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Heure |
Lieu |
Nom |
Crime |
Exécution |
Condamnation |
19 novembre 1793 |
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Port-Républicain
Saint-Domingue
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Pelou
? ans, économe-Gérant de l'habitation Michaux
(?, Rouen) |
Menaça avec son fusil un indigène qui travaillait au même endroit. |
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Samedi 22 août 1835 |
9h |
Pointe-à-Pitre
Guadeloupe
Place du Marché |
Luigi "Mariana" Fanely
30 ans, matelot
(vers 1805, Gênes, Italie) |
Le 11 juin 1834, au large de Pointe-à-Pitre, tue de dix-huit coups de poignard son ami Francisque Vaille, maître de port, Italien, pour lui voler ses économies en or, et abandonne le corps lesté dans l'océan, où il est repêché près du Morne à Savon une semaine plus tard. |
Décapité à la hache.
Première exécution d'un homme libre depuis l'application du code pénal colonial en 1828.
Le conseil privé se réunit le 5 août pour mentionner que faute de bois de justice - impossible de trouver un ouvrier compétent pour concevoir tous les éléments et les matières sont introuvables sur l'île -, décision d'utiliser la hache.
Exécution vraisemblablement horrible, qui incite les autorités à ne pas recommencer de sitôt. |
21 janvier 1835 (Cour d'assises de la Guadeloupe) |
vers 1836 |
?h |
Saint-Pierre
Martinique
? |
?
? ans,
(?) |
. |
Mentionnée sans date lors de l'exécution de 1856 ("pas d'exécution à Saint-Pierre depuis vingt ans"). |
? |
vers 1836 |
?h |
Fort-Royal (Fort-de-France)
Martinique
? |
?
? ans, patron de gros-bois
(?) |
Assassine pour le voler un enfant. |
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? |
Samedi 17 août 1850 |
6h |
Pointe-à-Pitre
Guadeloupe
Place de la Victoire |
Joseph "Sixième" Izéry
26 ans, pêcheur
(vers 1824, Pointe-à-Pitre) |
Accusé d'avoir provoqué un grave incendie ayant détruit 64 maisons dans la ville en mettant le feu à son matelas le 12 mai 1850. |
Décapité à la hache.
Avant de monter à l'échafaud, dressé côté mer, le prêtre lui dit : "Allons, mon enfant, vous allez, grâce à votre repentir, être reçu dans la société des anges." Il répond : "Eh bien, voulez-vous prendre ma place ? Vous leur ferez visite pour moi !" Peu de spectateurs.
Première exécution à la Guadeloupe depuis quinze ans, dernière avant 1897. |
30 mai 1850 (1er Conseil de guerre de la Guadeloupe) |
Mardi 08 juillet 1851 |
7h |
Fort-de-France
Martinique
Place du Marché |
Louis-Alexandre "Piquant" Aiguillon
28 ans, garçon boucher
(vers 1822, Fort-de-France) |
Dans la nuit du 21 au 22 juillet 1850, à Fort-de-France, blesse mortellement de deux coups d'embauchoir de bottes dans la tête son ancien employeur Grand Louis, environ 70 ans, cordonnier, pour fracturer son coffre-fort et y voler un sac contenant au moins 122 francs d'argent. La victime décède le 25 juillet, non sans avoir désigné un de ses anciens ouvriers - sans arriver à le nommer - comme son meurtrier. |
Exécuteur : le même que pour Izéry. Arrivé de la Guadeloupe par le steamer Le Crocodile, repart à bord de L'Olivier.
Guillotine récemment arrivée de France.
Quitte la prison accompagné par l'aumônier et escorté par la gendarmerie à cheval. Population très calme tout au long de cette journée.
Un article du Courrier de la Martinique du 12 juillet évoque : "L'échafaud s'est redressé sur notre sol ; l'échafaud qui avait disparu depuis quinze ans, depuis l'exécution, à Fort-de-France, d'un patron de gros-bois, coupable de meurtre suivi de vol commis sur un enfant." |
29 novembre 1850 (Cour d'assises de la Martinique) |
Jeudi 21 août 1856 |
6h27 |
Saint-Pierre
Martinique
Place d'armes du Fort/Place du marché au fort |
Saint-Louis "Coucecaye/Couscaille" Claudi
37 ans, charpentier
(1819, Saint-Pierre) |
Le 27 janvier 1856, à Champflore, commune du Morne-Rouge, abat de deux coups de fusil M.Cyrille, cultivateur, et blesse gravement Rose Glacial, 15 ans. |
Exécuteur : ?
Premier usage de la guillotine à Saint-Pierre.
Accompagné par l'abbé Morel, aumônier de l'hôpital. |
27 mars 1856 (Cour d'assises de la Martinique) |
Lundi 24 septembre 1866 |
6h |
Fort-de-France
Martinique
Place de la Geôle |
Rasson
31 ans, cultivateur
(vers 1835, Inde) |
Le 26 avril 1866 à Fort-de-France, assassine sa compatriote Taye, 24 ans. |
Exécuteur : ?
Echafaud dressé entre la croix et la rue, face à la prison centrale.
Dernière exécution en Martinique avant 1940. |
23 mai 1866 (Cour d'assises de Fort-de-France) |
Samedi 24 août 1889
| 5h |
Saint-Pierre
Saint-Pierre-et-Miquelon
Place de l'Amiral-Courbet |
Joseph Auguste Néel
29 ans, marin-pêcheur
(28 mai 1860, Saint-Pierre) |
Le 30 décembre 1888, à l'Ile-aux-Chiens, en état d'ivresse, se rend chez le patron pêcheur François Coupard, 61 ans, pour y dîner, mais trouve porte close vu l'heure avancée. Entrant en brisant la porte, il tue Coupard de sept coups de couteau dans la poitrine et la gorge avant de l'éventrer pour vérifier "s'il était bien gras" et de commencer à dépecer les jambes et les parties génitales.
Son complice, Louis Ollivier, 25 ans, marin-pêcheur, employé et locataire de Coupard, est condamné à dix ans de travaux forcés. |
Exécuteur : Pierre Marie Legent, pêcheur, condamné peu avant à trois mois de prison, contre une grâce et 500 francs.
Après avoir songé à faire déplacer Louis Deibler, exécuteur de France, puis Pierre Lapeyre, exécuteur d'Algérie, on décide d'employer un local volontaire, et d'utiliser la guillotine prêtée par la Martinique. La machine arrive le 22 août 1889. Faute de volontaire, le procureur nomme Legent. Le vendredi, on fait un essai de la machine sur un veau : décapitation incomplète - un lambeau reste. Par précaution, on prie Legent de garder un couteau à trancher la morue à portée de main le lendemain. Au réveil, Néel affirme qu'il se doutait de quelque chose, qu'il avait entendu trop de monde dans la rue Carpillet, bordant la prison. "La mort ne me fait pas peur, il y a longtemps que je serais mort sans M. et Mme Sigrist (les gardiens). Ils ont été bons pour moi. Je veux les remercier avant de mourir !" S'habille seul. Au greffe, la toilette est effectuée par le gardien Sigrist et le gendarme Dangla : ceux-ci, en guise de liens, lui passent une camisole de force et lui attachent les chevilles. Boit un verre de vin et un bol de thé chaud, tout en rappelant ses souvenirs de marins, concluant : "Qui aurait cru que la Terre m'aurait, moi qui aurais dû périr cent fois en mer !" Après une prière avec le père Cadoret, monte dans le fourgon clos en mâchant une chique de tabac. Quitte la prison vers 4h30, trajet de 20 minutes pour faire les 670 mètres qui séparent la prison du lieu d'exécution. Descend, reconnaît le bourreau, puis monte sur le petit échafaud - un pied de haut, en raison du manque de stabilité de la place pavée - et dit à la foule : "Que mon exemple serve de leçon. J'ai tué, on va me tuer ! Ne faites pas comme moi !" Demande à ce que le père accompagne son corps jusquà la tombe, pour ne pas être "enterré comme un chien". Alors qu'il est installé, Legent, pris de panique, ne sait plus quoi faire et ne songe pas à défaire la corde qui maintient le couperet. Lassé par ce délai, Néel crie à l'exécuteur : "Surtout, ne manque pas !", puis tente de s'extraire de la lunette jusqu'à ce qu'un gendarme le prie de rester calme. Néel crache dans la bassine, et Legent, qui a retrouvé ses esprits, libère la corde. La décapitation, imparfaite, l'oblige à prendre le couteau pour retirer le dernier bout de chair. Legent quitta l'Ile le 17 septembre suivant, nul habitant ne voulant désormais l'engager. |
06 février 1889 (Tribunal criminel de Saint-Pierre-et-Miquelon) |
Mardi 23 février 1897 |
6h17 |
Le Moule
Guadeloupe
Place de l'Eglise |
Mirtil Eloi "Belfort" Vencel
38 ans, cultivateur
(14 avril 1858, Les Abymes) |
Dans la nuit du 29 au 30 juin 1896, à l'habitation Perrine, section du Portland au Moule, assassine sa maîtresse Marie Valérine Walpole, veuve Volnin, 39 ans, commerçante et son rival Saint-Louis Cély, 37 ans. |
Exécuteur : plusieurs détenus de la prison des Saintes.
Faute de guillotine, les bois sont ceux de Saint-Laurent-du-Maroni, empruntés pour l'occasion. Départ la veille de Pointe-à-Pitre à 19h30, arrivée à minuit quarante. Montage, accompli par deux ouvriers et supervisé par l'ingénieur d'arrondissement, commence dès 1h30, au clair de lune et d'une lanterne. Placette, devant le presbytère, délimitée par des cordes, ainsi que la Grand'Rue et la rue de l'Eglise. Mirtil quitte la prison de Pointe-à-Pitre à minuit, sous couvert d'une formalité administrative, et arrive à la prison locale à 3h15 enfermé dans une cellule du fond. Pleure et reproche à sa maîtresse de lui avoir fait commettre son crime par son infidélité. Quand le procureur le prévient, refuse de comprendre, et s'effondre enfin contre l'abbé Jouanin en se lamentant. Prie et se confesse pendant près d'une heure. Dans une cellule proche, les exécuteurs, peu touchés par la situation, se griment en noir et blanc, et boivent du rhum et du café. Un verre de rhum est porté à Mirtil, qui l'avale, puis raconte ses déboires et sa conviction que la peine de mort était abolie. Considère tout haut que son sort est injuste, car s'il admet devoir mourir pour son crime, il dit qu'il en existe des aussi coupables que lui à la prison de Pointe-à-Pitre, voire des pires, et qui devraient connaître le même sort que lui, "si la République est juste". Entre deux moments où il manque défaillir et des sanglots, sollicite du café, et repousse le rhum juste un temps, prétextant qu'il veut d'abord du café. On envoie en chercher dans le voisinage. Demandant des cigarettes au juge de paix, lui en prend trois en justifiant qu'il est gros fumeur. Enfin, demande qu'on apporte la bouteille de rhum jusqu'à l'échafaud pour en boire un dernier coup avant de mourir. Arrivée des exécuteurs sur la place à 5h30 pour procéder à deux essais sur des "troncs" de bananiers, et un couteau est prévu pour tout "accident". Pendant la toilette, demande à ne pas avoir les bras attachés dans le dos et à porter sa propre chemise plutôt qu'une préalablement décolletée. La charrette arrive sur place à 6h12. Descend difficilement, regarde la foule, embrasse le crucifix puis boit un dernier godet de rhum avant que le juge ne lui glisse une nouvelle cigarette à la bouche. Après un dernier baiser du prêtre, confié aux exécuteurs : ceux-ci, en l'installant, cassent une des courroies et doivent la remplacer par une corde, ce qui prend du temps, pendant lequel le condamné reste mutique mais pâle. Dès qu'il est basculé, exécution très rapide. 3.000 spectateurs environ.
Dernière exécution publique en Guadeloupe ? |
19 novembre 1896 (Cour d'assises de Pointe-à-Pitre/Guadeloupe) |
Mardi 30 avril 1940 |
5h |
Fort-de-France
Martinique
Entrée de la maison d'arrêt, 118, rue Victor-Sévère |
Prosper Jérôme Virebord
31 ans, cultivateur
(27 janvier 1909, Sainte-Anne, 972) |
PARRICIDE.
Le 29 décembre 1938, à Sainte-Anne, assassine son père septuagénaire Charles Virebord, avec lequel il était en querelle depuis plusieurs années. |
Exécuteur : un ancien condamné à mort gracié.
Au greffe, demande à fumer une cigarette et à boire un verre de punch. Va à l'échafaud en tenue parricide, meurt courageusement.
Probable dernier condamné supplicié en public sur le territoire de France. |
22 avril 1939 (Cour d'assises de la Martinique)
17 octobre 1939 (Cour d'assises de la Martinique) |
Mercredi 27 août 1947 |
5h35 |
Pointe-à-Pitre
Guadeloupe
Cour de la maison d'arrêt, 7, rue Lethière |
Alexander Joseph
35 ans, cultivateur à Saint-Martin
(?) |
PARRICIDE.
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Exécuteur : ?
Dernière exécution en Guadeloupe. |
16 juin 1945 (Cour d'assises de la Guadeloupe) |
Mercredi 17 juin 1964 |
4h45 |
Fort-de-France
Martinique
Cour de la maison d'arrêt, 118, rue Victor-Sévère |
Raymond François Georgius Annama
38 ans, cultivateur
(24 novembre 1925, Le Lamentin, 972) |
Condamné à dix ans de travaux forcés le 25 juin 1952 pour viol et tentative de meurtre sur une adolescente de 14 ans qu'il enlève vers 1950, avant de la violer et de tenter de la noyer en la précipitant d'un pont.
Libéré en conditionnelle le 01 décembre 1959.
Condamné à 5 mois de prison pour vol en juillet 1961.
Le 11 novembre 1962 au Lamentin, en état d'ivresse, enlève Jocelyne Longchamps, 6 ans, sur laquelle il pratique des attouchements. Au milieu de la nuit, sous couvert de la ramener à sa mère, la transporte au bord de la rivière, la vole, puis l'étouffe à mains nues pour l'empêcher de hurler, avant de jeter le corps dans l'eau, lesté d'une pierre de cinq kilos. Arrêté le lendemain soir.
Le 02 janvier 1963, il s'évade avec deux autres prisonniers, et il est rattrapé le lendemain, place Stalingrad à Fort-de-France. Un des autres évadés, Germain Labarraque, est abattu par les gendarmes. Annama s'était brisé les deux chevilles en sautant du mur. |
Exécuteur : André Obrecht.
Prévenu de l'arrivée du bourreau la veille ou l'avant-veille de l'exécution. Décapité en présence du juge Buhot, du père Huré et du pasteur Itty, de M. Bascon, directeur de la prison, et du médecin M. Barbe. Très calme, entend le pasteur et meurt sans prononcer un mot. La guillotine est laissée sur place au cas où. |
13 juin 1963 (Cour d'assises de la Martinique)
13 décembre 1963 (Cour d'assises de la Martinique) |
Mardi 22 juin 1965 |
4h40 |
Fort-de-France
Martinique
Cour de la maison d'arrêt, 118, rue Victor-Sévère |
Landry Lambert Gau
28 ans, marchand de bestiaux
(10 juin 1937, Le François, 972) |
Le 01 novembre 1963, dans le quartier Dumaine, au François, attaque et étrangle Pierre Louisy, 77 ans, cultivateur, et vole son portefeuille contenant 750 francs. Le soir venu, se rend au domicile de sa victime, et attaque Marie-Valentine Louisy, épouse Daude, 80 ans, soeur de sa première victime, et Gilles Marie Daude, 57 ans, fille de la précédente, à coups de couteau.
Toutes deux survivront, mais Mlle Daude, touchée à la colonne vertébrale, reste paralysée, et Mme Daude a la langue presque sectionnée et est défigurée par les coups de lame. |
Exécuteur : André Obrecht.
A l'instar d'Anama un an plus tôt, averti de l'arrivée du bourreau quelques jours avant l'exécution. Réveillé à 4h, demande à voir sa femme et leurs sept enfants.
Dernière exécution en Martinique ainsi qu'en France d'outremer. |
12 décembre 1964 (Cour d'assises de la Martinique) |