MONDE

1792-1981

La Veuve fonctionne partout


Palmarès du Pacifique : Nouvelle-Calédonie, Polynésie



Date Heure Lieu Nom Crime Exécution Condamnation
Jeudi
30 décembre 1858
Felipo Bouéone Chef Kanak de Balade. Accusé d'avoir fait incendier l'église de Pouébo. Fusillé. Pas de procès
Lundi
29 août 1859
?h ?

Nouvelle-Calédonie

?
Kandio

? ans, ?

(?)
Chef Kanak Fusillé.
Vendredi
18 novembre 1859
?h ?

Nouvelle-Calédonie

?
Jack N'Gara Rétié

? ans, ?

(?)
Chef Kanak Fusillé.
Lundi
06 octobre 1862
6h Port-de-France/Nouméa

Nouvelle-Calédonie

Baie des Anglais (Baie de l'Orphelinat)
Alexandre Albert

23 ans, fusilier à la 1ère Compagnie disciplinaire

(07 avril 1839, Paris, 75)
Voies de faits sur leur supérieur. Fusillés, premiers Français exécutés sur l'île. 01 octobre 1862
(Conseil de guerre)
Emile Charles Pierre Sévin

26 ans, fusilier à la 1ere Compagnie disciplinaire

(26 août 1836, Paris, 75)
Samedi
17 juin 1865
7h Nouméa

Nouvelle-Calédonie

Bagne du Camp Est, Ile Nou
Alexandre Charles Bourifé
Transporté n°133-15228

39 ans, carrier

(15 mars 1826, Versailles, 78)
Condamné le 10 décembre 1862 par la cour d'assises de la Seine pour tentative de meurtre aux travaux forcés à perpétuité.

Tue de deux coups de couteau son co-détenu Emile Roger, 27 ans, dont il était amoureux et jaloux, le 12 juin 1865.
Fusillé. 16 juin 1865
(1er Conseil de guerre de Nouvelle-Calédonie)
Mardi
23 avril 1867
7h Nouméa

Nouvelle-Calédonie

Bagne du Camp Est, Île Nou
René François Chevrel
Transporté n°76-14419

34 ans, manoeuvre

(22 avril 1833, Jangé, 35)
Condamné le 02 juin 1862 par la cour d'assises de la Loire-Inférieure pour cambriolage à vingt ans de travaux forcés.

A la ferme-modèle de Yahoué, tente d'assassiner le sergent Bergerot, surveillant.
Fusillé. 16 avril 1867
Samedi
08 juin 1867
7h Nouméa

Nouvelle-Calédonie

Bagne du Camp Est, Île Nou
Pierre Antoine "Capmann" Salmé
Transporté n°117-15112

42 ans, marchand ambulant

(16 août 1824, Jaulgonne, 02)
Condamné le 06 mai 1863 par la cour d'assises du Var pour cambriolages à vingt ans de travaux forcés.

Tente d'assassiner à coups de bouteille le sergent Desgeorges au dépôt de correction de Napoléonville en 1867.
Fusillé. 01 juin 1867
(2e Conseil de guerre de Nouvelle-Calédonie)
Mercredi
25 septembre 1867
9h30 Nouméa

Nouvelle-Calédonie

Presqu'île Ducos
Matapou

environ 25 ans, cultivateur

(?, Nouvelles-Hébrides)
A Pâïta, le 16 août 1867, attaquent la famille Pascal, leurs employeurs, et massacrent le père, la mère, leurs enfants âgés de 4 et 1 ans, et leur domestique, le forçat Jean Combroux. Première exécution capitale effectuée avec la guillotine, arrivée le 21 avril précédent en Nouvelle-Calédonie. 20 septembre 1867
()
Soupesalé

environ 25 ans, cultivateur

(?, Nouvelles-Hébrides)
Soarès

environ 25 ans, cultivateur

(?, Nouvelles-Hébrides)
Tiver

environ 21 ans, cultivateur

(?, Nouvelles-Hébrides)
Lundi
18 mai 1868
16h05 Pouébo

Nouvelle-Calédonie

Ouvanou, devant la chefferie Nwelebeng
Maep

30 ans,

(?)
Kanaks s'étant rebellés contre la spoliation coloniale du gouvernement Guillain.

A la tête d'un groupe d'environ 300 hommes, le 6 octobre 1867 vers 17h30, assassinent à Pouébo, au lieu-dit Pont Boïvou, le maréchal des logis Alfred Theodor Bailly, 39 ans, et le gendarme Etienne Venturini, 32 ans, et jettent leurs corps dans la mangrove où ils sont repêchés le lendemain. A 20h, pillent le magasin Bertrand-Delrieu puis se rendent à un kilomètre de là, à la maison des colons Demené : assassinent d'un coup de casse-tête le colon agriculteur Pierre Demené, 50 ans, puis tuent à la hache et au casse-tête sa fille Louise Eugénie, 7 ans, son fils Alfred, 4 mois, et leur serviteur loyatien Koouine, avant de piller la maison. Eugénie Alexandrine Blanchard, veuve Demené, 33 ans, survit à ses graves blessures après s'être cachée dans un arbre, ainsi que son beau-fils Pierre-François Demené, 12 ans, et son fils aîné Emile Pierre Demené, 9 ans, qui avaient été frappés et laissés pour morts dans un fossé. Vers 23h45, à Oubatche, attaquent la station Henry et attirent à l'extérieur le jeune Alick Henry, 16 ans, qui est blessé de trois coups de casse-tête, puis fuient quand les occupants ripostent à coups de fusil.

La situation fut volontairement montée en épingle, les journaux d'époque affirmant que les victimes avaient été dévorées par les rebelles.
09 mai 1868
()
16h06 Apollo Bwawi

25 ans,

(?)
16h07 Elisé Dien

36 ans,

(?)
16h08 Benjamin Kela

18 ans,

(?)
16h10 David Tuabuat

30 ans,

(?)
16h11 Pierre "Poindi de Chamboine" Cabwen

38 ans,

(?)
16h12 Tom Harry

40 ans,

(?)
16h13 "Samboine" Pwaedi

30 ans,

(?)
16h15 Thierry Teary

50 ans,

(?)
16h17 Pierre "de Bouhaïabate" Amwen

30 ans,

(?)
Jeudi
16 juillet 1868
6h Nouméa

Nouvelle-Calédonie

"Place de la guillotine", bagne du Camp Est, Île Nou
Hamida ben Cella
Transporté n°18634

29 ans, journalier

(vers 1839, ?, Algérie)
Condamné le 01 décembre 1866 par le 2e Conseil de Guerre d'Oran pour meurtre à dix ans de travaux forcés

Meurtre d'un condamné.
04 juillet 1868
(1er Conseil de guerre de Nouvelle-Calédonie)
Mardi
08 septembre 1868
5h30 Nouméa

Nouvelle-Calédonie

"Place de la guillotine", bagne du Camp Est, Île Nou
Jean Genest EXÉCUTION A VÉRIFIER.
Mercredi
19 mai 1869
7h Papara

Tahiti

Place d'Atimaono
Chim Siou "Chim Soo" Kung

? ans, ?

(?)
Chinois, auteur d'une rixe ayant occasionné un mort et plusieurs blessés graves.

Ses trois complices, condamnés à mort, sont graciés.
Baptisé à Papeuriri sous le nom de Paul. Exécuté au moment où une pièce d'artillerie marque le premier coup de sept heures. 13 mars 1869
Vendredi
13 janvier 1871
6h30 Nouméa

Nouvelle-Calédonie

"Place de la guillotine", bagne du Camp Est, Île Nou
Alphonse Louis Rémy
Transporté n°2616

37 ans, jardinier

(08 mai 1833, La Chapelle-Iger, 77)
Condamné le 01 décembre 1868 par la cour d'assises de la Seine-et-Marne pour braconnage et meurtre d'un garde forestier aux travaux forcés à perpétuité.

Evasion, vol, tentative d'assassinat.
06 janvier 1871
(1er Conseil de guerre de Nouvelle-Calédonie)
Vendredi
10 février 1871
6h30 Nouméa

Nouvelle-Calédonie

"Place de la guillotine", bagne du Camp Est, Île Nou
Nicolas Chevanne
Transporté n°19481

42 ans, cultivateur

(11 mai 1828, Recologne, 25)
Condamné le 08 août 1867 par la cour d'assises de la Seine pour viols de sa propre fille aux travaux forcés à perpétuité.

Garçon de famille chez un colon, en état d'ivresse, blesse la fille de son employeur d'un coup de revolver, vols et évasion.
07 février 1871
(Conseil de guerre de Nouvelle-Calédonie)
Vendredi
10 mars 1871
6h30 Nouméa

Nouvelle-Calédonie

"Place de la guillotine", bagne du Camp Est, Île Nou
François Marie Multédo
Transporté n°18013

31 ans, postillon

(07 juin 1839, Calcatoggio, 20)
Condamné le 19 mai 1866 par la cour d'assises de Corse pour assassinat et vol commis en 1866 aux travaux forcés à perpétuité.

Tentative d'assassinat d'un gardien.
28 février 1871
(1er Conseil de guerre de Nouvelle-Calédonie)
Mardi
28 novembre 1871
6h30 Nouméa

Nouvelle-Calédonie

"Place de la guillotine", bagne du Camp Est, Île Nou
Louis Victor "Isidore" Brun
Transporté n°18540

34 ans, piqueur de bottines

(18 janvier 1837, Le Havre, 76)
Condamné le 19 novembre 1866 par la cour d'assises de Seine-Inférieure pour deux cambriolages à six ans de travaux forcés

17 novembre 1871
(1er Conseil de guerre de Nouvelle-Calédonie)
Mardi
07 mai 1872
6h30 Nouméa

Nouvelle-Calédonie

"Place de la guillotine", bagne du Camp Est, Île Nou
Charles Eugène Félix Girardet ? EXECUTION A VERIFIER
Vendredi
28 juin 1872
6h Nouméa

Nouvelle-Calédonie

"Place de la guillotine", bagne du Camp Est, Île Nou
Charles Louis Pierre
Transporté n°21077

26 ans, fumiste

(16 février 1839, Wasselonne, 67)
Condamné le 21 novembre 1868 par la cour d'assises de la Haute-Garonne pour tentative d'assassinat à vingt ans de travaux forcés.

Blesse d'un coup de couteau le surveillant Collin. Avait l'intention de faire subir un sort similaire à un autre gardien.
21 juin 1872
(1er Conseil de guerre de Nouvelle-Calédonie)
Samedi
26 octobre 1872
Nouméa

Nouvelle-Calédonie

"Place de la guillotine", bagne du Camp Est, Île Nou
Noël Marie "Gabriel" Le Menez
Transporté n°18484

43 ans, boulanger

(24 septembre 1829, Douarnenez, 29)
Condamné le 18 octobre 1866 par la cour d'assises du Finistère pour tentative d'assassinat sur son épouse aux travaux forcés à perpétuité.

Embauché à la boulangerie du bagne, surpris en flagrant délit de vol de pain le 15 septembre 1872, tue le distributeur Pierre-Sabas Germain, 56 ans, qui voulait s'interposer et le dénoncer.
18 octobre 1872
(Conseil de guerre de Nouvelle-Calédonie)
Mardi
02 décembre 1873
6h Nouméa

Nouvelle-Calédonie

"Place de la guillotine", bagne du Camp Est, Île Nou
Charles Dominique Giovacchini
Transporté n°18999

44 ans, propriétaire

(10 mars 1829, Canale-di-Verde, 20)
Condamné le 13 mai 1867 par la cour d'assises de la Corse pour meurtre à vingt ans de travaux forcés.

Tue Mme Caujolle parce qu'elle venait de le licencier de sa place de domestique.
25 novembre 1873
(1er Conseil de guerre de Nouvelle-Calédonie)
Lundi
26 janvier 1874
6h Îles des Pins

Nouvelle-Calédonie

?
Ernest Henri Lamouche
Déporté n°512

22 ans, terrassier

(12 avril 1851, Moisselles, 78)
Condamné à la déportation le 22 février 1872 par le 16e Conseil de guerre permanent de Versailles pour port d'armes et d'uniforme militaire durant la Commune.

Tous condamnés pour participation à la Commune, déportés sur l'île des Pins. Membres d'une association appelée "La Tierce", ou "Les casquettes bleues", prennent en haine le détenu Saint-Bris, conseiller (un des trois délégués élus chargés de l'intendance des autres détenus), dont l'autorité dépassait de beaucoup celle des gardiens. Le 20 juillet 1873, le menacent et le malmènent à plusieurs reprises, avant de forcer sa porte dans la soirée et de lui briser la tête de quatre coups d'une énorme matraque de fortune.
Fusillés devant environ 900 déportés. 13 janvier 1874
(1er Conseil de guerre de Nouvelle-Calédonie)
Henry Adolphe Althaus
Déporté n°349

21 ans, menuisier

(13 octobre 1852, Paris)
Condamné à la déportation le 05 avril 1872 par le 17e Conseil de guerre permanent de Versailles pour port de l'uniforme militaire durant la Commune.

Complice du précédent.
Henri Emile Andrieux
Déporté n°1541

22 ans, portefeuilliste

(01 septembre 1851, Paris, 75)
Condamné à la déportation le 11 mai 1872 par le 11e Conseil de guerre permanent de Paris pour port de l'uniforme militaire et d'armes durant la Commune.

Complice du précédent.
Isidore Désiré Perrot
Déporté n°661

25 ans, vidangeur

(29 décembre 1848, Paris 20e, 75)
Condamné à la déportation le 25 avril 1872 par le 21e Conseil de guerre permanent pour port d'armes et de l'uniforme militaire durant la Commune.

Complice du précédent.
Mercredi
15 avril 1874
6h Nouméa

Nouvelle-Calédonie

"Place de la guillotine", bagne du Camp Est, Île Nou
Auguste Petitclair
Transporté n°22643

27 ans, forgeron

(26 décembre 1846, Belleville/Paris, 75)
Condamné le 01 juillet 1870 par la cour d'assises de la Seine pour vol et tentative de vol à huit ans de travaux forcés.

Le 4 janvier 1874, refusant de se lever, donne un coup de poing au visage du surveillant Robas avant de le frapper d'un coup de soulier au visage.
03 avril 1874
(Conseil de guerre de Nouvelle-Calédonie)
Mercredi
17 juin 1874
6h Nouméa

Nouvelle-Calédonie

"Place de la guillotine", bagne du Camp Est, Île Nou
Auguste Coron
Transporté n°4131

24 ans, domestique

(vers 1850, Lyon, 69)
Condamné en 1871.

Le 30 mars 1874, sur l'île aux Pins, tue à coups de houe le transporté Louis Gaucher, 44 ans, pour lui voler une pièce de cinq francs.
02 juin 1874
(Conseil de guerre de Nouvelle-Calédonie)
Samedi
08 août 1874
6h Nouméa

Nouvelle-Calédonie

"Place de la guillotine", bagne du Camp Est, Île Nou
Auguste Métayer
Transporté n°1772

36 ans, journalier

(26 août 1838, Chigné, 49)
Condamné en 1867.

Incendie volontaire.
août 1874
(Conseil de guerre de Nouvelle-Calédonie)
Samedi
08 août 1874
6h Nouméa

Nouvelle-Calédonie

Bagne du Camp Est, Île Nou
Ange Ferri
Transporté n°18009

35 ans, terrassier

(vers 1839, Cavigliano, Italie)
Condamné le 14 mai 1866 par la cour d'assises de la Corse pour meurtre commis en 1865 à dix ans de travaux forcés.

Le 17 juin 1874, pris de rage contre le transporté Labusserne, et ivre, s'arme d'une hache, le tue de cinq coups. Tente également de tuer Louis Couronné, qui pare le coup et part prévenir les surveillants.
Fusillé. août 1874
(Conseil de guerre de Nouvelle-Calédonie)
Lundi
14 septembre 1874
6h Nouméa

Nouvelle-Calédonie

"Place de la guillotine", bagne du Camp Est, Île Nou
Henri Alfred Chassé
Transporté n°22479

28 ans, tourneur

(24 août 1846, Candé, 49)
Condamné le 05 août 1870 par la cour d'assises de la Charente pour cambriolage chez son employeur à huit ans de travaux forcés.

Surpris en possession de trois bouteilles de bière volées, agresse le surveillant Jacques Schumacher, lui déchirant ses vêtements, le mordant à la main gauche.
04 septembre 1874
(1er Conseil de guerre de Nouvelle-Calédonie)
Jeudi
05 novembre 1874
6h Nouméa

Nouvelle-Calédonie

"Place de la guillotine", bagne du Camp Est, Île Nou
Jean Gros
Transporté n°19155

40 ans, journalier et mineur

(juin 1834, Saint-Etienne, 42)
Condamné le 28 juin 1867 par la cour d'assises de la Loire pour tentative d'assassinat à quinze ans de travaux forcés.

Tente de tuer de plusieurs coups de hachette le libéré Louis Tarel.
23 octobre 1874
(1er Conseil de guerre de Nouvelle-Calédonie)
Lundi
07 décembre 1874
6h Nouméa

Nouvelle-Calédonie

"Place de la guillotine", bagne du Camp Est, Île Nou
Louis Joseph Eloi Lâne
Transporté n°19583

32 ans, journalier

(02 décembre 1841, Férolles, 45)
Condamné le 29 octobre 1867 par la cour d'assises du Loiret pour viol d'une adolescente de moins de quinze ans à huit ans de travaux forcés.

Au cours d'une évasion, le 23 septembre 1874, à Moindou, tente d'agresser sexuellement Mlle Denize, puis frappe à coups de bâton Mme Pinot qui s'interposait. Denize, blessée elle aussi par le gourdin, s'enfuyant, Lâne porte Mme Pinot évanouie sur le lit et la viole..
24 novembre 1874
(1er Conseil de guerre de Nouvelle-Calédonie)
Jeudi
20 mai 1875
6h30 Nouméa

Nouvelle-Calédonie

Bagne du Camp Est, Île Nou
Auguste Rose
Transporté n°18301

35 ans, forgeron

(05 mars 1840, Lussac-les-Églises, 87)
Condamné le 20 août 1866 par le 2e Conseil de guerre d'Oran pour tentative de meurtre à cinq ans de travaux forcés.

?
Fusillé. mai 1875
(Conseil de guerre de Nouvelle-Calédonie)
Lundi
30 août 1875
6h Nouméa

Nouvelle-Calédonie

"Place de la guillotine", bagne du Camp Est, Île Nou
Laurian Jules Gauthier
Transporté n°18809

36 ans, cordonnier

(01 juillet 1839, Issoudun, 36)
Condamné le 12 février 1867 par la cour d'assises du Puy-de-Dôme pour deux tentatives d'assassinat aux travaux forcés à perpétuité.

Sur l'île Nou, le 16 juin 1875, tente de tuer de huit coups de tranchet le transporté Jean-Claude Vernot, son amant infidèle.
20 août 1875
(1er Conseil de guerre de Nouvelle-Calédonie)
Mardi
28 septembre 1875
6h Nouméa

Nouvelle-Calédonie

"Place de la guillotine", bagne du Camp Est, Île Nou
Firmin Pradal
Transporté n°25707

28 ans, cultivateur

(28 mai 1847, Aubenas, 07)
Condamné le 16 mars 1873 par la cour d'assises de l'Ardèche pour parricide aux travaux forcés à perpétuité.

Le 31 juillet 1875, insulte et frappe d'un coup de pied et de poing le surveillant Paul Marcelin Rolland qui venait de lui faire des remontrances à cause de son ivresse.
17 septembre 1875
(1er Conseil de guerre de Nouvelle-Calédonie)
Mercredi
10 novembre 1875
6h Nouméa

Nouvelle-Calédonie

Presqu'île Ducos
Léon Joseph Rogier
Déporté n°168

26 ans, garçon de buanderie

(11 mars 1849, Paris, 75)
Condamné le 28 mars 1872 par le 23e Conseil de guerre de Vincennes pour participation à la Commune (désertion, port d'armes et d'uniforme lors d'un mouvement insurrectionnel et outrages envers ses supérieurs) à la déportation.

A la presqu'île Ducos, le 11 octobre 1875, assassine le déporté François Armand Rinboeuf, 26 ans, cordonnier.
Fusillé. 02 novembre 1875
(1er Conseil de guerre de Nouvelle-Calédonie)
Mardi
15 février 1876
6h Nouméa

Nouvelle-Calédonie

"Place de la guillotine", bagne du Camp Est, Île Nou
Alexandre Jean-Baptiste Leroy
Transporté n°7770

24 ans, ajusteur

(vers 1852-1853, Paris, 75)
Condamné le 20 avril 1875 par la cour d'assises de la Seine pour vols qualifiés à huit ans de travaux forcés.

En rade de Ste-Catherine, le 10 novembre 1875, à bord du "Rhin", égorge d'un coup de rasoir son co-détenu Pezeu. Erreur : il voulait tuer Barbier, qui avait dénoncé une tentative d'évasion de sa part.
10 février 1876
(Conseil de guerre)
Mercredi
29 mars 1876
6h Nouméa

Nouvelle-Calédonie

"Place de la guillotine", bagne du Camp Est, Île Nou
Jean Delaire
Transporté n°7750

24 ans, tisseur

(25 décembre 1852, Issoire, 63)
Condamné le 26 mai 1875 par la cour d'assises du Puy-de-Dôme pour vols qualifiés à dix ans de travaux forcés.

Le 14 mars 1876, assassine le surveillant Salvadori et tente de tuer le surveillant Schanebel, puis frappe le condamné Rambaud qui venait à la rescousse.
24 mars 1876
(1er Conseil de guerre de Nouvelle-Calédonie)
Mardi
09 mai 1876
(1er Conseil de guerre de Nouvelle-Calédonie)
6h Nouméa

Nouvelle-Calédonie

"Place de la guillotine", bagne du Camp Est, Île Nou
Calixte Lavorelle
Transporté n°23752-4764

25 ans, laboureur

(11 octobre 1850, Allonzier-la-Caille, 74)
Condamné le 12 août 1871 par le 1er Conseil de guerre de Rouen pour désertion à l'intérieur d'un territoire en état de siège et à l'ennemi à la peine de mort, peine commuée en travaux forcés à perpétuité le 31 octobre 1871.

Le 10 février 1876, en état d'ivresse, frappe d'un coup de couteau le surveillant Poggi sans le tuer.
02 mai 1876
(1er Conseil de guerre de Nouvelle-Calédonie)
Lundi
26 mars 1877
6h Nouméa

Nouvelle-Calédonie

"Place de la guillotine", bagne du Camp Est, Île Nou
Jules Albert Triolet
Transporté n°23637-4728

25 ans, domestique

(12 janvier 1852, La-Ville-sous-Orbais, 51)
Condamné le 16 novembre 1871 par la cour d'assises de la Marne pour assassinat et vol aux travaux forcés à perpétuité.

S'évadant le 10 février 1877, assassine à Moindou Heloïse Serres, 15 ans, parce qu'elle refusait de se laisser violer.
20 mars 1877
(1er Conseil de guerre de Nouvelle-Calédonie)
Samedi
28 avril 1877
6h Nouméa

Nouvelle-Calédonie

"Place de la guillotine", bagne du Camp Est, Île Nou
Jacques Morel
Transporté n°23194-4324

32 ans, cultivateur

(06 mars 1845, Saint-Bonnet-le-Courreau, 42)
Condamné le 13 juin 1871 par la cour d'assises de la Loire pour cambriolages à cinq ans de travaux forcés.

Fusillé 20 avril 1877
(Conseil de guerre de Nouvelle-Calédonie)
Lundi
25 juin 1877
7h Nouméa

Nouvelle-Calédonie

"Place de la guillotine", bagne du Camp Est, Île Nou
Constantino Verdoja
Transporté n°20217-2262

33 ans, maçon

(1844, Zubiena, Piémont, Italie)
Condamné le 29 février 1868 par la cour d'assises de l'Isère pour tentative de vol et d'assassinat à la peine de mort, peine commuée en travaux forcés à perpétuité le 08 avril 1868.

Evadés, assassinent le 11 mai 1877 à Fonwhary (La Foa) le surveillant Jacques Gallemaille, 35 ans, son fils Alfred, vingt mois, et le garçon de famille Duroux pour les voler. Elise Dottier, épouse Gallemaille, 24 ans, survit, de même que le petit Léon, âgé de deux mois et qui, caché par sa mère dans le jardin sous un arbre, échappe à la vigilance des assassins.
19 juin 1877
(1er Conseil de guerre de Nouvelle-Calédonie)
Pascal Manuel Murillo-Jarminasso
Transporté n°21938-3435

57 ans, cordonnier

(vers 1820, Cervera, Espagne)
Condamné le 08 août 1869 par la cour d'assises des Basses-Pyrénées pour tentative de vol qualifié et d'assassinat à la peine de mort, peine commuée en travaux forcés à perpétuité le 04 septembre 1869.

Complice du précédent.
Victor Frédéric Camus
Transporté n°22430-3026

52 ans, charpentier

(01 août 1824, Morangles, 60)
Condamné le 17 décembre 1850 par la cour d'assises de l'Oise pour cambriolage à vingt ans de travaux forcés, incarcéré à Brest puis en Guyane, libéré et revenu en France, condamné le 06 avril 1870 par la cour d'assises de Seine-et-Oise pour cambriolages à vingt ans de travaux forcés.

Complice du précédent.
Lundi
25 juin 1877
7h30 Nouméa

Nouvelle-Calédonie

Bagne du Camp Est, Île Nou
Fortuné Duménil
Transporté n°18546-940

32 ans, journalier

(28 octobre 1834, Heuqueville, 76)
Condamné le 26 novembre 1866 par la cour d'assises de la Seine-Inférieure pour incendie volontaire d'une maison habitée en 1857 et vol de son employeur en 1860 à huit ans de travaux forcés.

Libéré le ?

A Moindou, assassine sa patronne Mme Réal. En compagnie des évadés Verdoja, Camus et Murillo, participe à l'assassinat le 11 mai 1877 à Fonwhary (La Foa) du surveillant Jacques Gallemaille, 35 ans, de son fils Alfred, vingt mois, et du garçon de famille Duroux pour les voler. Elise Dottier, épouse Gallemaille, 24 ans, survit, de même que le petit Léon, âgé de deux mois et qui, caché par sa mère dans le jardin sous un arbre, échappe à la vigilance des assassins.
Fusillé. 19 juin 1877
(1er Conseil de guerre de Nouvelle-Calédonie)
Mardi
04 juin 1878
6h30 Île des Pins

Nouvelle-Calédonie

?
Nicolas Wormeringer
Déporté n°186

34 ans, boulanger

(30 août 1843, Neunkirchen-lès-Bouzonville, 57)
Condamné le 09 janvier 1872 par le 11e Conseil de guerre de Rambouillet pour port d'armes et d'uniforme dans un mouvement insurrectionnel à la déportation.

Le 10 mars 1878, à la prison du 4e groupe de la déportation, blesse mortellement de deux coups de couteau son co-détenu, Désiré Marchandon, 29 ans, déporté n°534.

Charles Ebstein, déporté n°802, condamné à mort, est gracié.
Fusillé. 17 mai 1878
(2e Conseil de guerre de Nouvelle-Calédonie)
30 juin 1878 Dumbéa Bambaï et onze autres Kanaks
juillet 1878 Tehen de Monéo, Poindi de Ponérihouen, Cambo de Houaïlou et six autres Kanaks Près de Canala, assassinent le sergent-interprète Donon. Un dixième condamné, trop malade, n'est pas supplicié.
avant le 02 octobre 1878 Bourail Willy Kanak. Trahison et assassinat.
Samedi
28 décembre 1878
6h Nouméa

Nouvelle-Calédonie

"Place de la guillotine", bagne du Camp Est, Île Nou
Léon Gustave Charpentier
Transporté n°362-6406

22 ans, manouvrier

(15 février 1855 ou 1856, Mont-Saint-Père, 02)
Condamné le 02 février 1874 par la cour d'assises de l'Aisne pour vol qualifié à cinq ans de travaux forcés.

Le 23 octobre 1878, vole des outils, s'évade, puis tente d'assassiner le libéré Jules Louis Joseph Collinet à coups de masse et de burin avant de lui voler 15 centimes, un mouchoir, un couteau et du tabac.
27 décembre 1878(Conseil de guerre de Nouvelle-Calédonie)
01 mai 1879 François et Dionnet Chefs Kanaks. A Muéo, le 11 septembre 1878, assassins de Henry Houdaille, colon, ancien gendarme, qui s'était interposé entre deux tribus ennemies, soutenant les Nekliaï contre les Néa.
1879 6h Nouméa

Nouvelle-Calédonie

"Place de la guillotine", bagne du Camp Est, Île Nou
Une exécution
Lundi
13 octobre 1879
6h Nouméa

Nouvelle-Calédonie

"Place de la guillotine", bagne du Camp Est, Île Nou
Louis Emile Prou
Transporté n°2696-8536

31 ans, sans profession

(1858, Paris (Passy), 75)
Condamné le 18 février 1876 par la cour d'assises du Gard pour tentative d'assassinat sur un gardien de prison à huit ans de travaux forcés.

Le 19 juin 1878, s'évade de l'île Nou, et frappe de quatre coups de tiers-point le gardien de bétail Bertrand, libéré, qui cherchait à l'arrêter. Maîtrisé et ramené en prison, il frappe de trois coups de couteau le condamné Mayer qui venait lui remettre un uniforme de prisonnier. Condamné par le 1er Conseil de Guerre de Nouméa à la peine de mort le 20 septembre 1878, gracié le 04 octobre 1878. Le 22 septembre 1879, à l'île Nou, blesse de deux coups de couteau dans la poitrine le docteur Joseph Grosperrin qui refusait de lui délivrer un arrêt de travail, habitué à son hypocondrie.
07 octobre 1879
(1er Conseil de guerre de Nouvelle-Calédonie)
Vendredi
05 décembre 1879
6h Nouméa

Nouvelle-Calédonie

"Place de la guillotine", bagne du Camp Est, Île Nou
Jean-Baptiste "Chastaud" Perret
Transporté n°1964-7864

24 ans, domestique

(17 août 1855, Recoules-d'Aubrac, 48)
Condamné le 08 juin 1875 par la cour d'assises de la Lozère pour meurtre et vol qualifié aux travaux forcés à perpétuité.

Tentative d'assassinat.
28 novembre 1879
(Conseil de guerre de Nouvelle-Calédonie)
Lundi
29 décembre 1879
6h Nouméa

Nouvelle-Calédonie

"Place de la guillotine", bagne du Camp Est, Île Nou
Marie Joseph Mercery
Transporté n°?

33 ans, propriétaire

(12 mai 1846, Le Quiou, 22)
Condamné le ?.

Voies de fait sur surveillant.
19 décembre 1879
(Conseil de guerre de Nouvelle-Calédonie)
Mercredi
31 décembre 1879
6h Nouméa

Nouvelle-Calédonie

"Place de la guillotine", bagne du Camp Est, Île Nou
Jean-Baptiste Lemaire
Transporté n°4233-10076

21 ans, journalier

(20 janvier 1858, Landrecies, 59)
Condamné le 06 novembre 1877 par le Conseil de guerre de Toulon pour incendie volontaire à dix ans de travaux forcés.

Assassinat
29 décembre 1879
(Conseil de guerre de Nouvelle-Calédonie)
Vendredi
27 février 1880
6h Nouméa

Nouvelle-Calédonie

"Place de la guillotine", bagne du Camp Est, Île Nou
Jean-Alexandre Olivier
Transporté n°272-6315

31 ans, maréchal-ferrant

(30 mars 1848, Nueil-sur-Dive, 86)
Condamné le 04 septembre 1873 par la cour d'assises des Deux-Sèvres pour assassinat aux travaux forcés à perpétuité.

Evasion, vol d'une goëlette et voies de faits sur surveillant.
17 février 1880
(Conseil de guerre de Nouvelle-Calédonie)
Jean-François Hippolyte André Chanéac
Transporté n°24509-4987

38 ans, agent de police

(13 novembre 1841, Lachamp-Raphaël, 07)
Condamné le 08 juin 1872 par la cour d'assises de la Loire pour assassinat aux travaux forcés à perpétuité.

Complice du précédent.
Jeudi
29 avril 1880
6h Nouméa

Nouvelle-Calédonie

"Place de la guillotine", bagne du Camp Est, Île Nou
Marie François Joseph Dubois
Transporté n°2473-8353

33 ans, photographe

(24 mars 1847, Bouhans, 70)
Condamné le 14 janvier 1876 par la cour d'assises des Alpes-Maritimes pour vol qualifié à vingt ans de travaux forcés.

Evasion, voies de fait sur surveillant et vol d'un bateau.
20 avril 1880
(Conseil de guerre de Nouvelle-Calédonie)
Jean-Louis Poulmarch
Transporté n°3867-9716

36 ans, terrassier

(06 octobre 1843, Quimper, 29)
Condamné le 04 juin 1877 par la cour d'assises d'Eure-et-Loir pour vols à quinze ans de travaux forcés.

Complice du précédent.
Mercredi
22 juin 1881
6h Nouméa

Nouvelle-Calédonie

"Place de la guillotine", bagne du Camp Est, Île Nou
Louis Joseph Thieux
Transporté n°501-6522

35 ans, claqueur de chaussures

(02 mai 1846, Senlis, 60)
Condamné le 06 décembre 1873 par la cour d'assises de l'Oise pour meurtre aux travaux forcés à perpétuité.

Assassin du gardien Gerbe.
24 décembre 1880
(1er Conseil de guerre de Nouvelle-Calédonie)
Lundi
09 février 1885
6h15 Nouméa

Nouvelle-Calédonie

"Place de la guillotine", bagne du Camp Est, Île Nou
François Ferrari
Transporté n°4651-10474

51 ans, cordonnier

(10 août 1833, Ajaccio, 20)
Condamné le 15 mai 1878 par la cour d'assises de l'Aude pour meurtre aux travaux forcés à perpétuité.

Condamné à mort par le Conseil de guerre de Nouvelle-Calédonie le 03 février 1882 pour tentative de meurtre, gracié le 18 mai 1882, peine commuée en travaux forcés à perpétuité avec cinq ans de double chaîne.

Assassinat.
Première exécution en quatre ans. Avertis par le commandant du pénitencier la veille au soir. Ferrari demande devant l'échafaud, après avoir regardé la machine, à pouvoir dire quelques mots. Il fait l'apologie de sa vie, puis finalement, se précipite sur la bascule en criant : "C'est la plus belle des morts !" Veschi, lui, insultant le président Grévy, on fait battre le tambour pour couvrir sa voix. 10 juin 1884
(2e Conseil de guerre de Nouvelle-Calédonie)
6h30 Luigi "Louis" Rotatori
Transporté n°6846-12576

40 ans, carrier

(vers 1844, Pise, Toscane, Italie)
Condamné le 20 novembre 1880 par la cour d'assises des Bouches-du-Rhône pour vols qualifiés à quinze ans de travaux forcés.

Complice du précédent.
Jeudi
06 mai 1886
10h45 Nouméa

Nouvelle-Calédonie

"Place de la guillotine", bagne du Camp Est, Île Nou
Charles Antoine Courtin
Transporté n°16426

20 ans, domestique de ferme

(13 novembre 1865, Brossay, 49)
Condamné le 18 mai 1885 par la cour d'assises du Maine-et-Loire à la peine de mort pour meurtre et vols, gracié le 25 juillet 1885.

Evasion et tentative d'assassinat.
23 avril 1886
(Conseil de guerre de Nouvelle-Calédonie)
Jeudi
17 juin 1886
6h Nouméa

Nouvelle-Calédonie

"Place de la guillotine", bagne du Camp Est, Île Nou
Joseph Veschi
Transporté n°3027-22442

44 ans, meunier

(25 mai 1842, Pruno, 20)
Condamné le 02 mai 1870 par la cour d'assises de Bastia pour meurtre commis à l'arme à feu à vingt ans de travaux forcés.

Condamné à vingt ans de travaux forcés supplémentaires par le Conseil de guerre de Nouméa le 6 novembre 1877 pour viol.

Devenu domestique chez M.Roger, propriétaire terrien à Gadjy, le 19 octobre 1885, suite à l'invitation d'un ouvrier canaque d'aller à la chasse, il s'empare d'un fusil Lefaucheux et abat trois autres prisonniers, le transporté Tellier, abattu dans le dos, le transporté Gaudin et le transporté Bart, tous trois domestiques dans la même propriété que lui, sans qu'il soit en état d'ivresse... Il tirera sur un quatrième transporté, Ducret, sans le toucher, puis se rendra à la police aux alentours de la Dumbea. Il affirmera avoir vu se venger de tous : de Tellier parce qu'il avait bu du vin sans le partager, Gaudin parce qu'il l'avait insulté, Bart parce qu'il avait fait une grimace en voyant Gaudin se faire tuer et Ducret parce qu'il s'était interposé entre Veschi et Gaudin.
29 décembre 1885
(2e Conseil de guerre de Nouvelle-Calédonie)
6h05 Luigi Mosca
Transporté n°9965-15483

26 ans, journalier

(10 juin 1860, Biella, Piémont, Italie)
Condamné le 28 mai 1884 par la cour d'assises des Bouches-du-Rhône pour avoir le 21 février 1884 à Marseille tué à coups de couteau les époux Gatto, 75 ans et 64 ans, ses anciens logeurs, aux travaux forcés à perpétuité.

Evadé de Bourail, en compagnie d'un co-détenu, Froment, le 03 novembre 1885, vole vingt-huit choux dans le champ du concessionnaire Ben Hanila. Ce dernier, les surprenant, est tué de sept coups de couteau par Mosca.
22 décembre 1885
(1er Conseil de guerre de Nouvelle-Calédonie)
Mercredi
28 décembre 1887
5h30 Nouméa

Nouvelle-Calédonie

"Place de la guillotine", bagne du Camp Est, Île Nou
Julien Fouilleul
Transporté n°3848-9699

30 ans, domestique de ferme

(15 juillet 1856, La Baconnière, 53)
Condamné le 18 avril 1877 par la cour d'assises de la Mayenne pour assassinat et vol à la peine de mort, peine commuée en travaux forcés à perpétuité le 01 juin 1877.

Evasion, vol et tentative de meurtre sur un Kanak.
mai 1887
(Conseil de guerre de Nouvelle-Calédonie)
Jacques Roumieux
Transporté n°758-16240

27 ans, ferblantier

(21 février 1860, Servières, 19)
Condamné le 30 avril 1885 par la cour d'assises du Doubs pour agression et vol avec violences à quinze ans de travaux forcés.

Complice du précédent.
Mercredi
29 mai 1889
6h15 Nouméa

Nouvelle-Calédonie

"Place de la guillotine", bagne du Camp Est, Île Nou
Charles Gramont
Transporté n°9798-15278

25 ans, tonnelier

(21 octobre 1863, Mérignac, 33)
Condamné le 29 décembre 1883 par le 2e Conseil de guerre de la Guadeloupe pour destruction de biens de l'armée et vol d'armes et d'un bateau à huit ans de travaux forcés.

Tentative d'assassinat d'un autre détenu, Rouyer, qu'il frappe de deux coups de couteau pour se venger d'une punition dont il l'estimait responsable.
Regarde les trois cents condamnés réunis, puis la guillotine, impassible, et embrasse sans conviction le crucifix tendu par le père David. Demande et obtient du directeur le droit de s'adresser aux co-détenus : "Camarades, je vais mourir, ne me plaignez pas, j'ai mérité mon châtiment. D'ailleurs, je ne regrette pas de m'en aller, car mes souffrances sont terminées, tandis que vous n'êtes pas au bout des vôtres. Mais laissez-moi, avant de monter sur l'échafaud, vous donner un conseil, ne vous laissez jamais mener par les autres, ne faites jamais rien à l'instigation de vos camarades, ne subissez pas les excitations auxquelles on veut vous posser. Moi-même, je paie aujourd'hui pour d'autres, que je ne veux pas nommer, et qui m'ont poussé au crime. Quand un co-détenu vous y invitera, répondez-lui fais, agis toi-même, cela ne me regarde pas. Camarades, adieu une dernière fois, je pardonne à tous ceux qui m'ont fait du mal..." Gramont embrasse l'aumônier, et dit : "Il faut beaucoup de courage, mais j'en ai. Allons !" Sur la bascule, regarde Macé et s'écrie : "Dépêchez-vous !" Commentaire de l'exécuteur en essuyant le couperet : "A qui le tour ?" 28 décembre 1888
(2e Conseil de guerre de Nouvelle-Calédonie)
Lundi
16 septembre 1889
5h30 Nouméa

Nouvelle-Calédonie

"Place de la guillotine", bagne du Camp Est, Île Nou
Léonard "Henri" Bonnaud
Transporté n°7724-13426

33 ans, chiffonnier

(25 janvier 1856, Coussac-Bonneval, 43)
Condamné le 08 août 1881 par la cour d'assises de la Haute-Garonne pour vol qualifié à huit ans de travaux forcés et le 25 novembre 1881 par la cour d'assises de la Gironde pour vols qualifiés à vingt ans de travaux forcés.

Tuent le 03 décembre 1888 au camp disciplinaire Brun, à Bouloupari, leur co-détenu Léon Ménesson, 36 ans, en lui sciant le cou avec le couvercle d'une boîte de conserve, pour se venger : Deslin avait confié 10 francs à la victime pour qu'il achète du tabac, Ménesson avait gardé l'argent et affirmé que Bonnaud le lui avait dérobé.
Peu émus par la nouvelle. Bonnaud se montre ferme, et avant d'être basculé, se tourne vers le directeur et lui fait ses adieux. Deslin, qui assiste à la scène, salue également les 350 détenus de cinquième classe qui, agenouillés, assistent à la double exécution. 29 janvier 1889
(2e Conseil de guerre de Nouvelle-Calédonie)
Charles Joseph Deslin
Transporté n°8170-13819

29 ans, marchand ambulant

(1860, Paris, 75)
Condamné le 08 mars 1882 par la cour d'assises de la Seine pour vol qualifié avec violences aux travaux forcés à perpétuité, peine commuée en vingt ans de travaux forcés le 12 juin 1882.

Complice du précédent.
Mardi
19 novembre 1889
6h Nouméa

Nouvelle-Calédonie

"Place de la guillotine", bagne du Camp Est, Île Nou
Joseph François Morin
Transporté n°9964-15482

35 ans, ouvrier mégissier

(17 mai 1854, Grenoble, 38)
Condamné le 28 mai 1884 par la cour d'assises de l'Isère pour émission de fausse monnaie étrangère à cinq ans de travaux forcés.

Le 26 février 1889, sur la route de Houaïlou à Canala, assassine Louis Philibert Venant, 60 ans, libéré, en lui frappant la tête d'un coup de manche de pioche, puis de deux coups de pierre pour lui voler un billet de 100 francs.

Eugène Félix Barbier, condamné à mort, est gracié.
16 avril 1889
(1er Conseil de guerre de Nouvelle-Calédonie)
Mercredi
16 avril 1890
5h15 Nouméa

Nouvelle-Calédonie

"Place de la guillotine", bagne du Camp Est, Île Nou
Marius Ambroise Clément Jugy
Transporté n°8711-14295

26 ans, journalier

(07 décembre 1863, Ansouis, 84)
Condamné le 04 janvier 1883 par la cour d'assises des Bouches-du-Rhône pour tentative de vol qualifié à huit ans de travaux forcés.

Condamné le 02 décembre 1886 par le conseil de guerre de Nouméa à quarante ans de travaux forcés pour cambriolage d'une maison.

Scient le cou de leur co-détenu Pierre Achille Lacroix, 56 ans, le 18 décembre 1888 au camp disciplinaire Brun, à Bouloupari, en se servant d'un arceau de barrique affûté exprès.
Visite courte du père David. Jugy, connu pour sa violence, est attaché serré - il avait proféré à plusieurs reprises des menaces contre le directeur du bagne. Le surveillant s'interrogeant sur l'ordre de passage ("A qui le premier ?"), Jugy répond "A moi !" et s'avance. Après avoir entendu la lecture de la sentence par le greffier, il demande à parler. "C'est pour ces cons de surveillants que je suis aujourd'hui au pied de la guillotine." On fait battre le tambour pour l'interrompre, et on le bascule rapidement. Recordier, resté assez stoïque, demande lui aussi à parler et formule peu ou prou la même remarque que son compagnon, plus modérément : "Ne faites pas comme moi... ce sont les surveillants du Camp Brun qui m'ont conduit ici." 25 juin 1889
(1er Conseil de guerre de Nouvelle-Calédonie)
Joseph Pascal Recordier
Transporté n°2670-8512

42 ans, cultivateur

(08 avril 1848, Carpentras, 84)
Condamné le 24 janvier 1876 par la cour d'assises du Vaucluse pour vol qualifié à huit ans de travaux forcés.

Condamné trois fois durant son incarcération par le conseil de guerre de Nouméa à vingt ans de travaux forcés supplémentaires pour complicité de vol qualifié et évasions.

Complice du précédent.
Vendredi
18 avril 1890
5h50 Nouméa

Nouvelle-Calédonie

"Place de la guillotine", bagne du Camp Est, Île Nou
Eugène "Varin" Pivet
Transporté n°15529

32 ans, sans profession

(27 janvier 1858, Paris, 75)
Condamné le 21 juin 1884 par la cour d'assises de la Manche pour assassinat et vol commis à Gonneville le 28 décembre 1883 aux travaux forcés à perpétuité.

Ivre de vernis de menuiserie, tente d'assassiner son co-détenu Emile Abadie, avec lequel il s'était querellé l'avant-veille, d'un coup de poinçon entre les omoplates.
Au réveil, Pivet s'exclame : "Ah ! Enfin ! Ce n'est pas trop tôt !" puis dit au commandant du pénitencier : "On n'a pas le temps de s'embêter ici ! C'est pire qu'à la foire au pain d'épices, à chaque courrier, il y a des nouvelles maintenant." Accepte l'aumônier en ces termes : "Ma foi, je suis si mal avec les hommes qu'il faut que je me mette bien avec les autres." Boiron, atteint de surdité, se réveille uniquement quand le commandant rentre dans sa cellule et s'il n'entend pas ce qu'on lui, il comprend tout de même et répond : "Oui, je m'en doutais." Après la confession, Pivet réclame une tasse de café au lait pour soigner "sa bronchite", puis commente, en mangeant du poulet et des confitures : "Voilà une cuisse que Macé n'aura pas. Et cette aile non plus ! Tu ne manges pas, Boiron ?" "Ca ne passe pas très bien." "Mange, tout de même ! Il ne faut rien laisser pour ce cochon d'exécuteur !" La dernière bouchée avalée, Pivet dit : "Voilà un petit déjeuner que je recommencerais bien demain matin. Allons, mon vieux Boiron, les voyageurs pour le train de Saint-Cloud, en voiture !" Devant la guillotine, demande à parler : "Mes amis, j'ai appris dernièrement qu'on voulait donner des suites à mon exécution. N'en faites rien et restez tranquilles. Qu'il ne soit plus question de rien. Au moment de ma mort, je pardonne. De votre côté, oubliez ! Adieu, camarades, et bon courage !" Se place lui-même sur la bascule. Boiron ne fit, en quittant la salle où ils s'étaient restaurés, qu'une seule demande : "Qu'on m'expédie au plus vite." 28 juin 1889
(1er Conseil de guerre de Nouvelle-Calédonie)
5h51 Antoine Boiron
Transporté n°504-6525

38 ans, cordonnier

(01 juillet 1851, Saint-Laurent-en-Brionnais, 71)
Condamné le 26 janvier 1874 par la cour d'assises de la Drôme pour voies de fait sur un gardien de prison à quinze ans de travaux forcés.

Evadé onze fois, condamné à dix reprises par le conseil de guerre de Nouméa durant son séjour pour évasions, vols et recel, cumulant au total une peine à purger de 275 années supplémentaires de travaux forcés !

Tente d'assassiner un Kanak, Bevaya, qui l'avait reconnu comme bagnard évadé et s'apprêtait à le livrer aux gendarmes.
26 juillet 1889
(1er Conseil de guerre de Nouvelle-Calédonie)
Samedi
30 août 1890
5h45 Nouméa

Nouvelle-Calédonie

"Place de la guillotine", bagne du Camp Est, Île Nou
Jacques "Philippe" Fontbertasse
Transporté n°8108-13850

39 ans, sans profession

(24 octobre 1850, Lezoux, 63)
Condamné le 30 mars 1882 par la cour d'assises de la Haute-Savoie pour vols qualifiés à vingt ans de travaux forcés.

Evadés du camp de Gomen entre septembre et octobre 1889, sèment la terreur dans la région, et finissent par assassiner le 24 novembre 1889 un libéré du nom de Jean Baptiste Isidore Cousin, devenu épicier à Tinip, pour lui voler 600 francs et quelques denrées avant de s'enfuir en Australie. Leur complice Brelle est condamné à cinq ans de double-chaîne après admission de circonstances atténuantes.
Meurent avec des paroles de haine. 18 août 1890
(1er Conseil de guerre de Nouvelle-Calédonie)
Alphonse Marquelet
Transporté n°217-15719

29 ans, plombier

(14 août 1861, Monthureux-le-Sec, 88)
Condamné le 23 août 1884 par la cour d'assises de la Seine pour vols, tentatives de vols, tentative de meurtre et meurtre aux travaux forcés à perpétuité.

Complice du précédent.
Louis Edouard Lecomte
Transporté n°9669-15166

26 ans, tourneur en cuivre

(13 octobre 1863, Champigny-sur-Marne, 75-94)
Condamné le 16 janvier 1884 par la cour d'assises de la Seine pour vol et complicité de cambriolage à huit ans de travaux forcés.

Complice du précédent.
Vendredi
12 septembre 1890
5h45 Nouméa

Nouvelle-Calédonie

"Place de la guillotine", bagne du Camp Est, Île Nou
Jean Hortion
Transporté n°388-15876

26 ans, cultivateur

(25 mars 1864, Caplong, 33)
Condamné le 09 décembre 1884 par la cour d'assises de la Gironde pour cambriolages et vols commis dans les Landes et en Gironde à huit ans de travaux forcés.

Quelques heures après s'être évadé, le 16 juillet 1890, à Pam, tue d'un coup de couteau en pleine poitrine Jules Nau, 32 ans, commerçant, qu'il était en train de cambrioler. Son complice, Josué "Louis" Boisdub, transporté 13342, est condamné à cinq ans de réclusion.
S'adresse aux condamnés de cinquième classe devant assister à sa fin : "Camarades, si je suis au pied de l'échafaud, c'est la faute à Boisdub !" 02 septembre 1890
(Tribunal Maritime Spécial de Nouméa)
Vendredi
13 février 1891
5h30 Nouméa

Nouvelle-Calédonie

"Place de la guillotine", bagne du Camp Est, Île Nou
Pierre Sem Cham Japhet Bidaux
Transporté n°603-16067

30 ans, vacher

(08 février 1861, Cartigny, 80)
Condamné le 09 février 1885 par le Conseil de guerre maritime permanent de Rochefort pour vol et cambriolage à cinq ans de travaux forcés.

Libéré le 14 février 1890.

Le 2 avril 1890, à Pouembout, en état d'ivresse, tente de "séduire" une femme qui se réfugie chez un voisin. L'attendant en vain dans la rue toute la journée, en début de nuit, égorge à coups de couteau Marguerite Difol, veuve Gibert, 74 ans, qui rentrait chez elle avant de lui dévorer le visage, le sein droit et de violer le cadavre.
Devait être exécuté sur une place de la ville de Nouméa, mais le bagne de l'île Nou faisant partie de la commune, on se contente de dresser l'échafaud au bagne. Se montre énergique et calme, mais proteste : "On ne me donne ni café, ni tabac, et je me plains de la nourriture qui n'est pas bonne et insuffisante. Ce n'est pas comme cela qu'on traite un condamné à mort !" Avant que l'exécuteur ne libère le déclic, s'exclame tout haut : "Envoyez !" 24 juillet 1890
(Tribunal criminel de Nouvelle-Calédonie)
Mardi
15 mars 1892
5h45 Nouméa

Nouvelle-Calédonie

"Place de la guillotine", bagne du Camp Est, Île Nou
Paul Génicot
Transporté n°5253-11067

34 ans, journalier

(10 mai 1858, Paris, 75)
Condamné le 09 janvier 1879 par la cour d'assises de la Seine pour tentative de viol à dix ans de travaux forcés.

Condamné par le conseil de guerre de Nouméa à 145 ans de travaux forcés supplémentaires pour évasions et vols qualifiés.

Condamné le 27 janvier 1891 par le Tribunal Maritime Spécial à la peine de mort pour voies de faits sur son supérieur.

Tentatives de voie de fait sur le surveillant Savelli.
15 septembre 1891
(Tribunal Maritime Spécial de Nouméa)
Mercredi
08 mars 1893
6h Nouméa

Nouvelle-Calédonie

"Place de la guillotine", bagne du Camp Est, Île Nou
Jean-Marie François Dumoulin
Transporté n°1134-19173

25 ans, cultivateur

(10 décembre 1867, Pleurtuit, 29)
Condamné le 25 mars 1891 par le conseil de guerre d'Oran pour voies de fait sur ses supérieurs à la peine de mort, peine commuée en travaux forcés à perpétuité le 12 mai 1891.

Le 23 février 1893, à l'île Nou, tue le gardien Edouard-Emmanuel Pérot, 34 ans, d'un coup de tiers-point aiguisé, puis tue le gardien Jean-Germain Laforie, 32 ans, et enfin blesse le condamné Claude Molle, 16062, infirmier de l'asile, qui venait à leur secours.
03 mars 1893
(Tribunal Maritime Spécial de Nouméa)
Lundi
13 mars 1893
6h Nouméa

Nouvelle-Calédonie

"Place de la guillotine", bagne du Camp Est, Île Nou
Charles Louis Eugène Constantin Léopold Amat
Transporté n°6517-12252

36 ans, sans profession

(02 mai 1856, Constantine, Algérie)
Condamné le 19 mai 1880 par la cour d'assises d'Alger pour incendie de la prison à huit ans de travaux forcés.

Condamné à mort par le conseil de guerre de Nouméa le 13 mai 1887 pour voies de fait sur un médecin de la marine et outrage à magistrats, grâcié, condamné une seconde fois à mort le 28 août 1888 pour voies de fait sur un surveillant, peine commuée en travaux forcés à perpétuité le 22 décembre 1888.

Voies de fait sur un médecin du bagne.
07 mars 1893
(Tribunal Maritime Spécial de Nouméa)
Lundi
14 août 1893
5h45 Nouméa

Nouvelle-Calédonie

"Place de la guillotine", bagne du Camp Est, Île Nou
Antoine Buguet
Transporté n°17164

26 ans, ouvrier confiseur

(03 octobre 1866, Chalon-sur-Saône, 71)
Condamné le 22 mai 1886 par la cour d'assises du Rhône pour assassinat à vingt ans de travaux forcés.

Condamné à mort par le conseil de guerre de Nouméa le 26 juillet 1889 pour avoir, le 24 mai 1889 au camp du Grand Plateau, près de Thio, assassiné le transporté Checkler d'un coup de couteau dans la poitrine, peine commuée en travaux forcés à perpétuité, condamné une seconde fois à mort le 06 mars 1891, peine commuée en travaux forcés à perpétuité le 11 juillet 1891.

Sur l'île Nou, tente de tuer le surveillant Brandin.
Très courageux. 1893
(Tribunal Maritime Spécial de Nouméa)
Vendredi
09 novembre 1894
5h Nouméa

Nouvelle-Calédonie

"Place de la guillotine", bagne du Camp Est, Île Nou
Alfonso "Alphonse" Diaz
Transporté n°8783-14360

32 ans, jardinier

(28 décembre 1861, Alma, Espagne)
Condamné le 23 décembre 1882 par la cour d'assises d'Oran pour vol et abus de confiance à huit ans de travaux forcés.

Comparaît plusieurs fois devant le conseil de guerre de Nouméa, ce qui lui vaut d'écoper 62 ans de travaux forcés supplémentaires pour évasions et vols. Jugé le 25 janvier 1889 par le conseil de guerre de Nouméa pour vols à bord d'un bateau, lance son chapeau au visage de son défenseur d'office, le sergent Epardeaux, ce qui lui vaut une condamnation à mort le jour même, peine commuée en travaux forcés à perpétuité.

Dans la nuit du 13 au 14 août 1894, au camp Brun, étrangle avec une courroie le transporté Ernest Philippe Grandjean qu'il soupçonnait être un indicateur.

Yves Pierre Godeste, transporté n°13618, est condamné à mort et grâcié.
06 novembre 1894
(Tribunal Maritime Spécial de Nouméa)
Mercredi
09 avril 1895
5h30 Nouméa

Nouvelle-Calédonie

"Place de la guillotine", bagne du Camp Est, Île Nou
Chedli ben Amor Tebourski
Transporté n°1643-20023

29 ans, garçon boucher

(?)
Condamné le 06 février 1893 par le tribunal criminel de Tunis pour vol qualifié à cinq ans de travaux forcés.

Etrangle un co-détenu à mains nues.
02 avril 1895
(Tribunal Maritime Spécial de Nouméa)
Lundi
13 mai 1895
5h45 Nouméa

Nouvelle-Calédonie

"Place de la guillotine", bagne du Camp Est, Île Nou
François Gustave Granger
Transporté n°3653-19179

42 ans, cultivateur

(28 décembre 1852, Favrieux, 78)
Condamné le 27 septembre 1872 par le 2e conseil de guerre de Blidah pour incendie volontaire et rupture du fil télégraphique à dix ans de travaux forcés.

Libéré. Condamné le 07 janvier 1892 par le tribunal criminel de Nouméa pour tentative de meurtre et incendie volontaire à dix ans de travaux forcés. Condamné le 15 janvier 1893 par le Tribunal Maritime Spécial de Nouméa pour assassinat à la peine de mort, peine commuée.

Au camp Brun à Bouloupari, le 01 octobre 1894, assassine le transporté Victor Leroux, 46 ans. Son complice Ahmed ben Belkassem ben Rabah, transporté n°18231, condamné à mort, est gracié le 25 mars 1895.
15 janvier 1895
(Tribunal Maritime Spécial de Nouméa)
Jeudi
12 septembre 1895
5h52 Dumbéa

Nouvelle-Calédonie

?
Dao Van Dien

31 ans, ?

(Tonkin)
Prévenu à 2h du matin à l'île Nou où il est incarcéré suite à deux tentatives d'évasion de la prison civile, rit et demande à manger et à fumer. Curieusement, aucune nourriture n'ayant été prévue, on lui promet de lui donner à manger à Dumbéa. Trajet en voiture, et autre souci. Les magistrats s'arrêtent à la gendarmerie, où on demande à l'épouse d'un gendarme de préparer un déjeuner pour le condamné... Mais la voiture cellulaire n'arrive pas, ce n'est qu'au bout d'un quart d'heure que le commissaire de police est dépêché pour comprendre la situation. Mal informés, les gendarmes n'ont pas suivi les officiels jusqu'à la gendarmerie, et se sont arrêtés un kilomètre plus tôt à proximité immédiate de l'échafaud, ont fait descendre le condamné de voiture et l'ont gardé debout, à quelques pas de la machine, où il patiente depuis quasiment vingt minutes... Il faut cinq minutes de plus aux magistrats pour revenir sur place, et indiquer à l'exécuteur Macé que le supplice peut avoir lieu. M. de Gueslan, importateur des Tonkinois en Nouvelle-Calédonie, a eu aussi tout loisir de s'approcher de Van Dien pour lui demander à plusieurs reprises s'il ne s'est pas rendu coupable d'autres crimes. Macé doit procéder in extremis à la toilette omise jusque là et couper les longs cheveux du condamné. Juste avant d'être basculé, le dernier cri de Dao Van Dien est une protestation : il crie qu'on ne lui a pas donné à manger comme promis. Sur la machine, attaché - à la différence de la France -, résiste et recule : il doit être saisi par les cheveux par Macé et maintenu au niveau des reins par son aide jusqu'à ce que Macé puisse libérer le couperet, et grogne : "Cochon, tu y es tout de même !" 26 mars 1895
Jeudi
07 septembre 1899
5h30 Nouméa

Nouvelle-Calédonie

"Place de la guillotine", bagne du Camp Est, Île Nou
Srir ben Ali ben Mohamed
Transporté n°543-18947

42 ans, sans profession

(Algérie)
Condamné le 08 octobre 1886 par le tribunal correctionnel de Constantine pour vol à six mois de prison et à la rélégation.

Condamné le 30 juillet 1891 par le tribunal criminel de Nouméa pour tentative d'assassinat d'un co-détenu aux travaux forcés à perpétuité.

Assassinat d'un co-détenu à l'île Nou le 02 septembre 1898.
21 février 1899, 29 août 1899
Jeudi
26 février 1902
5h20 Nouméa

Nouvelle-Calédonie

"Place de la guillotine", bagne du Camp Est, Île Nou
Arthur Louis Joseph Thaise
Transporté n°8527-14128

40 ans, journalier

(18 février 1862, Mouvaux, 59)
Condamné le 04 août 1882 par la cour d'assises du Nord pour vols qualifiés à huit ans de travaux forcés.

Condamné par le Tribunal maritime spécial de Nouméa à 30 ans cumulés de travaux forcés pour évasions et vols.

Auteur d'une série de vols, arrêté à Dumbéa en possession d'une arme à feu, le 21 novembre 1901 à Koé, il s'évade lors de son transfert en prison en poignardant mortellement le garde Canaque Saoulo qui l'escorte jusqu'à la gendarmerie. Il est rattrapé très rapidement.
Au réveil, à 4h35, refuse les secours de la religion, dit avoir faim, mange de bon appétit des sardines, du poulet froid, qu'il arrose de vin et de rhum. Pendant qu'on le toilette, il s'adresse au bourreau Macé et lui dit : "C'est pas parce que ton boulot, c'est de couper des têtes, que tu ne peux pas trinquer avec moi !" Macé accepte l'invitation. Devant la machine, Thaise avoue son crime, mais réfute la préméditation. Après que sa tête soit tombée, Macé saisit la tête et lui demande s'il l'entend. Deux ou trois crispations de mâchoire sont remarquées.

Première exécution avec la nouvelle guillotine Berger, livrée quelques semaines plus tôt.
15 février 1902
(Tribunal Maritime Spécial de Nouméa)
Vendredi
13 juin 1902
6h05 Nouméa

Nouvelle-Calédonie

"Place de la guillotine", bagne du Camp Est, Île Nou
Etienne Marie Normand
Transporté n°9183-14744

40 ans, forgeron

(24 mars 1862, Landivisiau, 29)
Condamné le 10 avril 1883 par la cour d'assises du Finistère pour vols qualifiés à huit ans de travaux forcés.

Condamné par le Tribunal maritime spécial de Nouméa à cent ans cumulés de travaux forcés pour évasions et vols.

Assassine le 24 mars 1901 sur l'île Art (Belep) - léproserie pénitentiaire - son co-détenu le transporté Pierre Bessaud, 39 ans.
05 juin 1902
(Tribunal Maritime Spécial de Nouméa)
Lundi
02 février 1903
6h ou 10h Nouméa John William 22 ans, Indien, employé aux travaux de chemins de fer de Dumbéa. Assassine à coups de bâton le 07 septembre 1901 Dominique, Kanak, planton des Postes et Télégraphes, pour lui voler l'argent dont il était porteur. Son complice Cardivelou est condamné à mort puis gracié. EXECUTION A VERIFIER. Décédé à l'infirmerie de l'Orphelinat : exécuté ou mort de maladie ? 04 octobre 1902
Mercredi
06 décembre 1905
5h Nouméa

Nouvelle-Calédonie

Entrée de la prison civile, 6, boulevard extérieur
Khenatra Miloud ould Ali bou Guedra
Relégué n°3515

48 ans, sans profession

(1857, Guedaïmia, Algérie)
Condamné le 05 mai 1892 par la cour d'appel d'Alger pour escroquerie à deux ans de prison et à la rélégation.

Tua le rélégué Claude Boisson, 72 ans, sur l'Ile des Pins le 02 février 1905.
1000 personnes présentes. Suite à la mort du bourreau Macé, Rieusset, son successeur trop nerveux, fait de l'exécution une boucherie : libérant le couteau trop tôt, il décapite le condamné au niveau du front. En essayant de hisser le mouton, la corde lâche et il faut se munir de l'échelle pour fixer un câble à la corde, remonter le couteau et finalement la décapitation soit effective. 21 juin 1905
(Cour d'assises de Nouvelle-Calédonie)
Lundi
08 janvier 1906
5h Nouméa

Nouvelle-Calédonie

Entrée de la prison civile, 6, boulevard extérieur
Dasma

20 ans, ?

(?)
Avec ses complices Sigodikromo et Kasbah, le 23 novembre 1904, près de la station de Poinda entre Koné et Pouembout, attaque leur patron, M.Rambert, gérant de la station, en le faisant tomber de cheval avant de lui briser le crâne à coups de bâton et de hache pour le voler.

Sigodikromo est condamné aux travaux forcés à perpétuité et Kasbah à vingt ans de travaux forcés.
Reveillé à 4h15, apprend l'information de la bouche d'un interprète. Peu concerné par la nouvelle, répète : "Je ne suis pas seul, j'ai été poussé, d'autres devraient avoir le cou coupé aussi. C'est pas bon, la Justice. Deux autres avec moi, ce serait bon." Refuse toute nourriture, demande "Il faut aller loin ?" Au greffe, écoute l'exécuteur qui lui conseille de ne pas bouger sur la bascule pour "ne pas souffrir". Passe à côté de son cercueil, laissé par le gardien-chef sous la voûte d'entrée de la prison. Exécution très rapide. 26 juin 1905
(Cour d'assises de Nouvelle-Calédonie)
Mercredi
08 novembre 1909
5h05 Nouméa

Nouvelle-Calédonie

Quais, avenue de Montebello
Pierre Arrighi
Transporté n°15879

50 ans, ?

(vers 1859, Rospigliano, 20)
Condamné le 01 décembre 1884 par la cour d'assises de Corse à perpétuité pour tentative de meurtre sur la personne de son beau-frère, peine commuée en douze ans de travaux forcés le 18 avril 1885.

Devenu chef de la "Bande rouge", sévissant entre Pouembout et Koné : un certain Grimigni, épicier, fils de forçat, lui propose de commettre des meurtres. L'épicier avait emprunté de l'argent à deux hommes et était dans l'incapacité de le leur rendre. Arrighi fait assassiner par son homme de main, l'Algérien Kouider Zermani, un certain Vincent, à qui Grimigni devait 8200 francs. L'homme est abattu chez lui, pendant le dîner, et sa paillotte incendiée : la bande est payée 60 francs. Un mois plus tard, M.Franceschi est supprimé de la même façon, et quelques jours après, la bande s'attaque au mineur Rostoucher, un soir sur la route, pour lui voler son salaire.

Kouider Zermani est abattu par un gendarme à son arrestation, en 1908, au col de Nessamou.

Grimigni et Santacroce sont condamnés à 20 ans de bagne, Meunier à dix ans, et Mme Voisin à cinq ans.
Au réveil, répond au prêtre qui l'exhorte à croire en Dieu : "S'il y avait un Dieu, je ne serais pas là, puisque les vrais coupables sont la femme et Santacroce..." A peine la toilette terminée, il se lève, secoue les épaules et déclare : "Ah, les amis ! Prêt pour l'action !" Il se confesse et communie. Arrivé devant la guillotine, s'avance avec courage. 23 mars 1909
(Cour d'assises de Nouvelle-Calédonie)
Vendredi
08 octobre 1920
5h15 Nouméa

Nouvelle-Calédonie

Entrée de la prison civile, 6, boulevard extérieur
Emile Oué

? ans, ?

(?)
Membres kanaks de la rébellion de 1917, auteurs de meurtres, pillages et incendies volontaires.

Le 16 juin 1917 à la Basse Tipije, abattent à coups de fusil Henri Grassin, 54 ans, et son épouse Clémence Maloisel, 44 ans, ainsi que leur serviteur indonésien, lequel est tué à coups de hache.

Attaquent le poste de Pouépaï le 06 septembre 1917.

Mangon Kella, Paraour et Aié Tcheinou, condamnés à mort, sont graciés. 42 autres complices, condamnés à des peines allant de vingt ans de travaux forcés à dix ans de réclusion.
Guillotine arrive de l'île Nou le 07 à 22h. Dressée à six mètres de la porte de la prison. Le bourreau requis refusant d'exercer, c'est un nommé Paturot qui remplira les fonctions. Oué dort, Doui est réveillé. Se montrent calmes devant la nouvelle. Oué paraît le premier, cigarette aux lèvres, assisté par l'aumônier Roman. Doui le suit, lui aussi fumant sa cigarette, semblant inconscient de ce qui lui arrive. Comme il rentre le cou dans les épaules, on doit le tirer par la tête. 19 septembre 1919
(Cour d'assises de Nouvelle-Calédonie)
5h30 Doui Tiatein

? ans, ?

(?)
Samedi
04 décembre 1920
? Nouméa

Nouvelle-Calédonie

Entrée de la prison civile, 6, boulevard extérieur
Gimin

? ans, ?

(?)
A Néaoua, le 05 octobre 1919, assassinent le colon Porcher pour le voler.

Moessidi, condamné à mort avec eux, est grâcié (ou bien se suicide le même matin).
Gimin s'écrie "Adieu, camarades !" en franchissant le porche. 22 mars 1920
(Cour d'assises de Nouvelle-Calédonie)
? Sadijo

? ans, ?

(?)
Lundi
14 novembre 1921
4h40 Papeete

Tahiti

Croisement de la rue de Rivoli et de l'avenue Bruat (Pouvanaa a Oopa)
Kouan-Yu

27 ans, coolie

(Chine)
Assassine d'un coup de couteau le 06 novembre 1920 l'épicier chinois Wong Fat à Papeete pour le voler. Les appels de la victime attirant des voisins, Kouan Yu s'enfuit sans être parvenu à voler quoi que ce soit, mais en perdant sa casquette sur place. Déjà réveillé à l'arrivée des autorités. Affirme être innocent. Baptisé par l'abbé Célestin, reçoit les secours de la religion. Conduit près du palais de justice, sur la place où est dressé l'échafaud en automobile. 150 spectateurs présents. 02 février 1921
(Cour criminelle de Tahiti)
Jeudi
08 mars 1923
?h Nouméa

Nouvelle-Calédonie

?
Djelloul ben Miloud ben Reghdi
Transporté n°21757, relegué n°3671

environ 56 ans, ?

(vers 1866, Algérie)
Relégué pour vols, puis condamné le 27 décembre 1898 par la cour criminelle de Nouméa à sept ans de travaux forcés pour meurtre.

Fin décembre 1921, s'associe avec un autre Arabe, Korichi, pour conduire un troupeau de bétail entre Pouembout et Bourail. En chemin, aux abords de Moindah, assomme mortellement Korichi pour lui voler le peu d'argent qu'il possède, sa jument, des vêtements et un revolver.
28 juin 1922
(Cour d'assises de Nouvelle-Calédonie)
1926 Papeete

Tahiti

?
Deux chinois EXECUTION A VERIFIER
Vendredi 28 août 1931 6h Port-Vila

Nouvelles-Hébrides (Vanuatu)

Place de la Milice Française, face à l'hôpital
Cao Nam Loi

? ans, ?

(?)
Tuent Thi Chuyen, Tonkinoise, pour la voler, en mai 1929. Exécuteur : un Javanais, condamné militaire bénéficiant d'une remise de peine.

Guillotine transportée par le Lapérouse depuis Nouméa (selon le livre Bagnards, colons et canaques, il s'agissait de la Schmidt remplacée depuis 1902). Foule dense.
01 août 1930
(Tribunal criminel français de Port-Vila)
6h04 Le Dac Qayah

? ans, ?

(?)
6h08 Bui van Buoc

? ans, ?

(?)
Le 25 août 1929, massacrent à coups de hache et de machette M.Chevalier, contremaître et gérant de la plantation Malo-Pass sur l'île de Malo. 12 août 1930
(Tribunal criminel français de Port-Vila)
6h12 Nguyen Huu Doc

? ans, ?

(?)
6h16 Nguyen Hiep

? ans, ?

(?)
6h20 Vu Van Que

? ans, ?

(?)
Samedi
12 décembre 1931
5h Nouméa

Nouvelle-Calédonie

Prison civile du Camp Est (ancien bagne), Ile Nou
Temon

? ans, ? javanais

(?)
Assassin de John Henry Ohlen, 73 ans, éleveur australien à Païta le 15 mars 1929, condamné aux travaux forcés.

En décembre 1930, au camp Est de Nouville, égorge d'un coup de lime le condamné Ya-Ya, maghrébin, gardien de chèvres.
Meurt courageusement devant tous les condamnés, qu'il salue d'un ultime "Ta-ta" avant d'être basculé. 04 mai 1931
(Tribunal Maritime Spécial de Nouméa)
Mardi
23 mai 1933
5h35 Nouméa

Nouvelle-Calédonie

Entrée de la prison civile, 6, boulevard extérieur
Joseph Abdelkader ben Cherfia Mohamed

23 ans, ?

(?)
Beaux-frères et voleurs récidivistes, attaquent Henriette Devaux, 62 ans, à Dumbéa le 15 juillet 1931, qu'ils assomment, égorgent puis violent à tour de rôle avant de lui voler 260 francs, deux montres en or et une cisaille.

Joseph "le Boiteux" Boudellal, frère de François Ali, condamné à mort avec eux, est gracié.
Guillotine montée à six mètres de la porte de la prison. Abdelkader réveillé à 5h15, comprend aussitôt et éclate en sanglots. Ali, lui, répond "Ah !" et pleure également, persuadé qu'il allait échapper à la mort. Au greffe, Abdelkader accepte le rhum et la cigarette, Boudellal uniquement la cigarette. Accompagné par le père Roman, Abdelkader doit être soutenu par Soulas et Amat, les aides de l'exécuteur Dalstein. Pendant qu'on l'exécute, le public peut entendre le second condamné pleurer et gémir dans le greffe. Avant qu'on ne s'empare de lui, il demande à son avocat : "Avant de mourir, je veux voir mon fils. Je suis innocent, je n'ai rien fait, pourquoi voulez-vous me tuer pour rien ?" Parvenu devant la bascule, dit au père Roman : "Non, mon Père, c'est mauvais ! Attendez, je dois vous dire quelque chose avant de mourir !" Le directeur Cassagne fait signe de se presser et dit aux aides : "Vite, poussez-le !" Boudellal résiste un peu en étant plaqué sur la machine. 17 mars 1932
(Cour d'assises de Nouvelle-Calédonie)
5h45 François Abdelkader ould Ali ould Kadda Boudellal Ali

25 ans, ?

(?)
Jeudi
24 mai 1934
5h40 Nouméa

Nouvelle-Calédonie

Entrée de la prison civile, 6, boulevard extérieur
Asti

? ans, ? javanais

(?)
Condamné à vingt ans de travaux forcés pour assassinat - une personne assommée d'un coup de machette, puis la tête broyée à coups de pierre -, s'évade en janvier 1933. Hébergé avec un autre fugitif du nom de Mohamed par M. Kromopraviro et son épouse Kartdjemiko à la Foa, le 24 janvier 1933, il tue ses hôtes à coups de hache et de sabre d'abattis pour voler 50 francs.

Mohamed est condamné à dix ans de travaux forcés.
Pluie fine, peu de gens présents devant la maison d'arrêt. Déjà réveillé à l'arrivée des officiels, répond à l'interprète : "Pourquoi couper cou ? Non, pas bon, tout à l'heure..." Converti, refuse malgré tout l'assistance du père Roman, ainsi que la cigarette. Le couperet tranche imparfaitement le cou - provoquant la mort immédiate cependant, et doit être remonté deux fois pour parvenir à achever la décapitation. 27 juin 1933
(?)
Vendredi
10 mai 1940
5h30 Nouméa

Nouvelle-Calédonie

Prison civile du Camp Est (ancien bagne), Ile Nou
Matmoesin

34 ans, coolie

(vers 1906, Sidredjo-Romorang?, Java)
Condamné aux travaux forcés à perpétuité pour une série de méfaits commis dans les parages de Nouméa, tente de s'évader de la prison de Nouméa avec un autre prisonnier le 01 novembre 1938 : surpris rue Sébastopol à Nouméa par M.Barbançon, agent de police, et son planton indigène Jean-Jean, tire plusieurs coups de revolver, dont un qui atteint Jean-Jean à la tempe et le blesse mortellement. Condamné par le TMS de Nouméa, arrêt cassé pour vice de forme, condamné à nouveau. Exécuteur : détenu qui bénéficie d'une remise de peine.

Au matin, le gardien Wasso va le chercher, très ému car s'était pris de sympathie pour le condamné. Matmoesin lui donne un petit canif, en lui expliquant : "Moi cadeau toi ça, toi beaucoup gentil avec moi !" Refuse la cigarette et le rhum : "Pourquoi faire ? Couper la tête, couper la tête !" S'avance courageusement vers la machine dressée dans la cour, et s'écrie devant la bascule : "Allez, ta-ta ! Tous les vous autres !"

Dernière exécution en Nouvelle-Calédonie.
05 février 1939
(Tribunal Maritime Spécial de Nouméa)

23 septembre 1939
(Tribunal Maritime Spécial de Nouméa)


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