1860, Licq-Atherey)
FÉMINICIDE INTIME/CRIME CRAPULEUX.

Le 20 janvier 1889 à Bordeaux, chemin de la Brouste, tua de deux coups de revolver sa maîtresse Juliette Andrieu, 30 ans, nourrice, enceinte de trois mois, et lui vola 689 francs.

Il lui avait fait retirer toutes ses économies en lui faisant croire qu'ils allaient refaire leur vie ensemble à Buenos Aires.
Gracié le 31 juillet 1889.

Evadé le 10 mars 1916.
30 mai 1889 Cour d'assises des Bouches-du-Rhône

Aix
Marius François Paul Silvy

22 ans, cultivateur

(25 janvier 1867, Saint-Maximin, 83)
SATYRE ASSASSIN.

Tente de violer et tue de quatre coups de poignard dans la poitrine Marie Raubieu, épouse Silvy, 33 ans, jardinière, femme de son frère aîné Joseph, le 25 avril 1887 aux Accates et fait croire à un vol.

Un témoin, Pierre Gasquet, persuadé de la culpabilité de Marius, fait sur son lit de mort en novembre 1888 des révélations à un ami, Simon Conte, 38 ans. Ce dernier est abattu chez lui d'un coup de fusil le 20 novembre 1888 alors qu'il dîne.
Gracié le 31 juillet 1889.

Mort le 28 octobre 1891 à l'Orapu.
04 juin 1889 Cour d'assises des Hautes-Pyrénées

Tarbes
Jean Louis Cieutat

47 ans, cultivateur

(20 mai 1842, Esparros, 65)
CRIME CRAPULEUX.

Bat à mort chez lui, à Laborde dans la nuit du 3 au 4 février 1889, Baptiste Cazanave, 55 ans, ancien berger, puis traîne son corps au bord d'un ruisseau voisin avant de dévaliser la maison et de faire main basse sur près de 7.000 francs d'économies.
Gracié le 07 août 1889.

Décédé le 12 février 1891 au Maroni.
15 juin 1889 Cour d'assises de l'Oise

Beauvais
Hippolyte Hoyos

46 ans, jardinier

(22 juin 1842, Boussu, Belgique)
CRIME CRAPULEUX.

Fils de riches fermiers, ayant dépensé sa fortune, tue de plusieurs coups de couteau et défigure Louis Baron, 51 ans, charbonnier, le 02 novembre 1888 à Chantilly sur un pont surplombant la ligne Paris-Beauvais et jette le cadavre sur la voie ferrée pour qu'il soit écrasé par un train.

Mobile : se faire passer pour mort et prendre l'identité de sa victime, qui lui ressemblait beaucoup !
Guillotiné le 10 août 1889.
29 juin 1889 Cour d'assises de la Seine

Paris
Quinto Giuseppe "Quentin Joseph" Alorto

25 ans, sans profession

(juillet 1863, Caussalo, Italie)
CRIME CRAPULEUX.

Le 19 mars 1889, lors d'un cambriolage au 10 bis, rue Poussin à Paris, poignardent Jules Bourdon, 29 ans, qui résidait sur place en tant que gardien et jardinier.

Le dernier complice, Charles Pierre Catelain, 26 ans, garçon limonadier, est condamné à vingt ans de travaux forcés.
Guillotiné le 17 août 1889.
Jean Baptiste Désiré "Le Manchot" Sellier

30 ans, garçon boucher

(17 juin 1859, Dieppe, 76)
Guillotiné le 17 août 1889.
Charles Henri Mécrant

25 ans, garçon épicier

(07 septembre 1863, Paris)
Gracié le 14 août 1889.

Décédé le 25 avril 1894 aux Îles du Salut.
09 août 1889 Cour d'assises de l'Aisne

Laon
Rose Alphonsine Dupuis, épouse Léger

42 ans, journalière

(08 novembre 1846, Sissy, 02)
CRIME CRAPULEUX.

Le 05 mars 1889, rue du Thil à Origny-Sainte-Benoîte, planifie et participe à l'assassinat de Julie Isabelle Larive, veuve Caplin, 58 ans, cultivatrice riche, qui est assommée de plusieurs coups de marteau puis étranglée pour lui voler environ 93 francs.

Son fils Emile Léger, 19 ans, domestique au service de la victime, est condamné à vingt ans de travaux forcés.
Graciée le 03 octobre 1889.

Décédée le 02 juillet 1904 à Rennes (35).
10 août 1889 Cour d'assises de l'Aisne

Laon
Joseph Émilien Mollet

43 ans, charpentier

(25 février 1846, Froidestrées, 02)
CRIME CRAPULEUX.

Tua à coups de marteau dans la nuit du 10 au 11 décembre 1888 à Autreppes Marcelline Rosalie Leroy, veuve Désannois, 69 ans, propriétaire, à coups de marteau, lui vole 300 francs et répand de l'essence dans l'écurie et la chambre à coucher, y mettant le feu pour effacer les traces de son crime.

Agresse à coups de marteau Joseph Suret, 69 ans, propriétaire et conseiller municipal, le 10 février 1889 alors qu'il quitte son domicile, dans le but de le voler. Suret parvient à s'enfermer chez lui et à appeler à l'aide, forçant Mollet à s'enfuir en oubliant l'arme, sa casquette et un de ses sabots.

Le 24 octobre 1888, il avait déjà cambriolé la maison Suret et dérobé 105 francs, un flacon de kirsch et une bouteille de vin.

Auteur de deux autres cambriolages, fin août-début septembre 1888 à Sorbais chez M.Allongé à qui il dérobe 300 francs, et le 1er octobre à Autreppes, chez la veuve Charpentier, volant 24 francs.
Gracié le 03 octobre 1889.

Décédé le 02 janvier 1898 en Guyane.
24 octobre 1889 Cour d'assises de la Meuse

Saint-Mihiel
Adrien Pillot

19 ans, ouvrier maçon

(12 avril 1870, Hampont, 57)
CRIME CRAPULEUX.

Le 02 juin 1889, sur la route de Vignot, près des carrières d'Euville, assomme de deux coups de bâton Marie Marchal, épouse Richy, 33 ans, cuisinière, et lui vole son portefeuille avant de tenter de l'achever de multiples coups de bâton, par peur qu'elle ne le dénonce.

La victime survit.
Gracié le 15 novembre 1889.

Décédé le 16 janvier 1891 au Maroni.
25 octobre 1889 Cour d'assises de la Somme

Amiens
Jean Baptiste Gustave Laflèche

23 ans, journalier

(01 novembre 1865, Lesboeufs, 80)
CRIME CRAPULEUX.

Le 20 mai 1889, au 18, rue Lassus à Lesboeufs, tua à coups de serpe Nicolas Boubert, 70 ans, et sa soeur, Marie Josèphe Boubert, veuve Darras, 68 ans, ses patrons, pour leur voler 6 francs.
Guillotiné le 17 décembre 1889.
29 octobre 1889 Cour d'assises de la Dordogne

Périgueux
Lavoix "Julien" Jardry

21 ans, domestique

(31 juillet 1868, Busserolles, 24)
CRIME CRAPULEUX.

Le 18 août 1889, au lieu-dit Chez Gauchou à Busserolles, attaque dans sa grange Pierre Gaillard, 70 ans, qu'il abat d'un coup de fusil de chasse, avant de blesser grièvement de la même manière la domestique Françoise Desplat, 60 ans, qui s'enfuyait chercher de l'aide, pour voler 560 francs.

Mlle Desplat décède à son tour le 23 septembre.
Guillotiné le 21 décembre 1889.
30 octobre 1889 Cour d'assises de la Seine

Paris
Georges "Henri, Dubois" Kaps

19 ans, sans profession

(01 mars 1870, Paris 20e)
CRIME CRAPULEUX/FÉMINICIDE INTIME.

Le 02 mars 1884, au 5, rue Gasnier-Guy (20e), étrangle avec un foulard puis d'un coup de forêt, fracasse le crâne de Louis Rose Vinçard, 70 ans, imprimeur, pédophile dont il était l'amant, avant de piller son logement et de voler un portefeuille contenant 5 francs 80.

En 1887, devenu l'amant de Léontine Drieu, 20 ans, journalière qu'il contraint à la prostitution et maltraite, il lui parle, un soir d'ivresse, du crime. Dès lors inquiet à l'idée qu'elle puisse le dénoncer - ce qu'elle avait menacé de faire au cours d'une dispute -, il attendit qu'elle dorme pour lui tirer une balle de revolver dans la tête le 15 mars 1889 dans leur chambre du 59, rue des Partants.

Le 16 mai 1889, dans le cabinet du juge d'instruction, tente de tuer Mlle Delaquis, une amie de Léontine venue déposer contre lui, en la frappant à la tête avec un boulon de fer aiguisé.
Guillotiné le 19 décembre 1889.
17 novembre 1889 Cour d'assises du Tarn

Albi
Auguste Émile Jean Pierre "Justin" Durand

24 ans, valet de chambre

(04 juin 1865, Villefranche-d'Albigeois, 81)
?

Dans la nuit du 08 au 09 mai 1889 à Albi, poignarde son employeur, Germain Cassan, 73 ans, ancien maire d'Albi et médecin en chef de l'asile psychiatrique.

Il affirma jusqu'au dernier moment avoir entretenu une liaison avec Philippine Sicard, épouse Cassan, la bru du docteur, et décidé de tuer ce dernier qui brimait sa famille.
Guillotiné le 03 février 1890.
20 novembre 1889 Cour d'assises de la Haute-Garonne

Toulouse
Henri Rouquet

33 ans, maître-valet de ferme

(11 décembre 1855, Saint-Félix, 31)
SATYRE ASSASSIN/TUERIE.

Viole le 14 avril 1889 Marie Serris, 27 ans, fille de ses patrons, propriétaires de la métairie de Cantermerle à Montesquieu-sur-le-Canal. Renvoyé le soir-même, mais pas dénoncé pour éviter le scandale.

Dans la nuit du 9 au 10 juin 1889, tue à coups de couteau, de fourche et de barre de fer Guillaume Serris, 61 ans, maître valet, Marianne Agar, épouse Serris, 55 ans, ménagère, et le domestique Pierre Caussinus, 71 ans, valet de labour, et blesse gravement Marie.
Gracié le 15 janvier 1890.

Décédé le 01 novembre 1893 aux Îles du Salut.
30 novembre 1889 Cour d'assises de la Gironde

Bordeaux
André Henri Trucchi

38 ans, sans profession

(28 juillet 1851, Gorbio, 06)
CRIME CRAPULEUX.

Condamné le 26 octobre 1875 par la cour d'assises des Alpes-Maritimes à huit ans de travaux forcés pour vols commis au sein de la bande "des casquettes blanches", libéré le 28 décembre 1883.

Débarqué à Bordeaux depuis la Nouvelle-Calédonie le 15 octobre 1889, égorge avec son propre rasoir son camarade Jacques Broquaire, 43 ans, cultivateur, lui aussi forçat libéré, pour lui voler les 3.000 francs qu'ils avaient réussi à se procurer, le 19 octobre 1889, rue Saint-Romain à La Bastide.

Mobile fourni par l'accusé : Broquaire, faussaire, était allé jusqu'à le menacer de mort, rasoir en main, parce qu'il refusait de l'aider à lancer un trafic de fausse monnaie.
Gracié le 14 janvier 1890.

Décédé le ? en Guyane (probablement).
02 décembre 1889 Cour d'assises de la Meurthe-et-Moselle

Nancy
Jean Dauga

40 ans, ancien gendarme, employé en imprimerie

(08 mars 1849, Larée, 32)
TUEUR EN SÉRIE/CRIMES CRAPULEUX.

Soupçonné d'avoir, le 3 octobre 1869, tué à coups de trident et de pelle son ami Jean Ducruc, 39 ans, garçon meunier, au moulin de Larée (32).

Gendarme dans les Vosges après son service militaire, profite d'une permission pour revenir dans le Gers en avril 1881. Le 13 avril 1881, aux Campas, commune de Cazauban, fracasse à coups de marteau la tête de Marie Cantau, veuve Courrèges, 65 ans, propriétaire, et jette son corps dans un vivier pour faire croire à un suicide.

Acquitté pour les deux crimes par la cour d'assises du Gers le 28 octobre 1881.

Le 27 avril 1887 à Golbey (88), tue Blaise François Pernot, 74 ans, cultivateur, et Marguerite Gérard, épouse Pernot, 67 ans, cultivatrice, qui ont tous deux le crâne fracassé à coups de marteau et la gorge tranchée au rasoir.

Tue de la même façon Pierre Constant Martin, 43 ans, buraliste et Marie Liber Balland, épouse Martin, 39 ans, domestique, le 15 mars 1888 à Saint-Nabord.

Toujours de la même manière, à Pont-à-Mousson, massacre Moïse Sulzer, 54 ans, et Babette Blum, épouse Sulzer, 59 ans, marchands de peaux et drapiers dans la nuit du 17 au 18 décembre 1888.

Assassine dans les mêmes circonstances Marie Odile Millot, épouse Ferry, 51 ans, marchande de bois, le 05 février 1889.

Tue de la même façon Jeanne Scolastique Mathiot, veuve François, 52 ans, le 07 février 1889.

Tous les crimes s'accompagnent de vols.
Guillotiné le 23 janvier 1890.
06 décembre 1889 Cour d'assises du Nord

Douai
Alfred Vandomme

43 ans, débitant en boissons

(10 décembre 1845, Roubaix)
PARRICIDE.

Le 14 septembre 1889, au Raverdi à Roubaix, poignarda à au moins quatorze reprises - notamment dans la tête - son père Henri Edouard Vandomme, 74 ans, parce que le vieil homme lui reprochait son intempérance et sa paresse.

Son épouse Henriette ayant fini par le blâmer à son tour, il s'était persuadé qu'ils entretenaient une liaison.
Gracié le 11 février 1890.

Décédé le 10 avril 1923 au Camp Est.

1890 : 33 condamnations

08 janvier 1890 Cour d'assises de la Seine

Paris
Albert "La Sardine" Jeantroux

17 ans, imprimeur

(26 mars 1872, Troyes, 10)
CRIME CRAPULEUX.

Egorgent d'un coup de couteau Emélie de Breyne, veuve Kuhn, 75 ans, concierge au 86, rue Bonaparte, le 15 juillet 1889, pour voler l'argent de sa rente...qu'elle ne devait toucher que le lendemain.

Henri Alexandre Pillet, 17 ans, est condamné à dix ans de travaux forcés.
Guillotinés le 08 mars 1890.
Henri Gabriel "Le Chétif" Ribot

21 ans, imprimeur

(31 mai 1868, La Chapelle-Routin, 28)
22 janvier 1890 Cour d'assises de la Seine-et-Oise

Versailles
Arthur Ferdinand Bernard

17 ans, apprenti relieur

(26 janvier 1872, Paris)
CRIME CRAPULEUX.

Tente de tuer à coups de maillet le 16 juillet 1889, au 13, rue du Château à Paris (14e), Marie Louise X., épouse Sarrazin, 73 ans, rentière, sa bienfaitrice, et ancienne employeuse de sa mère, pour la voler. Mis en fuite par une voisine, il part sans rien prendre.

Condamné en première instance par les assises de la Seine le 08 novembre 1889 aux travaux forcés à perpétuité, et son complice Albert Servan, 15 ans, apprenti lithographe, à dix ans de maison de correction.

Arrêt cassé, rejugé à Versailles.
Gracié le 14 mars 1890.

Evadé le 18 février 1901.
23 janvier 1890 Cour d'assises du Gers

Auch
Bernard Bibé

51 ans, cultivateur

(11 avril 1838, Panjas, 32)
CRIME DE VENGEANCE.

Massacre à coups de haut-volant, le 11 octobre 1889 au lieu-dit Bénas, commune de Laujuzan, son voisin Joseph Lasserre, 57 ans, boulanger, qui avait, suite à une saisie pour dettes, racheté en mai une partie de ses terrains, dont ses vignes.
Gracié le 12 mars 1890.

Décédé le 06 septembre 1892 à l'Ile Nou (Nouvelle-Calédonie).
22 février 1890 Cour d'assises de l'Hérault

Montpellier
José Ricarte-Merli

26 ans, journalier-cultivateur

(25 novembre 1863, Tarruella, Espagne)
CRIME DE VENGEANCE/FÉMINICIDE NON INTIME/TUERIE.

Eventre le 23 octobre 1889 à Boujan ses logeurs Andres "Ramy" Buestas-Buestas, 55 ans, cultivateur, et Teresa Serena, épouse Buestas, 55 ans, sans profession, à coups de couteau de boucher et blesse gravement de la même manière leur fille Pauline Buestas, 16 ans, dont la main lui avait été refusée.
Exécution prévue à Béziers.

Gracié le 14 avril 1890.

Décédé le 03 juin 1923 à Nouméa.
27 février 1890 Cour d'assises du Loir-et-Cher

Blois
Charles Lucien Aubert

27 ans, batteur en grange

(15 novembre 1862, Château-Renault, 37)
CRIME CRAPULEUX.

Dans la nuit du 18 au 19 novembre 1889, au bois de Lancé, entre Gombergean et Saint-Amand, tue le domestique de ferme Abraham Benoît, 56 ans, de plusieurs coups d'échalas sur la tête et de cinq coups de couteau dans le cou pour lui voler quelques francs.
Guillotiné le 05 mai 1890.
28 février 1890 Cour d'assises de l'Eure-et-Loir

Chartres
Henri Paul Termeau

17 ans, garçon coiffeur

(15 avril 1872, Broc, 49)
CRIME CRAPULEUX.

Assassine de plus de vingt coups de couteau le 26 novembre 1889 Rosalie Honorée Guillot, veuve Rogemont, 67 ans, à Maintenon, pour lui voler quatre billets de cent francs.
Gracié le 03 mai 1890.

Réhabilité le 30 septembre 1920.

Décédé le ?
05 mars 1890 Cour d'assises du Morbihan

Vannes
Jean François Le Ribler

19 ans, cultivateur

(07 mai 1870, Plouharnel)
PARRICIDE.

Tue son père Pierre-Marie Le Ribler, 44 ans, d'un coup de hache à Plouharnel le 05 décembre 1889, au terme d'une querelle d'ivrognes.
Décédé le 16 mars 1890 à Vannes (typhoïde).
20 mars 1890 Cour d'assises de la Loire

Montbrison
André "Baptiste" Berne

30 ans, journalier

(09 décembre 1859, Saint-Étienne, 42)
CRIME CRAPULEUX.

Huit condamnations préalables pour vol et vagabondage.

Cambriolant la ferme des Sagnes, à Saint-Victor-sur-Loire le 03 décembre 1889, il assomme avec un bille de bois la fille du fermier, Maria Pinatel, 16 ans, qui l'avait surpris en plein vol, et l'achève en l'étranglant, avant de fracturer un meuble avec une pioche et d'y prendre 2.500 francs.

Il avait été congédié de cette même maison quatre jours plus tôt.
Gracié le 14 mai 1890.

Décédé le 05 novembre 1903 en Guyane.
27 mars 1890 Cour d'assises de l'Indre-et-Loire

Tours
Constant Léon Chabilan

23 ans, cultivateur

(21 septembre 1866, Sasnières, 41)
AMANTS DIABOLIQUES.

Déserteur du 5e escadron du train des équipages à Fontainebleau, assassina de deux coups de fusil en plein visage Charles Couillard, 52 ans, équarisseur et braconnier, au Château-Vert, commune du Liège, le 22 octobre 1889, pour refaire sa vie avec Anne Marguerite Foucher, 59 ans, sa compagne.

Arrêté le 25 octobre, tente de s'évader de la prison de Loches le 04 décembre en blessant les époux Chabert, les gardiens, et tire plusieurs coups de feu sur le gendarme Patin, qui allait les arrêter sur la route de Verneuil.

Il est condamné pour vols et la tentative d'évasion à vingt ans de travaux forcés le 26 mars 1890.

Sa maîtresse est condamnée aux travaux forcés à perpétuité.
Gracié le 17 mai 1890.

Evadé le 16 octobre 1901.
02 avril 1890 Cour d'assises de l'Indre-et-Loire

Tours
Denis Peltier

48 ans, meunier

(06 janvier 1842, Chançay)
CRIME AVUNCULAIRE CRAPULEUX.

Endetté, égorge puis tue à coups de marteau au lieu-dit Château-Gaillard à Chançay sa tante, Madeleine Peltier, 73 ans, et la bonne, Clémentine Rouget, 24 ans, dont il jette le corps dans le cheminée, le 04 décembre 1889, avant de piller la maison : il ne parvient pas à ouvrir le coffre-fort, et n'arrive pas non plus à mettre la main sur une reconnaissance de dettes de 6.000 francs contractée auprès de Mlle Peltier.
Gracié le 31 mai 1890.

Décédé le 31 août 1893 à Cayenne.
25 avril 1890 Cour d'assises des Côtes-du-Nord

Saint-Brieuc
François Marie Moro

34 ans, cultivateur

(09 février 1856, Plélo)
FÉMINICIDE INTIME.

Tua de deux coups de trique dans le visage sa femme, Rose Duchêne, épouse Moro, 24 ans, le 08 janvier 1890 à Lantic pour toucher l'assurance-vie de 10.000 francs que chaque époux avait contracté au moment du mariage.
Gracié le 24 juin 1890.

Décédé le 28 octobre 1893 au Maroni.
26 avril 1890 Cour d'assises de la Drôme

Valence
Éliacin Philippe Bellier

59 ans, cultivateur

(19 septembre 1830, Barbières)
CRIME SUR GENDRE.

A Barbières, tua de six coups de hache dans la tête son gendre Laurent Marie Bénistant, 29 ans, le 08 janvier 1890.

Mobile : sa fille Marianne n'aurait consenti à ce mariage, onze mois plus tôt, qu'avec réticence. La voyant malheureuse en ménage, le père Bellier n'aurait trouvé que cette solution pour mettre un terme à cette union.
Gracié le 24 juin 1890, peine commuée en réclusion perpétuelle.

Décédé le 09 novembre 1891 à Riom (63).
09 mai 1890 Cour d'assises de la Haute-Saône

Vesoul
Pierre François France

33 ans, cultivateur

(31 juillet 1856, Longevelle, 70)
CRIME DE VENGEANCE.

Dans la nuit du 25 au 26 août 1889 à Longevelle, écrase à coups de bûche le crâne de Félix Hugonot, 45 ans, charpentier.

Trois ans plus tôt, France avait été l'amant de l'épouse du frère d'Hugonot, et ce dernier l'ayant surpris avec sa belle-soeur, il l'avait dénoncé à son frère. La haine de l'accusé avait pris encore de l'importance quand Hugonot avait loué à la ville de Longevelle une carrière de sable jusqu'alors exploitée par la famille France.

En septembre 1883, à Villers-la-Ville, France, en état d'ébriété, avait assommé à coups de bûche M.Jobin, un Suisse, avec lequel il s'était querellé sans raison. Sauvé de justesse et prié par son bourreau de ne pas porter plainte, Jobin n'avait pas pu travailler pendant vingt jours et il était mort à l'hôpital de Villersexel le 8 mars 1884, soit six mois après son agression...

Joseph Droz, 30 ans, est condamné à cinq ans de travaux forcés, et François France, 74 ans, est acquitté.
Gracié le 02 juillet 1890.

Décédé le 16 avril 1930 à l'île Nou.
09 mai 1890 Cour d'assises de la Seine

Paris
Jean Vodable

38 ans, charretier

(13 octobre 1851, Paris 11e)
SATYRE ASSASSIN D'ENFANT.

Viole et étrangle Alexandrine Lemée-Malfillâtre, 12 ans, fille de sa maîtresse Pauline, le 29 novembre 1889, au 10, rue Basfroi.
Guillotiné le 1er juillet 1890.
09 mai 1890 Cour d'assises du Maine-et-Loire

Angers
Pierre Eugène Plot

39 ans, maçon

(06 décembre 1850, Châteaubriand, 44)
INFANTICIDE.

Logé à Saumur par les époux Boges depuis 1879, devient l'amant de Marie, la mère, et de Georgette Caroline Boges, la fille, depuis 1885 - née le 05 août 1873 à Yzernay, elle n'avait que 12 ans -.

Enceinte de Plot, l'adolescente accouche le 12 mars 1890. Le 17, elle se rend au commissariat et remet aux policiers un colis contenant le corps de son enfant, découpé en vingt-trois morceaux par les soins de sa mère et de leur amant commun.

Caroline, 16 ans et demi, est acquittée.
Gracié le 02 juillet 1890.

Décédé le 28 mars 1933 à l'île Nou.
Marie Séraphine Laydet, épouse Boges

52 ans, rempailleuse

(05 avril 1838, Les Aubiers, 79)
Graciée le 02 juillet 1890.

Décédée le ?
17 mai 1890 Cour d'assises de l'Hérault

Montpellier
Léonie Françoise Rose Oustry, veuve Enjalbert

36 ans, journalière à Gabian

(03 novembre 1853, Fos, 34)
AMANTS DIABOLIQUES/COMPLICITÉ DE PARRICIDE.

Tue à coups de revolver, de bâton, châtrer puis égorger son mari, François Jean Enjalbert, 47 ans, avec l'aide de son fils François, 17 ans, à Magalas dans la nuit du 04 au 05 février 1890, afin de vivre sa vie avec son amant Victorin Gelly, 67 ans.

L'amant est acquitté, le fils condamné aux travaux forcés à perpétuité.
Graciée le 05 juillet 1890.

Décédée le 14 juillet 1890 à Montpellier (kyste inopérable au ventre).
10 juin 1890 Cour d'assises de la Charente

Angoulême
Jean Boutant

49 ans, cultivateur

(24 juin 1840, Exideuil, 16)
INCENDIAIRE.

Propriétaire à Roumazières, mit dans la nuit du 04 au 05 février 1890 le feu à une maison qui lui appartenait à la Barre-de-Genouillac et habitée par des locataires.

S'était déjà rendu coupable d'un fait semblable à Roumazières en 1887.
Gracié le 23 août 1890, peine commuée en huit ans de réclusion.

Incarcéré à Thouars (79).

Décédé le 05 mars 1910 à Paris 4e.
20 juin 1890 Cour d'assises des Vosges

Épinal
Jacques Constant

33 ans, manouvrier

(05 novembre 1856, Mandray, 88)
CRIME CRAPULEUX.

Tua le 8 décembre 1889 à coups de bâton Mansuy Gonand, 71 ans, propriétaire au lieu-dit Mi Mandray, commune de Mandray, pour lui voler 12 francs.
Guillotiné le 01 septembre 1890.
03 juillet 1890 Cour d'assises du Pas-de-Calais

Saint-Omer
Louis Savary

28 ans, journalier

(23 août 1861, Paris 14e)
CRIME CRAPULEUX.

Tue Augustine Flavie Ducoroy, veuve Verger, 73 ans, cultivatrice à Rang-du-Fliers, dans la nuit du 08 au 09 mars 1890, de trois coups de couteau dans la gorge et la poitrine, pour la voler.

Sa complice, Geneviève Garson, 39 ans, accusée de recel, est condamnée à six ans de prison.

Fut également soupçonné d'avoir, le 24 juillet 1888 à Berck, étrangle Sophie Joséphine Coppin, 70 ans, sage-femme : il nia toute implication dans le crime, à juste titre (voir affaire Baillet, 07 juillet 1891).
Guillotiné le 04 septembre 1890 à Montreuil-sur-Mer.
16 juillet 1890 Cour d'assises de la Seine-et-Marne

Melun
Marie Angèle Lemire, épouse Meignen

36 ans, ?

(27 mai 1854, Villenauxe-la-Petite, 77)
INFANTICIDES.

Accouche à Salins en janvier 1889 d'un enfant adultérin qu'elle jette vivant dans une fosse septique.

Enceinte d'un autre amant de passage, le 15 mai 1890, donne naissance à un autre nourrisson qu'elle étrangle avec un linge avant de jeter le corps dans la même fosse septique.
Graciée le 08 septembre 1890, peine commuée en quinze ans de travaux forcés.

Décédée le 25 décembre 1930 à Paris 10e.
29 juillet 1890 Cour d'assises de la Seine-et-Oise

Versailles
Frédéric Eléonor "Charles" Langot

38 ans, charron

(03 décembre 1851, Magny-les-Hameaux, 78)
FÉMINICIDE INTIME.

Ivrogne notoire, tua le 22 avril 1890 à Mareil-le-Guyon sa femme Alexine Vouelle, épouse Langot, 35 ans, d'un coup de pistolet en pleine poitrine.
Gracié le 12 septembre 1890.

Décédé le 10 avril 1928 à Bourail.
06 août 1890 Cour d'assises de la Seine-Inférieure

Rouen
"Constant Roy"
(faux nom)

25 ans, garçon de café

(20 avril 1865, Yverdon, Suisse)
CRIME CRAPULEUX.

Tua dans la nuit du 06 au 07 mai 1890 à Rouen, rue des Charrettes, Jules Adolphe Dubuc, 45 ans, limonadier, de plusieurs coups de foret dans la tête pour lui voler 150 francs.
Gracié le 22 septembre 1890.

Décédé le 20 mai 1914 en Guyane.
09 août 1890 Cour d'assises de la Seine

Paris
Charles Bousquet

38 ans, agent d'affaires, ancien huissier de justice

(31 janvier 1852, Montréal, 32)
FÉMINICIDE INTIME.

Abat de trois balles de revolver dans la poitrine et une dans la tête sa belle-soeur, Juliette Alice Derouard, 20 ans, bonne d'enfants, le 17 avril 1890 au 14, rue de Belzunce, puis blesse des deux dernières balles le patron de Juliette, Louis Adolphe François Paquy, 35 ans, avocat, qui eut le tort de venir en entendant les coups de feu.

Me Paquy meurt deux jours plus tard à l'hôpital Lariboisière.

Mobile : Juliette, devenue sa maîtresse alors qu'elle avait seize ans, n'avait plus supporté cette relation et s'était enfuie, refusant de revenir en compagnie de son amant.
Gracié le 22 septembre 1890.

Décédé le 08 juillet 1893 à Saint-Laurent-du-Maroni.
06 septembre 1890 Cour d'assises des Deux-Sèvres

Niort
Léon Auguste Lamy

35 ans, colporteur de journaux

(19 mars 1855, Melle, 79)
AMANTS DIABOLIQUES.

Tuèrent à coups de hache, le 15 mars 1890 à La Crèche, commune de Breloux, Urbain Drouet, 36 ans, scieur de long, mari d'Ernestine, puis cachent le cadavre dans un sac de son qu'ils vont jeter dans la Sèvre, à deux kilomètres de là.
Gracié le 24 novembre 1890.

Décédé le 04 septembre 1892 à Cayenne.
Ernestine Périneau, veuve Drouet

29 ans, ménagère, sage-femme

(19 janvier 1861, Salles-lès-Aulnay, 17)
Graciée le 24 novembre 1890.

Internée à Rennes en 1905.

Décédée le 29 avril 1912 à Bonnes (86).
24 septembre 1890 Cour d'assises de la Seine

Paris
Jules Auguste Ledinot

30 ans, charretier

(01 mai 1860, Paris)
FÉMINICIDE INTIME.

Mari violent, dans la nuit du 09 juillet 1890, au 10, impasse Magenta à Saint-Ouen, égorge de deux coups de couteau sa femme, Pauline Françoise Lefèvre, 24 ans, qui s'était réfugiée chez sa mère, lasse de sa violence, pour entamer une procédure de divorce.
Gracié le 22 novembre 1890.

Décédé le 17 octobre 1896 à Organabo.
30 octobre 1890 Cour d'assises de la Seine-et-Marne

Melun
Severo Carlo Pratta

28 ans, maçon

(15 août 1862, Trévise, Italie)
CRIME SUR CODÉTENU.

Condamné le 16 mars 1889 par la cour d'assises de la Seine à six ans de réclusion pour vols qualifiés, détenu à la centrale de Melun, tente de tuer de six coups de couteau dans la nuit du 24 au 25 septembre 1890 un co-détenu, Auguste Prache, en poste à l'infirmerie, qui l'avait dénoncé dans une affaire de trafic de tabac entre la prison et l'extérieur.
Gracié le 27 décembre 1890.

Evadé le 04 août 1898.
05 novembre 1890 Cour d'assises du Cher

Bourges
Louis Philippe Malapert

55 ans, propriétaire-cultivateur

(13 octobre 1835, Ivoy-le-Pré, 18)
CRIME SUR BEAU-FRÈRE/INCENDIAIRE.

Abat d'un coup de fusil son beau-frère Jean Baraton, 47 ans, pour une histoire d'intérêts, le 05 septembre 1890 à Saint-Laurent, et met le feu à sa maison.

Avait déjà tenté à deux reprises de l'empoisonner.
Gracié le 12 janvier 1891.

Décédé le 20 septembre 1915 à l'île Nou.
02 décembre 1890 Cour d'assises de l'Oise

Beauvais
Joseph Armand Nervet

34 ans, valet de ferme

(16 septembre 1856, Sainte-Eusoye)
INCENDIAIRE.

Auteur de dix incendies volontaires de granges à St-Eusoye entre le 2 janvier 1882 et le 31 juillet 1890.
Gracié le 02 février 1891.

Décédé le 01 août 1891 au Maroni.
20 décembre 1890 Cour d'assises de la Seine

Paris
Michel Eyraud

47 ans, homme d'affaires, représentant

(30 mai 1843, Saint-Étienne, 42)
CRIME CRAPULEUX AVEC APPÂT/MALLE SANGLANTE.

Escroc, attire dans un piège au 3, rue Tronson-du-Coudray (8e) Augustin Toussaint Gouffé, 48 ans, huissier de justice, le 26 juillet 1889, avec l'aide de sa maîtresse et complice Gabrielle Bompard. Gouffé est pendu avec le cordon de la robe de chambre de Gabrielle, puis achevé à mains nues par Eyraud.

Eyraud s'empare de la clé du cabinet de l'huissier, 148, rue Montmartre, et fouille l'endroit en espérant y trouver de l'argent, mais ne parvient pas à y retrouver les 14.000 francs qui y sont conservés.

Le lendemain, le cadavre est transporté dans une malle en train jusqu'à Lyon, et le tout abandonné dans un champ de Millery (69) où il est retrouvé le 13 août.

Le couple part aux Etats-Unis, mais Gabrielle revient six mois plus tard en France pour se constituer prisonnière.

Après avoir échappé plusieurs fois à la police, Eyraud est arrêté en juin 1890 à La Havane (Cuba) et extradé.

Gabrielle Bompard, 22 ans, prostituée, est condamnée à vingt ans de travaux forcés.
Guillotiné le 03 février 1891.
23 décembre 1890 Cour d'assises de l'Indre-et-Loire

Tours
Jean Simon

54 ans, domestique de ferme

(02 juillet 1836, Sainte-Catherine-de-Fierbois)
TENTATIVE DE FÉMINICIDE INTIME.

Tira au soir du 29 septembre 1890 au Tremblay, commune de Manthelan, deux coups de fusil à bout portant sur sa femme, Françoise Blateau, épouse Simon, 60 ans, gagiste, qui survit mais reste paralysée du bras gauche.

Le couple vivait séparés depuis plusieurs années.
Gracié le 11 février 1891.

Décédé le 06 août 1892 à l'île Nou.

1891 : 29 condamnations

07 janvier 1891 Cour d'assises du Doubs

Besançon
Joseph Auguste Clémençon

37 ans, conducteur de bestiaux

(vers 1854, Courroux, Suisse)
CRIME CRAPULEUX.

Voleur récidiviste, sur la route de Vercel, commune de Villers-Chief, assassine à coups de bâton, pour lui voler 250 francs, Célestin Mercier, 55 ans, maquignon, dans la nuit du 11 au 12 octobre 1890.
Guillotiné le 28 février 1891.
07 février 1891 Cour d'assises de l'Aube

Troyes
Marie Octave Armand Robin

20 ans, domestique de culture

(15 juillet 1870, Montreuil, 10)
CRIME CRAPULEUX.

Frères, tuent à coups de bêche et de bâton ferré Pierre Napoléon Baillet, 77 ans, cultivateur, ainsi que Rosalie Lorne, épouse Baillet, 76 ans, au hameau des Bordes, commune des Eaux-Puiseaux, dans la nuit du 02 au 03 janvier 1891, pour leur voler une somme indéfinie et des papiers - passant à côté de 9.705 francs gardés dans un bahut qu'ils n'arrivent pas à forcer.

Quatre ou cinq ans auparavant, alors qu'il était à leur service, Ferdinand leur avait déjà volé 1430 francs avec un complice.
Gracié le 14 avril 1891.

Décédé le 09 août 1892 au Maroni.
Auguste Ferdinand Eugène Parfait "Le Toqué" Robin

32 ans, domestique de culture

(08 février 1858, Mesnil-Sellières, 10)
Guillotiné le 18 avril 1891.
20 février 1891 Cour d'assises de la Savoie

Chambéry
Gian Maria "Jean-Marie" Spaggiari

29 ans, journalier

(vers 1861, Vezzano, Reggio-Emilia, Italie)
CRIME SUR CODÉTENU.

Tue à Annecy d'un coup de couteau en pleine poitrine Jules Gauthey, 17 ans, qui lui avait lancé des injures racistes le 02 décembre 1888. Condamné à cinq ans de prison pour ce meurtre par la cour d'assises de Haute-Savoie le 16 janvier 1889.

Incarcéré à la maison centrale d'Albertville, le 22 décembre 1890, blesse mortellement d'un coup de tranchet de cordonnier dans la poitrine François Alexandre Chanu, 30 ans, garçon boulanger, un autre détenu de la centrale, qu'il avait pris en grippe sans raison. Chanu meurt le lendemain matin.
Guillotiné le 09 mai 1891.
03 mars 1891 Cour d'assises du Loir-et-Cher

Blois
Louis Denis Rebours

26 ans, domestique d'auberge

(20 septembre 1864, Bouffry, 41)
TUERIE/FAMILICIDE.

A Bouffry, chemin vicinal de la Chapelle-Vicomtesse, dans la nuit du 10 au 11 novembre 1890, tue à coups de serpe son oncle Louis René Rebours, 65 ans, sa tante, Marie Chevalier, épouse Rebours, 61 ans, et sa cousine infirme, Marie-Louise Rebours, 31 ans.

L'assassin avait besoin d'argent pour se marier quatre jours plus tard.
Guillotiné le 02 mai 1891.
18 mars 1891 Cour d'assises de la Loire-Inférieure

Nantes
Pierre René Anne Marie Paul Sarrebourse d'Audeville

30 ans, sans profession

(29 juillet 1860, Le Pouliguen)
FÉMINICIDE INTIME.

Ivrogne invétéré, abat d'un coup de fusil en pleine tête sa femme Augustine-Félicie Heurtheaux, 33 ans, le 04 décembre 1890 chez ses parents, rue Bonne-Louise à Nantes, parce que celle-ci l'avait quitté et refusait de revenir.
Gracié le 10 mai 1891.

Décédé le 19 juillet 1901 à l'île Nou.
20 mars 1891 Cour d'assises du Pas-de-Calais

Saint-Omer
Pierre Joseph Merger

30 ans, journalier

(05 novembre 1860, Audincthun, 62)
CRIME CRAPULEUX.

Etrangle avec un mouchoir au débit de boissons "A l'Espérance", sur la route de Doullens à Arras, commune d'Halloy, le 15 janvier 1891, Marie Mélanie Aline Jouy, veuve Dumont, 65 ans, cabaretière, pour lui voler le contenu de sa caisse, soit 12 francs 25.
Guillotiné le 13 mai 1891 à Arras.
10 avril 1891 Cour d'assises de la Seine-et-Marne

Melun
Théodore Julien "Lecomte" Gimon

33 ans, cocher

(15 septembre 1857, Ciral, 61)
CRIME CRAPULEUX/CRIME DE VENGEANCE.

Souteneur, tue Louis "Charles Lardeau" Castille, en l'assommant à coups de pavé puis en l'égorgeant aux Basses-Loges, à Avon, dans la forêt de Fontainebleau, le 24 septembre 1885. Mobile : ils avaient commis un cambriolage ensemble et Gimon refusait de partager les 35 francs du butin, et en outre, Castille avait une réputation de balance.

Dénonce lui-même le crime en avril 1890 en essayant d'incriminer un nommé Labdouche, un ancien codétenu de Poissy.

Déjà condamné pour d'autres faits à dix ans de travaux forcés par la cour d'assises de la Seine le 12 novembre 1890.
Gracié le 31 mai 1891.

Décédé le 21 avril 1909 aux Îles du Salut.
16 avril 1891 Cour d'assises de l'Eure

Évreux
François Firoteau

40 ans, sans profession

(04 octobre 1850, Évreux)
CRIME CRAPULEUX.

Vagabond et voleur, libéré de la centrale de Beaulieu le 12 décembre 1890.

Quatre jours plus tard, en compagnie d'un ex-co-détenu, Vatinel, entre le 16 décembre 1890 aux Barrières-Rouges, commune de Breteuil-sur-Iton, chez François Chauvin, 74 ans, propriétaire, ancien conseiller municipal, qu'ils battent à mort à coups de bâton, puis tentent de tuer sa bonne, la veuve Buisson, 64 ou 73 ans, de la même manière, afin de leur voler 260 francs. Celle-ci survit à la grêle de coups et va prévenir les voisins.

Raoul Robert Vatinel, 25 ans, journalier, est condamné aux travaux forcés à perpétuité.
Guillotiné le 03 juin 1891.
23 mai 1891 Cour d'assises de la Meurthe-et-Moselle

Nancy
Eugène Meunier

35 ans, douanier à Landres

(08 juin 1855, Saint-Pancré)
CRIME CRAPULEUX/FILICIDE/INCENDIAIRE/CRIME DE VENGEANCE.

Veuf depuis juin 1890 avec deux fils à charge, Julien, 8 ans, et François, 2 ans, manifeste le désir d'épouser Adélaïde Maria Jactel, 32 ans, fille d'une famille d'Amermont-Bouligny, mais la mère, Marie Jeanne Jacques, veuve Jactel, s'oppose à l'union.

Le 30 août 1890, à Xivry-Circourt, il tue à coups de hachette Louis Lalance, 79 ans, curé, et Sophie Pelletier, 55 ans, domestique, avant d'incendier le presbytère. Cependant, le crime laisse des traces, notamment des fractures au niveau des crânes et l'absence d'une bourse de pièces d'or que le prêtre conservait en permanence sur lui.

Faisant face à des refus répétés, Meunier incendie l'écurie des Jactel le 2 octobre 1890, puis dans sa folie, pour se rendre plus "libre", étouffe à Landres avec un édredon dans la nuit du 05 au 06 octobre son propre fils, Julien, 8 ans.

A nouveau débouté dans sa demande en mariage, le 16 octobre, il blesse gravement d'un coup de fusil dans le bras Nicolas Désiré Jactel, 34 ans, capitaine, frère aîné de Maria.
Guillotiné le 11 juillet 1891.
30 mai 1891 Cour d'assises de la Côte-d'Or

Dijon
Claude "Le Chasseur" Fichet

35 ans, domestique de ferme

(30 mai 1856, Bantanges, 21)
CRIME CRAPULEUX.

Auteur de neuf vols qualifiés, égorge à coups de rasoir Marie Octavie Detrey, veuve Béville, 76 ans, sur le flanc du mont Saint-Siméon, commune de Saulx-le-Duc, dans la nuit du 05 au 06 octobre 1890, avant de manger ses provisions et de repartir avec plusieurs bouteilles de liqueur.

Jusqu'à son arrestation, début décembre, commet de nombreux cambriolages, volant à chaque fois argent, vêtements et vivres.

Soupçonné d'avoir, le 16 janvier 1889, assommé à coups de coutre de charrue et égorgé au rasoir Anne Lefranc, 78 ans, à la ferme de l'Arbessey, commune de Saint-Apollinaire, la tante impotente de ses anciens patrons : il serait parti sans avoir le temps de rien voler, craignant l'irruption des membres de la famille. Il sera acquitté pour ces faits.
Arrêt cassé le 31 juillet 1891.

Condamné aux travaux forcés à perpétuité par la cour d'assises de la Saône-et-Loire le 22 octobre 1891.

Décédé le 10 janvier 1893 en Guyane.
06 juin 1891 Cour d'assises du Nord

Douai
Alfred Léonard Demeaux

29 ans, journalier

(31 octobre 1861, Esquéhéries, 02)
BRIGANDS.

Chefs des "Écumeurs de Cartignies", bande de onze malfaiteurs, auteurs de quarante attaques à main armée dans la région d'Avesnes.

Tuent de six coups de barre de fer à Esquéhéries Mme Rosine Lemaire, épouse Godin, 70 ans, pour lui voler 6.000 francs dans la nuit du 14 au 15 février 1890.

Philomène David, épouse Lemaire, qui indiqué le crime d'Esquéhéries, est condamnée aux travaux forcés à perpétuité. Jean-Baptiste Joly, 38 ans, et Jules Pillot, 48 ans, sont condamnés à vingt ans de travaux forcés, Irène Pillot, épouse Demeaux, 27 ans, à huit ans de prison, Elvire Matton, épouse Jeulin, 23 ans, à six ans de prison, et Marie Matton, épouse Joly, 32 ans, à cinq ans de réclusion.
Guillotinés le 13 août 1891 à Avesnes-sur-Helpe.
Louis Isidore "Grand Louis" Jeulin

32 ans, journalier

(27 avril 1859, Cartignies, 59)
10 juin 1891 Cour d'assises de la Sarthe

Le Mans
Félix Lucien Sénéchal

21 ans, sans profession

(14 juin 1869, Saint-Mars-d'Outillé, 72)
CRIME CRAPULEUX.

Evadé de la prison de Seiches, étrangle 92, quai Louis-Blanc au Mans Simone Louise Joubert-Poirier, veuve Gouault, 64 ans, cabaretière, pour lui voler 49 sous (2 francs 45) le 05 décembre 1890, avant de mettre le feu au café.

Son complice Adolphe Alexandre Torlore, 22 ans, sans profession, est condamné aux travaux forcés à perpétuité.
Gracié le 04 août 1891.

Décédé le 05 juin 1895 aux Îles du Salut.
18 juin 1891 Cour d'assises de la Seine

Paris
Gustave Georges "Titi" Doré

19 ans, garçon boucher

(02 mars 1872, Belfort)
CRIME CRAPULEUX.

Membres d'une bande de voyous cambrioleurs d'Asnières.

Le 12 janvier 1891, tuèrent Anne Marie Brochaud, veuve Meusnier-Dessaigne, 81 ans, modiste et rentière à Courbevoie, pour la dévaliser. Ils tentent de lui arracher la langue, lui plantent un forêt dans la tempe, dansent sur son corps. N'ayant trouvé que 23 francs 15, Berland, pris de folie, lui réduit le visage en bouillie avec un bibelot - un coquillage à pointes. La bande mange un morceau sur place, puis s'en va se créer un alibi en se rendant au théâtre. Doré avait connu la victime : ancien garçon boucher, il lui livrait de la viande, et la vieille dame l'avait pris en sympathie.

Les complices, Louis Deville, 17 ans, et Victor Chotin, 16 ans, sont respectivement condamnés aux travaux forcés à perpétuité et à vingt ans de travaux forcés.
Guillotiné le 27 juillet 1891.
Adolphe Eugène "La Redingue" Berland

19 ans, matelassier

(31 juillet 1871, Asnières)
Guillotiné le 27 juillet 1891.
Virginie Alexandrine Caron, veuve Berland

44 ans, journalière

(11 octobre 1836, Paris)
Graciée en juillet 1891.

Décédée entre le 15 juin 1903 et le 19 novembre 1910.
04 juillet 1891 Cour d'assises du Pas-de-Calais

Saint-Omer
Eugène Joachim Martel

40 ans, domestique de ferme

(30 mars 1851, Colombert)
FILICIDE.

Veuf en 1885, laissa ses quatre enfants à l'abandon.

Retrouvé en 1890 par Joseph Gelée, garde-champêtre et frère de sa défunte épouse, et sommé de prendre ses responsabilités, étrangla son fils Eugène, 12 ans, et le jeta dans un puits à Rouvrequen le 23 mars 1890.

Le corps fut retrouvé le 6 mai.
Exécution prévue à Marquise.

Gracié le 22 août 1891.

Décédé le 27 septembre 1892 à Cayenne.
07 juillet 1891 Cour d'assises du Nord

Douai
François Émile Onésime Baillet

26 ans, ouvrier boucher

(12 mars 1865, Berck, 62)
TUEUR EN SÉRIE.

Le 24 juillet 1888 à Berck, dix jours après avoir quitté la prison de Loos où il venait d'être emprisonné pour vol pendant deux ans, étrangle Sophie Joséphine Coppin, 70 ans, sage-femme pour la voler.

Dans la nuit du 21 au 22 août 1888, à Fouquières-les-Béthune, il tue à coups de serpe le curé Devilly.

Après un nouveau séjour en prison, libéré en septembre 1890, il étrangle dans son lit, à Ronchin, le 23 septembre, la vieille Mlle Dellevoye.

Le 11 novembre suivant, il attaque le presbytère d'Ascq, armé d'une bouteille. Il blesse gravement le père Dillies et brise le crâne de sa bonne, Rosine Maréscaux.

Le 28 décembre 1890, il cambriole le presbytère de Merlimont et tue la vieille mère du curé, la veuve Cauwel, en lui mettant la tête dans la cheminée.

Chaque crime s'accompagne de vol d'argent, de bijoux ou de nourriture - parfois, le tueur prend le temps de se restaurer sur place !

Le complice des trois derniers crimes, Louis Dutilleul, est condamné aux travaux forcés à perpétuité.
Guillotiné le 28 août 1891
04 août 1891 Cour d'assises de l'Ille-et-Vilaine

Rennes
Jean Marie Mathurin Freyard

45 ans, tonnelier

(23 juin 1845, Rennes)
TENTATIVE DE FÉMINICIDE INTIME.

Le 02 mai 1891, par jalousie, tenta d'assassiner de quatre coups de revolver, route du Polygone de Rennes, Marie-Josèphe Rouault, 25 ans, sans profession, sa maîtresse, qui reçoit trois balles dans le bras droit et la dernière dans la main.

Déjà condamné le 10 février 1870 par la même cour d'assises à dix ans de travaux forcés pour tentative de meurtre sur sa femme, Désirée Lebeau, alors âgée de 19 ans, envoyé en Guyane en 1873, remis du reste de sa peine le 28 juin 1877.

Condamné le jour de son procès à cinq ans de prison pour insultes envers la Cour et son défenseur : débats effectués en son absence.
Gracié le 17 octobre 1891.

Décédé le 17 octobre 1895 aux Îles du Salut.
10 août 1891 Cour d'assises de la Gironde

Bordeaux
Géraud Aurusse

32 ans, valet de ferme

(02 mars 1859, Martel, 46)
TUERIE/CRIME CRAPULEUX.

Route de Libourne à Saint-Magne, dans la nuit du 20 au 21 mai 1891, tue durant leur sommeil à coups de pilon à pommes de terre dans la tête ses anciens employeurs Jean Barde, 70 ans, jardinier à la retraite, Marie Brignet, épouse Barde, 62 ans, et l'oncle sénile de cette dernière, Jean Brignet, 85 ans, avant de piller les lieux, volant environ 77 francs en sous et menue monnaie, et de mettre le feu à la maison.
Guillotiné le 20 octobre 1891.
10 septembre 1891 Cour d'assises de la Seine

Paris
Jean Jacques de Moor

36 ans, ouvrier maçon

(09 décembre 1854, Sas de Gand, Hollande)
FÉMINICIDE INTIME.

Voleur récidiviste, égorge à coups de couteau de boucher sa femme Catherine "Jeannette" Mommen, épouse De Moor, 30 ans, journalière dans la nuit du 09 au 10 avril 1891 dans leur chambre du 7, rue Monjol à Paris (19e).

Mari violent, ayant plusieurs fois déserté le domicile conjugal, et s'étant désinteréssé du sort de leur trois enfants, tous morts en bas âge, il avait décidé de se venger quand, parti en Belgique pour échapper à la justice suite à un vol qu'il avait commis, elle avait refusé de lui obéir.
Gracié le 15 novembre 1891.

Décédé le 22 novembre 1894 à Cayenne.
1er octobre 1891 Cour d'assises de l'Indre-et-Loire

Tours
Charles Henri Londais

18 ans, valet de ferme

(18 mars 1873, Châtillon-sur-Indre, 36)
CRIME CRAPULEUX.

Au village de la Place, commune de Tauxigny, au soir du 23 février 1891, assomme à coups de chaise sa patronne Anne Marguerite Morillon, épouse Delhommais, 75 ans, avant de la décapiter à coups de gouet (serpe), cachant la tête tranchée sous un tas de fumier, puis frappe avec la même arme et étrangle Pierre Delhommais, 72 ans, cultivateur, pour leur voler 6.500 francs.
Gracié le 15 novembre 1891.

Décédé le 15 mai 1896 à Saint-Laurent-du-Maroni.
24 octobre 1891 Cour d'assises de la Somme

Amiens
Jean Louis Frédéric Sueur

38 ans, berger et domestique

(05 septembre 1853, Bourdon)
TENTATIVE DE FÉMINICIDE INTIME.

Le 30 juillet 1891, dans un champ du Bois-d'Ange, à Bougainville, frappe de dix-sept coups de hachette sa seconde femme, Marie Henriette Delaplace, épouse Sueur, 19 ans, ouvrière de fabrique, épousée le 07 février (il était veuf depuis l'année précédente), qui avait quitté le domicile conjugal en avril et s'était installé chez un de ses oncles pour fuir ses brutalités quotidiennes.

Bien qu'atrocement blessée, tout particulièrement à la tête, Marie survit par miracle à la tentative d'assassinat, non sans avoir les mains mutilées, l'annulaire gauche complètement sectionné, et l'annulaire droit privé de sa première phalange.
Gracié le 01 décembre 1891.

Décédé le 25 mai 1904.
10 novembre 1891 Cour d'assises de la Seine

Paris
Édouard Jules "Beau-Louis" Balmadier

24 ans, mouleur en cuivre

(06 juillet 1867, Paris 11e)
FÉMINICIDE INTIME/PÉRIPATÉTICIDE.

Blesse mortellement de six ou sept coups de couteau dans les bras et la poitrine Augustine Chassagne, 18 ans, prostituée, chez le marchand de vins Mandot, à l'angle des rues Saint-Denis et de la Ferronnerie, à Paris le 21 juillet 1891. La jeune femme meurt à l'Hôtel-Dieu la nuit suivante.

Souteneur, il avait eu une liaison d'un mois et demi avec sa victime l'année précédente, avant d'être arrêté pour vol et condamné à huit mois de prison. Libéré de Sainte-Pélagie le 09 juillet, il l'avait retrouvée et demandé qu'elle reprenne la vie commune avec lui, ce qu'elle avait catégoriquement refusé, malgré son insistance.
Gracié le 21 décembre 1891.

Evadé le 31 mai 1903.
12 décembre 1891 Cour d'assises de la Sarthe

Le Mans
Magloire Edmond Emonet

28 ans, cultivateur

(11 février 1863, Choué, 41)
PARRICIDE.

Le 26 janvier 1891, au lieu-dit La Caboche, à Valennes, Emonet égorge à coups de couteau Louis Jonneau, 83 ans, et Victoire Percheron, épouse Jonneau, 82 ans, ses grands-parents par alliance, avec la complicité de la veuve Chaillou, sa tante, fille des victimes, pour les voler.
Guillotiné le 12 mars 1892.
Marie Victoire Jonneau, veuve Chaillou

48 ans, cultivatrice

(24 septembre 1843, La Caltière-Valennes, 72)
Graciée le 09 mars 1892.

Décédée le 20 janvier 1896 à Rennes.
21 décembre 1891 Cour d'assises des Bouches-du-Rhône

Aix
Auguste Étienne Cournou

38 ans, wattman

(04 mai 1853, Constantine, Algérie)
CRIME CRAPULEUX.

Au vallon de l'Oriol, à Marseille, le 06 mai 1891, assomme d'un coup de marteau dans la nuque sa domestique Anna Faure, 23 ans, avant de la jeter dans un bassin de la villa.

Mobile : toucher une prime d'assurance-vie de 100.000 francs contractée au nom d'Anna, en faisant passer la mort pour une noyade accidentelle.

Sa maîtresse Eugénie Jareb, épouse Clémencet, 25 ans, est condamnée à quinze ans de travaux forcés.
Guillotiné le 15 mars 1892.
23 décembre 1891 Cour d'assises de la Loire-Inférieure

Nantes
Émile Louis David

21 ans, interprète

(08 octobre 1870, Brest, 29)
CRIME CRAPULEUX.

Au soir du 02 mars 1891, au lieu-dit la Tour du Commerce, commune de Saint-Nazaire, avec deux complices, tue d'un coup de couteau de cuisine dans la poitrine Jeanne Françoise Bertrand, veuve Puaud, 61 ans, cultivatrice, puis poignarde et étouffe avec une taie d'oreiller sa soeur Marie Catherine Bertrand, épouse Malenfant, 54 ans, ménagère, venue lui rendre visite. Il ne parvient pas à trouver, cacher dans un sac de haricots, la somme de 340 francs-or, et repart avec 3 francs 75.

Les bandits sont identifiés et arrêtés le 16 juin.

Victor Cabel, 17 ans, serrurier, est condamné aux travaux forcés à perpétuité ; Jean Forget, 25 ans, ajusteur mécanicien, en fuite, sera condamné à mort par contumace en juin 1892. Huit autres accusés sont jugés pour des faits supplémentaires de vols et de recel, sept d'entre eux étant condamnés à des peines allant de vingt ans de travaux forcés à deux ans de prison.
Guillotiné le 21 mars 1892 à Saint-Nazaire.

1892 : 27 condamnations

23 janvier 1892 Cour d'assises de la Dordogne

Périgueux
Paul Merchadou

24 ans, charpentier

(28 novembre 1867, Saint-André-Allas)
CRIME CRAPULEUX.

Tua le 05 novembre 1891 au lieu-dit La Peyrière, près du faubourg de la Bouquerie, commune de Sarlat, Jean Ribière, 65 ans, rentier, sans profession, d'un coup de fusil en pleine tête pour lui voler deux pièces de vingt francs et deux de cinq francs.

Environ deux semaines plus tôt, dans la nuit du 24 au 25 octobre, il était déjà venu cambrioler la même maison en l'absence de Ribière, et lui avait volé 14.800 francs et une montre d'argent.

Auteur d'autres cambriolages entre décembre 1890 et octobre 1891 à Sarlat.
Gracié le 20 mars 1892.

Evadé le 15 avril 1896.
02 février 1892 Cour d'assises de la Seine

Paris
Eugène Dogmatschoff

40 ans, garçon de restaurant

(07 février 1851, Cirey, 54)
FÉMINICIDE INTIME.

Souteneur, égorgea d'un coup de couteau sa compagne Henriette Damotte, 37 ans, couturière, le 08 octobre 1891 place du Petit Pont.

Après quinze ans de relations, en août 1890, Henriette avait progressivement décidé de cesser de l'entretenir, et faute d'argent, il ne pouvait plus assurer le loyer de sa chambre de la rue Saint-Julien-le-Pauvre et avait reçu congé pour ce même 08 octobre.
Gracié le 21 mars 1892.

Décédé le 18 juin 1895 à l'Orapu.
05 février 1892 Cour d'assises de la Seine-et-Marne

Melun
Eugène Alexandre Relu

31 ans, maraîcher

(11 février 1860, Forges)
FÉMINICIDE INTIME.

Abat le 11 novembre 1891, aux Courreaux, commune de Forges, sa femme Adèle Eulalie Marteau, épouse Relu, 31 ans, dont il craignait qu'elle le dénonce comme incendiaire dans le cadre d'un sinistre allumé par ses soins en décembre 1890 dans le même hameau où ils vivaient.
Gracié le 26 mars 1892.

Décédé le 04 avril 1906 en Guyane.
11 février 1892 Cour d'assises de la Marne

Reims
Jean Baptiste Élie Millard

33 ans, tisseur

(23 février 1858, Saint-Étienne-sur-Suippe, 51)
CRIME CRAPULEUX.

Frappe de sept coups de hachoir sur la tête Cécile Alexandrine Paguet, veuve Mugnier, 76 ans, cafetière, rue du Pont-Neuf à Reims, avant de voler entre 7 et 8 francs 50, le 02 janvier 1892.

La victime décède de ses blessures à l'Hôtel-Dieu le 13 janvier, non sans avoir dénoncé son meurtrier.
Gracié le 26 mars 1892.

Décédé le 10 novembre 1906 en Guyane.
24 février 1892 Cour d'assises de la Côte-d'Or

Dijon
Jean Claude Charton

43 ans, ?

(01 janvier 1849, Chaussin, 39)
CRIME CRAPULEUX/CRIME PAR VENGEANCE/INCENDIAIRE.

Au 4, rue de Clairvaux à Dijon (emplacement de l'actuel conseil régional), dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier 1892, tue à coups de hache dans la tête ses anciens employeurs, Benjamin Roy, 54 ans, loueur de voitures et entrepreneur d'omnibus, et Antoinette Angélique Juquel, épouse Roy, 51 ans, lingère, et met le feu à leur lit. Dérobe également au moins 80 francs, ainsi que deux montres et une bague en or.

Affirma s'être vengé de son licenciement, survenu le 19 août précédent, en raison de sa violence et de son ivresse.
Guillotiné le 16 avril 1892.
26 février 1892 Cour d'assises de la Seine

Paris
Louis François Anastay

25 ans, sous-lieutenant au 158e régiment d'infanterie

(12 juin 1866, Lyon)
CRIME CRAPULEUX.

Submergé de dettes de jeu, égorge au couteau de cuisine Emilie Jenny Boulart, baronne Dellard, 75 ans, amie de sa famille, et blesse grièvement à la gorge la cuisinière, Delphine Houbre, 42 ans, le 04 décembre 1891 au 42, boulevard du Temple (11e), et s'enfuit sans avoir trouvé l'argent qu'il comptait voler.

La victime était la mère d'un fonctionnaire du ministère de la Guerre qui avait pris Anastay en sympathie, et l'avait invité plusieurs fois à manger chez eux.
Guillotiné le 09 avril 1892.
04 avril 1892 Cour d'assises de la Meuse

Saint-Mihiel
Augustin Manuel

40 ans, corsetier

(03 août 1851, Marsal, 57)
TENTATIVE DE CRIME CRAPULEUX.

A la ferme de l'Epina, commune de Maucourt, le 12 décembre 1891, tente de tuer François Taitinger, cultivateur, de trois balles de revolver, le blessant d'un projectile à la joue gauche, avant de voler une alliance en or, des vêtements et une jument pour s'enfuir.

Le père Jean Taitinger lui avait, la veille au soir, offert l'hospitalité mais refusé de l'embaucher comme valet de ferme, trouvant ses exigences excessives.
Gracié le 23 mai 1892.

Décédé le 20 novembre 1893 aux Îles du Salut.
02 mai 1892 Cour d'assises de l'Ille-et-Vilaine

Rennes
Julien Jean Baptiste Communal

24 ans, hongreur

(27 octobre 1867, Esse, 35)
CRIME CRAPULEUX.

Sans argent pour se marier, agresse à la ferme du Bas-Chevrier, commune du Pertre, le 08 mars 1892 Marie Gallais, 27 ans, fille d'un producteur de cidre, pour voler la fortune de ce dernier, s'élevant à 4.000 francs. Il l'assomme d'un coup de bâton, l'étrangle avec une corde, l'égorge de trois coups de canif, puis vole 230 francs dans une armoire avant de jeter le cadavre dans la cheminée pour faire croire à un accident.
Guillotiné le 20 juillet 1892.
04 mai 1892 Cour d'assises de la Drôme

Valence
Mathias "Hartelt/Joseph Frédéric Joubert/Frère Eugène" Hadelt

38 ans, cordonnier

(07 novembre 1853, Sarrelouis, Prusse)
CRIME CRAPULEUX.

Aventurier, se faisant admettre en avril 1891 comme moine novice à l'abbaye d'Aiguebelle, commune de Montjoyer, y étrangle avec une corde le réverend père Ildefonse, né Henri Cady, 58 ans, trappiste trésorier, le 27 octobre 1891, pour lui voler 12.135 francs en or et billets de banque, ainsi que des bijoux et des valeurs.
Guillotiné le 05 juillet 1892.
04 mai 1892 Cour d'assises du Calvados

Caen
Henri Pierre "Tardieu" Jean

25 ans, ?

(11 mars 1867, Marvejols, 48)
CRIME SUR AGENT PÉNITENTIAIRE.

Condamné le 05 juin 1888 par la cour d'assises de la Lozère à cinq ans de prison et à la relégation pour vols, blesse gravement d'un coup de serpe, le 05 mars 1892, Eugène Augustin Pavy, 35 ans, gardien à la maison centrale de Beaulieu, suite à une observation de ce dernier. Pavy meurt trois jours plus tard.
Guillotiné le 21 juillet 1892.
06 mai 1892 Cour d'assises du Calvados

Caen
Maximin Jean Sosthène Beaudrouet

27 ans, journalier

(08 septembre 1864, Capelle-les-Grands, 27)
Frappe à coups de pied puis étrangle avec une corde Eugénie Valette, 38 ans, le 07 novembre 1891 à Cordebugle, avant de la voler. Gracié le 16 juillet 1892.

Décédé le 30 janvier 1924 en Guyane.
19 mai 1892 Cour d'assises de l'Hérault

Montpellier
Marie Eugène Adolphe Ricard-Dexemple

25 ans, imprimeur

(04 décembre 1866, Lebeuville, 54)
CRIME SUR AGENT PÉNITENTIAIRE/CRIME SUR CODÉTENU.

Lors d'une évasion de la maison d'arrêt de Montpellier, aux premières heures du 29 décembre 1891, étouffent et pendent leur co-détenu de la cellule 25, Michel Côme Hortet, 46 ans, condamné à six mois de prison et à la relégation, qui refusait de les suivre, puis étranglent avec un mouchoir Joseph Adolphe Lambert, 35 ans, gardien.

Martini est repris le soir-même à Sète, en compagnie d'un certain Baze, Dexemple est capturé le 31 décembre non loin de Mèze.

Martini venait d'être condamné le 20 novembre précédent par la cour d'assises de l'Hérault à huit ans de travaux forcés pour vol qualifié commis à Sète en août, Dexemple purgeait une peine de trois mois qui allait s'achever le 1er février suivant.

Deux complices ayant suivi leurs camarades dans leur fuite, François Emile "Raoul David Baze" Jérôme, 25 ans, marchand ambulant - complice de Martini dans la précédente affaire, et condamné à la même peine que lui - et André Jean Manyères, 31 ans, cultivateur, purgeant alors six mois de prison pour tentative de vol, sont condamnés aux travaux forcés à perpétuité.
Gracié le 16 juillet 1892.

Evadé le 26 septembre 1899.
Joseph Marius Martini

23 ans, serrurier

(13 janvier 1869, Toulon)
Guillotiné le 23 juillet 1892.
21 mai 1892 Cour d'assises du Nord

Douai
Louis Hector Lebeaux

22 ans, garçon boucher

(05 janvier 1870, Etroeungt)
PARRICIDE.

Assomme et étrangle son grand-père Louis Hector Lebeaux, 81 ans, meunier et boulanger, le 22 novembre 1891 au hameau de la Pairée, commune d'Etroeungt, afin de lui voler 1.000 francs contenus dans un coffre-fort.
Exécution prévue à Avesnes.

Gracié le 13 juillet 1892.

Décédé le 30 juillet 1907 en Guyane.
12 juin 1892 Cour d'assises de la Seine

Paris
Frédéric Eugène "Morisset" Ivorel

23 ans, dessinateur

(25 juillet 1868, Paris)
BRIGANDS.

Membres de la "Bande de Neuilly", étranglent avec un foulard le 21 octobre 1891, 107, avenue de Neuilly à Neuilly-sur-Seine, Charles Ollivier, 67 ans, ancien jardinier, usurier, pour voler 1.000 francs d'argent et des titres de rente.

Cinq des huit complices sont condamnés à des peines allant de la perpétuité à cinq ans de prison, les trois autres sont acquittés.
Gracié le 02 août 1892.

Décédé le 27 mars 1900 en Guyane.
Auguste Joseph "Fabien Lopez" Gaudissart

27 ans, chaisier

(03 juillet 1864, Sains-Morainvillers, 60)
Gracié le 02 août 1892.

Décédé le 28 juillet 1901 en Guyane.
17 juin 1892 Cour d'assises de l'Oise

Beauvais
Wilfrid Constant Damelincourt

37 ans, colporteur

(02 septembre 1855, Le Transloy)
CRIME CRAPULEUX/INCENDIAIRE.

Dans la nuit du 30 janvier 1892 à Conchy-les-Pots tue de quatre coups de couteau dont deux à la gorge François Victor Debourge, 69 ans, propriétaire, puis poignarde mortellement dont une fois au coeur Marie Thérèse Baillon, épouse Debourge, 60 ans, pour leur voler 3.000 francs, avant de mettre le feu à la maison.
Gracié le 20 août 1892.

Décédé le 14 mars 1918 à Saint-Laurent-du-Maroni.
23 juin 1892 Cour d'assises de la Loire

Montbrison
François Claudius "Ravachol" Koënigstein

32 ans, ouvrier teinturier

(14 octobre 1859, Saint-Chamond)
CRIMES CRAPULEUX.

Frappe de quinze coups de hache dans la tête, dans la nuit du 29 au 30 mars 1886 Jean "Le Petit Bon Dieu" Rivollier, 86 ans, brocanteur-fripier, puis l'éventre à coups de couteau, puis tue à coups de hache sa bonne Françoise Fradèle, veuve Faure, 68 ans, alors que celle-ci allait chercher de l'aide chez les voisins, au hameau de la Varizelle, route de Saint-Étienne, commune d'Izieux, pour les voler.

Dans la nuit du 14 au 15 mai 1891, profane dans le cimetière de Terrenoire la tombe de la baronne de Rochetaillée, en espérant y trouver des bijoux.

Le 18 juin 1891, il assomme et étouffe avec un mouchoir Jacques Brunel, 92 ans, frère ermite de la doctrine chrétienne à la ferme Notre-Dame-de-Grâce, commune de Chambles, pour lui voler son argent.

Arrêté le 27 juin, parvient à fausser compagnie aux policiers.

Caché à Paris, militant anarchiste, participe dans la nuit du 14 au 15 février 1892 à Soisy-sous-Étiolles au vol de 360 bâtons de dynamite, de 3 kilogrammes de poudre et autres matières explosives : s'en sert avec ses complices pour fabriquer plusieurs bombes : l'une d'elle, posée le 11 mars au 136, boulevard Saint-Germain, fait un blessé et cause pour 40.000 francs de dégâts, une autre, au 39, rue de Clichy le 27 mars, blesse sept personnes et détruit en partie l'immeuble, les dégâts étant estimés à 120.000 francs.

Arrêté le 30 mars devant le restaurant Véry, 22, boulevard de Magenta.

Condamné aux travaux forcés à perpétuité par la cour d'assises de la Seine le 27 avril 1892 pour les attentats.

Suspecté également d'avoir, le 28 juillet 1891, à l'angle des rues de Roanne et Saint-Honoré à Saint-Etienne, assassiné à coups de marteau Jeanne Marie Courbon, veuve Marcon, 76 ans, et sa fille Marie Françoise Marcon, 46 ans, quincaillières. Il n'avoua jamais ce double crime aux autorités - pas plus que celui d'Izieux -, et les preuves étaient insuffisantes pour l'instruction.
Guillotiné le 11 juillet 1892.
25 juin 1892 Cour d'assises de la Corrèze

Tulle
Jean Sicard

28 ans, boulanger

(18 juin 1864, Saint-Féresle, 19)
TENTATIVE DE CRIME CRAPULEUX/SATYRE ASSASSIN.

Agressent aux Moutiers, commune de Donzenac, dans la nuit du 10 au 11 mars 1892, Jeanne Delmas, veuve Roche, 69 ans, en la frappant à coups de poing, de pied, lui frappent la tête sur le sol puis tentent de l'étrangler pour lui faire avouer où elle cache ses économies. Après avoir volé 93 francs, Sicard fait des attouchements sur la vieille dame.
Exécution prévue à Brive-la-Gaillarde.

Gracié le 17 août 1892.

Décédé le 30 septembre 1907 en Guyane.
Baptiste Laval

28 ans, garçon meunier

(25 décembre 1863, Gignac, 46)
Exécution prévue à Brive-la-Gaillarde.

Gracié le 17 août 1892.

Evadé le 15 novembre 1895.
28 juin 1892 Cour d'assises des Basses-Alpes

Digne
Giambattista "Jean Baptiste" Morino

26 ans, mineur

(1866, Pescinette, Italie)
CRIME DE VENGEANCE/CRIME PAR ERREUR.

Renvoyé d'un chantier, assomme d'un coup de perche au Fugeret le 13 mars 1892 son compatriote Sazzia, qu'il accusait d'être le responsable de son licenciement, le blessant légèrement, puis fait subir le même sort à Victor Césaire Lombard, 19 ans, qui passe dans la Grande Rue à ce moment-là, et qu'il tue net.
Gracié le 21 août 1892.

Décédé le 02 octobre 1914 aux Îles du Salut.
04 août 1892 Cour d'assises du Puy-de-Dôme

Riom
Étienne Cartonnet

28 ans, cultivateur

(03 juillet 1864, Maringues, 63)
AMANTS DIABOLIQUES.

Asssomment mortellement Joseph Durif, 42 ans, fermier au Pont Picot, commune de Maringues, d'un coup de bâton sur la nuque et jettent son corps dans un réservoir le 08 février 1892.
Gracié le 25 septembre 1892.

Décédé le 22 décembre 1894 à Kourou.
Marie Thiallier, veuve Durif

38 ans, cultivatrice

(02 avril 1854, Joze, 63)
Graciée le 25 septembre 1892.

Décédée après 1912.
07 septembre 1892 Cour d'assises des Vosges

Épinal
Gabriel Adrien Marchand

28 ans, domestique de ferme

(30 mars 1864, Serocourt)
CRIME CRAPULEUX.

Assassina à coups de hache à Serocourt son grand-oncle, Firmin Mathieu Marchal, 81 ans, maire du village, et la soeur de ce dernier, Constance Marchal, 67 ans, le 23 mai 1892, pour les voler.
Guillotiné le 17 novembre 1892.
22 octobre 1892 Cour d'assises de la Seine

Paris
Eugène Crampon

27 ans, ?

(13 mars 1865, Paris 3e)
CRIME CRAPULEUX.

Surpris lors d'un cambriolage dans un débit de vins à l'angle des rues Saint-Denis et de la Grande-Truanderie, le 03 mars 1892, s'enfuit le long de la rue Saint-Denis. Au croisement de la rue de la Truanderie, abat d'un coup de revolver en pleine poitrine Célestin Emile Martinot, 34 ans, homme de peine, qui tentait de s'interposer, puis quelques mètres plus loin, blesse grièvement d'une balle en plein front Théodoré Girault, 30 ans, employé, avant d'être saisi par le bras et maîtrisé rue Rambuteau par François-Joseph Bottolier-Depois, 20 ans, garçon pharmacien, qu'il blesse mortellement, et qui meurt à l'Hôtel-Dieu au soir.
Guillotiné le 16 décembre 1892.
21 novembre 1892 Cour d'assises du Calvados

Caen
Léon Jules Auguste Guillard

21 ans, journalier

(13 avril 1872, Lieury)
CRIME CRAPULEUX/INCENDIAIRE.

Tue à Ecots le 15 avril 1892 son voisin, Honoré Yves Perrinne, 54 ans, journalier, qu'il assomme à coups de talon de botte avant de mettre le corps sur le lit et d'y mettre le feu pour faire croire à un accident. Vole au passage une trentaine de francs.
Gracié le 26 janvier 1893.

Décédé le 18 mai 1895 à Cayenne.
21 décembre 1892 Cour d'assises du Pas-de-Calais

Saint-Omer
Pierre Joseph Olivier Gressier

20 ans, phosphatier

(20 mai 1872, Fiennes)
PARRICIDE.

Tua à coups de bêche à Fiennes le 09 novembre 1892 son grand-père, Pierre Elisabeth Olivier Gressier, 83 ans, après une dispute, pour lui dérober une centaine de francs.
Exécution prévue à Guines.

Gracié le 11 février 1893.

Evadé le 06 février 1903.

1893 : 39 condamnations + 2 condamnation au Tribunal Maritime

02 février 1893 Cour d'assises du Finistère

Quimper
Jean "Yann" Combot

51 ans, bûcheron, cultivateur

(18 avril 1841, Taulé)
CRIME CRAPULEUX.

A Lanninor, commune de Taulé, le 21 mai 1892, assassine à coups de sabot et égorge pour les voler Jeanne Jaffrès, veuve Tanguy, 79 ans, cultivatrice, et sa fille Jeannie Tanguy, 38 ans, fileuse.

La soeur de Combot est mariée avec le fils et frère des victimes.
Guillotiné le 28 avril 1893 à Morlaix.
06 février 1893 Cour d'assises de la Seine-Inférieure

Rouen
Eugène Odée Poulingue

26 ans, chaudronnier

(16 juillet 1866, Lanquetot, 76)
FÉMINICIDE INTIME/PÉRIPATÉTICIDE.

Souteneur, tue d'un coup de couteau dans le coeur sa maîtresse, Marie Virginie Julia Chesnel, 22 ans, prostituée, 55 bis, rue Saint-Thibault au Havre, le 21 novembre 1892, qui refusait désormais qu'il vive à ses crochets.
Gracié le 27 avril 1893.

Décédé le 02 mai 1897 aux Îles du Salut.
06 février 1893 Cour d'assises du Calvados

Caen
Victor Jules Lucien Ruffin

27 ans, journalier

(23 octobre 1895, Saint-Gatien-des-Bois)
CRIME CRAPULEUX SUR BELLE-FAMILLE.

Empoisonna à Gonneville-sur-Honfleur le 18 février 1892 Félicité Bouy, veuve Lefevbre, 85 ans, à l'aide d'une tasse de café mêlée de vitriol : elle en meurt dans la nuit du 23 au 24 février.

Récidive le 16 novembre 1892, sur le fils de celle-ci, Léonor Armand Lefebvre, 61 ans, agriculteur, avec une bouillie à base d'eau d'avoine arséniée, céréale destinée à l'extermination des rats, ce qui le tue en trois jours.

Mobile : hériter de la famille, son épouse étant la fille adoptive des Lefebvre.

Alphonsine Célestine dite Rouval, 23 ans, épouse Ruffin, est condamnée aux travaux forcés à perpétuité en tant que complice.
Guillotiné le 14 avril 1893.
07 mars 1893 Cour d'assises de l'Oise

Beauvais
Philoxime Désiré Ronsin

46 ans, manouvrier

(03 février 1847, Cilly, 02)
CRIME CRAPULEUX.

Etrangle avec un lacet de cuir à Saint-Crépin-aux-Bois le 05 décembre 1892 Célestin Bourgeois, 61 ans, épicier-cafetier, pour le voler.

La victime, en résistant, parvient à prendre un couteau à sucre et à lui fendre le visage. Ses appels attirent les voisins, qui interviennent avant que le bandit ne procède au cambriolage.

Mathilde Bara, épouse Grandin, 21 ans, la fille de son épouse, est acquittée. Un autre complice, Albert Joseph "La Prusse" Dubuisson, 26 ans, manouvrier, Belge, demeure en fuite : il sera condamné par contumax le 04 octobre 1893 à la peine de mort.
Gracié le 15 mai 1893.

Décédé le 09 février 1904 en Guyane.
09 mars 1893 Cour d'assises de la Gironde

Bordeaux
Ulysse Aimé

20 ans, ferblantier, chanteur ambulant

(04 mai 1872, Les Touches-de-Périgny, 17)
CRIME CRAPULEUX.

Fracasse le crâne des frères Raymond Cavignac, 63 ans et Pierre Cavignac, 53 ans, cultivateurs, à coups de retraite de charrue pour l'aîné et à coups de hache pour le cadet avant de voler une cinquantaine de francs dans la nuit du 23 au 24 janvier 1893, au lieu-dit Godineau, commune de Cavignac.

Daniel Rastel, 18 ans, boulanger, et Georges Eugène Pikkel, 17 ans, journalier, sont condamnés aux travaux forcés à perpétuité. Louis Thillard, qui indiqua le coup, à sept ans de réclusion.
Gracié le 30 mai 1893.

Décédé le 03 août 1898 à Saint-Laurent-du-Maroni.
09 mars 1893 Cour d'assises du Nord

Douai
Appoline Célestine "Pauline" Frison, veuve Manesse

36 ans, cultivatrice

(22 juin 1856, Landrecies)
AMANTS DIABOLIQUES.

Fait assommer d'un coup de bâton sur la tête son mari Victor Manesse, 44 ans, sur la route entre l'estaminet de l'Ermitage et le hameau d'Happegarbes, sur le commune d'Ors, le 09 janvier 1893 par son amant Dahy.

François Dahy, 48 ans, journalier, est condamné à vingt ans de travaux forcés.
Graciée le 25 mai 1893.

Décédée le ? (avant 1904)
17 mars 1893 Cour d'assises des Vosges

Épinal
Alfred Joseph Henri Ramu

26 ans, industriel à Raon-l'Étape

(15 juillet 1866, Bruxelles, Belgique)
CRIME CRAPULEUX.

Endetté, cherche à extorquer 1.500 francs à un ami, Emile Scheidecker, 31 ans, directeur des filatures Vincent-Ponnier.

Le 15 juin 1891 à Senones, comme Scheidecker refuse de payer, Ramu l'abat d'une balle de revolver en pleine tempe, vole 260 francs en or, 300 francs en billets, deux obligations du Crédit Foncier, et maquille le crime pour faire croire à un suicide.

Ayant tenté de négocier des titres à Paris, il éveille des soupçons fin août-début septembre 1892, et Amélie Piselli, une de ses ex-maîtresses finit par le dénoncer.
Gracié le 15 mai 1893.

Evadé le 08 février 1903.
21 mars 1893 Cour d'assises de la Corse

Bastia
François Napoléon "Le Moro" Padovani

24 ans, journalier

(1869, Lumio, 20)
FÉMINICIDE INTIME.

A Lumio, après avoir eu des relations sexuelles consenties avec elle, étrangle sa femme et cousine Marie Padovani, épouse Padovani, 21 ans, le 19 octobre 1892 à Lumio.

A la naissance de leur second enfant, en février 1892, Padovani avait abandonné son épouse et était parti habiter chez sa mère, mais la jeune femme, toujours éprise de cet homme qui la maltraitait, continuait à l'accueillir sans protester. Padovani décida de la tuer pour ne plus avoir de charges financières à assumer.

Dénoncé par leur fille Françoise-Marie, deux ans et cinq mois, qui assista à toute la scène.
Gracié le 04 juin 1893.

Décédé le 21 juin 1927 en Guyane.
23 mars 1893 Cour d'assises des Bouches-du-Rhône

Aix
Marie Delphine Blanc, veuve Carmagnolle

52 ans,

(06 décembre 1840, Méailles, 04)
MARITICIDE.

Empoisonne à la liqueur de Fowler (anyhydride arsénieux) son mari François Carmagnolle, 71 ans, rentier, le 14 juillet 1892, boulevard Carmagnole, quartier de Saint-Giniez à Marseille, pour hériter de ses biens (et peut-être épouser un nommé Ricard, désigné comme étant son amant).

Carmagnolle décède le 06 août.
Graciée le 27 mai 1893.

Décédée le ?
18 avril 1893 Cour d'assises de la Creuse

Guéret
Charles Émile Legrand

20 ans, ouvrier tuilier

(11 mai 1872, Soumans)
SATYRE ASSASSIN D'ENFANT.

Etrangle à mains nues puis viole, le 10 août 1892, Julia Giraud, 9 ans, à mi-chemin entre le passage à niveau de Jurigny et son domicile au village de Planchat, commune de Saint-Pierre-le-Bost, avant d'aller déposer son corps près d'une source pour faire croire à une noyade.

Comparaît une première fois le 09 octobre 1892, mais le procès est repoussé sine die le temps de procéder à des examens mentaux supplémentaires.
Gracié le 23 juin 1893.

Décédé le 11 octobre 1900 à Saint-Laurent-du-Maroni.
21 avril 1893 Cour d'assises de la Meuse

Saint-Mihiel
François Redt

57 ans, ouvrier charpentier

(12 avril 1836, Manom, 57)
CRIME CRAPULEUX.

Libéré d'Ensisheim, où il purgeait une peine pour vol, le 9 juillet 1892.

Frappe à coups de hachette dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1892 deux vieillards, les époux Côme Brul, 88 ans, et Adèle Gremin, épouse Brul, 82 ans, à Harville, pour leur voler une quinzaine de francs, une tabatière, un couteau, un foulard, un mouchoir, deux chemises et une blouse, et mange des tartines de confiture avant de partir.

Si Côme décède lors de l'attaque, Adèle survit trois mois à l'agression, et meurt à son tour le 30 janvier 1893.
Guillotiné le 26 juin 1893.
22 avril 1893 Cour d'assises de la Seine-et-Oise

Versailles
Jules Léon Dupalu

18 ans, serrurier

(27 septembre 1874, Creil, 60)
CRIME CRAPULEUX.

Frappe d'au moins cinq coups de couteau dans la poitrine et égorge Catherine Poux, épouse Combier, 63 ans, marchande de lait, puis pourchasse dans la cour et tue de quatre coups de couteau Guillaume Combier, 62 ans, producteur de lait, qui meurt tant de ses blessures que victime d'une congestion, le 01 janvier 1893, au 8, rue de Cormeilles à Franconville.

Avant qu'il n'aie le temps de commettre un vol, l'arrivée de la veuve Maisonobe, fille des Combier, et de la propre mère de Dupalu l'oblige à s'enfuir sans rien emporter.

Il était le voisin et l'ancien employé des victimes, et ils lui gardaient une franche sympathie, l'invitant volontiers à partager le repas et à jouer aux cartes.
Guillotiné le 28 juin 1893.
27 avril 1893 Cour d'assises de la Seine

Paris
Eugène Ursin "Latour" Beaujan

21 ans, peintre en bâtiments

(11 août 1871, Asnières)
CRIME PAR VENGEANCE/PÉRIPATÉTICIDE.

Dans la nuit du 15 au 16 novembre 1892, battent et étranglent dans un champ du chemin de l'Orme-aux-Boeufs à Saint-Ouen Clémentine "Valentine" Vincent, épouse Dolbeau, 33 ans, prostituée.

Mobile : Pauline, maîtresse d'Alphonse Dolbeau, voulait se débarrasser de sa rivale, persuadée qu'elle avait dénoncé un vol pour lequel Dolbeau était en prison, Beaujan, voleur et souteneur, se venger de Valentine qui avait conseillé, quelques mois plus tôt, à sa compagne et "gagneuse" de le laisser tomber.
Arrêt cassé le 02 juin 1893.
Scholastique Pauline "Berthe Guichard" Siller

24 ans, prostituée

(06 avril 1869, Paris)
29 avril 1893 Cour d'assises de la Somme

Amiens
Jean Baptiste Casimir Jouy

24 ans, domestique de ferme

(19 décelbre 1868, Terramesnil)
CRIME CRAPULEUX.

Le 26 février 1893, à Doullens, au lieu-dit Fossé-Grisse, sur la route de Terramesnil à Authieule, tue Martial Sevin, 25 ans, domestique, d'au moins une douzaine de coups de couteau pour lui voler son porte-monnaie, son mouchoir, son couteau, une bague et ses guêtres.
Gracié le 01 juillet 1893.

Décédé le 16 novembre 1907 en Guyane.
26 mai 1893 Cour d'assises de la Seine

Paris
Jean Baptiste Victor Forêt

23 ans, garçon boulanger

(15 mai 1870, Bazancourt, 51)
CRIME CRAPULEUX.

Dans la nuit du 28 au 29 janvier 1893, surpris par des riverains alors qu'il entre par effraction avec trois autres malfrats dans l'immeuble de la compagnie de l'Urbaine, 35, rue Pierre à Saint-Ouen, tire des coups de feu sur André Bousch, 34 ans, chaudronnier, qu'il blesse d'une balle dans le bras.

Adolphe Perrin, 18 ans, journalier, est condamné à deux ans de prison.
Gracié le 28 juillet 1893.

Remise de peine en 1901.

Décédé le ?
06 juin 1893 Cour d'assises de la Côte-d'Or

Dijon
Émile Alexis Boulay

35 ans, domestique agricole

(14 mai 1858, Dombasle, 88)
CRIME CRAPULEUX/CRIME DE VENGEANCE.

Tue de quatre coups de hachette dans la tête le 30 mars 1893 Barnabé "Cadet" Léautey, 73 ans, son patron, propriétaire-cultivateur à Montliot, pour lui dérober 200 francs, puis l'émascule et tente de donne la chair à manger au chat.

Boulay avait été licencié au bout de quatre jours à peine pour son ivresse et sa violence, et avait menacé de jeter son patron dans la citerne. Il prétendit que la castration était motivée par des propositions sexuelles que le vieil homme lui aurait tenues.
Gracié le 11 août 1893.

Décédé le 09 février 1902 en Guyane.
07 juin 1893 Cour d'assises du Nord

Douai
Edmund "Edmond" Claeys

27 ans, ouvrier d'usine

(12 juillet 1865, Beernem, Belgique)
CRIME CRAPULEUX.

S'introduisent en pleine nuit pour commettre un cambriolage chez Domitile Mole, épouse Wiart, 68 ans, au lieu-dit "Les Rocailles", commune de Hautmont, dans la nuit du 25 au 26 mai 1892, l'étranglent avant de l'assommer à coups de brique, de ciseau à bois et de sabots. Le corps fut jeté dans une fontaine, à 25 mètres de la maison, avant de lui voler le peu d'argent que le couple possédait, des vêtements et du linge.

Le crime aurait pu rester impuni si, incarcéré, DeGroote n'était tombé malade et avait avoué son geste à un autre prisonnier en croyant sa fin proche.

Leur complice, Emile Honoré Decorte, 19 ans, journalier, réfugié en Belgique, est condamné aux travaux forcés à perpétuité par la cour d'assises de la Flandre-Occidentale le 18 juillet 1893.
Guillotinés le 03 août 1893 à Hautmont.
August Franciscus "Auguste François" DeGroote

22 ans, ouvrier d'usine

(vers 1870, Oedelem-Beernem, Belgique)
08 juin 1893 Cour d'assises du Nord

Douai
François Kerckhove

22 ans, boulanger

(29 janvier 1871, Marcq-en-Baroeul)
TENTATIVE DE CRIME CRAPULEUX.

Aveuglent avec du poivre puis battent et tentent d'étrangler le 23 avril 1893 à Saint-Martin-d'Esquermes la bonne du curé, Julie Fiévet, 62 ans, pour dévaliser le presbytère.

Les cris de Mlle Fiévet alertent les voisins, qui sont attrapés sans rien avoir eu le temps de voler.

Le guetteur, Georges Cailleux, 27 ans, sans profession, est condamné à vingt ans de travaux forcés.
Exécution prévue à Lille.

Gracié le 29 juillet 1893.

Décédé le 17 octobre 1927 en Guyane.
Alphonse Guépin

23 ans, forgeron

(10 novembre 1869, Ferrière-la-Grande)
Exécution prévue à Lille.

Gracié le 29 juillet 1893.

Décédé le 10 décembre 1898 à Saint-Laurent-du-Maroni.
06 juillet 1893 Cour d'assises de l'Eure

Évreux
Marie Ernest Onésime Gille

28 ans, maréchal-ferrant

(30 janvier 1865, Orival, 76)
CRIMEs CRAPULEUX/INCENDIAIRE.

Vagabond, le 10 janvier 1893, fracasse à coups de pierre le crâne de Jacques Simon Gagneur, 63 ans, cultivateur, lieu-dit la Thiboutière à Saint-Mards-de-Fresne, volant tout et n'importe quoi, notamment des vêtements et des épingles d'or, et met le feu à sa chambre pour effacer les traces de son crime.

Le 26 février 1893, à Saint-Pierre-de-Cormeilles, tue de vingt-trois coups de couteau Rosine Célina Bouley, épouse Lelièvre, 19 ans, puis égorge sa bonne, Virginie Céline Baron, épouse Lefranc, 59 ans, pour supprimer un témoin gênant.

Il chercha à faire croire que la jeune Mme Lelièvre, connue dans le village pour ses infidélités, était sa maîtresse et qu'il l'avait tuée suite à une dispute. Son but était d'empocher une pension de cent francs que la dame recevait de son père, mais le versement n'avait, à la date du crime, pas encore été fait.
Guillotiné le 26 août 1893.
25 juillet 1893 Cour d'assises du Tarn

Albi
Émile Pierre Baptiste Veyrios

26 ans, cultivateur

(15 mai 1867, Gaillac)
PARRICIDE.

Le 22 mars 1893, à Brugnac, commune de Castelnau-de-Montmiral, étrangle de ses mains son père Pierre Baptiste Veyrios, 69 ans, après l'avoir enfermé trois jours durant dans un tonneau en espérant - en vain - qu'il y mourrait.

Accusé en 1884 d'avoir, dans la nuit du 05 au 06 novembre 1884, assommé, étranglé et violé post mortem Cécile Salabert, 61 ans, domestique au château de Tauziès, commune de Gaillac, chez Philadelphe Thomas, le même propriétaire terrien qui l'employait alors comme ouvrier. Malgré un mois de prison préventive, il avait été libéré grâce à un alibi fourni par son père, et l'affaire ne fut pas élucidée.
Guillotiné le 03 octobre 1893.
27 juillet 1893 Cour d'assises de la Seine-et-Oise

Versailles
Eugène Ursin "Latour" Beaujan

21 ans, peintre en bâtiments

(11 août 1871, Asnières)
CRIME PAR VENGEANCE/PÉRIPATÉTICIDE.

Dans la nuit du 15 au 16 novembre 1892, battent et étranglent dans un champ du chemin de l'Orme-aux-Boeufs à Saint-Ouen Clémentine "Valentine" Vincent, épouse Dolbeau, 33 ans, prostituée.

Mobile : Pauline, maîtresse d'Alphonse Dolbeau, voulait se débarrasser de sa rivale, persuadée qu'elle avait dénoncé un vol pour lequel Dolbeau était en prison, Beaujan, voleur et souteneur, se venger de Valentine qui avait conseillé, quelques mois plus tôt, à sa compagne et "gagneuse" de le laisser tomber.

Condamnés en première instance par la cour d'assises de la Seine le 27 avril 1893, arrêt cassé le 02 juin 1893.
Guillotiné le 06 octobre 1893.
Scholastique Pauline "Berthe Guichard" Siller

24 ans, prostituée

(06 avril 1869, Paris)
Graciée en octobre 1893.

Décédée le 05 juillet 1903 à Rennes (35).
05 août 1893 Cour d'assises du Rhône

Lyon
Jean Claude Benoît Bazin

34 ans, domestique

(22 septembre 1858, Meys, 69)
SATYRE ASSASSIN.

Tente de violer sa patronne, Marie Benoîte Brosse, épouse Tisseur, 27 ans, le 11 juin 1893 au Fil, commune de Meys, et l'étrangle parce qu'elle résistait.
Gracié le 08 septembre 1893.

Décédé le 31 janvier 1895 à Cayenne.
04 août 1893 Cour d'assises du Calvados

Caen
Auguste Albert "Profit" Marie

35 ans, domestique de ferme

(08 février 1858, Montrabot)
BOURREAUX D'ENFANT.

Jette dans une mare le 08 novembre 1892 aux Landes à Osmanville sa fille Marie Marie, 8 ans, et la laisse s'y noyer.

La dépouille n'est retrouvée en ce lieu isolé, masqué d'arbres et clôturé de barbelés, que le 1er décembre.

Ayant placé l'enfant en nourrice à Saint-Martin-des-Entrées, mais dépensant en alcool l'argent nécessaire pour payer son hébergement, et ne souhaitant pas d'encombrer d'une charge trop coûteuse à son goût, il avait envoyé sa femme récupérer leur petite le matin-même.

Rosalie Victorine Lechanoine, épouse Marie, 32 ans, servante, est condamnée aux travaux forcés à perpétuité.
Gracié le 29 septembre 1893.

Décédé le 19 octobre 1900 aux Îles du Salut.
07 août 1893 Cour d'assises du Nord

Douai
Gustave Julien Morelle

19 ans, cordonnier

(19 novembre 1873, Lille)
CRIME CRAPULEUX.

Récemment libéré de Loos, étrangle avec une corde dans la nuit du 21 au 22 mai 1893 sur les fortifications de Lille, au niveau du pont Sainte-Agnès, un ex-co-détenu, Fortuné Privat Dirson, 23 ans, libéré cinq jours plus tôt, à qui il vole ses vêtements et ses économies, soit environ 214 francs.
Exécution prévue à Lille.

Gracié le 30 septembre 1893.

Décédé le 20 mars 1908 en Guyane.
10 octobre 1893 Cour d'assises de la Seine

Paris
Pierre Kuntz

23 ans, journalier

(25 mars 1870, Paris 19e)
CRIME CRAPULEUX.

Frappe d'une vingtaine de coups d'os de mouton à la tête le 7 février 1893 Anne Angélique Falguier, 61 ans, rentière, 38, rue Berthe (18e) à Paris, pour la voler : appréhendé par les voisins et les passants avant d'avoir pu voler quoi que ce soit.

La victime décède le 21 février à l'hôpital Lariboisière.
Guillotiné le 01 décembre 1893.
13 novembre 1893 Cour d'assises de la Seine-Inférieure

Rouen
Lucien Albert Leroy

35 ans, cultivateur

(11 août 1858, Bosville)
CRIME SUR BEAU-PÈRE/INFANTICIDES.

La nuit du 03 au 04 septembre 1893 à Bosville, tue de deux coups de canon de fusil dans la tête Jacques Frédéric Gueudeville, 67 ans, équarisseur, et père de sa compagne, parce qu'il s'opposait à leur union.

Le 17 septembre 1893, Leroy avoue son crime à Célestine Gueudeville, 21 ans, laquelle l'attire dans un piège le lendemain pour qu'il avoue devant les gendarmes son crime.

Ce faisant, comprenant que l'enquête va révéler des éléments intimes incriminants pour elle, la jeune femme écrit à sa soeur et au procureur pour faire des révélations avant de mettre fin à ses jours en s'asphyxiant le 22 septembre.

Célestine, sur les ordres de son amant, s'était fait avorter courant 1893, et en outre, en 1890 et 1892, Leroy avait fait deux enfants à sa maîtresse, et s'était chargé de faire disparaître les bébés dès leur naissance.
Gracié le 14 janvier 1894.

Décédé le 19 janvier 1922 à Bourail.
15 novembre 1893 Cour d'assises de la Seine-et-Marne

Melun
Charles Jean Scherer

20 ans, valet de ferme

(27 octobre 1873, Paris 10e)
SATYRE ASSASSIN.

Repris de justice libéré de la centrale de Poissy après dix-huit mois pour vol.

Domestique chez les époux de la Villehervé aux Greffières, commune de Veneux-Nadon, près de la forêt de Fontainebleau, renvoyé le 10 septembre 1893 après à peine trois jours de service pour violence, paresse et attitude déplacée envers la petite bonne, Angèle Dumas, 15 ans.

Le 12 septembre 1893, s'introduit dans l'écurie, agresse, viole et tue de vingt-trois coups de couteau Angèle Dumas.

Son patron, Robert Le Minihy de La Villehervé, 43 ans, écrivain, inquiet de ne pas voir revenir la servante, se rendant à sa rencontre, est à son tour frappé dix-huit coups de couteau, s'acharnant notamment sur son poignet gauche - la victime, ayant survécu, passera à un cheveu de l'amputation chirurgicale.

La lame s'étant brisée, Scherer s'en prend ensuite à Marie Noël, épouse Le Minihy de La Villehervé, 47 ans et un invité, M.Gallet, étudiant en les frappant avec le manche du couteau avant de s'enfuir.
Guillotiné le 17 janvier 1894.
21 novembre 1893 Cour d'assises des Ardennes

Mézières
Hubert Auguste Marcheras

24 ans, domestique de ferme

(10 novembre 1869, Seraincourt, 08)
CRIME CRAPULEUX.

Tue à coups de hachette dans la nuit du 21 au 22 février 1893 à Terron-sur-Aisne Elisabeth Zélie Goin, veuve Fortier, 61 ans, épicière et sa voisine Marie Anna Naumont, 19 ans, qui était venue tenue compagnie à la première victime cette nuit-là, le tout pour voler 200 francs, ainsi que du tissu, des foulards, des caleçons et des chaussettes.

Paul Hubert Didier, 21 ans, couvreur, est acquitté.
Gracié le 04 janvier 1894.

Décédé le 08 septembre 1902 à Saint-Laurent-du-Maroni.
29 novembre 1893 Cour d'assises du Rhône

Lyon
Jean Marie "Samson, l'homme au menton de fer" Busseuil

21 ans, artiste forain

(29 décembre 1871, Molinet, 03)
PÉRIPATÉTICIDE.

Le 31 janvier 1892, 43, montée Gourguillon à Lyon, assomme à coups de tête et étrangle avec son bras Clotilde "Caroline Baudesson" Berthéas, 31 ans, prostituée, pour lui voler 2 francs et des bijoux en toc, qu'il jette dans la Saône.

L'affaire était restée impunie pendant un an et demi, avant qu'à l'occasion d'une autre enquête pour meurtre, fin septembre-début octobre 1893, un autre souteneur ne le dénonce, et qu'il passe aux aveux sitôt arrêté.
Guillotiné le 29 janvier 1894.
08 décembre 1893 Tribunal Maritime

Brest
Eugene Augustus "Joseph Rorique" Degraeve

28 ans, marin

(04 janvier 1865, Oostende, Belgique)
PIRATES.

Décident de s'emparer des marchandises contenues dans la goëlette "La Ninorahiti", parti de Tahiti le 15 décembre 1891, et dont Léonce était le second.

Entre Hikueru et Marokau - dans l'archipel des Tuamotu-, abattent le 05 janvier 1892 à coups de revolver le capitaine Tchae-A-Tara et l'Anglais William Gibson, subrécargue. Le lendemain, empoisonnent deux des marins et un passager, avant de pousser, les jours suivants, les deux derniers matelots et le second passager à se jeter volontairement dans l'océan.
Gracié le 10 mars 1894.

Bénéficie d'une grâce le 24 août 1899, libéré.

Refait parler de lui le 02 octobre 1912 quand il est arrêté pour avoir tenté de cambrioler le trésor de la cathédrale de Namur.

Décédé en 1929 à Pamplona (Costa Rica).
Leontius Jacobus "Alexandre Rorique" Degraeve

39 ans, marin

(10 mai 1854, Oostende, Belgique)
Gracié le 10 mars 1894.

Décédé le 30 mars 1898 à Cayenne.
12 décembre 1893 Cour d'assises de la Manche

Coutances
Auguste Albert Mathey

19 ans, journalier

(28 octobre 1874, Blosville)
CRIME CRAPULEUX/SATYRE ASSASSIN DE PERSONNE AGÉE.

Le 21 octobre 1893, au village des Fontaines à Blosville, tua à coups de bâton Victoire Catherine Henrie Anger (ou Auger), veuve Clément, mendiante, 83 ans, avant de la violer et de profaner son corps avec ce même bâton et de lui dérober ses vingt francs d'économies, destinés à payer son loyer.
Guillotiné le 13 février 1894.
15 décembre 1893 Cour d'assises du Pas-de-Calais

Saint-Omer
Léonce François Dumont

22 ans, sans profession

(04 septembre 1871, Harnes)
SATYRE ASSASSIN.

A Harnes, sur le chemin de halage entre le Pont-Maudit et Courrières, le 08 septembre 1893, fracasse la tête de Maria Philomène Spreux, veuve Ruquois, 43 ans, à coups de brique avant de l'égorger, d'emporter le corps dans un fourré et de le violer.

Libéré de prison depuis quelques jours après une condamnation pour viol.
Exécution prévue à Béthune.

Gracié le 01 février 1894.

Décédé le 27 avril 1907 en Guyane.
15 décembre 1893 Cour d'assises des Deux-Sèvres

Niort
Marseil Sabourin

32 ans, journalier

(21 avril 1861, Vouhé, 17)
SATYRE ASSASSIN/SORORICIDE.

Le 2 août 1893, dans son cabanon de Ste-Pézenne, tue d'un coup de masse de fer de 4 kilos sur la tempe sa soeur cadette Hélène Sabourin, 24 ans, avant de la violer et de l'éventrer, puis de jeter son corps dans la carrière voisine du "Fief des Justices", en volant au passage son livret de caisse d'épargne, d'une valeur de 300 francs, et son porte-monnaie, qui en contenait 85.

Fils d'un marginal, il est confié en maison de correction à treize ans, tandis qu'Hélène est élevée au Carmel jusqu'à sa majorité. Devenue domestique à Niort, étant de santé fragile, elle dut solliciter son hébergement pour convalescence.

Avait été accusé d'avoir assassiné à l'été 1877 Patrice Morin, un gardien de la maison de correction de Chizé - lieu où il avait été enfermé -, et aussi du viol et du meurtre de Marie Samoyault, 12 ans, vachère, le 13 août 1885 au champ des Crosses, à Mongnon. La fillette avait été étranglée avec son fouet, puis avait eu le visage broyé à coups de talon et avec une pierre de trente kilos. Sabourin travaillait alors à Fressines, non loin de là.
Guillotiné le 16 février 1894.
19 décembre 1893 Cour d'assises du Nord

Douai
Isidore Janssens

29 ans, ouvrier d'usine

(12 janvier 1864, Thollernbeck, Belgique)
FÉMINICIDE INTIME/RIVALITÉ AMOUREUSE.

Tue de quatorze coups de hache sa maîtresse Maria Itrebelle, 24 ans, servante, qui venait de le quitter, ainsi que de quinze coups de la même arme Lucien Degardin, 25 ans, le voisin et nouvel amant chez qui elle s'était réfugiée, le 24 octobre 1893 aux Grattières, commune de Hautmont.
Exécution prévue à Hautmont.

Gracié le 02 février 1894.

Evadé de Nouvelle-Calédonie le 16 novembre 1900.
20 décembre 1893 Cour d'assises de la Haute-Marne

Chaumont
Eugène Ernest Durand

42 ans, ouvrier gantier

(12 juillet 1851, Châteauvillain)
FÉMINICIDE INTIME/TUERIE.

Ivrogne, assomme à coups de hachette sa femme impotente Zoé Emma Catherine Simon, épouse Durand, 40 ans, couturière et leur troisième fille, Blanche Marie Durand, 4 ans et demi, dans la nuit du 24 au 25 avril 1893 à Chaumont, sur la côte de Buxereuilles.

Revient plus tard dans la nuit avec un couteau et du liquide inflammable, dépèce les deux corps et y met le feu aux corps, puis fracasse la tête d'Emile Armand Duvaux, 31 ans, ouvrier mégissier, qui passant par là, eut le malheur d'être témoin de la scène.
Gracié le 21 février 1894.

Décédé le 13 juin 1895 aux Îles du Salut.
22 décembre 1893 Cour d'assises de la Charente

Angoulême
Félix Vilateau

56 ans, cultivateur, sacristain

(24 décembre 1836, Curac)
CRIME CRAPULEUX/COMPLICITÉ DE PARRICIDE.

Egorge à coups de rasoir Jean Hériaud, 68 ans, cultivateur, le 06 juin 1893, au hameau du Noisetier, commune de Sauvignac, et jette le corps dans la mare des Sanzes.

Mobile : la victime était le riche père de son gendre, et les Vilateau souhaitaient jouir rapidement de sa propriété.

Jean Eugène Nancel Hériaud, fils unique de la victime, 19 ans, cultivateur, est condamné à vingt ans de travaux forcés, Elise Vilateau, épouse Hériaud, 17 ans, cultivatrice, à huit ans de travaux forcés.
Exécution prévue à Barbezieux.

Gracié le 23 février 1894.

Décédé le 24 novembre 1894 aux Îles du Salut.

1894 : 34 condamnations

10 janvier 1894 Cour d'assises de la Seine

Paris
Auguste Vaillant

32 ans, employé en maroquinerie

(27 décembre 1861, Mézières, 08)
Anarchiste, le 09 décembre 1893, depuis la seconde tribune publique de l'Assemblée nationale, à droite du président de la Chambre, jette une bombe, une boîte de conserve en fer-blanc remplie de poudre verte (acide picrique, chlorate, prussiate de potasse), de clous de rouliers de 3 cm, de morceaux de zinc et de plomb, en plein hémicycle. La bombe, déviée au moment du lancer et explosant en l'air, ne causera aucun décès, juste des blessures plus ou moins graves sur plus de soixante-dix personnes, dont lui-même, atteint au nez et à la jambe droite :

- Henry Hippolyte Paul Boucher, 46 ans, député des Vosges (républicain progressiste), industriel, très légèrement blessé ;
- Pierre Marie Edouard de Cazenove de Pradines, 54 ans, député de la Loire Inférieure (ED), très légèrement blessé ;
- Edmond Charpentier, 34 ans, député de la Loire (socialiste), avocat, très légèrement blessé ;
- Le comte Robert François Marie Chrestien de Tréveneuc, 33 ans, député des Côtes-du-Nord, très légèrement blessé ;
- Georges Cochery, 38 ans, député du Loiret (gauche républicaine), haut fonctionnaire, très légèrement blessé ;
- Elie Cousin, 46 ans, député de l'Hérault, négociant, légèrement blessé ;
- Santiago "Jacques" Drake del Castillo, 38 ans, député d'Indre-et-Loire, viticulteur, blessé aux mains ;
- Gabriel Dufaure, 47 ans, député de la Charente-Maritime, ingénieur aux chemins de fer, legèrement blessé ;
- Julien Dumas, 36 ans, député de l'Ariège, avocat, légèrement blessé ;
- Charles Dupuy, 42 ans, président de la Chambre, député de la Haute-Loire, professeur agrégé, tempe écorchée par un clou ;
- Le baron Henri Gérard, 75 ans, député du Calvados (monarchiste), très légèrement blessé ;
- Marcel Habert, 31 ans, député de la Seine-et-Oise (ED), magistrat, très légèrement blessé ;
- Le comte Paul Henri Lanjuinais, 59 ans, député du Morbihan, avocat, blessé à la tête ;
- Albert Marie Nicolas Le Clec'h, 36 ans, député du Morbihan, avocat, blessé à la main gauche ;
- L'abbé Jules Auguste Lemire, 40 ans, député du Nord, plusieurs graves blessures à la nuque et à la tête ;
- Le marquis Henri Marie Ferron de la Ferronnays, 51 ans, député de la Loire-Inférieure, attaché militaire, légèrement blessé ;
- Eugène Le Coupanec, 36 ans, député du Morbihan, avoué, légèrement blessé ;
- Eugène Leffet, 55 ans, député d'Indre-et-Loire, lieutenant de vaisseau, légèrement blessé ;
- Louis Lefoullon, 49 ans, député de la Seine (radical), archiviste, très légèrement blessé ;
- René Félix Le Hérissé, 36 ans, député de Rennes (gauche radicale, nationaliste), ex-capitaine, propriétaire terrien, très légèrement blessé ;
- Jean Plichon, 30 ans, député d'Hazebrouck (droite républicaine), industriel, très légèrement blessé ;
- Le baron René Reille, 58 ans, député du Tarn (Union des Droites), industriel, très légèrement blessé ;
- Paul "Vigné d'Octon" Vigné, 34 ans, député de l'Hérault, médecin, très légèrement blessé ;
- Jean-Baptiste Billot, 65 ans, sénateur inamovible, général de division, légèrement touché à l'épaule ;
- Schillinger, 65 ans, huissier à la Chambre des députés, gravement blessé à la tête ;
- Allès, 28 ans, lieutenant au 131e régiment de ligne, deux doigts sectionnés à la main droite ;
- Joseph Alexandre Aussage, 35 ans, représentant de commerce, touché au bras droit ;
- Robert Berger, 35 ans, loueur de voitures, blessé à la tête ;
- Jean Bivort, ancien président des courtiers près la Bourse, blessé à la tête et à la poitrine ;
- Henri Bourgoz, 35 ans, concierge, Suisse, blessé légèrement à la poitrine ;
- Eugène Cordier, marchand de vins, blessures légères ;
- Pierre Dessets, infirmier, blessé à la tête et au bras gauche ;
- Martin Edouard "Bertol-Graivil" Domicent, 36 ans, journaliste à L'Écho de Paris, blessé à la tête ;
- Charles Doux, marchand de vins, blessé gravement aux bras ;
- Joseph Dutour, ingénieur civil, blessé à l'oreille gauche ;
- Pierre Jacques Esnault, 65 ans, conseiller municipal de Clichy-la-Garenne, rentier, blessé à la tête ;
- Marie Fallauer, 19 ans, étudiante en lettres, Polonaise ;
- Foucault, commissaire à la Compagnie transatlantique, blessé à la tête ;
- Mme Foucault, blessée à la tête ;
- René Gaumet, 54 ans, propriétaire, blessé à la tête et à la main gauche ;
- Mario (?) Guesde, 18 ans, fils du député de Lille Jules Guesde, très légèrement blessé ;
- Jules Guillotier, 25 ans, garçon boulanger, sérieusement blessé à la tête ;
- Charles Hurpot, 66 ans, propriétaire, blessé au bras gauche ;
- Charles Isaer, 52 ans, représentant de commerce, blessé à la tête ;
- Marie Isaer, ? ans, soeur du précédent, blessée à la tête ;
- Mme Laporte (Mallez?), marchande de charbon, fracture de la rotule gauche ;
- Marius Laugère, 35 ans, cuisinier, blessé à la tête ;
- Legros, ?, très légèrement blessé ;
- Louis Théophile Lenoir, 38 ans, ciseleur, blessé à la tête et aux bras, suspecté en premier lieu d'être l'auteur de l'attentat ;
- Michel Longet, 62 ans, cultivateur, blessé à la tête et aux deux bras ;
- Loudouze, oncle du général Jung, assez sérieusement blessé à la tempe droite ;
- Jean Jacques Georges Maringer, 31 ans, sous-préfet de Louhans, neveu de Jean Bivort, blessé à l'oreille gauche ;
- Antoine Massat, 39 ans, tailleur, contusion de la face ;
- Mme Pépin, 25 ans, blessée à la poitrine ;
- Pauline Porcheron, 35 ans, rentière, blessée au bras droit ;
- Edmond Robert, ? ans, journaliste à La Correspondance nationale, très légèrement blessé au bras ;
- Louis Rouby ;
- Pierre Rousselle, 40 ans, marchand de vins, ?;
- Sénéchal, négociant en cuivre, blessé au front ;
- Gaston Sorin, 23 ans, négociant, neveu du député Labat, blessé à la tête et au bras ;
- Fernand Sorin, négociant, frère du précédent, blessé à la tête et au bras ;
- Jules Soufflard, 27 ans, cultivateur, blessé à la tête et souffrant d'une fracture du poignet droit ;
- Paul Tallon, 41 ans, employé de commerce, blessé gravement à la tête, aux bras et au côté gauche de la poitrine ;
- Léon Tourly, sous-préfet de Redon, blessé à la joue et à la main ;
- Edouard Vallerand, limonadier, blessé à l'épaule et au sein gauche ;
- Albert Vassart, 35 ans, brigadier des forêts, blessé à la tête ;
- Ioan Vasiliu-Nasturel, 48 ans, général de l'armée roumaine, blessé à la tête ;
- Rosa Wolff, épouse Mandel, Autrichienne, blessée à la tête, au côté gauche et à la jambe gauche ;
- une dame américaine (?) ;

Bien qu'étant la plus sérieusement atteinte des victimes, l'abbé Lemire, militant contre la peine de mort, lancera une pétition pour obtenir la grâce de Vaillant.
Guillotiné le 05 février 1894.
15 février 1894 Cour d'assises de la Seine

Paris
Henri Louis Marie "L'Espagnol de Montmartre" Lesteven

33 ans, menuisier, bookmaker

(10 août 1860, Morlaix, 29)
SATYRE ASSASSIN.

Soupçonné de dix-huit agressions de femmes au total, toujours accomplis en état de grande ébriété, avec coups et viols, en les forçant à se déshabiller et refusant de leur rendre leurs vêtements, et sous la menace ultime d'une défenestration. Aurait, entre 1890 et 1892, mortellement défenestré une prostituée rue des Trois-Frères (18e), mais aucun détail ne permet de confirmer le fait.

Le 05 juillet 1892, ayant amené chez lui, 11, rue du Chevalier de la Barre (18e), Marguerite Drouet, 18 ans, qui refuse des "actes contre nature", il lui casse deux dents à coups de poing.

En septembre 1892, au 10, boulevard Rochechouart (18e), porte un coup de couteau dans le torse à Blanche Glatigny, prostituée, qui dort à ses côtés : l'arme est heureusement amortie par le corset qu'elle porte. Il était son souteneur et amant depuis le mois précédent, et l'oblige à rester plusieurs mois en couple avec lui, tout en la maltraitant quotidiennement.

En février ou mars 1893, au 19, rue Lepic (18e), séquestre et viole Eugénie Ramponneau, 19 ans, giletière, durant un jour et une nuit entière, menaçant de la jeter par la fenêtre si elle ne se soumet pas à ses exigences.

Le 10 mars 1893, récidive avec Jeanne d'Ange, qu'il rackette et maltraite pendant deux semaines, avant de l'assommer le 24, au 14 bis rue Hassard (19e), et de profiter de son inconscience pour la torturer (il lui arrache des cheveux, lui épile le pubis, les aisselles, et tente de lui enlever deux dents) et la sodomiser. La jeune femme, menacée là aussi de défenestration, parvient tromper sa vigilance et à s'enfuir trois jours plus tard.

Le 06 mai 1893, l'accusant d'avoir tenté de le voler, bat à coups de pied Antoinette Peyraux (ou Poujaux ?), 19 ans, domestique, sa maîtresse en date depuis le 30 avril, et la pousse vers la fenêtre, empêché d'aller plus loin par une voisine. Après quelques jours à l'hôpital, Antoinette revient chez lui faute d'argent, mais s'en va pour de bon moins d'une semaine après quand il tente à nouveau de l'entraîner vers la fenêtre ouverte.

Le 10 juin 1893, place Armand-Carrel, aborde Mathilde Forty, 20 ans, ouvrière mécanicienne au chômage. Une fois chez lui, rue Hassard, comme elle refuse certains des actes qu'il exige, il la frappe à coups de poing, lui tire deux balles de revolver, la blessant au front, la défigure - il lui brise la mâchoire -, la torture pendant une heure et demie, avant de la défenestrer depuis le quatrième étage. Malgré cette chute de treize mètres, Mathilde survivra, au prix d'une jambe droite cassée et d'une entorse au poignet gauche.
Décédé le 27 février 1894 à Paris (suicide par défenestration depuis le premier étage de la Grande-Roquette).
17 février 1894 Cour d'assises de la Seine-Inférieure

Rouen
Albert Léon Bacheley

26 ans, journalier

(28 mars 1867, Thiétreville, 76)
FÉMINICIDE INTIME.

Tue d'un coup de fusil en pleine tête son ex-compagne, Léopoldine Héloïse Duhamel, 20 ans, tisserande, le 04 octobre 1893, hameau de la Grande-Rue à Daubeuf-Serville, parce que celle-ci avait rompu leurs fiancailles suite à une dispute des plus violentes.
Gracié le 12 avril 1894.

Evadé le 29 avril 1902.
20 février 1894 Cour d'assises de la Haute-Vienne

Limoges
Jean Bouchareichat

17 ans, valet de chambre

(19 avril 1876, Les Cars, 87)
CRIME CRAPULEUX.

Tire deux balles de revolver dans la tête puis étouffe et étrangle son patron Paul Hervy, 53 ans, patron d'une maison de confection pour dames le 05 septembre 1893, 10, rue Pont-Hérisson à Limoges, pour lui voler 1.250 francs, une montre en or et d'autres objets.
Arrêt cassé le 22 mars 1894.
22 février 1894 Cour d'assises de la Côte-d'Or

Dijon
Auguste Laureau

41 ans, charcutier

(10 mars 1852, Montbard, 21)
MATRICIDE/FÉMINICIDES INTIMES/TUERIE.

Accablé de reproches à cause de son ivrognerie et sa paresse, le 11 novembre 1893 au matin, rue de la Liberté à Montbard, tue de trois coups de hachoir à viande sa femme Reine Marthe Mercier, épouse Laureau, 33 ans, lui tranchant le bras gauche, entaillant le gauche et lui fendant le visage en deux.

Blesse mortellement de trois autres coups à la tête sa propre mère, Marie Anne Antoinette Robin, veuve Auvigne, 65 ans, qui allait s'enfuir.

Se rend de l'autre côté de la rue, chez sa voisine et maîtresse Marie-Louise Cureau, veuve Febvre, 39 ans, cabaretière, qu'il frappe de plusieurs coups elle aussi. La veuve Febvre survivra quelques mois à ses blessures, avant de décéder le 04 mars 1894, quelques jours après avoir déposé aux assises.
Guillotiné le 19 avril 1894.
27 février 1894 Cour d'assises du Nord

Douai
Émile Pierre Joseph Vannieuwenhove

21 ans, tueur de porcs aux abattoirs

(24 juin 1872, Saintes, Belgique)
CRIME CRAPULEUX/TUERIE.

Au hameau de Gibraltar à Leers, le 08 décembre 1893, tue à coups de barre de fer Blondine Phalempin, épouse Vancoppenolle, 55 ans, épouleuse, puis fait subir le même sort à ses deux petits-enfants, Edmond Tanghe, 8 ans, et Marie Palmyre Tanghe, 5 ans, qui criaient au secours, avant de dévaliser la maison, volant des vêtements et un porte-monnaie contenant 15 francs.

Il avait été autrefois le locataire des Vancoppenolle, et le soupirant d'une de leurs filles.
Guillotiné le 21 avril 1894 à Lille.
01 mars 1894 Cour d'assises de l'Ille-et-Vilaine

Rennes
Pierre Marie Hillion

32 ans, employé aux ateliers de la gare de Rennes

(26 juillet 1861, Rennes)
BOURREAUX D'ENFANT.

Rue de la Psalette puis au 49, quai de la Prévalaye, à Rennes, à partir de septembre 1892, maltraitent le petit Aristide Édouard Hillion, fils du premier mariage de Pierre-Marie (veuf depuis 1891), en l'affamant, en lui donnant des hardes pour tous vêtements, et en le battant.

Le 05 janvier 1894, dès son réveil, ils le giflent, lui arrachent les oreilles, le rouent de coups de poing avant de l'assommer avec un balai.

L'enfant meurt le lendemain soir, à l'âge de cinq ans et huit mois.

A l'autopsie, quatre-vingts traces de coups sont relevées sur le corps du garçonnet.
Gracié le 27 avril 1894.

Décédé le 26 août 1926 en Guyane.
Victorine Marie Besnier, épouse Hillion

34 ans, femme de ménage

(28 juin 1859, Nozay, 44)
Graciée le 27 avril 1894.

Décédée le ?
07 mars 1894 Cour d'assises de l'Hérault

Montpellier
Jean François Vigné

32 ans, cultivateur

(08 novembre 1861, Cestayrols, 81)
AMANTS DIABOLIQUES/CRIME A GAGES (TUEURS)

A Lieuran-Ribaute, au carrefour du chemin vicinal de Boujan à Corneilhan et de la route de Bédarieux, assomment d'un coup de bâton puis égorgent d'un coup de couteau le 12 octobre 1893 Joseph Noël Astruc, 45 ans, boulanger à Pailhès, et volent son portefeuille contenant 800 francs.

Crime commis sur les instigations de Nathalie Élisabeth Blézy, veuve Astruc, 49 ans, boulangère : souhaitant refaire sa vie avec Jean François, son amant, elle le paya 100 francs et lui offrit un couteau pour qu'il passe à l'acte. Lui assomma la victime, Adrien porta le coup de couteau.

La veuve Astruc est condamnée aux travaux forcés à perpétuité.
Gracié le 28 avril 1894.

Décédé le 31 mai 1896 à l'île Nou.
Adrien François Vigné

37 ans, cultivateur

(22 janvier 1857, Cestayrols, 81)
Gracié le 28 avril 1894.

Décédé le 30 juin 1919 à l'île Nou.
14 avril 1894 Cour d'assises de la Somme

Amiens
Henri Léon Decoin

29 ans, cordonnier

(01 août 1864, Paris 14e)
CRIME CRAPULEUX

Etranglent Caroline Moyencourt, épouse Joly, 77 ans, et poignardent et égorgent de neuf coups de couteau (dont quatre au cou) son mari Augustin "Tintin" Joly, 78 ans, rentiers, dans la nuit du 26 au 27 janvier 1894, rue du Château à Pont-de-Metz, pour leur voler 400 francs-or et huit obligations.
Gracié le 13 juin 1894.

Evadé le 10 janvier 1901.
Auguste Isaac Hachin

39 ans, cordonnier

(11 février 1855, Seclin)
Gracié le 13 juin 1894.

Décédé le 05 avril 1899 en Guyane.
28 avril 1894 Cour d'assises de la Seine

Paris
Émile Henry

21 ans, étudiant

(26 septembre 1872, Barcelone, Espagne)
ATTENTATS TERRORISTES.

Anarchiste, dépose le 08 novembre 1892 une bombe, composée d'une marmite en fonte remplie de vingt cartouches de dynamite, de chlorate de potasse, de sucre en poudre, de sodium et d'eau, devant la compagnie des mines de Carmaux, au 11, avenue de l'Opéra. On la fait transporter jusqu'au commissariat de police du 1er arrondissement, au 21, rue des Bons-Enfants, où l'appareil se déclenche et explose, détruisant le bâtiment et tuant sur le coup Etienne Fomorin, 43 ans, sous-brigadier, Raymond Emile Garin, 27 ans, garçon de recettes de la compagnie des Mines, Henri Pousset, 34 ans, secrétaire du commissariat, Marc Réaux, 28 ans, gardien de la paix et Charles Troutot, 45 ans, inspecteur. Émile Henriot, 46 ans, sous-brigadier, meurt d'une rupture d'anévrisme causé par le choc en arrivant sur place pour porter secours à ses collègues, et par une chute dans les décombres.

Le 12 février 1894, dans le café Terminus, à la gare Saint-Lazare, lance une bombe (une marmite de métal, remplie d'explosifs et de 120 balles) en l'air, faisant au moins dix-sept blessés : Ernest Octave Borde, 41 ans, dessinateur, touché aux deux jambes, qui mourra le 12 mars à l'hospice Beaujon ; Louis Napoléon Van Herreweghen, 25 ans, dessinateur, atteint gravement aux tibias ; Auguste Agenon/Agelon/Agelau, rue Saint-Lazare, garçon de café, qui avait servi sa consommation à Henry, touché à la jambe droite ; Jean-Mathurin louis Paquet/Pauquet/Pocquet, garçon de café, 119 rue de Rome, gravement touché à la main droite et à la cuisse droite ; Raymond Loustau, 24 ans, garçon de café, blessé aux pieds et à la cuisse droite ; Louis Fouvert/Foubert, garçon de café, assez gravement blessé à la cuisse ; Jean-Nicolas Michel, commis principal des postes, 43, rue truffaut, gravement blessé aux bras ; Jacob Abraham Adolphe Emanuel, 59 ans, employé à la Banque des pays, blessé à l'oreille ; Mathilde Siémen, épouse Emanuel, 53 ans, sans profession, blessée à la jambe ; sa soeur, Hermance Siémen, épouse Leblanc, 48 ans, sans profession, blessée à la jambe gauche ; Albert Jules Beck, 53 ans, architecte à la Chambre des Députés, blessé aux mains ; Edouard Cauvreux/Couvreur/Couvrent, étudiant en médecine, 28, rue de la Huchette, blessure à la jambe gauche ; M.Geoffroy, propriétaire, 40, rue du Rocher, touché à la jambe gauche ; M.Benque, employé de bureau, 9, rue de Calais, blessé au mollet, sans grande gravité ; Eugène Adolphe Garnier, homme de lettres, 11 rue Léonie, touché au talon gauche ; Mme Hunsbourg mère, artiste-peintre, 28, rue Ville-Levêque, blessée au talon droit, au mollet gauche et à la cuisse droite ; Marie Hadamla, baronne d'Eischtedt, 9, rue lauriston, blessée.

En s'enfuyant, rue d'Isly, ouvre le feu sur Gustave Etienne, cheminot, qui reçoit la balle sur un bouton de sa veste, ce qui lui fait perdre connaissance, blesse Léon Maurice, coiffeur, avant de blesser gravement de deux coups de feu à la poitrine François-Jullien Poisson, agent de police, juste avant d'être capturé.
Guillotiné le 21 mai 1894.
12 mai 1894 Cour d'assises des Basses-Pyrénées

Pau
Joaquin "Joachim" Noray

23 ans, boulanger

(20 juillet 1871, Vielha, Espagne)
CRIME CRAPULEUX.

Tout juste libéré d'Eysses, le 07 février 1894, RN117, à l'entrée de Lée, égorge à coups de rasoir Anne Castet-Lannes, épouse Bergerou, 54 ans, cultivatrice, pour lui voler 60 centimees.
Guillotiné le 24 juillet 1894.
26 mai 1894 Cour d'assises de la Seine-Inférieure

Rouen
Gaston Raymond Gamelin

28 ans, garçon épicier

(23 juillet 1865, Rouen)
SATYRE ASSASSIN D'ENFANT.

Le 26 janvier 1894, au 2bis, Petite-Rue-Nationale à Rouen, enlève, viole puis étrangle Marthe Deriberpré, 7 ans.

Avait déjà, deux jours avant le rapt et le meurtre de Marthe, tenté d'enlever une adolescente de 14 ans pour la conduire dans ce même appartement abandonné.
Guillotiné le 27 juillet 1894.
28 mai 1894 Cour d'assises du Nord

Douai
Édouard Joseph Marlo

28 ans, ouvrier tisseur.

(16 décembre 1865, Roncq)
?

Frappe de vingt coups de tranchet sur la tête le 02 mars 1894, boulevard Gambetta à Roubaix son ancien patron, Florimond Cauchies, tisseur, le blessant grièvement sans véritable raison, ni la vengeance (Marlo était démissionnaire), ni même le vol (rien ne fut emporte), sinon une affirmation au mouvement anarchiste.
Arrêt cassé le 22 juin 1894.

Condamné aux travaux forcés à perpétuité par la cour d'assises du Pas-de-Calais le 26 juillet 1894.

Remise de peine en 1906.
02 juin 1894 Cour d'assises de la Seine-Inférieure

Rouen
Isidore Henri Tesnière

28 ans, domestique de ferme

(20 août 1865, Sainte-Marguerite-sur-Fauville, 76)
CRIME CRAPULEUX.

Assassine à coups de bûche, quartier de l'Eglise à Hattenville dans la nuit du 19 au 20 décembre 1893, sa patronne Scholastique Hortense Bredville, veuve Allais, 59 ans, cultivatrice propriétaire, et blesse mortellement son fils Eugène Ernest Emile Allais, 24 ans, cultivateur, afin de piller leur maison, volant un portemonnaie contenant 1.425 francs.

Emile décède le 27 décembre.
Gracié le 19 juillet 1894.

Décédé le 27 mai 1928 en Guyane.
07 juin 1894 Cour d'assises de la Corrèze

Tulle
Jean Bouchareichat

18 ans, valet de chambre

(19 avril 1876, Les Cars, 87)
CRIME CRAPULEUX.

Tire deux balles de revolver dans la tête puis étouffe et étrangle son patron Paul Hervy, 53 ans, patron d'une maison de confection pour dames le 05 septembre 1893, 10, rue Pont-Hérisson à Limoges, pour lui voler 1.250 francs, une montre en or et d'autres objets.

Condamné en première instance par la cour d'assises de la Haute-Vienne le 20 février 1894, arrêt cassé le 22 mars 1894.
Guillotiné le 03 août 1894 à Limoges (87).
26 juin 1894 Cour d'assises de l'Aveyron

Rodez
Arthémon Cousseins

26 ans, cultivateur

(26 janvier 1868, Cayrac, 12)
CRIME DE VENGEANCE.

Condamné le 19 février 1889 par la cour d'assises du Cantal à cinq ans de réclusion pour vols qualifiés, décide de se venger de ceux qui l'ont "injustement" accusé, et tue à coups de couteau le 06 mars 1894 à La Bardière, commune de Brommat, Gabrielle Blanc, épouse Thouluc, 45 ans, l'un des témoins en question.

Arrêté seize jours plus tard sans avoir eu le temps de pousser plus avant sa revanche.
Gracié le 15 août 1894.

Evadé le 18 septembre 1901.
30 juin 1894 Cour d'assises de la Loire

Montbrison
Jean Servajean

37 ans, boulanger

(25 janvier 1857, Boutheon, 42)
CRIME CRAPULEUX.

Tua d'un coup de bâton aux Chorines, commune de Saint-Médard, Jean Etienne Chavassieu, 59 ans, cultivateur-propriétaire, le 30 avril 1894, avant de le pendre pour faire croire à un suicide. Le corps n'est retrouvé qu'une semaine plus tard.

Servajean espérait trouver 60.000 francs : il repartit avec 14 francs, quelques vêtements, du lard et de l'alcool.

Son complice, Jean-Marie Fontvieille, 18 ans, journalier, écope de vingt ans de travaux forcés.
Guillotiné le 17 août 1894.
30 juin 1894 Cour d'assises de la Seine

Paris
Louis Armand Perrier

18 ans, scieur à la mécanique

(08 octobre 1875, Asnières)
FRATRICIDE PAR VENGEANCE.

Souteneur, le 26 février 1894, au 83, avenue des Grésillons, commune de Gennevilliers, abat d'une balle entre les deux yeux son frère aîné Charles Hippolyte Perrier, 32 ans, jardinier, pour se venger d'avoir été dénoncé par ses soins après avoir cambriolé sa maison et volé 70 francs.

Son complice Eugène Chouvi, 19 ans, garçon de lavoir,est condamné à trois ans de réclusion.
Gracié le 20 août 1894.

Evadé le 06 septembre 1910.
12 juillet 1894 Cour d'assises de la Mayenne

Laval
Albert Joseph Pierre Bruneau

33 ans, vicaire à Entrammes

(23 février 1861, Assé-le-Bérenger, 53)
CRIMES CRAPULEUX.

Prêtre débauché, auteur de plusieurs incendies volontaires pour toucher l'assurance.

Le 15 juillet 1893, égorgea Marie Fromentin, veuve Bourdais, 72 ans, fleuriste au 5, quai de la Mayenne à Laval, qui était sa maîtresse, pour lui voler de l'argent et des biens.

Le 2 janvier 1894, jeta dans le puits du presbytère son supérieur l'abbé Constant Joseph Fricot, 51 ans, curé d'Entrammes, et l'assomma à coups de bâton.

Mobile : éviter une dénonciation, car Bruneau avait volé les économies de Fricot, et ce dernier s'en était rendu compte.
Guillotiné le 30 août 1894.
13 juillet 1894 Cour d'assises de la Seine

Paris
Augustin Joseph Honoré Thierry

30 ans, cocher

(23 mars 1864, Dieuville, 10)
CRIME CRAPULEUX.

Assomme avec un fer à repasser, ligote avec des cordes à linge puis étrangle à mains nues le 03 février 1894 Amélie Felden, épouse Gaudin, 63 ans, patronne d'hôtel au 21, avenue Gambetta à Courbevoie, lui vole 10.000 francs et une montre, avant de pendre le corps pour simuler le suicide.

Sa maîtresse Jeanne Victorine Leroy, 19 ans, et le frère utérin de celle-ci, Ernest Victor Gauthier, 29 ans, peintre, sont condamnés à perpétuité.
Gracié le 15 août 1894.

Décédé le 30 novembre 1895 à Saint-Laurent-du-Maroni.
03 août 1894 Cour d'assises du Rhône

Lyon
Santo Jeronimo Caserio

20 ans, boulanger

(08 septembre 1873, Motta-Visconti, Lombardie, Italie)
MAGNICIDE/ATTENTAT TERRORISTE.

Anarchiste, au soir du 24 juin 1894, lors d'une visite à l'Exposition universelle, internationale et coloniale, en plein défilé, rue de la République à Lyon, frappe d'un coup de couteau dans la poitrine Marie François Sadi Carnot, 56 ans, ingénieur, Président de la République Française depuis 1887.

Touché au foie et à la veine porte, Carnot décède peu après minuit et demi, soigné en urgence à l'hôtel de préfecture du Rhône.
Guillotiné le 16 août 1894.
08 août 1894 Cour d'assises des Basses-Pyrénées

Pau
Jean Joseph Menaud

23 ans, commis dans une banque

(11 mars 1871, Artix, 40)
CRIME SUR AGENTS PÉNITENTIAIRES.

Voleurs, incarcérés dans la minuscule maison d'arrêt d'Orthez, rue des Jacobins, s'en évadent dans la nuit du 18 au 19 avril 1894 en étranglant Pierre Moula, 59 ans, surveillant, et en tentant d'assassiner son épouse Magdeleine Lacoste, épouse Moula, 48 ans, gardienne.

Leur co-détenu, Jean "Lacoste" Darget, 25 ans, incarcéré pour tentative de meurtre, est condamné aux travaux forcés à perpétuité.
Arrêt cassé le 07 septembre 1894.
Joseph Marcel Daubagna

25 ans, ancien ordonnance du général Ferron

(20 mars 1869, Orthez)
28 septembre 1894 Cour d'assises de la Seine

Paris
Léopold Boulay

21 ans, cocher de fiacre

(28 avril 1873, Paris)
PARRICIDE.

Abat de trois coups de revolver le 15 mai 1894 à Paris, au 21, boulevard de Grenelle, son père Eugène Boulay, 55 ans, marchand de vin, sous prétexte que la victime avait causé la mort de sa première épouse à force de mauvais traitements, puis s'était remarié avec une de ses cousines, qui était depuis longtemps sa maîtresse et mère de deux enfants adultérins.
Gracié le 17 novembre 1894.

Décédé le 31 octobre 1915 aux Îles du Salut.
24 octobre 1894 Cour d'assises des Pyrénées-Orientales

Perpignan
Joseph Étienne Jean Agusty

30 ans, cultivateur-propriétaire

(22 mars 1864, Ponteilla, 66)
PARRICIDE.

Assomme à coups de fourche et de massue, avant de l'abattre à coup de revolver, son père Etienne Agusty, 65 ans, brassier, le 07 mai 1894 à Ponteilla pour ne plus avoir à lui verser la pension annuelle de 700 francs qu'il tardait, de toutes manières, à lui payer.

Crime commis le jour même où Etienne saisit la justice pour faire payer son fils.
Gracié le 26 décembre 1894.

Décédé le 09 avril 1896 aux Îles du Salut.
27 octobre 1894 Cour d'assises de la Marne

Reims
Nicolas Houé

31 ans, domestique de ferme

(03 novembre 1862, Servigny-lès-Raville, 57)
SATYRE ASSASSIN.

Etrangle dans un champ du Châtelier, le 08 août 1894, Marie Charpentier, 19 ans, bonne dans la même ferme que lui, avant de la frapper de plusieurs coups de marteau, avec tant de violence que le manche se brise, puis de la violer et de l'achever à coups de bouteille.
Gracié le 12 janvier 1895.

Décédé le 26 septembre 1896 à Saint-Laurent-du-Maroni.
31 octobre 1894 Cour d'assises de la Saône-et-Loire

Chalon-sur-Saône
Pierre Mazué

20 ans, garçon boulanger

(14 décembre 1873, Saint-Germain-du-Plain, 71)
CRIME CRAPULEUX/INCENDIAIRE/TUERIE.

Assassina le 18 juillet 1894 les bûcherons Jean Carrette, 50 ans, Claude Lapierre, 53 ans, et Elie Tortillet, 60 ans, dans les bois de Nancelles, forêt du Gros-Mont, commune de Saint-Sorlin, en les frappant à coups de gourdin d'érable, puis en les achevant au couteau, avant de dérober 180 francs à Tortillet et 23 francs à Carrette. Il compléta son oeuvre en incendiant la cabane où vivaient ses victimes pour cacher les preuves de son crime.
Guillotiné le 29 décembre 1894.
04 novembre 1894 Cour d'assises des Landes

Mont-de-Marsan
Laurent "Le Marin" Ambulant

25 ans, maçon

(25 septembre 1869, Labatut, 40)
CRIME CRAPULEUX.

Joueur invétéré accablé de dettes, fracasse à coups de pierre tranchante le crâne de Jean Brocas, 68 ans, aubergiste, sur la route de Mugron, commune de Lourquen, dans la nuit du 18 au 19 juin 1894, pour lui voler 150 francs.

Brocas survit deux jours à son agression, ce qui lui permet de dénoncer son assassin.
Arrêt cassé le 10 janvier 1895.

Condamné aux travaux forcés à perpétuité par la cour d'assises des Basses-Pyrénées le 08 février 1895.

Evadé le 02 septembre 1898.
06 novembre 1894 Cour d'assises des Landes

Mont-de-Marsan
Jean Joseph Menaud

23 ans, commis dans une banque

(11 mars 1871, Artix, 40)
CRIME SUR AGENTS PÉNITENTIAIRES.

Voleurs, incarcérés dans la minuscule maison d'arrêt d'Orthez, rue des Jacobins, s'en évadent dans la nuit du 18 au 19 avril 1894 en étranglant Pierre Moula, 59 ans, surveillant, et en tentant d'assassiner son épouse Magdeleine Lacoste, épouse Moula, 48 ans, gardienne.

Leur co-détenu, Jean "Lacoste" Darget, 25 ans, incarcéré pour tentative de meurtre, est condamné aux travaux forcés à perpétuité.

Condamnés en première instance par la cour d'assises des Basses-Pyrénées le 08 août 1894, arrêt cassé le 07 septembre 1894.
Guillotinés le 03 janvier 1895.
Joseph Marcel Daubagna

25 ans, ancien ordonnance du général Ferron

(20 mars 1869, Orthez)
12 novembre 1894 Cour d'assises de l'Eure-et-Loir

Chartres
Auguste Henri Lemoine

20 ans, berger

(23 février 1874, Voise, 28)
SATYRE ASSASSIN/FÉMINICIDE NON INTIME.

Le 07 juillet 1894, à la Nicoltière, commune d'Illiers-Combray, assomme d'un coup de bâton puis viole Camille Manceau, 19 ans, bonne dans la maison où il était domestique.

La jeune fille repoussait ses avances depuis longtemps.

Il en profita pour voler 220 francs et un complet neuf.
Arrêt cassé le 13 décembre 1894.

1895 : 26 condamnations

17 janvier 1895 Cour d'assises de la Seine-et-Oise

Versailles
Auguste Henri Lemoine

20 ans, berger

(23 février 1874, Voise, 28)
SATYRE ASSASSIN/FÉMINICIDE NON INTIME.

Le 07 juillet 1894, à la Nicoltière, commune d'Illiers-Combray (28), assomme d'un coup de bâton puis viole Camille Manceau, 19 ans, bonne dans la maison où il était domestique.

La jeune fille repoussait ses avances depuis longtemps.

Il en profita pour voler 220 francs et un complet neuf.

Condamné en première instance par la cour d'assises d'Eure-et-Loir le 12 novembre 1894, arrêt cassé le 13 décembre 1894.
Guillotiné le 23 mars 1895.
24 janvier 1895 Cour d'assises des Côtes-du-Nord

Saint-Brieuc
Jean Marie Rolland

26 ans, marin-pêcheur

(08 septembre 1868, Plouha, 22)
SATYRE ASSASSIN.

Viole et étrangle le 11 novembre 1894 à Keraoul, commune de Plouha, Marguerite Lecomte, 40 ans, mendiante.
Gracié le 15 mars 1895.

Décédé le 11 août 1900 à Saint-Laurent-du-Maroni.
10 mars 1895 Cour d'assises du Nord

Douai
Achille Bernard

47 ans, cabaretier, tisseur et cultivateur

(24 mai 1847, Viesly)
GENDARMICIDE.

Partis pour voler du foin, tuent à coups de serpe, de tisonnier et de piquet de fer Henri Pamart, 66 ans, garde-messier, qui venait de les surprendre en pleine action et avait dressé procès-verbal, le 31 mai 1894, chemin de Quiévy à Viesly.

Léon Demuriez, 36 ans, cultivateur, est condamné à trois ans de prison.
Exécution prévue à Cambrai.

Gracié le 09 mai 1895.

Décédé le 11 juillet 1914 en Guyane.
Victor Maki

26 ans, marchand de morue, charretier

(29 novembre 1868, Viesly)
Exécution prévue à Cambrai.

Gracié le 09 mai 1895.

Décédé le 14 mai 1917 en Guyane.
26 mars 1895 Cour d'assises des Bouches-du-Rhône

Aix
Toussaint Simon

39 ans, journalier

(17 mars 1856, Ligny-en-Barrois, 55)
CRIME CRAPULEUX.

Baîllonnent, rouent de coups et étranglent avec un mouchoir Virginie "Eudoxie" Nicolas, épouse Sauvaire, 64 ans, tenancière d'hôtel au 13, rue du Baignoir à Marseille le 17 décembre 1894 pour lui voler 600 francs.

Barillot était le garçon de chambre de l'hôtel, et Simon l'un des locataires.
Arrêt cassé le 01 juin 1895.
César Auguste Barillot

28 ans, garçon de chambre

(28 mars 1867, Montrond, 39)
04 avril 1895 Cour d'assises de la Loire

Montbrison
Benoît Faure

24 ans, cultivateur

(19 février 1871, Saint-Marcellin)
CRIME CRAPULEUX.

Battent à coups de matraque et torturent à mort - notamment en l'émasculant - Christophe Bastide, 46 ans, cultivateur à la Font des Sarazins, commune Saint-Marcellin, dans la nuit du 26 au 27 février 1895, pour qu'il leur dise où il dissimule ses économies. La victime ne disant rien, les deux bandits s'enfuient avec 63 francs.

M.Bastide mourra le 05 mars des suites de la castration.
Exécution prévue à Saint-Marcellin.

Gracié le 16 mai 1895.

Décédé le 12 janvier 1899 en Guyane.
Jean Marie Philidet

25 ans, cultivateur

(27 décembre 1869, Saint-Marcellin)
Exécution prévue à Saint-Marcellin.

Gracié le 16 mai 1895.

Décédé le 21 septembre 1918 à Kourou.
03 mai 1895 Cour d'assises de l'Eure

Évreux
Fernand Hildevert Jumel

18 ans, ouvrier agricole

(02 septembre 1876, Etrépagny, 27)
CRIME CRAPULEUX/INCENDIAIRE.

Tue d'un coup de bâton sur la tête, dans la nuit du 22 au 23 décembre 1894 à Gamaches, Rosalie Nazarie Fortier, veuve Bove, 64 ans, recouvre son corps de paille et de plumes - venant du matelas éventré - auxquels il met le feu et part sans avoir rien trouvé.

Son complice Louis Béranger, 19 ans, journalier, est condamné aux travaux forcés à perpétuité.
Gracié le 13 juin 1895.

Décédé le 21 avril 1909 à Saint-Laurent-du-Maroni.
22 mai 1895 Cour d'assises de la Seine-Inférieure

Rouen
Alexis Romulus "Cyrille" Clabaut

38 ans, journalier, cultivateur

(30 mai 1856, Les Grandes-Ventes, 76)
MATRICIDE/CRIME CRAPULEUX.

Tue à coups de serpe, le 19 décembre 1894, quartier des Cailloux (route de Paris) aux Grandes-Ventes, sa mère, Sophie Pélagie Deperrois, veuve Clabaut, 71 ans, journalière, et le patron et amant de celle-ci, Louis Isidore "Paix-de-Coeur" Bodin, 76 ans (lequel était de façon à peu près certaine le père adultérin de Clabaut), pour voler au moins 750 francs en pièces d'or.

Marie Victoire Dupuis, épouse Clabaut, 25 ans, complice, est condamnée à dix ans de travaux forcés.
Gracié le 22 juillet 1895.

Décédé le 21 juillet 1900 à Saint-Laurent-du-Maroni.
17 mai 1895 Cour d'assises de l'Ille-et-Vilaine

Rennes
Pierre Marie Joseph Davory

43 ans, manoeuvre

(19 janvier 1852, Rennes)
TENTATIVE DE GENDARMICIDE/CRIME CRAPULEUX.

Libéré de Fontevrault après cinq ans de prison pour vols en novembre 1894.

S'installe à Rennes chez son ex-femme, Marie-Reine Jouvigné, formant un ménage à trois avec son nouveau compagnon, François Lecouturier, et devient par ses vols la principale source de revenus du foyer.

Au cours d'un cambriolage dans la cave à vins d'un voisin, dans la nuit du 18 au 19 mars 1895, surpris dans la rue Le Graverend par Louis Goupil, 29 ans, agent de police qui demeure au 37 de cette même rue, Davory lui fend le visage avec son couteau, puis le poignarde à 22 reprises, manquant le tuer - l'épaisseur des vêtements le préservera. Attirée par les cris, Perrine Goupil sort de chez elle et est blessée à coups de couteau elle aussi.

Davory, lui, est blessé à la tête d'une balle tirée par le policier.

Marie-Reine est condamnée à cinq ans de prison.
Gracié le 11 juillet 1895.

Décédé le 18 mai 1907 en Guyane.
26 juillet 1895 Cour d'assises du Var

Draguignan
Toussaint Simon

39 ans, journalier

(17 mars 1856, Ligny-en-Barrois, 55)
CRIME CRAPULEUX.

Baîllonnent, rouent de coups et étranglent avec un mouchoir Virginie "Eudoxie" Nicolas, épouse Sauvaire, 64 ans, tenancière d'hôtel au 13, rue du Baignoir à Marseille le 17 décembre 1894 pour lui voler 600 francs.

Barillot était le garçon de chambre de l'hôtel, et Simon l'un des locataires.

Condamnés en première instance par la cour d'assises des Bouches-du-Rhône le 26 mars 1895, arrêt cassé le 01 juin 1895.
Guillotinés le 16 septembre 1895.
César Auguste Barillot

28 ans, garçon de chambre

(28 mars 1867, Montrond, 39)
30 juillet 1895 Cour d'assises des Bouches-du-Rhône

Aix
François Paul Henri Poullain

25 ans, étudiant

(02 avril 1870, Marseille)
MATRICIDE.

Voleurs, étranglent et tuent d'un coup de barre de fer en plein front dans la nuit du 16 au 17 février 1895 à Marseille, quartier Saint-Louis à la Cabucelle, Marie Elizabeth Ursule Brémond, veuve Chalvet, 81 ans, rentière, la grand-mère de Poullain, et volent 900 francs, une montre en or et une broche.

Joseph Léon Viguier, 27 ans, cocher est acquitté.
Gracié le 11 septembre 1895.

Evadé le 01 décembre 1899.
Adrien Joseph Chabaud

24 ans, chargeur

(18 décembre 1870, Cavaillon, 84)
Gracié le 11 septembre 1895.

Décédé le ? (Nouvelle-Calédonie)
01 août 1895 Cour d'assises du Pas-de-Calais

Saint-Omer
Paul Émile Vigniel

18 ans, journalier

(26 septembre 1876, Saint-Pierre-les-Calais)
CRIME CRAPULEUX.

Agresse dans la nuit du 30 mai au 1er juin 1895, au 34, rue des Prairies à Calais Marie Ferdinande Célestine "La mère Louis" Lheureux, épouse Demersseman, 77 ans, épicière, à qui il fait boire de force un litre de genièvre avant de l'étouffer avec un oreiller pour lui voler 30 francs et plusieurs livres de chocolat.

Son complice, Henri Delattre, 16 ans, scieur, est condamné aux travaux forcés à perpétuité.
Arrêt cassé le 07 septembre 1895.

Condamné le 14 novembre 1895 par la cour d'assises du Nord aux travaux forcés à perpétuité.

Décédé le 04 mars 1915 aux Îles du Salut.
05 août 1895 Cour d'assises du Calvados

Caen
Jules René Jeanne

35 ans, ouvrier couvreur

(03 avril 1860, Fougerolles, 53)
FÉMINICIDE INTIME.

Abat de quatre balles de revolver le 10 mai 1895, rue du Petit-Four à Orbec sa femme Marie Adélaïde Julia Biet, épouse Jeanne, 33 ans, sans profession.

Elle l'avait quitté suite à ses brutalités pour retourner vivre chez ses parents, et quelques jours plutôt, lors d'un entretien avec le président du tribunal civil de Pont-l'Evêque, elle avait refusé de lui laisser la garde de leurs deux enfants.
Gracié le 27 septembre 1895.

Décédé le 01 mai 1906.
04 septembre 1895 Cour d'assises de la Sarthe

Le Mans
Jean Baptiste Lanceleur

37 ans, journalier

(21 juillet 1858, La Flèche, 72)
CRIME CRAPULEUX.

Le 22 février 1895, au hameau de Cuvy, à Mareil-sur-Loir, tue de deux coups de hache ses anciens voisins Louis Guiet, 77 ans, cultivateur, et de cinq autres coups Jeanne Gervaise, épouse Guiet, 72 ans, afin de les voler.

Ratant dans une armoire les économies, s'élevant à 1.200 francs, il ne dérobe que 80 francs.
Guillotiné le 16 novembre 1895.
09 octobre 1895 Cour d'assises du Morbihan

Vannes
Louis Marie Foulgoc

23 ans, cocher

(12 avril 1872, Baud, 56)
FÉMINICIDE INTIME.

Le 26 août 1895, au restaurant Loisel, place du Poids-Public/de la Poissonnerie à Vannes, tire deux balles sur Anne-Marie Le Govic, 16 ans, domestique, la première lui frôlant le front, la seconde, la touchant à la tempe gauche, la tuant net, puis tente d'abattre de deux autres balles sa meilleure amie, Anaïs Le Brazidec, avant de se tirer une balle dans la bouche, ne réussissant qu'à se trouer la joue droite.

Anne-Marie et lui avaient été fiancés, mais la jeune fille avait, en raison de son tempérament ivrogne, violent et débauché, décidé de rompre avec lui quelque temps auparavant.
Gracié le 16 novembre 1895.

Evadé le 14 avril 1901.
26 octobre 1895 Cour d'assises de la Mayenne

Laval
Prosper Auguste Pipelier

19 ans, valet de ferme

(29 avril 1876, Ballée, 53)
SATYRE ASSASSIN D'ENFANT.

Etrangle la fille de ses patrons, Blanche Leroy, 3 ans, le 17 juin 1895, à la ferme des Courbes, à Epineux-le-Seguin, après lui avoir fait des attouchements, et met en scène le corps pour faire croire qu'une barrière s'était accidentellement effondrée sur elle.
Gracié le 02 décembre 1895.

Décédé le 14 novembre 1898 à Saint-Laurent-du-Maroni.
08 novembre 1895 Cour d'assises des Côtes-du-Nord

Saint-Brieuc
Jacques François Egalon

52 ans, forgeron

(22 janvier 1843, Pleudihen-sur-Rance, 22)
FRATRICIDE.

Abat d'un coup de fusil dans la nuque, le 12 septembre 1895 à Pleudihen son frère Louis Egalon, 44 ans, forgeron, pour hériter de lui et ainsi rembourser ses dettes devenues énormes.
Exécution prévue à Dinan.

Gracié le 23 décembre 1895.

Décédé le 31 janvier 1898 à Cayenne.
15 novembre 1895 Cour d'assises de la Seine

Paris
Alcide Ernest Sallé

55 ans, marchand des quatre saisons

(12 octobre 1840, Rouen)
CRIME CRAPULEUX.

Au 12, rue Bleue à Paris dans la nuit du 29 au 30 avril 1895, agresse, ligote et étouffe avec un torchon Olympe Degouy, veuve Simon, 77 ans, concierge, pour lui voler, faute d'argent, quelques bijoux, une tabatière en argent, des couverts et deux livres de café.

Albert Sprenger, 23 ans, ouvrier imprimeur, est condamné à vingt ans de travaux forcés.
Gracié le 13 décembre 1895.

Décédé le 06 avril 1903 en Guyane.
21 novembre 1895 Cour d'assises de la Seine-et-Marne

Melun
Alexandre Vanhamme

20 ans, manoeuvre

(06 janvier 1875, Douai, 59)
CRIME CRAPULEUX.

Le 03 octobre 1895, avenue des Marronniers à Melun, au terme d'une soirée de libations qu'il leur a offert, assomment à coups de poing, de pied et de raclette de ramoneur Arthur Lefebvre, 43 ans, forgeron, pour lui voler le contenu de son portefeuille, soit 17 francs.

Ils le jettent ensuite inconscient dans la Seine, mais comme il est ranimé et se met à crier, Vanhamme monte sur une barque, entraîne par le col Lefebvre jusqu'au milieu du fleuve et lui enfonce la tête sous l'eau.

Dépensent l'argent aussitôt au bordel.
Guillotinés le 06 janvier 1896.
Alexandre Jules Mira

19 ans, manoeuvre

(27 février 1876, Poigny, 77)
14 décembre 1895 Cour d'assises de la Corse

Bastia
Théodore Bonelli

31 ans, ouvrier, conseiller municipal de Bocognano

(23 octobre 1864, Bocognano)
CRIME ?

Neveu du célèbre bandit Antoine "Bellacoscia" Bonelli.

Promet aux autorités de leur livrer mort ou vif un bandit nommé Cappa : pour obtenir la récompense, lui et son complice Joseph Ferrucci, 17 ans, cultivateur à Bocognano, tuent de deux coups de fusil à bout portant un menadiant paralytique, Joseph Murati, 32 ans, le 10 novembre 1894 dans la forêt de Vezzavona, et brûlent son corps dans le ravin d'Erzerella pour le rendre méconnaissable.

Ferrucci est condamné aux travaux forcés à perpétuité.

Antoine-Dominique Tasso, 36 ans, ancien gendarme, qui avait prêté le fusil, est acquitté.
Guillotiné le 17 février 1896 à Ajaccio.
24 décembre 1895 Cour d'assises de la Haute-Marne

Chaumont
Jean Pierre "Valence" Dudot

41 ans, berger

(29 octobre 1854, Maxstadt, 57)
CRIME CRAPULEUX.

Le 30 mai 1895, chemin de Choignes, à Biesles, tue d'une balle de revolver dans la tempe, Narcisse Nicolas "Alexandre" Moussu, 29 ans, chauffeur de la malle-poste Chaumont-Nogent, pour en voler le chargement (seul vrai butin : trois billets de 100 francs).
Guillotiné le 12 février 1896.

1896 : 28 condamnations + 1 condamnation au Tribunal des Corts

06 février 1896 Cour d'assises de la Meurthe-et-Moselle

Nancy
X..., dit "Eugène Marchal"/"Jules Boyer"

environ 46 ans, ?

(vers 1850, Metz, 57)
Frappe de deux coups de coutre de charrue, dans la nuit du 14 au 15 août 1895, rue Basse à Manoncourt-en-Woëvre, Alcide Godfroy, 40 ans, boulanger-aubergiste, chez qui il était entré avec l'intention de le cambrioler.

Assommé à son tour par Marie-Louise Lombard, épouse Godfroy, à coups de pelle à braise.
Gracié le 14 mars 1896.

Décédé le 09 septembre 1905 en Guyane.
15 février 1896 Cour d'assises de la Seine

Paris
Ignace Victor Voignier

70 ans, ouvrier sellier

(07 novembre 1825, Vézelise, 54)
SATYRE ASSASSIN D'ENFANT.

Au 46, rue Julien-Lacroix, viole et étrangle avec une corde Alice Neut, 9 ans, le 21 juillet 1890 avant de jeter son corps dans le canal de l'Ourcq, sous les ponts des abattoirs de la Villette, où il est repêché le lendemain matin.

Dénoncé en février 1895 par Alexis "Toto" Robin, 18 ans, inculpé dans une affaire de vols qualifiés : Robin avait été violé en mai 1890 par Voignier, et était également devenu son rabatteur contre rémunération. En deux mois, l'adolescent avait conduit au rue Julien-Lacroix au moins dix à douze fillettes, dont Anna Steermans, 11 ans, Marie Dargent, 11 ans, et Marie Beaucher, 9 ans. Toutes trois étaient, en 1895, en prison à Rouen, Montpellier et Nanterre.

Robin avait, sur l'ordre de Voignier, tenté d'approcher plusieurs fois Alice Neut en vain, avant d'y parvenir le jour de sa mort.
Gracié le 20 mars 1896, peine commuée en réclusion à perpétuité.

Décédé le 03 mai 1896 à Melun (77).
20 février 1896 Cour d'assises de la Haute-Saône

Vesoul
Louis Bénévent

30 ans, voyageur de commerce

(10 mai 1866, Grenoble, 38)
CRIME CRAPULEUX.

Assassine à coups de pioche et de bâton, le 31 mars 1894, dans une grange du château de la Hussardière, commune de Vaite, Claire Marie-Thérèse Springaux, veuve Guyot de Saint-Michel, 82 ans, pour lui voler de nombreuses pièces d'or, d'argent et de billets.

Déjà condamné aux travaux forcés à perpétuité le 10 juin 1895 par la cour d'assises du Jura pour avoir, le 01 mai 1894 sur le chemin de Parthey, commune de Choisey, assassiné Léon Chevalier, 19 ans, ajusteur-mécanicien, en lui fracturant mortellement le crâne pour le voler.
Gracié le 01 avril 1896.

Décédé le 06 mai 1897 en Guyane.
01 mars 1896 Cour d'assises du Nord

Douai
Jean "Raoul" Tremblié

31 ans, employé de commerce

(21 novembre 1864, Bordeaux)
CRIME CRAPULEUX.

Tue dans la nuit du 20 au 21 avril 1894, rue Cangallo à Buenos-Aires (Argentine), François Farbos, 42 ans, débarqué la veille avant de le dépecer pour lui voler 7.000 francs en or, avec qui il faisait un trafic de monnaie de billon entre France et Argentine.

Arrêté le 24 mai 1894 à Dunkerque en possession d'une partie de l'argent dérobé à Farbos.
Exécution prévue à Dunkerque.

Arrêt cassé le 26 mars 1896.
22 mars 1896 Cour d'assises du Tarn-et-Garonne

Montauban
Henri Longueville

28 ans, valet de ferme

(08 février 1868, Castelnau-Montratier, 46)
CRIME CRAPULEUX/TUERIE/INCENDIAIRE.

Egorge, au hameau de Bleye à Lafrançaise, le 29 septembre 1895, son patron Bernard Barthez, 61 ans, métayer, à coups de serpe avant de l'achever à coups de fusil, puis tire deux autres coups de feu sur Marie Delbosq, épouse Barthez, 57 ans, impotente, lui amputant la main droite et lui défonçant la tempe droite, avant de tuer leur petite-fille, Rose Marie Devautour, trois ans et demi, de deux dernières décharges dans la gorge et la poitrine, puis vole 70 francs et met le feu à la maison.
Arrêt cassé le 24 avril 1896.
28 mars 1896 Tribunal des Corts

Andorre
Manuel Baco-Calbo

32 ans, cultivateur

(22 septembre 1863, Engordany, Andorre)
PARRICIDE.

Le 11 janvier 1896, à Escaldes, assomme sa mère Maria Calbo de trois coups dans la tête, avant de l'étrangler à mains nues puis de lui mettre la tête dans la cheminée.

Rosa Albos, épouse Baco, est condamnée à dix ans de travaux forcés.
Gracié le 17 avril 1896.

Décédé le 21 avril 1898 à Thio (Nouvelle-Calédonie).
18 avril 1896 Cour d'assises des Côtes-du-Nord

Saint-Brieuc
Jean Baptiste Dagorne

27 ans, ancien marin, cultivateur

(06 septembre 1868, Saint-Martin-des-Prés, 22)
CRIME CRAPULEUX SUR ENFANTS.

Condamné en 1885 à huit jours de prison pour avoir blessé son cousin à coups de couteau.
Le 24 décembre 1895, chez les Robin à Kerouaran, commune de Saint-Martin-des-Prés, blesse de trois coups de couteau à pressoir dans la tête Mathurin Alleno, 39 ans, valet de ferme, en cherchant à cambrioler la ferme.
Le 25 décembre 1895, à La Croix-Gibat, commune de Trégueux, rentre chez les Hellio et tue à coups de couteau dans le coeur Louis, 10 ans (un coup) et Pierre, 4 ans et demi (cinq coups) chez qui il était venu voler, emportant dix-neuf mouchoirs et 80 centimes.
Guillotiné le 03 juin 1896.
24 avril 1896 Cour d'assises de la Meuse

Saint-Mihiel
Anatole Nicolas Gruselle

50 ans, ouvrier agricole

(20 décembre 1845, Cuisy, 55)
CRIME DE VENGEANCE.

Licencié le 15 novembre 1895 à Jubécourt par son patron, Pierre Gueusquin, meunier, mais rembauché le lendemain, se venge dans la nuit du 16 au 17 novembre 1895, en tuant à coups de poinçon dans le cou deux chevaux et blessé gravement une jument de son maître.

Soupçonné à juste titre par le fils Marie-Auguste Gueusquin, 34 ans, cultivateur, rendu furieux par ces suspicions, l'abat d'une balle de revolver le 29 novembre 1895.
Gracié le 24 juin 1896.

Décédé le 26 mai 1911 en Guyane.
25 avril 1896 Cour d'assises des Côtes-du-Nord

Saint-Brieuc
Marguerite Françoise Morin, épouse Guéno

50 ans, cultivatrice

(01 novembre 1845, Langueux, 22)
MATRICIDE.

Tue à coups de marteau sa mère, Marguerite Louise Geffrain, veuve Morin, 74 ans au village des Grèves, commune de Langueux, le 01 janvier 1896 pour lui voler 25 francs qu'elle refusait obstinément de leur confier.

Son mari Louis-Joseph Guéno, 55 ans, voiturier, est condamné à vingt ans de travaux forcés.
Arrêt cassé le 21 mai 1896.

ACQUITTÉE par la cour d'assises de l'Ille-et-Vilaine le 01 août 1896.

Décédée le 21 avril 1921 à Saint-Brieuc.
26 avril 1896 Cour d'assises de la Meuse

Saint-Mihiel
Louis Camille Legardeur

39 ans, encaisseur de banque

(12 août 1856, Verdun)
CRIME DE VENGEANCE.

Le 21 janvier 1896, dans les locaux de la succursale de la Banque Varin-Bernier, 17, rue Saint-Paul à Verdun, tire cinq coups de revolver le 21 janvier 1896 sur son ex-patron, Hilaire Numa Michel, 51 ans, directeur d'agence, qui l'avait renvoyé quinze jours plus tôt en raison de son intempérance et de ses trop fréquents retards.

Touché par au moins deux balles, l'une à la main droite, l'autre sous l'oeil gauche, M.Michel meurt le 29 janvier.
Gracié le 26 juin 1896.

Décédé le 11 juillet 1901 à Saint-Laurent-du-Maroni.
29 avril 1896 Cour d'assises du Pas-de-Calais

Saint-Omer
Jean "Raoul" Tremblié

31 ans, employé de commerce

(21 novembre 1864, Bordeaux)
CRIME CRAPULEUX.

Tue dans la nuit du 20 au 21 avril 1894, rue Cangallo à Buenos-Aires (Argentine), François Farbos, 42 ans, débarqué la veille avant de le dépecer pour lui voler 7.000 francs en or, avec qui il faisait un trafic de monnaie de billon entre France et Argentine.

Arrêté le 24 mai 1894 à Dunkerque en possession d'une partie de l'argent dérobé à Farbos.

Condamné en première instance par la cour d'assises du Nord le 01 mars 1896, arrêt cassé le 26 mars 1896.
Exécution prévue à Dunkerque (59).

Gracié le 24 juin 1896.

Evadé le 29 septembre 1900.
06 mai 1896 Cour d'assises du Calvados

Caen
Célestin Augustin Fortin

17 ans, homme d'équipe aux chemins de fer de l'Ouest

(16 octobre 1878, Essé, 35)
TENTATIVE DE PARRICIDE.

A Courtonne-la-Meurdrac, le 21 décembre 1895, tente d'abattre son père Charles Célestin Fortin, 47 ans, poseur de rails sur le même chantier, de quatre coups de revolver sans l'atteindre.
Gracié le 24 juin 1896.

Réhabilité le 13 avril 1934.

Décédé le 03 octobre 1955 en Nouvelle-Calédonie.
15 mai 1896 Cour d'assises du Loir-et-Cher

Blois
Barthélémy Meynié

22 ans, journalier

(14 mars 1873, Baugé, 49)
CRIME CRAPULEUX.

Repris de justice, quatorze condamnations préalables.

Le 30 janvier 1896, au hameau de la Loge, à Noyers-sur-Cher, attaque la maison Couet, tire un coup de fusil dans la tête de Silvine Beccavin, veuve Deschamps, 69 ans, domestique, et fracasse à coups de crosse le crâne de Joseph Couet, 74 ans, vigneron, pour les voler, mais s'enfuit sans avoir le temps de rien prendre.
Gracié le 15 juin 1896.

Evadé le 06 décembre 1898.
23 mai 1896 Cour d'assises du Maine-et-Loire

Angers
Charles Jouneau

33 ans, peintre, vitrier

(16 février 1843, Parthenay, 79)
CRIME CRAPULEUX SUR ENFANT.

Assassina à la hache Charles Jules Persigand, 12 ans, domestique à la ferme de la Guiharais, commune de l'Hôtellerie-de-Flée, le 29 mars 1896, et vole 270 francs et une bague en or.

Jouneau comptait depuis longtemps cambrioler la ferme, mais la présence du jeune garçon lui interdisait toute tentative.

Précédemment suspecté - à juste titre - d'incendie volontaire de son atelier afin de toucher l'assurance.
Guillotiné le 07 juillet 1896.
04 juin 1896 Cour d'assises de la Haute-Garonne

Toulouse
Henri Longueville

28 ans, valet de ferme

(08 février 1868, Castelnau-Montratier, 46)
CRIME CRAPULEUX/TUERIE/INCENDIAIRE.

Egorge, au hameau de Bleye à Lafrançaise, le 29 septembre 1895, son patron Bernard Barthez, 61 ans, métayer, à coups de serpe avant de l'achever à coups de fusil, puis tire deux autres coups de feu sur Marie Delbosq, épouse Barthez, 57 ans, impotente, lui amputant la main droite et lui défonçant la tempe droite, avant de tuer leur petite-fille, Rose Marie Devautour, trois ans et demi, de deux dernières décharges dans la gorge et la poitrine, puis vole 70 francs et met le feu à la maison.

Condamné en première instance par la cour d'assises du Tarn-et-Garonne le 22 mars 1896, arrêt cassé le 24 avril 1896.
Gracié le 27 juillet 1896.

Décédé le 25 décembre 1898 aux Îles du Salut.
08 juillet 1896 Cour d'assises du Doubs

Besançon
Albert Alexandre Pouquet

19 ans, journalier

(07 avril 1877, Roche-lez-Beaupré, 25)
CRIME CRAPULEUX.

Repris de justice, sorti de Poissy le 25 mai 1896.

En fuite le 5 juin 1896 après avoir été surpris en plein cambriolage de la maison de M.Picard à Roche, blesse gravement d'un coup de canne-épée dans le ventre Modeste Maiche, 55 ans, garde-éclusier, sur les bords du Doubs à Chalèze, parce que celui-ci tentait de l'arrêter.

Ses complices, Louis-Noël Parguez et Marie-Louis-Jules Bécoulet, sont condamnés chacun à six ans de réclusion.
Gracié le 16 août 1896.

Evadé le 02 mai 1903.
09 juillet 1896 Cour d'assises de la Dordogne

Périgueux
François Gody/Gaudi

42 ans, cultivateur

(15 février 1854, Prigonrieux, 24)
TENTATIVE DE FÉMINICIDE INTIME/CRIME VICARIANT.

Abat d'un coup de fusil, le 26 mars 1896 à Guillemandie, commune de Lunas, sa belle-fille Ida Château, 16 ans, sans profession, et blesse gravement d'un second coup de fusil sa femme Anna Mercier, veuve Château, épouse Gody, 42 ans.

Mariés depuis un an et demi, il maltraitait Anne, les trois enfants qu'elle avait eu de son premier lit, et était devenu par force l'amant d'Ida. Anna avait fini par demander le divorce.
Arrêt cassé le 31 juillet 1896.

Condamné aux travaux forcés à perpétuité par la cour d'assises de la Charente le 08 septembre 1896.

Décédé le 11 septembre 1905 à Saint-Laurent-du-Maroni.
25 juillet 1896 Cour d'assises de la Seine-Inférieure

Rouen
Alphonse Hippolyte Fournier

35 ans, toucheur de bestiaux

(02 octobre 1860, Sévis, 76)
CRIME CRAPULEUX.

Tue à coups de hachette dans la tête Marie Célestine Anceaume, 72 ans, rentière, au hameau des Hallais à à Bouelles le 07 novembre 1894, pour lui voler une somme indéfinie d'argent, une paire de chaussures et un fusil.

Condamné aux travaux forcés à perpétuité par la cour d'assises de la Seine-Inférieure le 26 novembre 1895 pour avoir étranglé avec une corde Pierre Anfry, 90 ans, cultivateur, son patron, hameau des Bordeaux à Bosc-Roger dans la nuit du 05 au 06 août 1895, et lui avoir volé 30 francs.

En attente de partir au bagne à la centrale de Saint-Martin-de-Ré, a le tort de parler à un co-détenu de l'affaire de Bouelles, ce dernier ayant tôt fait de le dénoncer.

Comparaît une première fois pour cette affaire le 20 mai 1896, mais l'affaire est renvoyée dès le lendemain, quand Fournier accuse à tort un autre prisonnier de Saint-Martin-de-Ré d'être le vrai meurtrier, juste pour gagner du temps.
Exécution prévue à Neufchâtel.

Gracié le 07 septembre 1896, peine commuée en réclusion à perpétuité.

Décédé le 02 septembre 1904 à Caen.
30 juillet 1896 Cour d'assises du Pas-de-Calais

Saint-Omer
Usmar François Vercoutre

28 ans, journalier

(07 juillet 1868, Eperlecques, 62)
CRIME CRAPULEUX.

Étrangle avec son fichu le 14 mai 1896 à Nielles-lès-Ardres Marie Joséphine Austreberthe Wattez, 62 ans, propriétaire foncière, avant de dévaliser les lieux, ne trouvant qu'une pièce de deux francs.
Gracié le 11 septembre 1896.

Décédé le 09 août 1897 aux Îles du Salut.
30 juillet 1896 Cour d'assises de la Marne

Reims
Alexandre Bélizaire "Paul" Chapuis

19 ans, vigneron

(13 mars 1877, Troissy, 51)
SATYRE ASSASSIN D'ENFANT.

Le 14 juin 1896, pendant la fête du village au hameau de Cerseuil, commune de Mareuil-le-Port, attire à l'écart Anne Aline Orban, 7 ans, sous prétexte de lui donner des fraises. Arrivés dans un champ de blé des Trois-Cornets, il tente de la violer, mais comme elle se débat, il lui donne des coups de pied dans la tête, lui lacère la figure de onze ou douze coups de couteau puis la jette dans le ruisseau du Flagot.
Guillotiné le 12 septembre 1896.
03 août 1896 Cour d'assises du Nord

Douai
Étienne Denoyelle

20 ans, cultivateur

(01 janvier 1876, Villers-en-Cauchie, 59)
MATRICIDE.

Tue sa grand-mère maternelle, Marie Joachine Maillot, veuve Manèque, 83 ans, à Villers-en-Cauchie, le 16 juin 1896, en lui fracassant la tête de neuf coups de pierre parce que la vieille dame refusait de lui prêter de l'argent. Il repart bredouille après avoir fouillé la maison en vain.
Gracié le 10 septembre 1896.

Décédé le 25 septembre 1918 à Saint-Jean-du-Maroni.
05 août 1896 Cour d'assises des Ardennes

Mézières
Marie Julie Laroche, épouse Mariage

37 ans,

(08 janvier 1859, Langres, 52)
FILICIDES.

Jette dans la Meuse le 25 mars 1894 à Dinant son fils, Georges Leroy, né le 26 février précédent.

Tue également, dans la nuit du 13 au 14 avril 1895 sa fille Gabrielle Lambert, née le 25 mars précédent, et dont le corps ne sera jamais retrouvé.
Graciée le 10 septembre 1896.

Décédée le ?
24 septembre 1896 Cour d'assises de la Seine

Paris
Georges Clément Gustave Fournier

29 ans, tournier en cuivre

(1867, Paris 11e)
CRIME SUR BELLE-MÈRE.

Sorti de prison, sans le sou, étouffe avec un baîllon au 16, rue Constance à Paris, le 18 mai 1896, sa belle-mère, Jeanne Augros, veuve Freton, 61 ans, pour lui voler environ 73 francs.
Gracié le 06 novembre 1896.

Décédé le 15 août 1899 à Kourou.
18 novembre 1896 Cour d'assises de la Marne

Reims
Joseph Rion

63 ans, maître charpentier

(30 avril 1833, Bouilly, 51)
FÉMINICIDE INTIME.

En état d'ébriété, dans la nuit du 09 au 10 octobre 1896, en plein centre-ville d'Écueil, tue d'un coup de fusil dans l'aine Honorine Eugénie Alice Laîné, 17 ans, la fille de son voisin et ami, Henri Laîné, 55 ans, propriétaire-vigneron avant de tirer sur ce dernier, alerté par le premier coup, et de le blesser gravement à la cuisse et au bras gauches.

La jeune fille avait été sa maîtresse trois ans durant, de 1893 - elle n'avait que 14 ans - jusqu'au 29 août 1896, date à laquelle elle avait fini par rompre. Il avait aussi été l'amant de sa mère, Marie Jeanne Lagauche, épouse Laîné, jusqu'à son décès en 1886.
Gracié le 20 décembre 1896.

Libéré ?!

Décédé le 12 juin 1909 à Courmas (51).
19 novembre 1896 Cour d'assises du Nord

Douai
René Joseph Benoît Vanyngelandt

26 ans, sans profession

(25 mai 1870, Oudezeele, 59)
CRIME CRAPULEUX.

Le 14 février 1896, deux jours après avoir été libéré de la centrale de Loos, s'introduit dans le presbytère d'Oudezeele, et tue de plusieurs coups de marteau Hermance Follet, 51 ans, la bonne du curé.

S'enfuit sans rien voler, les cris de la victime ayant fait descendre l'abbé Castier, curé du village, qui appelle aussitôt les voisins au secours.
Guillotiné le 14 janvier 1897 à Hazebrouck.
23 novembre 1896 Cour d'assises de la Meurthe-et-Moselle

Nancy
Dominique Harsch

28 ans, garçon de culture

(06 avril ou 05 décembre 1868, Mullendorf-Steinsel, Luxembourg)
SATYRE ASSASSIN D'ENFANT.

Dans la forêt domaniale de Moyeuvre, section des Baraques, commune de Briey, le 4 novembre 1895, étouffe et égorge de deux coups de canif Marguerite Flesch, 14 ans et demi, avant de la violer.

Le corps est retrouvé par un chausseur le 05 décembre, dissimulé sous un tas de branchages.

Avait prétendu être le factotum d'une dame Sequer-Stücken, châtelaine de Briey, il avait "embauché" Margot comme domestique en présence de ses parents, à Hayange, le jour de sa disparition.

Suspecté du crime suite à son identification dans une autre affaire (il avait, le 3 novembre, commis un attentat aux moeurs sur deux fillettes à Florange), il est arrêté à la mi-janvier à Metz.

Condamné le 26 mars 1896 par la cour d'assises de Metz à neuf ans de réclusion pour l'attentat de Florange ainsi qu'un enlèvement supplémentaire de mineure, avant d'être remis aux autorités françaises.
Guillotiné le 18 janvier 1897.
01 décembre 1896 Cour d'assises de la Côte-d'Or

Dijon
Alfred François Pacotte

27 ans, boucher

(15 mars 1869, Spoy, 21)
FAMILICIDE/TUERIE.

Dans la nuit du 11 au 12 septembre 1896, égorge à coups de couteau de boucher, rue Marguerite-Mutin à Ruffey-les-Echirey, tue sa tante Justine Pétot, veuve Méot, 36 ans, sa cousine Marie Anaïs Méot, 17 ans, son cousin Félicien Méot, 12 ans, puis assomme d'un coup de trique et tente d'égorger Eugène Redon, 38 ans, domestique, qui survit et le dénonce.

Pacotte convoitait l'héritage familial.
Gracié le 20 février 1897.

Décédé le 08 novembre 1908 à Saint-Laurent-du-Maroni.
10 décembre 1896 Cour d'assises de l'Oise

Beauvais
Henri Onésime Basset

23 ans, cultivateur

(16 mars 1873, Breuil-le-Vert, 60)
SATYRE ASSASSIN D'ENFANT.

Pédophile récidiviste, enlève Louise Millier, 13 ans, qu'il viole, étrangle et pend dans la forêt de Breuil-le-Vert, lieu-dit Au-delà-de l'Eau, le 06 juillet 1896.
Arrêt cassé le 24 décembre 1896.
23 décembre 1896 Cour d'assises de la Seine

Paris
Marcus Simon

54 ans, fabricant de timbres en caoutchouc

(22 février 1842, Rendel, Grand-Duché de Hesse)
INCENDIAIRE.

Le 1er août 1896, incendie son appartement, au 5, rue du Faubourg Montmartre, entraînant la mort d'un autre locataire, Émile Pez-Methé, 18 ans, garçon de magasin, asphyxié par les fumées du sinistre.

Récidive le 04 août.

Mobile : toucher l'argent de l'assurance habitation pour régler ses dettes, notamment les termes qu'il devait à sa propriétaire.
Gracié le 26 janvier 1897.

Décédé le 16 août 1898 en Guyane.

1897 : 18 condamnations

15 janvier 1897 Cour d'assises de la Seine-et-Oise

Versailles
Henri Onésime Basset

23 ans, cultivateur

(16 mars 1873, Breuil-le-Vert, 60)
SATYRE ASSASSIN D'ENFANT.

Pédophile récidiviste, enlève Louise Millier, 13 ans, qu'il viole, étrangle et pend dans la forêt de Breuil-le-Vert, lieu-dit Au-delà-de l'Eau, le 06 juillet 1896.

Condamné en première instance par la cour d'assises de l'Oise le 10 décembre 1896, arrêt cassé le 24 décembre 1896.
Guillotiné le 25 février 1897.
22 janvier 1897 Cour d'assises de la Meuse

Saint-Mihiel
Alexandre Jules Abel Picot

18 ans, charretier

(1878, Mairy-sur-Marne, 51)
CRIME AVUNCULAIRE.

Tue de quatorze coups de hachette, le 16 décembre 1896 à Baudonvilliers, son oncle, Charles Joseph Battelier, 28 ans, extracteur de sable, pour lui voler 150 francs.
Arrêt cassé le 19 février 1897.

Condamné aux travaux forcés à perpétuité par la cour d'assises des Vosges le 11 mars 1897.

Décédé le 07 janvier 1919 aux Îles du Salut.
18 février 1897 Cour d'assises de l'Eure-et-Loir

Chartres
Jean Louis Bordeau

67 ans,

(04 novembre 1829, Arrou, 28)
NÉPOTICIDE VICARIANT.

Tue à coups de bâton ferré le 07 novembre 1896, entre le chemin du Gault et le chemin du Pont-de-Pierre à Arrou, Clémence Lamirault, 9 ans, sa petite-nièce, par haine de ses parents, suite à des différends familiaux d'ordre financier.
Gracié le 05 avril 1897, peine commuée en réclusion perpétuelle.

Décédé le 30 août 1902 à Melun (77).
24 février 1897 Cour d'assises du Nord

Douai
Auguste Célestin Galliègue

26 ans, chauffeur

(01 janvier 1871, Villers-Outréaux, 59)
SATYRE ASSASSIN D'ENFANT.

Le 06 décembre 1896, attire dans sa chambre, au 36, rue de l'Abattoir à Dunkerque la nièce de sa voisine, Madeleine Dannoot, 7 ans et demi, qu'il viole puis étrangle avant de jeter son corps cousu dans un sac dans le canal des fortifications, au bout de la rue.
Exécution prévue à Dunkerque.

Gracié le 04 avril 1897.

Evadé le 28 mars 1900.
03 mars 1897 Cour d'assises de la Corse

Bastia
Jean "Manaccia" Bartoli

47 ans, ?

(PE 23 avril 1849, Isolaccio-di-Fiumorbo)
CRIME DE VENGEANCE.

Chef d'un trio de malfaiteurs qui terrorisaient la région de Fiumorbo six ans durant, Bartoli vouait une haine sans nom envers Pierre Paul Chiari, lequel avait osé le faire traîner devant un tribunal de police pour de simples contraventions.

Le 24 avril 1895, Bartoli et ses sbires l'enlevèrent à son domicile, au lieu-dit Mandriolo, commune de Prunelli-di-Fiumorbo, pendant qu'il dormait, avant de l'attacher à un arbre près du moulin de Taviano, au lieu-dit Martonne, de lui crever les yeux, de lui couper les yeux, la langue et de l'émasculer. Chiari survécut à ces tortures jusqu'au lendemain.

Ses complices, Dominique Carlotti, 22 ans, et Jean Antoine Colombani, 27 ans, sont chacun abattus lors de leurs arrestations à Isolaccio, respectivement le 03 mai 1895 et le 28 décembre 1895.
Guillotiné le 11 mai 1897.
09 mars 1897 Cour d'assises du Jura

Lons-le-Saunier
Pierre Elisée Vaillat

33 ans, ?

(01 mars 1864, Arthenas, 39)
CRIME CRAPULEUX.

Tue à coups de fusil le 26 décembre 1896 au hameau de Cuesnans (Coisnans), commune de Pratz, Louis Félix Duparchy, 39 ans, cultivateur et sa soeur Marie Céline Duparchy, 48 ans, pour leur voler une somme de 100 francs.
Guillotiné le 20 avril 1897.
13 mai 1897 Cour d'assises de l'Aisne

Laon
Clovis Julien Brotonne

28 ans, manouvrier

(17 septembre 1868, Lislet, 02)
CRIME CRAPULEUX.

Assomme à coups de tige de fer (un essieu de brouette) puis étrangle à mains nues, dans la nuit du 1er au 02 janvier 1897 à La Ville-aux-Bois-lès-Dizy, Delphine "Colasse" Monoy, 81 ans, sans profession, pour lui voler 42 francs et de l'eau-de-vie.

Sa mère, Arthémise Guillot, veuve Brotonne, 50 ans, est condamnée à dix ans de réclusion.
Gracié le 25 juin 1897.

Décédé le 30 juillet 1899 en Guyane.
20 mai 1897 Cour d'assises de la Meurthe-et-Moselle

Nancy
Alphonse Eugène Raimbault

31 ans, aide rural

(04 juillet 1865, Deuxville, 54)
CRIME CRAPULEUX.

Dans la nuit du 28 au 29 décembre 1896, au lieu-dit La Rochelle à Bonviller, égorge de douze coups de couteau, le décapitant presque, Julien Virbel, 49 ans, propriétaire terrien, pour lui voler son portefeuille contenant 80 francs, mais qu'il abandonne sur place, sans doute dérangé par des passants.
Gracié le 07 juillet 1897.

Décédé le 17 octobre 1917 à Kourou.
22 mai 1897 Cour d'assises du Maine-et-Loire

Angers
Henry Chevet

32 ans, journalier

(11 juillet 1864, Cuon, 49)
CRIME CRAPULEUX.

Assomme à coups de pierre, le 24 janvier 1897 à Cheviré-le-Rouge, René Louis Rabouan, 62 ans, fermier, pour lui voler sa montre et fouiller les meubles sans rien trouver d'autre.
Gracié le 10 juillet 1897.

Evadé le 07 août 1898.
12 juin 1897 Cour d'assises de la Corse

Bastia
Jean Ange Vincenti

38 ans, cultivateur

(09 octobre 1858, Cambia, 20)
CRIMES SUR BELLE-FAMILLE.

A Cambia, étrangle puis noie dans la Sorbaja son beau-frère, Ange-Louis Vincensini, 13 ans, le 11 octobre 1886, pour bénéficier, par le biais de son épouse Françoise, de l'héritage des Vicensini plus rapidement. L'affaire se solde par un non-lieu.

Abat le 11 juillet 1896 Virginius Muzi, époux de sa belle-soeur Marie Vincensini, avec lequel il connaissait depuis deux mois de graves conflits d'intérêts. Quand les deux hommes se croisent, Muzi tire le premier, mais Vincenti l'abat d'abord de deux coups de fusil avant de l'achever de trois coups de revolver dans la tête.

Aurait également, en 1895, battu à mort une femme témoin d'un de ses crimes et soudoyé le veuf pour ne pas être dénoncé.
Arrêt cassé le 25 juillet 1897.

Condamné aux travaux forcés à perpétuité par la cour d'assises des Bouches-du-Rhône le 13 novembre 1897 pour l'assassinat de Muzi, acquitté pour l'assassinat de Vincensini

Arrêt cassé.

Condamné à vingt ans de travaux forcés par la cour d'assises du Var le 30 avril 1898.

Evadé le 18 septembre 1914.
13 juin 1897 Cour d'assises de la Seine

Paris
Félix Isidore Bruyère

35 ans, journalier

(27 avril 1862, Nanterre)
FÉMINICIDE INTIME.

Abat de deux balles de revolver son ex-maîtresse, Ernestine Vauvert, 28 ans, patronne du bar "Au rendez-vous des cyclistes", 26, boulevard National à Colombes, le 30 octobre 1896, avant de l'égorger et de l'éventrer de vingt coups de couteau de boucher parce qu'elle voulait le quitter...

Séparation compréhensible : Bruyère lui promettait le mariage, et elle venait d'apprendre qu'il était déjà marié et père de famille.
Gracié le 16 août 1897.

Décédé le 24 août 1898 en Guyane.
22 juillet 1897 Cour d'assises du Pas-de-Calais

Saint-Omer
Victor Ferdinand Joseph Liéval

30 ans, forgeron

(03 janvier 1867, Maizières)
CRIME CRAPULEUX.

Étranglent avec un tablier et une serviette le 09 janvier 1897 à Maizières, près de l'église, Placide Brazier, 84 ans, rentier, instituteur retraité, et Bénédictine Deplanque, épouse Brazier, 82 ans, pour leur voler 525 francs.

Onésime Bachelet, 19 ans, ouvrier forgeron, est condamné aux travaux forcés à perpétuité, et Eugène Rohaut, 44 ans, marchand de bestiaux, amant de Julie, est condamné à dix ans de travaux forcés.
Exécution prévue à Saint-Pol-sur-Ternoise.

Gracié le 08 septembre 1897.

Décédé le 04 octobre 1901 à Kourou.
Julie Joseph Sallon, épouse Bachelet

43 ans, ménagère

(04 octobre 1853, Maizières)
Exécution prévue à Saint-Pol-sur-Ternoise.

Graciée le 08 septembre 1897.

Décédée le ?
03 août 1897 Cour d'assises du Nord

Douai
Étienne Thomas

25 ans, boucher

(31 août 1871, Épinay-sur-Seine)
CRIME SUR CODÉTENU.

Détenu à la centrale de Loos suite à une condamnation à cinq ans de réclusion pour vol à Paris le 03 décembre 1895.

Le 30 avril 1897, poignarde de trois coups de tiers-point dans le dos, la nuque et le visage un détenu, Joseph Saélens, 32 ans, serrurier, Belge, lui aussi condamné pour vol, parce que Saelens refusait de lui donner une partie de sa nourriture - Thomas était un très gros mangeur.
Guillotiné le 13 septembre 1897 à Loos-les-Lille.
22 novembre 1897 Cour d'assises de la Seine

Paris
Ernest Feurté

26 ans, monteur en bronze

(03 janvier 1871, Paris 11e)
FÉMINICIDE INTIME.

Massacre à coups de couteau le 09 mai 1897, 2, impasse Dany à Paris (8e) sa maîtresse Lucie Chenudet, 17 ans, qui l'avait quitté une semaine plus tôt, puis achève de mutiler le corps à coups de marteau et de fer à repasser.
Gracié le 17 décembre 1897.

Peine commuée en vingt ans de travaux forcés le 13 juillet 1917.

Décédé le ?
26 novembre 1897 Cour d'assises du Rhône

Lyon
François Marie Mariotti

39 ans, commis épicier, ancien gardien de la paix à Marseille

(04 novembre 1858, Speloncato, 20)
INCENDIAIRE/FÉMINICIDE INTIME.

Met dans la nuit du 08 au 09 mars 1897 le feu à l'épicerie du 23, rue Moncey, sur les ordres de son patron, M.Jacquier, pour toucher l'argent de l'assurance, soit 32.000 francs, et se "refaire", car l'épicerie croulait sous les dettes.

Le 07 août 1896, en pleine rue Bêchevelin à Lyon, avait abattu sa femme Marie Florentin, épouse Mariotti, 27 ans, employée d'atelier, de deux coups de revolver avant de l'achever de plusieurs coups de couteau dans la poitrine, parce qu'elle l'avait quitté et refusait de reprendre la vie commune. Il avait pourtant été acquitté de ce crime devant la même cour d'assises le 24 février 1897... notamment grâce au témoignage de son employeur : cet antécédent lui fut fatal.

Jean Claude Jacquier, 33 ans, facteur télégraphiste, est condamné à dix ans de travaux forcés.
Arrêt cassé le 05 janvier 1898.

Condamné à vingt ans de travaux forcés par la cour d'assises de la Loire le 19 mars 1898.

Evadé le 12 mai 1901.
27 novembre 1897 Cour d'assises du Rhône

Lyon
Émile Gaston Elsinger

19 ans, électricien

(11 mai 1878, Lille, 59)
CRIME CRAPULEUX.

Tue de deux coups de couteau de chasse à la gorge et au coeur le 07 juillet 1897, 103, rue de l'Hôtel-de-Ville à Lyon Jean Pierre "Martin" Winterhalter, 34 ans, bijoutier, pour le voler, mais sans rien avoir pris, se réfugie dans l'appartement de sa victime, à l'entresol, où il est presque aussitôt arrêté.
Gracié le 08 février 1898.

Exécution annoncée à tort dans Le Petit Parisien.

Décédé le 03 novembre 1898 en Guyane.
15 décembre 1897 Cour d'assises de la Corse

Bastia
Jean Fazini

28 ans, cordonnier

(11 octobre 1869, Serra di Fiumorbo, 20)
CRIME CRAPULEUX/CRIME DE DETTES.

Le 22 juin 1897, dans son logement de la gare de Borgo, rue des Ecoles, frappe de vingt-sept coups de poinçon puis égorge Pierre Quilichini, 38 ans, chef de gare, son bienfaiteur, tant pour lui voler de l'argent, une montre et un revolver que pour éviter de lui rembourser une dette de 190 francs.
Guillotiné le 12 février 1898.

1898 : 20 condamnations

18 mars 1898 Cour d'assises de la Charente

Angoulême
Georges Soulat

35 ans, ?

(11 mai 1862, Oradour-sur-Vayres, 87)
CRIME CRAPULEUX/CRIME DE VENGEANCE.

A la Salmonie, commune de Torsac, le 15 novembre 1897, tente d'étrangler puis frappe de sept coups d'instrument contondant (probablement une barre à mine) à la tête Paul Rousseau, 42 ans, cultivateur, puis tue de cinq coups identiques Jean Rousseau, 73 ans, propriétaire.

Paul Rousseau survit, mais souffrant d'aphasie partielle, privé de l'odorat et borgne.

Avait déjà comparu devant la même cour d'assises en 1893, accusé d'avoir, sur la route près de la Rochefoucauld, frappé à la tête MM. Hamel et Saulnier pour les voler, les deux victimes survivant à l'agression. Aucun argent n'étant retrouvé sur lui, il avait été acquitté au bénéfice du doute.

Mobile : vol du contenu d'un portemonnaie, mais également revanche envers Rousseau père, qui avait été son logeur en 1896, et lui avait donné congé en apprenant ses antécédents judiciaires.
Guillotiné le 09 mai 1898.
07 mai 1898 Cour d'assises de la Haute-Saône

Vesoul
Justin "Rosey" Priolet

47 ans, sans profession

(06 février 1851, Valay, 70)
CRIME CRAPULEUX/INCENDIAIRE.

Surpris alors qu'il volait une poule, tue à coups de pioche Jeanne Françoise Deronzi, veuve Duranton, 70 ans, route de Chaumercenne, à Valay, le 13 février 1898.

Il découpe le corps à coups de couteau, sépare les membres et la tête du tronc, fait disparaître les entrailles puis brûler les restes entre deux matelas auxquels il mit le feu.
Guillotiné le 27 juin 1898.
24 mai 1898 Cour d'assises de la Seine

Paris
Saverio Angelo "Xavier Ange" Carrara

35 ans, champignonniste

(17 mars 1863, Albino, Bergame, Italie)

Naturalisé en 1895.
CRIME CRAPULEUX.

Au 7, rue Etienne-Dolet au Kremlin-Bicêtre, le 30 novembre 1897, assassine d'un coup de manivelle dans la tête Augustin Frédéric Lamarre, 65 ans, garçon de recettes au Comptoir d'Escompte, et fait brûler le corps une nuit durant dans le brasero de sa champignonnière jusqu'à désintégration quasi-complète.

Mobile : ne pas payer la somme de 253 francs réclamée par le garçon de recettes, et lui dérober sa sacoche contenant environ 20.900 francs.

Louise Julie Roelant, épouse Carrara, (1874-1950), 24 ans, est condamnée aux travaux forcés à perpétuité.
Guillotiné le 25 juin 1898.
10 juin 1898 Cour d'assises de la Charente

Angoulême
Eugène Vinsonnaud

40 ans, ?

(25 mars 1858, Criteuil/Lignières-Sonneville, 16)
CRIME CRAPULEUX/INCENDIAIRE.

Assassine à coups de marteau Marguerite Blanleuil, veuve Chadefaud, 73 ans, cultivatrice, dans la nuit du 04 au 05 avril 1898 au Maine Plaisant, commune de Touzac, pour un butin d'1 franc et de cinq poules, avant d'incendier la maison pour faire croire à une mort accidentelle.

Hélène Bonnenfant, épouse Vinsonnaud, 30 ans, est condamnée à vingt ans de travaux forcés.
Guillotiné le 22 juillet 1898.
15 juin 1898 Cour d'assises de la Seine

Paris
Claude François Georges Etiévant

33 ans, imprimeur

(08 juin 1865, Paris 17e)
TENTATIVES DE GENDARMICIDE.

Anarchiste, dans la nuit du 18 au 19 janvier 1898 à Paris, devant le poste de police du quartier des Épinettes, 2, rue Berzélius, frappe de huit coups de couteau catalan l'agent Antoine Joseph Renard, 32 ans, puis blesse de cinq autres coups l'agent Thomas Lebreton, 34 ans, avant de lui tirer un coup de revolver qui lui traverse la joue gauche et le nez.

Les deux policiers survivent.
Gracié le 08 juillet 1898.

Décédé le 06 février 1900 sur les Iles du Salut (Guyane).
09 juillet 1898 Cour d'assises de l'Eure

Évreux
Alphonse Caillard

27 ans, ouvrier d'usine

(16 mars 1871, La Madeleine-de-Nonancourt, 27)
TUERIE.

Dans la nuit du 27 au 28 mars 1898, au hameau du Val, à Nassandres, abat d'un coup de fusil Léon Alfred Leblond, 38 ans, puis Marie Joséphine Étienne, épouse Leblond, 44 ans, puis les deux fils, Léonce, 9 ans et Paul, 7 ans. Après avoir égorgé Jeanne, 5 ans, avec un couteau à gigot, il va abattre Barbe Vinot, veuve Étienne, 78 ans, la mère de Mme Leblond, d'un coup de fusil en plein visage alors que celle-ci se trouve dans son lit.

Crime commis sans raison apparente.

Caillard avait déjà été acquitté, faute de preuves, par la cour d'assises du Calvados le 08 août 1895 suite à son inculpation pour l'assassinat des époux Nicolas, âgés de 63 et 59 ans, tués à leur domicile près d'Ouville-la-Bientournée dans la nuit du 14 au 15 février 1895 et carbonisés dans l'incendie de leur demeure, après que celle-ci ait été livrée au pillage par le criminel.
Guillotiné le 19 août 1898.
19 juillet 1898 Cour d'assises de l'Aube

Troyes
Pierre François Damoiseau

64 ans, propriétaire terrien, ancien maire de Rouilly-Saint-Loup

(14 janvier 1834, Rouilly-Saint-Loup, 10)
CRIME DE VENGEANCE SUR BEAU-FILS/TENTATIVE DE FILICIDES/TENTATIVE DE TUERIE.

Le 18 décembre 1897, au hameau de Rouillerot, commune de Rouilly-Saint-Loup, abat d'un coup de revolver au coeur son gendre Émile Cordier, 43 ans, cultivateur, et tente d'abattre de trois balles sa propre fille Marie Valentine Damoiseau, épouse Cordier, 39 ans, qu'il blesse à la cuisse, à l'abdomen et à la poitrine.

Tire ensuite une cinquième balle sur Nicolas Jacques Cordier, 69 ans, cultivateur, père de la première victime qui, atteint à la main droite, perd trois doigts, avant d'enfin vider la dernière balle de son chargeur dans la poitrine de son petit-fils, Henri Cordier, 12 ans, puis de monter sur l'enfant gravement blessé dans son lit et de le piétiner !

Les époux Cordier avaient voulu vendre ses biens afin de liquider la succession de la défunte Mme Damoiseau, la vente devant avoir lieu devant notaire le 19 décembre.
Arrêt cassé le 11 août 1898.
07 septembre 1898 Cour d'assises du Jura

Lons-le-Saunier
Augusto Andrea Delvescovo

23 ans, ouvrier agricole

(1875, Beura, Navarre, Italie)
CRIME CRAPULEUX.

Le 04 juin 1898, brise à coups de rondin de chêne le crâne de son patron, Maurice Bianchetti, 36 ans, bûcheron, dans la forêt de Chaux, au 13e triage, 15e série, sur la commune de Santans, afin de lui voler 20 francs, et jette le corps dans un fossé plein d'eau qu'il recouvre de fagots.

Pier Paolo Pioletti, 32 ans, journalier, accusé de complicité, est acquitté.
Gracié le 11 novembre 1898.

Décédé le 28 juin 1899 à ? (Guyane).
03 octobre 1898 Cour d'assises de la Haute-Marne

Chaumont
Eugène Charles Jules "Charlot" Delion

33 ans, employé de commerce

(30 novembre 1864, Saint-Malo, 35)
CRIME CRAPULEUX.

Libéré de Poissy le 25 octobre 1897 après sa onzième condamnation, recruté dans un bar parisien rue Montmartre, étrangle et étouffe avec un mouchoir le 31 octobre 1897, 89, rue de la Gare à Chaumont, Rose Adélaïde Guitaut, veuve Buré, 74 ans, rentière, pour lui voler bijoux, titres et billets pour une valeur d'au moins 30.000 francs.

Alfred Désiré, 21 ans, est condamné à vingt ans de travaux forcés, Pierre "Papa" Voillard, 26 ans, chef de la bande, à quinze ans de travaux forcés, Alexandre "La Souris" Marsille, 22 ans, à trois ans de prison, Gabriel "Chocolat" Meunier, 20 ans, mécanicien, et Alice Delhaye, 21 ans, modiste, à deux ans de prison.
Gracié le 28 novembre 1898.

Décédé le 01 juin 1923 à Saint-Laurent-du-Maroni (Guyane).
12 octobre 1898 Cour d'assises du Finistère

Quimper
Victor Joseph Malavoi

22 ans, sans profession

(12 novembre 1875, Brest, 29)
SORORICIDE/TENTATIVE DE NÉPOTICIDE.

Le 17 juillet 1898, 32, rue du Moulin à Brest, étrangle avec une corde sa soeur aînée, Eliza Clotilde Malavoi, épouse Le Vaillant, 28 ans, couturière, et tente d'étouffer sa nièce Olga Hyacinthe Le Vaillant, âgée de 5 mois, en lui passant un tablier autour du cou.

Il attendit plusieurs heures le retour de son beau-frère Edouard Marie Le Vaillant, un revolver chargé à la main, mais comme celui-ci tardait à arriver, il quitta la maison, et passa la journée à s'enivrer avant d'aller lui-même se constituer prisonnier le soir venu.

Motif : vol et vengeance, Eliza refusant depuis quelques jours de garder ce bon à rien de frère sous son toit s'il ne se décidait pas à faire quelque chose de sa vie.
Guillotiné le 26 novembre 1898 à Brest.
25 octobre 1898 Cour d'assises de l'Ain

Bourg
Antoine "Victor" Mazoyer

42 ans, ouvrier agricole

(20 mai 1856, La Salle, 71)
CRIME CRAPULEUX.

Cambriolant la ferme des Minimes, hameau de Pouilleux, où il avait autrefois travaillé, le 18 septembre 1897 à Reyrieux, tue à coups de marteau la belle-fille du propriétaire, Marie "Mariette" Sève, 28 ans, cultivatrice, qui l'avait surpris en plein vol, et dérobe environ 7.600 francs.
Gracié le 22 décembre 1898.

Décédé le 04 septembre 1899 à ? (Guyane).
26 octobre 1898 Cour d'assises de l'Ariège

Foix
Théophile Jacques Maisonnet-Roussel

22 ans, sans profession

(14 juin 1876, Tours, 37)
CRIME CRAPULEUX.

Poignarde de treize coups de couteau de boucher (dont sept mortels) au soir du 24 juin 1898 sa voisine Marie "La Comtesse" Roussel, veuve Dupuy, 75 ans, rue du Château à Foix, pour lui voler environ 3.000 francs, qu'il dépense en deux jours dans des cafés et des bordels de Toulouse et de Bordeaux.
Gracié le 20 décembre 1898.

Décédé le 05 novembre 1953 à Bordeaux.
28 octobre 1898 Cour d'assises de l'Ain

Bourg
Joseph "Le tueur de bergers" Vacher

28 ans, sans profession

(16 novembre 1869, Beaufort, 38)
TUEUR EN SÉRIE.

Au sortir du service militaire avec le grade de sergent, le 25 juin 1893, à Baume-les-Dames (25), tire trois balles de revolver sur Louise Emma Barrand, 20 ans, cantinière (1873-1964), la blessant gravement, parce qu'elle a refusé de l'épouser, puis tente de se suicider en se tirant deux balles dans la tête qui ne pourront être retirées et causeront une aggravation de sa santé mentale, provoquant chez lui des crises hallucinatoires et des accès de paranoïa.

Ayant séjourné à partir de juillet 1893 à l'asile de Dole (39), puis à celui de Saint-Robert (38), il est libéré le 01 avril 1894 et considéré comme guéri !

Suivant le même modus operandi (strangulation, égorgement, coups de couteau, éventrement, viol, sodomie, mutilations génitales post-mortem), commet onze meurtres avoués :
- Eugénie Philomène Delhomme, 21 ans, ouvrière en soie, le 19 mai 1894, entre la fonderie Fléchet et les moulins du Battoir, à Beaurepaire (38);
- Louise Joséphine Marcel, 13 ans, cultivatrice, le 20 novembre 1894 au hameau des Blais, commune de Vidauban (83);
- Augustine Ernestine Mortureux, 17 ans, sans profession, le 12 mai 1895 au lieu-dit en Pionnelle, commune d'Hauteville-lès-Dijon (21);
- Péronne Baud, veuve Morand, 55 ans, tailleuse, le 24 août 1895 au hameau des Reys, à Pré-Folliet, commune de Saint-Ours (73);
- Victor Portalier, 16 ans, domestique, le 31 août 1895, dans les pâturages du Luizet, commune de Bénonces (01);
- Aline Alaise, 16 ans, le 23 septembre 1895, lieu-dit Les Charles, sur la route de Dieulefit à Félines, commune de Truinas (26);
- Pierre Massot-Pelet, 14 ans, berger, le 29 septembre 1895, aux bois de Gourdon, commune de Saint-Etienne-de-Boulogne (07);
- Marie Moussier, épouse Laurut, 19 ans, sans profession, le 10 septembre 1896, dans un pré des Blettières, commune de Busset (03);
- Rosine Rodier, 13 ans et demi, bergère, le 1er octobre 1896 au lieu-dit Cheneville, commune de Varennes-Saint-Honorat (43);
- Claudius Beaupied, 14 ans et demi, vagabond, peu après le 30 mai 1897, date du crime imprécise car le corps n'est retrouvé que le 25 octobre dans le puits où on l'a jeté, au croisement du chemin de grande communication n°49 relient Saint-Génis-les-Ollières et le Point-du-Jour et le chemin de Sainte-Consorce, commune de Tassin-la-Demi-Lune (69);
- Pierre Marie Laurent, 13 ans et demi, domestique, le 18 juin 1897 aux Verchères, lieu-dit Montrognat, route de Vaugneray, à Courzieu (69).

Arrêté le 04 août 1897 au bois des Pelletières (?), commune de Champis (07), suite à une tentative de viol perpétrée sur Eugénie Héraud, épouse Plantier, 28 ans, cultivatrice, sauvée in extremis par son époux Jean Baptiste et deux voisins alertés par ses cris, et qui le maîtrisent jusqu'à l'arrivée des gendarmes. Vacher est condamné pour attentat à la pudeur le 07 septembre 1897 par le tribunal correctionnel de Tournon à trois (mois ? ans ?) de prison.

Soupçonné de nos jours d'au moins vingt autres meurtres et assassinats (dont cinq commis dès son adolescence, entre 1884 et 1890), de huit tentatives de meurtres et d'une dizaine de tentatives de viols.
Guillotiné le 31 décembre 1898.
29 octobre 1898 Cour d'assises de l'Eure

Évreux
Louis Alexandre Berthelot

32 ans, sans profession

(14 juillet 1866, Gravigny, 27)
CRIME CRAPULEUX.

Souteneur, au 44, rue des Murs-Saint-Louis à Evreux, au soir du 08 mars 1898, étrangle avec une corde Pierre Barré, 74 ans, rentier, douanier à la retraite, pour lui voler ses économies, soit 15.000 francs, et met en scène le crime pour faire croire à un suicide par pendaison.

Angèle Doré, prostituée et complice, est condamnée à vingt ans de travaux forcés.
Gracié le 20 décembre 1898.

Décédé le 11 janvier 1901 à ? (Guyane).
10 novembre 1898 Cour d'assises de la Seine-et-Marne

Melun
Pierre François Damoiseau

64 ans, propriétaire terrien, ancien maire de Rouilly-Saint-Loup

(14 janvier 1834, Rouilly-Saint-Loup, 10)
CRIME DE VENGEANCE SUR BEAU-FILS/TENTATIVE DE FILICIDES/TENTATIVE DE TUERIE.

Le 18 décembre 1897, au hameau de Rouillerot, commune de Rouilly-Saint-Loup, abat d'un coup de revolver au coeur son gendre Émile Cordier, 43 ans, cultivateur, et tente d'abattre de trois balles sa propre fille Marie Valentine Damoiseau, épouse Cordier, 39 ans, qu'il blesse à la cuisse, à l'abdomen et à la poitrine.

Tire ensuite une cinquième balle sur Nicolas Jacques Cordier, 69 ans, cultivateur, père de la première victime qui, atteint à la main droite, perd trois doigts, avant d'enfin vider la dernière balle de son chargeur dans la poitrine de son petit-fils, Henri Cordier, 12 ans, puis de monter sur l'enfant gravement blessé dans son lit et de le piétiner !

Les époux Cordier avaient voulu vendre ses biens afin de liquider la succession de la défunte Mme Damoiseau, la vente devant avoir lieu devant notaire le 19 décembre.

Condamné en première instance par la cour d'assises de l'Aube le 19 juillet 1898, arrêt cassé le 11 août 1898.
Guillotiné le 14 janvier 1899 à Troyes (10).
16 novembre 1898 Cour d'assises de l'Aisne

Laon
Charles Auguste Dalissant

30 ans, cultivateur

(29 avril 1868, Septvaux, 02)
FÉMINICIDE NON INTIME/CRIME SADIQUE/CRIME DE VENGEANCE.

Etrangle avec un mouchoir puis éventre avec un couteau au Bois à Loups, chemin de Servais, commune de Saint-Gobain, le 21 juin 1898, Marthe Isabelle Caurier, 16 ans, pour se venger de ne pas avoir été invité au mariage d'une des soeurs Caurier avec l'un de ses neveux la veille...

Avoua avoir commis les mutilations post-mortem parce qu'il avait l'idée fixe de voir l'autopsie d'une jeune fille, mais l'hypothèse d'un viol concomitant - même probable - ne fut ni avouée, ni retenue.
Gracié le 11 janvier 1899.

Décédé le 11 novembre 1908 à ? (Guyane).
24 novembre 1898 Cour d'assises du Nord

Douai
Alexandre Joseph Terryn

46 ans, ouvrier fileur

(01 janvier 1852, Roubaix, 59)
FÉMINICIDE INTIME.

Au milieu de la rue de Gand, à Tourcoing, le 25 août 1898, tue de trois coups de coutelas dans le coeur puis égorge presque entièrement sa compagne, Marie Charlotte Michiels, 37 ans, femme de ménage, mère de leurs onze enfants, qui l'avait quitté quelques semaines plus tôt, parce qu'elle refusait de reprendre la vie commune.
Gracié le 22 décembre 1898.

Décédé le 11 janvier 1900 à Saint-Laurent-du-Maroni.
28 novembre 1898 Cour d'assises de la Seine

Paris
Jean Louis Deblander

28 ans, terrassier

(18 juin 1870, Dunkerque, 59)
CRIME VICARIANT.

Bat et étrangle avec des mouchoirs ses deux filles, Jeanne Charlotte Bettelot, 4 ans, et Germaine Marie Bettelot, 2 ans, dans la nuit du 19 au 20 août 1898 et les jette agonisantes dans les fossés près des fortifications de la porte de Montreuil.

Germaine meurt presque aussitôt, Jeanne, secourue, décède le 21 août à l'hôpital Tenon.

Mobile : se venger de sa femme, Charlotte Constance Bettelot, 24 ans, qui, suite à ses accusations répétées (sous le coup de l'ivresse) d'infidélité (non avérée), mais aussi pour avoir cherché à l'étrangler au matin du crime, lui avait ordonné de ne revenir à la maison que sobre et calmé sous peine de faire intervenir la police.
Gracié le 24 janvier 1899.

Évadé du bagne le 18 janvier 1904.
10 décembre 1898 Cour d'assises des Vosges

Épinal
Aloïs Zuckemeïer

29 ans, tailleur de pierres

(1869, Ichenhausen, Bavière)
SATYRE ASSASSIN D'ENFANT.

Le 13 juin 1898 à Remiremont, sous couvert de lui offrir des bonbons, enlève à la sortie de l'école Marie Odile Gully, 7 ans, l'assomme d'un coup de poing dans le visage, la viole puis la poignarde à huit reprises dans un terrain vague, sur les remblais ferroviaires entre passage à niveau et vélodrome, au niveau de la commune de Saint-Étienne.

La petite, retrouvée et soignée, demeura consciente et elle eut le temps de reconnaître son assassin.

Elle succomba huit jours après l'attaque, le 21 juin, d'une péritonite causée par l'un des coups de couteau.
Guillotiné le 08 février 1899 à Remiremont.
14 décembre 1898 Cour d'assises de la Seine

Paris
Albert Alfred Peugnez

21 ans, sans profession

(08 février 1877, Duvy, 60)
CRIME CRAPULEUX.

Voleur récidiviste, plusieurs fois condamné.

Egorge à coups de rasoir le 04 juin 1898 au 35, Grande-Rue à Saint-Maurice sa voisine Laurence Anne Marie "Louise" Daut, épouse Bertrand, 47 ans, cuisinière et tue à coups de marteau son neveu Octave Victor Daut, 7 ans, en chantant à tue-tête pour couvrir les supplications de ses victimes, puis vole 600 francs en or.

Anecdote : Peugnez habitait au 13, Grande-Rue à St-Maurice, tout comme Charles Cornu, condamné à mort en 1888 !
Guillotiné le 01 février 1899.


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