| Date |
Heure |
Lieu |
Nom |
Crime |
Exécution |
Condamnation |
Vendredi 08 mai 1857 |
8h |
Saint-Denis
Place Candide-Azéma |
Docité Prada
28 ans, garçon de bureau au Palais de Justice de Saint-Denis
(?) |
Le 18 décembre 1856, au Bras-Cadet, étrangle et égorge sa femme à coups de couteau avant de la précipiter depuis un rempart dans la Rivière des Pluies, à Saint-Denis, pour laisser croire à une noyade accidentelle.
Le corps n'est repêché qu'une dizaine de jours plus tard.
Mobile : il trouvait son épouse trop âgée pour lui et voulait refaire sa vie avec une plus jeune. |
Monte résigné à l'échafaud. |
avril 1857 (Cour d'assises de Saint-Denis) |
Mercredi 18 mars 1868 |
6h30 |
Saint-Pierre
? |
Vingataramin
36 ans, cultivateur
(?) |
Aux Grands-Bois, commune de Saint-Pierre, tue et dépèce sa femme et sa fille par jalousie. |
Plus d'exécution avant vingt-et-un ans. |
27 septembre 1867 (Cour d'assises de Saint-Pierre) |
Mercredi 17 juillet 1889 |
6h |
Saint-Denis
Boulevard Lancastel, près du cimetière de l'Est et du dépôt de pétrole |
Louis "Pambaye" Pamby
38 ans, cocher
(?) |
Condamné à trois ans de prison le 30 juillet 1883 pour avoir, le 16 avril 1883 à Sainte-Suzanne, tenté de tuer sa maîtresse Mardaye de trois coups de machette, la rendant définitivement infirme du bras gauche.
Agresse une autre femme à sa sortie de prison : 13 mois d'incarcération supplémentaire.
Le 23 novembre 1888, à Bel-Air, près de Sainte-Suzanne, il fait avaler de la terre, étrangle, viole, arrache les yeux puis mutile le corps de Caniama Vélayoudom, 19 ans, dont il s'était amouraché et qui refusait de lui appartenir. |
Dormait profondément. Accepte d'entendre les pères Laurens et Rey, se confesse, puis affirme qu'il est innocent. Avant de gagner le greffe, accepte de boire un verre de rhum seulement si l'abbé Laurens le lui offre. Pendant le trajet, n'arrête pas de prier ni de se dire innocent. Descend soutenu par les prêtres, fixant le crucifix et l'embrassant une dernière fois. |
13 janvier 1889 (Cour d'assises de Saint-Denis) |
Jeudi 22 avril 1897 |
6h08 |
Saint-Pierre
Carrefour du cimetière |
Caroupin Moutoussamy
? ans, ?
(?) |
Etrangle une jeune indienne de 14 ans pour lui voler ses bracelets : doit sectionner les poignets avec un tesson de bouteille pour s'emparer des bijoux. Viole et mutile le corps. |
Exécuteur : Nathan, détenu à la prison de Saint-Denis, ainsi que quatre aides.
Guillotine montée à 1h du matin. Réveillé à 4h30, dormait profondément, reste calme. Ne fait aucune déclaration, accepte d'être baptisé. Après la toilette, demande à déjeuner : mange de bon appétit des gratons, et un en-cas de pain et de lard salé, avant de prendre un café, un peu d'alcool et une cigarette. Reste calme tout au long du trajet, descend de la voiture quasiment sans aide malgré ses entraves. Embrasse le crucifix puis demande et obtient un dernier verre de vin avant d'obtenir l'absolution à genoux et de se laisser basculer. 500 personnes présentes environ. |
19 décembre 1896 (Cour d'assises de Saint-Pierre) |
Lundi 01 juillet 1901 |
5h40 |
Saint-Paul
Lieu-dit "Bout de l'Étang" |
Issop-Timal "Ismaël" Asmaldi
29 ans, commis commerçant
(?) |
Tue le 28 octobre 1900 à Saint-Paul son patron Moussa Locate Mamode, 23 ans, commerçant, à coups de couteau la nuit pendant qu'il dormait pour voler des billets de banque auxquels il mit le feu, avant d'incendier la maison en allumant quelques papiers au sol. C'est le sang de sa victime répandu sur le parquet qui empêcha le feu de prendre. |
Exécuteur : un détenu Cafre, et deux aides.
Transféré depuis Saint-Denis sous prétexte d'un supplément d'enquête. A son arrivée, on l'informe. "Je suis prêt. Finissons-en le plus tôt possible." Demande à être baptisé par l'abbé Moulin. Va courageusement à la mort, mais tant à cause de l'âge de la machine que le manque d'expérience de l'exécuteur, le condamné reste deux minutes dix secondes sur la bascule avant que le couperet ne tombe. Le père de la victime et le père du condamnés sont présents à l'exécution, au milieu d'une foule digne et silencieuse. Première exécution accomplie sur l'échafaud se limitant à une estrade non surelevée. |
17 janvier 1901 (Cour d'assises de Saint-Denis) |
Mardi 20 juin 1911 |
6h30 |
Saint-Pierre
Rue, devant l'entrée de la maison d'arrêt |
Simicoundza "Sitarane" Simicourba
53 ans, ?
(vers 1858, Mozambique) |
Beau-père et gendre - la fille de la compagne de Sitarane est l'épouse de Fontaine - membres d'une bande de malfrats, chauffeurs et pyromanes, auteurs de nombreux cambriolages entre 1908 et 1909.
Le 20 mars 1909, au Tampon, s'introduisent après un rituel de magie noire chez le planteur Hervé Deltel, qu'ils tuent de onze coups de couteau, dont un dans l'oeil, avant de piller la maison.
Le 11 août 1909, à l'école des Bons Enfants, égorgent l'instituteur Lucien Robert, 29 ans, et font subir le même sort à sa femme enceinte après l'avoir violée.
Le 30 septembre, tuent les époux Leveneur (?).
Sitarane affirme qu'au cours des crimes, les bandits buvaient également le sang de leurs victimes.
Au premier procès, ils sont condamnés à mort ainsi que six autres complices : leur chef Pierre-Elie "Saint-Ange" Calendrin, dit "Le Grand-Sorcier" ou "La Terreur de Saint-Louis", 44 ans ; Vincent Assaouody, 25 ans, journalier ; Augustin Amblay, cultivateur ; Louis Chapataquais, cultivateur, 47 ans ; Pierre-Noé Barrac, 23 ans, cultivateur et Joseph Grondin.
Verdict cassé le 15 septembre 1910 : au second procès, Sitarane, Fontaine et Calendrin sont seuls condamnés à mort, les cinq autres sont condamnés aux travaux forcés à perpétuité. Calendrin, lui, bénéficie d'une grâce présidentielle. |
Exécuteur : Malbrouck, Cafre condamné à cinq ans de prison.
Temps d'averse. Transférés depuis Saint-Denis, les condamnés arrivent en même temps que la guillotine par le train de minuit, et sont conduits à la prison, rue de la Cayenne. Au réveil, Fontaine ne cesse de pleurer, et Sitarane est assez abattu. Néanmoins, il se reprend, mange du pain et du sucre avant la toilette. Devant l'échafaud, voyant le couperet, s'arrête, pousse un cri de terreur, puis parcourt les derniers mètres en chantant un air de son pays natal. Fontaine, frémissant de terreur, tente de se débattre et de retirer sa tête de la lunette : son agitation empêche le bon fonctionnement de la machine, et le couperet entaille le menton. La section incomplète doit être terminée avec un couteau de boucher. |
10 juillet 1910 (Cour d'assises de Saint-Pierre)
13 décembre 1910 (Cour d'assises de Saint-Denis) |
| 6h35 |
Emmanuel Fontaine
26 ans, ?
(?) |
Vendredi 08 août 1924 |
6h |
Saint-Pierre
Rue, devant l'entrée de la maison d'arrêt |
Gabriel Léon Grimaud
? ans, cocher
(?) |
Défonce le crâne de son collègue Émilien "Petit z'homme" Beaupré, le 21 octobre 1923 près du Tampon, à coups de pierres. Il détestait la victime et affirmait que ce dernier complotait pour lui faire perdre sa place. |
Exécuteur : ?.
Réveil à 4h45, dormait bien. Entend la messe du curé Bouchon et communie. Au greffe, durant la toilette, fume, boit et mange du pain et du chocolat. Petite défaillance en arrivant face à la guillotine. |
20 décembre 1923 (Cour d'assises de la Réunion) |
Mercredi 10 avril 1940 |
6h30 |
Saint-Denis
Place du Barachois |
Mariaye Candassamy
? ans, ?
(?) |
Tuent à coups de couteau, le 24 octobre 1937, Maria Emma Lambert, commerçante, dans sa boutique de la Rivière des Pluies, commune de Sainte-Marie, pour la voler. |
Exécuteur : un détenu, et trois aides.
Guillotinés en public, au bout de la rue Juliette-Dodu, à une petite distance de la prison - l'abolition des exécutions publiques à la Réunion ne sera décrétée qu'en octobre 1940. Exécution rapide. |
04 février 1939 (Cour d'assises de la Réunion) |
| 6h35 |
Ramassamy Govindin
? ans, ?
(?) |
Mercredi 15 mai 1940 |
6h |
Tuléar/Toliara
Madagascar
Cour de la maison centrale |
Nicolas Savas Pappas
31 ans, mécanicien
(13 août 1908, Morondava, Madagascar) |
PARRICIDE.
En avril 1937, à Morondava, étrangle son père Savas Nicolas Pappas, 66 ans, négociant, pour tenter de piller son coffre-fort, mais également parce que la victime, volage, dépensait l'argent du futur héritage de ses quinze enfants avec des femmes légères.
Kololahy, condamné à mort en première instance, est condamné aux travaux forcés à perpétuité.
Au premier procès les soeurs Agnès et Irène Pappas sont acquittées, le frère cadet de Nicolas, Aristide, 16 ans, est condamné à dix ans de travaux forcés : sa sentence sera revue à la baisse, confié à une colonie pénitentiaire jusqu'à sa majorité. |
Exécuteur : Jules Rosaire Mussard, détenu condamné à trois ans de prison pour vol de bicyclette
Unique venue de la guillotine de la Réunion à Madagascar, en raison de la nationalité du condamné - son père ayant été naturalisé français, il avait le statut de citoyen français, et non de malgache, qui lui aurait fait encourir le peloton d'exécution.
Supplicié pieds nus et tête voilée. |
29 décembre 1937 (Cour criminelle de Tuléar)
31 mai 1939 (Cour criminelle de Tuléar) |
Vendredi 10 avril 1942 |
6h02 |
Saint-Denis
Cour de la prison Juliette-Dodu |
Norbert Carlot
27 ans, cultivateur
(?) |
|
Exécuteur : ?
Grâce rejetée le 07 février 1942. |
02 mai 1941 (Cour d'assises de la Réunion) |
Mardi 01 septembre 1942 |
5h |
Saint-Denis
? |
Joseph Fontaine
21 ans, sans profession |
|
Grâce rejetée le 30 août 1941.
EXECUTION INCERTAINE, car décédé au 20, rue du Canal. |
27 octobre 1940 (Cour d'assises de la Réunion) |
Jeudi 10 juin 1948 |
5h47 |
Saint-Denis
Cour de la prison Juliette-Dodu |
Yves Joseph "Tape à l'oeil" Brancard
24 ans, journalier
(31 mai 1924, Saint-Denis) |
Dans la nuit du 01 au 02 juillet 1946, à l'angle des rues Dauphine et Bouvet à Saint-Denis, cambriolent l'épicerie de M. Laï-Seck, Chinois, l'attaquant lui et sa famille à coups de gourdin de bois avant de piller le commerce. La fillette, Marie, parvient à alerter un voisin et oblige ainsi les criminels à s'enfuir en n'emportant qu'une partie du butin.
Laï-Seck et son fils Léon meurent des suites des coups reçus, Mme Laï-Seck et Marie survivent à leurs très graves blessures.
Jean-Baptiste Banor et Augustin Jean-Baptiste Belizaire, 26 ans, sont condamnés à dix ans de travaux forcés, et Augustin Albert Emile, 25 ans, est condamné à cinq ans de travaux forcés. |
Grâce rejetée le 11 mai 1948. |
31 octobre 1947 (Cour d'assises de la Réunion) |
| ? |
André "Gustin" Darty
? ans, ?
(?) |
Jeudi 22 avril 1954 |
6h05 |
Saint-Denis
Cour de la prison Juliette-Dodu |
Anatole Just Payet
41 ans, docker
(09 décembre 1912, Le Tampon) |
SATYRE ASSASSIN.
Le 3 mai 1952 ou 1953, au Port, attire chez lui la fille d'un ami, la petite Jard, 6 ans, qu'il viole puis étouffe avec des linges en cherchant à la bâillonner.
Avait déjà passé sept ans en prison. |
Grâce rejetée le 17 avril 1954.
Dernière exécution à la Réunion. |
02 octobre 1953 (Cour d'assises de la Réunion) |