MONDE

1792-1940

La Veuve fonctionne partout


Palmarès de Suisse


La peine de mort en Suisse est une véritable histoire à tiroirs. Sans être rares, les condamnations à mort ne sont pas spécialement fréquentes en Helvétie : entre 1851 et 1873, on dénombre 95 condamnés à mort et 38 exécutions accomplies en public.

En 1874, le gouvernement Suisse votait l'abolition de la peine de mort dans ses cantons. Cependant, après cinq ans, un référendum devait annuler cet exemple humaniste : 52.5% de la population votait pour le rétablissement de la sanction suprême. Malgré cette volonté populaire, la reprise est lente et au final, de 1879 à 1940, la peine capitale n'est prononcée que 22 fois, et seuls neuf malchanceux passent sur la "bécane", devenue le seul instrument de supplice en Suisse.

En 1938, un nouveau référendum annule le précédent : 53.5% des votants adoptent le nouveau Code Pénal, applicable à compter du 1er janvier 1942, et qui comporte l'abolition de la peine de mort en matière civile. Pendant la Seconde Guerre mondiale, 17 condamnés militaires seront passés par les armes pour faits de trahison. Ce n'est qu'en 1992 qu'on abolit définitivement la peine capitale sous toutes ses formes en Confédération Helvétique, et malgré quelques tentatives de rétablissement, souvent pronées par l'extrême-droite, le pays est désormais signataire de traités européens et internationaux qui rend improbable le retour de cette peine un jour.

C’est à Genève que l’histoire de la guillotine Suisse commence. Le 26 avril 1798, la cité occupée devient bien malgré elle chef-lieu d’un nouveau département, le Léman : cette « naturalisation » implique donc d’adopter le code pénal de l’occupant… et la mort par guillotine pour les condamnés à mort (Pendant la Terreur, entre le 19 juillet et le 10 août 1794, si 16 personnes sont bien exécutées dans la Cité, c'est par fusillade et non par décapitation).

Sitôt le premier verdict prononcé, en février 1799, le bourreau Jean-François Pasteur effectue quelques trajets dans les environs, notamment à Chambéry, pour y faire fabriquer un couperet neuf. Demande aussitôt rejetée, la centralisation obligeant M. de Genève à faire la demande auprès d’un coutelier parisien ! On passera outre, et c’est un forgeron de Commugny, Humel, qui se chargera de préparer le couperet, moyennant 122 livres.


C’est à un charpentier local, Jean-François Nicolas Boiteux, qu’on confie la tâche de fabriquer la machine de mort, copie de celle expédiée six ans plus tôt à Chambéry. Après s’être rendu sur place pour étudier les bois savoyards et prendre toutes les mesures nécessaires, Boiteux rentre au bercail et le chantier démarre. Quarante-deux journées durant, les quatre ouvriers du maître menuisier vont tailler, scier,raboter et assembler les pièces : du sapin pour l’échafaud (4.5m L X 2.8 l X 1.94 h), du chêne pour les poteaux de la mécanique, hauts de 350 cm, le tout peint en rouge pour bien marquer les esprits. Un travail pénible, peu appréciable et mal payé qui plus est, puisque l’administration devra se faire tirer l’oreille plusieurs mois après la construction pour enfin régler à Boiteux ce qu’elle lui doit ! Prix de ses services : 300 livres 18 sols, plus 588 livres de main d’œuvre !

Ce n’est pas tout : la machine n’est pas que de bois. Aussi, le serrurier Barnier, fournisseur de toutes les pièces métalliques, visserie et autre système mécanique de l’instrument, réclame lui 302 livres et 7 sols ; le sellier Jaquemet, lui, ayant apporté les sangles pour la bascule, le fourreau du couperet et s’étant chargé de peindre la machine, sollicite 36 livres ! Au total, la guillotine locale coûtera donc 1355 livres et 5 sols ( soit l’équivalent de près de quinze mois de salaire d’un ouvrier moyen).

Au total, en 14 ans, les Pasteur, bourreaux de Genève, feront tomber 33 fois le couperet dans la juridiction genevoise – dont une fois sur une femme ; le summum se déroule bien sûr au début : dix-sept décapités jusqu’en octobre 1801, soit la moitié en deux ans… Après l’abandon français et la chute du département, la guillotine locale ne fera plus que six victimes, ce jusqu’en 1862…

En 1812, c’est une fois encore à Boiteux qu’on fait appel quand le canton/département voisin, celui du Simplon, envisage à son tour d’employer la guillotine pour supplicier ses condamnés. La nouvelle guillotine est expédiée de Genève à Sion le 12 novembre 1812 avec sa facture s’élevant à 878 francs 70 centimes. Son existence allait être éphémère : sitôt les Français partis, en décembre 1813, les bois de justice de Sion sont mis au rancart. En octobre 1814, on évoque leur présence dans le hangar d'un particulier qui réclame compensation financière pour cet entrepôt d'un genre peu commun...Depuis, nul ne sait ce qu’ils sont devenus.

La guillotine genevoise, inutilisée depuis 1862, se trouve exposée au musée de la maison Tavel, à Genève. Largement incomplète - il manque le chapiteau et la bascule -, elle reste quand même un des rares modèles révolutionnaires authentiques encore visible.

Ayant voté un nouveau Code pénal l'année précédente, en janvier 1836, qui institue la guillotine comme moyen d'exécution, le canton de Zurich passe commande auprès d'un mécanicien genevois, Johann Bücheler, d'une nouvelle guillotine améliorée. Se basant sur la machine de Genève, pour un prix de 875 francs (plus 50 francs pour le chariot), il réalise en six semaines un travail remarquable et inédit... ou plutôt deux, puisqu'en mai de la même année, un second modèle est construit pour être mis en service à Lucerne. On pourrait même dire trois ou quatre, le constructeur prenant la peine de réaliser au moins un modèle de sa machine à l'échelle 1/5, afin de faciliter les explications de montage aux exécuteurs. Il semble que la première tête de la guillotine Bücheler tomba, elle, à Zurich en 1845 : ce fut la première sur onze exécutions.

Plus petite que sa cousine française, en bois de chêne peint en rouge et noir, la machine mesure 3m93 de haut pour 2m12 de long sur 74 cm de largeur. La bascule se trouve, elle, à 97 cm du sol, et l'ensemble lame+mouton pèse une quarantaine de kilogrammes. Le fonctionnement est également différent, avec une mécanique somme toute plus fiable, même si plus salissante comme on va le voir.
En effet, le condamné restant attaché à la bascule, le corps se vide entièrement de son sang sur la machine suite à la décapitation. En plus, un système de pince vient complèter la lunette, ce qui maintient la tête en place, le couperet passant exactement entre pince et lunette. La remontée du mouton se fait par manivelle, avec une corde dont l'extrémité se termine en boule et qui passe par un goulot, au dessus du poids. Une fois positionnée, une tringle vient maintenir l'ensemble décapitateur par le dessous, et la corde se retrouve détachée. La suite est assez familière... si ce n'est que, donc, le corps reste ligoté sur la bascule avant d'être placé dans une caisse de bois latérale... tandis que la tête, elle, tombe non dans une bassine mais dans un morceau de tissu blanc !

Les deux guillotines ne font pas long feu : considérées comme des outils déshonorants au regard de toutes les exécutions de la Révolution française, elles n'emportent pas l'adhésion populaire. Le 06 septembre 1839, le modèle de Zurich est brûlé sur le parvis de la cathédrale. Deux ans plus tard, le 12 juin 1841, à Lucerne, une pétition est soumise au Grand Conseil pour son interdiction. Celle-ci entre en vigueur le 10 mars suivant, et le 18 avril, les bois de justice de Lucerne sont détruits à leur tour, le canton conservant mention de son usage potentiel dans le Code pénal, mais n'utilisant que le glaive pour les exécutions capitales.
En 1845, à Zurich, toutefois, on fait reconstruire la machine par le sieur Escher-Wyss d'après les plans de Bücheler - 821 francs -, et sans doute y fait-il quelques améliorations supplémentaires. Après l'abolition de la peine capitale dans le canton, en 1868, on se retrouve avec une machine neuve sur les bras... Qu'à cela ne tienne ! Schaffhouse, elle, est intéressée par sa récupération : louée dans un premier temps, la guillotine zurichoise est vendue pour 2200 francs suisses au canton voisin, qui l'entrepose au cas où... Sage décision. En 1885, lors de la condamnation à mort du criminel Jacob Mattmann, on songe d'abord à acheter une nouvelle machine avant de songer à celle stockée à Schaffhouse. Mattmann étant gracié, ce n'est que partie remise. Il faudra attendre sept ans avant qu'on ne procure à la "Veuve" un nouvel époux. Désormais seule en activité, c'est par son biais que, durant les cinquantes dernières années, les exécutions capitales sont effectuées dans les cours des prisons des derniers cantons non-abolitionnistes - Fribourg, Obwald, Lucerne, Zoug, Schwytz et Uri -, et ce jusqu'en 1940.

De nos jours, la dernière guillotine suisse - et son modèle réduit - se trouve exposée au Musée d'Histoire de Lucerne : on peut même, si on n'a pas trop peur, se coucher sur la planche. Sur la boîte contenant le couperet, on peut lire les noms des derniers suppliciés.
En outre, se fiant aux plans de l'ingénieur américain Michaël Nielsen, Guido Varesi, propriétaire du Musée du Bourreau de Sissach, a fait réaliser une copie conforme de la guillotine Berger, taille réelle. Celle-ci, trop haute pour être exposée dans le musée, sert à des expositions itinérantes.
Pour complèter le tout, voici un site intéressant sur une famille de bourreaux helvètes : les Pasteur.

Date Heure Lieu Nom Crime Exécution Condamnation
16 novembre 1793 Délémont

Mont-Terrible

?
Georges Roll

?

(?)
Chef des réfractaires du Mont-Terrible.
03 février 1794 Porrentruy

Mont-Terrible

?
Antoine Jecker

?

(?)
Forestier de la principauté de Bâle
25 février 1794 Délémont

Mont-Terrible

?
François Bourquin

?

(?)
10 mai 1794 Porrentruy

Mont-Terrible

?
Un condamné

?

(?)
Juif, originaire de Mannheim.
19 octobre 1797 Porrentruy

Mont-Terrible

?
Un condamné

?

(?)
13 mai 1799 Genève/Genf

Léman

Glacis de Plainpalais, près de la route de Carouge
Maurice Gervais

? ans, ?

(?)
Tua une jeune fille à coups de hache avant de faire brûler le corps pour cacher les traces de son crime. Exécuteur : Jean-François Pasteur.

?

Première exécution par guillotine à Genève.
26 février 1799
01 avril 1800 Genève/Genf

Léman

Place de la porte Neuve
François Bachelard

? ans, ?

(?)
Deuxième utilisation de la guillotine à Genève.
01 mai 1801 ? Genève/Genf

Léman

Place de la porte Neuve
?

?

(?)
Habitants de Savoye, près de Roche. ?
?

?

(?)
?

?

(?)
?

?

(?)
21 avril 1803 ? Genève/Genf

Léman

Place de la porte Neuve
Chappaz

?

(?)
Frères. Faux-monnayeurs. ?
Chappaz

?

(?)
Chappaz

?

(?)
15 mai 1807 ?

Glarus

?
Bartholomaüs Stauffacher

?

(?)
Voleur récidiviste
20 août 1812 Viuz-en-Sallaz

Léman, future Haute-Savoie, France

?
Étienne Baud-Berthier

?

(?)
15 juin 1812
vers le 17 mars 1813 Genève

Léman

Place de la porte Neuve
François Perron

?

(?)
1817 ?

Nidwald

?
Franz Joseph Reesli

?

(?)
Cambriolage et maltraitance domestique sur ses enfants. Dernière exécution dans le canton de Nidwald et la région d'Unterwald (Nidwald+Obwald). 26 avril 1817
04 août 1819 10h30 Bâle/Basel

Bâle-Ville

Porte de Steinem
Xaver Herrmann

?

(?)
Au cours d'un cambriolage, commettent un assassinat et mettent le feu à la maison. Environ 20.000 spectateurs.

Dernière exécution dans le canton de Bâle-Ville.
?
Ferdinand Deissler

?

(?)
Jakob Föller

?

(?)
Vendredi
09 mars 1821
10h30 Genève

Léman

Place de la Comédie
Jacques Machon

44 ans, ancien douanier

(?, France)
Au soir du 30 octobre 1820, au faubourg genevois de Plainpalais, attaquent la maison de Louis Corboz, 67 ans, qu'ils poignardent à de multiples reprises et égorgent avant d'éventrer et d'égorger sa domestique, Louise Miéville, 20 ans, et dérobent de la vaisselle, des vêtements et des montres. Premières exécutions à Genève depuis la chute de l'Empire. Pas d'autre exécution avant 1828. 02 mars 1821
Claude Menoud

44 ans, laboureur

(?)
06 octobre 1827 Lucerne/Luzern

Lucerne

?
Joseph Haas

?

(?, Krienz)
Tua deux femmes pour les violer en 1825 et 1826. 03 octobre 1827
Vendredi
18 avril 1828
8h05 Genève

Léman

Place Neuve
Alexandre Debogis

42 ans, ancien gendarme

(?)
Entre le 17 et le 19 décembre 1827, abat de deux coups de fusil dans le dos Jean-Etienne Mugnier alors que celui-ci pêche dans les eaux de la Versoix. Il n'expliqua jamais les vrais raisons de son crime. Exécuteur : ?

?

Dernière exécution à Genève avant 22 ans.
12 avril 1828
Samedi
23 juin 1832
8h Fribourg/Freiburg

Fribourg

?
Madelaine Duguet, veuve Dutoit

35 ans, ménagère

(?)
AMANTS DIABOLIQUES.

A Guin, empoisonnent Marianne Hayoz, épouse Jungo.
A l'origine, Jungo devait être roué vif, mais bénéficie d'une commutation. Madelaine meurt en sanglotant. Jungo s'adresse une dernière fois aux spectateurs dune voix ferme. 1832
Christ Jungo

34 ans, cultivateur

(?)
06 octobre 1832 Samedi,
Fribourg/Freiburg

Fribourg

?
Hans Joseph "Golder" Baeriswyl

58 ans, vétéran militaire, ayant passé quarante ans au service de l'armée espagnole puis de la garde papale

(?)
Le 05 août au soir, incendie près de Tafers la maison de son frère fontainier par vengeance, le sinistre détruisant quasiment tout du bâtiment et de son contenu. Refuse de s'alimenter au cours de sa dernière nuit. Face au magistrat venu prononcer la sentence et qui ne parvient à retenir ses larmes, il dit : "Monsieur le préfet, ne pleurez pas, j'ai mérité mon sort, je suis bien résolu !" Croisant un ancien soldat de ses relations, il l'interpelle : "Adieu, prie pour moi !" Installé sur la sellette, retire sa cravate seul et reste ferme à attendre le coup de glaive. 06 octobre 1832
1832 Altdorf

Uri

?
?

?

(?)
11 juillet 1833 Altdorf

Uri

?
Anton Zurfluh

?

(?)
27 juin 1834 Neuchâtel/Neuenburg

Neuchâtel

?
Charles Reymonda

57 ans, cultivateur

(?)
Tua son colocataire François Isoz en avril 1832.

Dernière exécution dans le canton de Neuchâtel.
septembre 1834 Baden

Argovie

?
Weltli

?

(?)
Curé 05 août 1834
02 décembre 1835 Courterlary

Berne

?
David-François Fête

33 ans, ?

(?)
Assassine dans la nuit du 20 au 21 février 1835 à Tramelan Marianne-Florentine Voumard, sa maîtresse, enceinte de lui, et qu'il n'avait pas l'intention d'épouser.

Premier arrêt cassé, condamnation confirmée en seconde instance
19 septembre 1835, 28 octobre 1835
08 avril 1836 Fraubrunnen

Berne

?
Jacob Leibundgut

34 ans, ?

(?)
Assassin de plusieurs personnes, dont le charpentier Jaussi.
17 juin ou septembre 1836 ? Baden

Argovie

?
Bartholomä Schibli

?

(?)
Incendiaire Exécution incertaine, à vérifier.
15 octobre 1836 Samedi Berne/Bern

Berne

?
Jakob Gattiker

26 ans,

(?)
Vol et meurtre 19 septembre 1836
24 novembre 1836 Glarus

Glarus

?
Rudolph Michel

36 ans, cordonnier

(?)
Meurtre et vol de Barbara Kundert, épouse Stauffacher, femme d'un conseiller municipal à Matt le 25 octobre 1836.

Dernière exécution dans le canton de Glarus.
24 novembre 1836
04 mai 1839 Schwytz/Schwyz

Schwytz

?
Hieronymus Kessler

23 ans,

(?)
Double meurtre avec vol 1839
10 février 1842 ?h Sion/Sitten

Valais

?
Marie-Thérèse Seppey, veuve Franier

?

(?)
Assassinent Nicolas Franier, le mari de Marie-Thérèse qui est aussi condamnée pour tentative d'empoisonnement et avortement. ?
Barthélémy Juoli

?

(?)
François Rey

?

(?)
29 novembre 1843 Saint-Gall

Saint-Gall

?
Peter Wasser

55 ans, ?

(?)
A Gams, assassine son gendre Peter Lohnherr à Gams le 23 avril 1843.

Son épouse Maria Anna Hardegger et Maria Anne Wasser, épouse Lehneherr, condamnées à mort, sont graciées.

Dernière exécution dans le canton de Saint-Gall.
09 novembre 1843
11 ou 22 juillet 1844 Altdorf

Uri

?
Andreas Dittli

?

(?)
05 juillet 1845 Courtelary

Berne

?
Jean Jossi

21 ans, ouvrier bûcheron

(?)
Le 21 novembre 1844, près de Saint-Imier, tue à coups de gourdin son patron, Daniel Schenk, 50 ans, pour lui voler 90 francs et une montre. 07 juin 1845
juillet 1845 ?h Zürich

Zürich

?
Heinrich Sennhauser

?

(?)
Assassinent le couple Leuthold, de vieilles personnes, à Waedenschweiler. ?
Jacob Lattmann

?

(?)
31 janvier 1846 Lucerne/Luzern

Lucerne

?
Jacob Muller

?

(?)
Assassin de M.Leu à Ebersol. Exécuté sur le Gütsch devant environ 15000 personnes. 24 janvier 1846
25 avril 1846 Trogen

Appenzell Rhodes-Extérieures

?
Jean Graf

?

(?)
Incendiaire.
08 mai 1846 Coire

Grisons

?
Johannes Reit

?

(?)
Ecorcheur (exécuteur des basses oeuvres ?). Viola sa fille et tue à la naissance l'enfant né de leur inceste.
03 septembre 1846 Mercredi,
10h
Rolle

Vaud

?
Jacob Lausselet

? ans, garçon d'écurie à l'auberge de la Couronne.

(?)
En mars 1846, tue de deux coups de marteau son aide Jean Romel pendant qu'il dort, pour l'empêcher de dénoncer des vols et des escroqueries dont il était l'auteur. Première condamnation à mort appliquée dans le canton depuis 25 ans.
23 septembre 1846 Mercredi,
8h
Laupen

Berne

?
Christian Bannwart

35 ans, voiturier à Ruegsau

(?)
Assassine d'un coup de hache dans la tête le charretier Märky le 1er août 1845 sur la route de Berne à Morat pour lui voler 120 francs.
17 octobre 1846 ?h Sarnen

Obwald

?
Franz Burch-Amrhein

?

(?)
Assassinent leur beau-père et père Eugen Amrhein le 07 juillet 1846. ?
Joseph Anton Amrhein

?

(?)
23 juillet 1847 Schaffhouse/Schaffhausen

Schaffhouse

?
Johann Schilling

34 ans, boulanger

(?)
Empoisonna à l'arsenic à Löhningen son épouse Elizabeth le 23 janvier 1847, arrêté pour ce crime le 20 mars.

Dernière exécution dans le canton de Schaffhouse.
14 juillet 1847
30 octobre 1847 ? Chur

Grisons

?
Jakob Condrau Spescha

26 ans, ?

(?)
Le 1er juillet 1847, tue sa maîtresse Maria Katherina Derungs, enceinte de lui, pour lui dérober une montre et deux florins.

Dernière exécution dans le canton des Grisons.
30 octobre 1847
23 décembre 1847 Zoug/Zug

Zoug

?
Jost Schanz

?

(?)
Incendie volontaire de la grange du fermier Freimann, le 29 août 1847.
03 décembre 1849 Appenzell

Appenzell Rhodes-Intérieures

?
Anna Koch

18 ans, ?

(?)
Par jalousie, tue le 07 juin 1849 Magdalena Fässler, la nouvelle maîtresse de son ex-compagnon Johann Baptist Mazenauer, et s'arrange pour faire accuser ce dernier. Mazenauer est violemment torturé pour obtenir des aveux qu'il ne donnera pas : il en restera handicapé.
11 juin 1850 Genève

Léman

Place Neuve
Louis Frédéric Richard

? ans, ?

(?)
Tua par vengeance Jean-François Borel, propriétaire au Pommier, au Grand-Saconnex. Touché par la bonté de son avocat, fait la veille de l'exécution l'aveu de son crime qu'il avait toujours nié jusqu'alors. mai 1850
04 octobre 1851 Aarwangen

Berne

?
Johann Hünig

25 ans, ?

(?)
15 octobre 1851 Liestal

Bâle-Campagne

Hyanzint Bayer

29 ans,

(?)
Pour assurer une vie aisée à sa compagne, tue un homme pour lui voler 36 francs.

Dernière exécution dans le canton de Bâle-Campagne.
13 septembre 1851
11 décembre 1851 Porrentruy

Jura

Chemin de la Haute-Fin, près de la croix
Georges-Frédéric Gilliotte

?, scieur

(?)
En mars 1851, à Fahy, assassine pour le voler le cabaretier Jean-Pierre Varrin. 27 octobre 1851
(Tribunal criminel de Berne)
10 février 1852 ?h Altdorf

Uri

?
Kaspar Wolleb

?

(?)
Assassins de leur tante pour la voler ?
Karl-Franz Wolleb

?

(?)
16 ou 23 mai 1853 Lugano

Tessin

?
Bernardo Bernasconi

?

(?)
Assassin de l'avocat Soldini.

Peine confirmée par le tribunal d'appel de Lugano vers le 10 mai.

Son père, Paolo Bernasconi, condamné à mort en première instance, voit sa peine commuée en travaux forcés à perpétuité.

Senatore Reali est condamné aux travaux forcés à perpétuité. Matti est condamné à quatre ans de prison.


Dernière exécution dans le canton du Tessin.
17 avril 1853
(Tribunal de Mendrisio)
13 décembre 1853 Mardi,
11h15
Avenches

Vaud

Place de Gravenau
Samuel Schaller

?

(?)
A Cudrefin, assassine M.Issenschmidt, l'époux de sa maîtresse. 18 novembre 1853
28 mars 1854 ?h Schlosswil

Berne

?
Jakob Reber

22 ans,

(?)
Près de Wil, le 13 juillet 1853, tuent Christen Rüedi pour le voler. ?
Johann Binggeli

21 ans,

(?)
mai 1854 ?

Valais

?
Cyprien Bellon

?

(?)
18 ans. A Troistorrens, en novembre 1853, assassine Jean Chevalay, chiffonnier séxagénaire, pour le voler. Exécution incertaine, à vérifier. vers le 29 avril 1854
24 mai 1854 Mercredi,
5h10
Lenzburg

Argovie

?
Bernhard Matter

?

(?)
33 ans, considéré comme le "Robin des Bois" suisse. Exécuteur : Franz Joseph Mengis.

07 mai 1854
29 novembre 1854 Frauenfeld

Thurgovie

?
Jakob Hungerbühler

?

(?)
24 ans. Meurtre de Joseph Anton Kessler et vol

Dernière exécution dans le canton de Thurgovie.
1854
17 février 1855 Samedi,
7h04
Soleure/Solothurn

Soleure

?
Urs Josef Schenker

?

(?)
PARRICIDE, 28 ans. Assomme et étrangle son père Johann Schenker, âgé de 70 ans, le 26 octobre 1854 à Fulenbach. Sa mère Anna-Maria, 50 ans, est condamnée à de la prison pour complicité. Son frère Stephan, 24 ans, est acquitté. Exécuteur : Samuel Huber (Berne), faute d'exécuteur local.

Prévenu la veille dans l'après-midi. Quitte la prison et durant le trajet ne cesse de crier : "Aujourd'hui, j'expie ! Bonnes gens, priez pour moi !"

Dernière exécution dans le canton de Soleure.
12 février 1855
04 septembre 1855 ?h Berne/Bern

Berne

?
Jean Nicolas Senaud

?

(?)
Assassine Bendicht Niederhäuser pour le voler le 02 février 1855. ?
Kilchenmann

?

(?)
04 avril 1856 Aarwangen

Berne

?
Johannes Bösiger

21 ans, cordonnier

(?)
05 avril 1856 Berne/Bern

Berne

?
Peter Henzi

35 ans, ?

(?)
Assassin de son épouse, sur les conseils de sa maîtresse.
03 juillet 1856 ?h Zürich

Zürich

? (Place de la gare)
Rimberger

?

(?)
Assassins du meunier Engel. Guillotinés près du nouvel arsenal et du chemin de fer. ?
Bosshard

?

(?)
27 octobre 1859 6h30 Zürich

Zürich

? (Place de la gare)
Kündig

? ans, ?

(?)
Exécuteur : Mengis (Argovie).

.
Samedi
25 mai 1861
Genève

Genève

Place Neuve
Claude "L'Espagnol" Vary

? ans, ?

(?)
Triple assassinat d'un homme, d'une femme et d'un enfant. Exécuteur : Jacob Mengis.

Première exécution genevoise depuis 11 ans. 10.000 personnes. Peu coopératif, le condamné, un colosse, provoque par ses mouvements une chute prématurée du couperet, qui lui sectionne le crâne au niveau des sourcils, le tuant instantanément, et manquant trancher les mains du bourreau. Ce dernier s'adresse depuis la plate-forme aux magistrats présents : "Faut-il couper plus bas ?". On en restera là. Les exécuteurs seront sifflés et recevront des menaces de mort en quittant les lieux.
08 mai 1861
07 juin 1861 Buron-sur-Aar/Büren-an-der-Aare

Berne

?
Louis-Adolphe Bellenot

? ans, ?

(?)
Meurtre
12 juin 1861 Altdorf

Uri

?
Kaspar Zurflüh

? ans, ?

(?)
Tua sa fiancée enceinte
08 juillet 1861 ?h Langnau im Emmental

Berne

?
Jacob Wyssler

40 ans, cordonnier

(?)
Assassinent à coups de marteau Andreas Schlatter, 47 ans, berger, le 15 février 1861 à Signau pour ne pas avoir à rembourser l'argent qu'ils lui devaient. 15.000 personnes présentes. 13 juin 1861
Verena Wyssler

43 ans, ménagère

(?)
Samuel Krähenbühl

25 ans, domestique

(?)
Jacob Stucki

27 ans, agriculteur

(?)
07 septembre 1861 ?h Délémont/Delsberg

Jura

?
Jean-Baptiste Guéniat

35 ans,

(?)
Assassinent à Courroux les époux Rossé pour les voler. Joseph Friedli, domestique, est condamné à vingt ans de travaux forcés. ? ?
Geneviève Petermann, épouse Guéniat

38 ans,

(?)
09 décembre 1861 Berne/Bern

Berne

?
Johann Kläntschi

32 ans, ?

(?)
Le 03 juillet 1861, tue Friedrich Schenk, l'époux de sa maîtresse.

Dernière exécution dans le canton de Berne.
30 août 1861
24 avril 1862 6h Genève

Genève

Place Neuve
Maurice Elcy

21 ans, ?

(?)
Assassine dans la nuit du 20 au 21 octobre 1861 à Genève l'horloger Jean-Jacques Favre-Chanter, 43 ans, de treize coups de canne-épée pour lui voler deux montres et un médaillon en or, avant de le laisser agoniser sur le fossé. Il avoue le crime, prétextant des propositions indécentes de la part de la victime, mais nie le vol (le vol, circonstance aggravante, équivaut à la peine capitale). Exécuteur : Jacob Mengis.

Va à l'échafaud assez courageusement. Environ 10.000 personnes.



Dernière exécution dans le canton de Genève, peine abolie en 1871.
26 mars 1862
01 juillet 1862 Trogen

Appenzell Rhodes-Extérieures

?
Johann Ulrich Schlaepfer

41 ans, boucher

(?)
Ivrogne et sans le sou, le 14 mai 1862, à Speicherer, tue à coups de stylet le cultivateur Bartholome Zürcher, et fracture un coffre à coups de hache pour voler 34 francs 60. Exécuteur : ?

?

Dernière exécution en Appenzell Rhodes Extérieures.
27 novembre 1863 Aarau

Argovie

?
Joseph Jakob Felber

27 ans, ?

(?)
Assassin de Johann Huber. Exécuteur : ?

?

Dernière exécution dans le canton d'Argovie.
05 novembre 1863
10 mai 1865 4h40 Zürich

Zürich

? (Place de la gare)
Heinrich Gotti

37 ans, employé dans une filature de coton

(?)
Empoisonna son septième enfant nouveau-né à l'eau-forte à Adlisweil le 13 février 1865. Le lendemain de son procès, il avoue au directeur de la prison qu'il a également empoisonné les six enfants qu'il avait eus avec son épouse depuis 1849 ! Exécuteur : ?

Averti la veille, s'écrie, horrifié : "Oh mon Dieu !" Quitte la prison peu après 4h pour un trajet d'une demi-heure, n'arrête pas de pleurer, de gémir et de murmurer des paroles dépourvues de sens. Doit être traîné sur l'échafaud. Environ 15.000 personnes présentes, rendant le trajet difficile.
29 avril 1865
06 juillet 1867 9h Lucerne/Luzern

Lucerne

?
Niklaus Emmenegger

? ans, ?

(?)
Tua sur la Rüchi-Alp Jacob Schnyder, berger, pour le voler. Exécuteur : ?

Impassible jusqu'au bout, se dit innocent et réclame un confesseur.
01 juillet 1867
Vendredi 10 janvier 1868 10h45 Moudon

Vaud

Berges de la Broye
Héli Freymond

25 ans, cultivateur

(1843, Corrençon)
Amant de sa cousine Louise Freymond depuis 1863 - elle a alors 16 ans -, marié en 1866 à Elise Olivier par intérêt financier, l'empoisonne l'année suivante avec du taupicide à l'arsenic mélangé à des bonbons puis à de la soupe, causant d'abord la mort de l'enfant qu'elle porte, puis son décès, le 23 mai 1867, lequel est attribué à sa santé connue pour être fragile. Veuf, courtise sa belle-soeur Méry, suivant les mêmes calculs intéréssés. Jean Mettraux, le fiancé de Méry, faisant obstacle, le 30 juin, Héli l'empoisonne à la strychnine, dissimulée dans du pain, lors d'un voyage à Lausanne. Abandonne la victime mourante sur le bord de la route non sans lui avoir vidé les poches et volé son argent. Un passant retrouve Mettraux et parvient à le sauver de justesse, le lendemain à l'aube. Louise, complice, est condamnée à vingt ans de réclusion. Exécuteur : Vincent Grosholtz.

Les autorités arrivent à la prison à 9h. Freymond a dormi de 1h à 3h, puis de 4h à 6h très correctement. Quitte la prison à 10h15, après avoir bu deux verres de vin, et prend la route qui mène à l'échafaud à pied, précédé par le bourreau en manteau rouge et tricorne. Echafaud dressé sur les bords de la Broye, en aval de la ville. 15 à 20.000 personnes présentes. Au pied de l'échafaud, retarde l'échéance et embrasse les gendarmes. Seul, Freymond monte l'escalier et se place debout devant la chaise. Le pasteur va pour prier à nouveau, mais le bourreau lui fait signe de reculer car il est temps. Freymond est assis sur la chaise, mains liés dans le dos, col de la chemise détaché, les yeux bandés. Un aide lui tient la tête droite par les cheveux, et après deux mouvements de balancier, décapite d'un seul coup de glaive le condamné. La tête est montrée à la foule, puis jetée dans le sciure au sol.

Plus d'exécution en Suisse avant 1892.

Dernière exécution dans le canton de Vaud, dernière décapitation à l'épée en Suisse.
16 novembre 1867
Vendredi
18 mars 1892
9h15 Lucerne/Luzern

Lucerne

Cour de la maison d'arrêt,
Ferdinando Gatti

25 ans, maçon

(?, Italie)
Un soir de décembre 1890, étrangle Margaritha Degen, jeune institutrice de Lucerne pour la violer, mutile ses parties génitales puis la vole. Exécuteur : Theodor Mengis père.

Dort jusqu'à 1 heure du matin. Se réveille, veut s'habiller. Est prié de se rendormir. A 3 heures, reçoit du marsala. Communie, entend la messe du chapelain Bianchetti. Pleure, puis se résigne. Arrivée des autorités à 8h30. Conduit à la salle des interrogatoires peu avant 9h, soutenu par l'abbé Bianchetti et un sergent de la gendarmerie. Pâle, calme, entend la lecture de la sentence en allemand, puis en italien. Embrasse plusieurs fois le crucifix et en allemand, demande pardon à toutes les personnes présentes. Les yeux bandés, est guidé dans le couloir, puis dans la cour : environ une centaine de pas à faire pour atteindre la guillotine. En route, ses jambes tremblent et il crie : "Non voglio morire !" L'aumônier l'apaise en l'embrassant et en lui faisant réciter des prières. Attaché devant la machine, elle-même dressée sous un préau de bois, par le bourreau Mengis, et basculé tout en répétant à haute voix : "Gesu, Maria, adjutate me". Foule à l'extérieur de la prison : accès au Gütsch, qui surplombe la maison d'arrêt, fermé.
12 février 1892
Mardi
31 octobre 1893
9h15 Lucerne/Luzern

Lucerne

Cour de la maison d'arrêt,
Johann Keller

23 ans, agriculteur

(?)
Dans la nuit du 21 au 22 avril 1893, à Buron, fracasse à coups de marteau le crâne de Marie Naef, 21 ans, domestique chez ses parents, qui était devenu sa maîtresse et qui, enceinte de lui, était un obstacle à son futur mariage. Après quoi, mit le feu à sa propre maison pour cacher son crime.

Tente de s'évader de prison le 06 mai, simule la folie.

Après sa condamnation, le 24 septembre, tente de s'évader en assommant son gardien à coups de cruche, puis, se sachant perdu, tente de s'égorger avec un couteau.
Exécuteur : Theodor Mengis père.

Nuit paisible, réveillé à cinq heures par un père capucin. Le côteau dominant la prison est noir de monde, mais un voile suspendu le long du hangar où est dressée la guillotine empêche tout voyeurisme. Va courageusement à la mort.
21 juillet 1893
Mardi
22 mai 1894
3h Schwytz/Schwyz

Schwytz

?
Josef Leoh Dominik Abegg

47 ans, journalier

(20 novembre 1846, Rothenthurm)
Suspecté d'avoie, le 13 décembre 1874 sur la route de Baech à Wollerau, assassiné la messagère Josepha Kümin pour la voler. Acquitté le 17 mars 1875.

Le 14 mars 1894, à Einsiedeln, viole et égorge sa fille Hermine, 17 ans, puis cache le corps dans une forêt voisine où il est retrouvé le 16 mars.

Trois jours après le verdict, Abegg avoue le crime de 1874.
Exécuteur : Theodor Mengis père.

Conduit hors de la prison centrale dans une prairie, délimitée par une clôture en planches, encadré par deux prêtres tenant chacun un cierge allumé. Très calme, le visage voilé, va à la mort en récitant un chapelet. Peu de monde présent, les gens pensant que l'exécution aurait lieu plus tard.
26 avril 1894
Vendredi
01 août 1902
4h35 Fribourg/Freiburg

Fribourg

Cour de la prison des Augustins,
Etienne Chatton

27 ans, ?

(vers 1875, Neyruz)
Le 1er décembre 1901 à Neyruz, tue sa cousine Louise Mettraux, 17 ans, à coups de hache pour voler l'argent de la ferme, soit 309 francs, pendant que la famille assistait à la messe. Abandonne sa victime encore en vie une hache plantée dans le front. Elle succombe la nuit suivante.

Arrêté à Lausanne le 3 décembre pour un cambriolage.
Exécuteur : Theodor Mengis père.

Le 1er août étant fête nationale, hésitation quant à l'opportunité de guillotiner Chatton. Orage violent qui retarde l'exécution. Apprend la nouvelle de la bouche du curé Brasey vers 2h30. Se montre résigné, demande plusieurs fois pardon à la victime et à sa famille. Entend la messe à la chapelle, communie. Face aux larmes du prêtre, remarque : "Pourquoi pleurez-vous ? Ne suis-je pas heureux de mourir ainsi ?" Arrive dans la cour de la prison des Augustins, les yeux bandés depuis la cellule du second étage, guidé par trois prêtres ayant passé la nuit à prier à ses côtés. Quand le bourreau le saisit, il se débat, et demande à parler, ce qui lui est accordé : "Je demande pardon à Dieu et aux hommes, je me repens de mon crime. Et si quelqu'un a besoin de mon pardon, je le lui accorde de mon coeur." Avant d'être basculé, gémit "Mon Dieu, ayez pitié de moi ! Ayez pi..."
22 janvier 1902
Lundi
02 mai 1910
9h Lucerne/Luzern

Lucerne

Cour de la maison d'arrêt,
Matthias Muff

35 ans, marchand de porcs

(?)
Endetté, le 21 décembre 1909, dans une ferme isolée de Ruswil, assassine M. Bisang, son épouse et leurs deux serviteurs, vole 11344 francs et met le feu à la maison, manquant tuer les dix autres occupants (trois adultes, sept enfants) qui s'y trouvaient. Exécuteur : Theodor Mengis père.

Refusa de signer son recours en grâce. Ecrit une dernière lettre à son épouse pour lui demander pardon du chagrin et de la honte à laquelle il les a voués, elle et leurs enfants. Exécuté dans un angle de la cour interdisant à quiconque, même aux riverains, d'y assister : seuls une vingtaine de personnes voient mourir Muff.
06 avril 1910
Mercredi
20 janvier 1915
9h10 Lucerne/Luzern

Lucerne

Cour de la maison d'arrêt,
Anselme Wütschert

33 ans, ouvrier agricole

(11 février 1881, Ruswil)
Connu comme pervers sexuel. Le 16 mai 1914, égorge à coups de ciseaux Emilie Furrer, 22 ans, femme de ménage, dans une forêt près de Krummbach, parce que la jeune femme, très pieuse, se refusait à lui, puis abuse du cadavre. Exécuteur : Theodor Mengis père.

Sorti de sa cellule à 9 heures. Après avoir reçu l'information, a les yeux bandés. Conduit par l'aumônier à l'échafaud, exécution rapide.
07 novembre 1914
Mercredi
29 octobre 1924
6h50 Altdorf

Uri

Cour de la maison d'arrêt,
Klemenz "Clément" Bernet

44 ans, menuisier

(?)
Déjà condamné à dix-sept reprises, déjà purgé quinze ans de prison, libéré le 30 août 1924.

Assassine Joséphine Scheiber de 15 ans, le 31 août 1924 à Schattdorf, qui le surprend en plein cambriolage. Il l'étouffe, frappe à coups de poings et poignarde avec un canif avant de lui voler 350 francs.
Exécuteur : Hans Bachmann, mécanicien à Oerlikon, formé par Mengis fils, assisté par MM. Lanz et Grossholz.

Avait refusé de signer son recours en grâce. Averti deux jours avant l'exécution. Courageux, repentant, demande quand on le conduit à l'échafaud qu'on lui retire sa cagoule en disant : "Ma victime a vu la mort les yeux ouverts. Comme elle, je veux la voir de mes yeux." Puis, fixant le couperet, dit aux assistants : "Vous avez devant vous un meurtrier qui, durant toute sa vie, n'a commis que des crimes. Je suis heureux de mourir. Ici, à la dernière heure, j'ai appris à aimer Dieu. Je demande pardon à la famille de ma victime et je pardonne aux hommes de me faire mourir. Dieu m'a sauvé, j'entre dans l'éternité." Se laisse basculer sans broncher.
18 octobre 1924
Vendredi
25 août 1939
4h45 Zoug/Zug

Zoug

Cour est de la maison d'arrêt,
Paul Irniger

25 ans, charpentier

(04 novembre 1913, Goldau)
Abat d'une balle de pistolet dans la nuque, le 05 décembre 1933, Werner Kessler, chauffeur de taxi, dans une forêt près de Baar, pour lui voler 60 francs.

Arrêté, évadé, réfugié à Rapperswil sous l'identité d'un représentant en aspirateurs, il commet un cambriolage chez un opticien de Lachen.

Éveillant les soupçons en essayant de revendre une jumelle à un opticien de Rapperswil, le 09 août 1937, il abat de quatre balles le gendarme Alphonse Kellenberger, âgé d'une trentaine d'années, qui venait de l'appréhender, puis, dans sa fuite, blesse mortellement d'une autre balle le chauffeur Joseph Döbeli qui s'était lui aussi lancé à sa poursuite. Condamné en première instance pour les crimes de Rapperswil, il est gracié le 11 mai 1938, sa peine commuée en peine perpétuelle.
Exécuteur : Arthur X., portier choisi parmi 75 bénévoles. Devient fou suite à l'exécution, et décède interné dans un asile en 1939.

Conduit dans la cour, les yeux non bandés à sa demande. Lié sur la bascule, lève la tête et crie "Loué soit Jésus-Christ !"
1er mai 1938
(Cour d'assises de Saint-Gall)

15 juillet 1939
(Cour d'assises de Zoug)
Vendredi
18 octobre 1940
1h55 Sarnen

Obwald

Cour de la maison d'arrêt,
Hans Vollenweider

32 ans, ?

(11 février 1908, Zürich)
Repris de justice, déjà condamné pour exhibitionnisme, enlèvement et braquages. Evadé le 4 juin 1939 d'une prison proche de Zürich. Le 15 juin, dans la forêt de Baar, abat d'une balle dans le dos Herman Zwyssig, 27 ans, chauffeur de taxi, pour lui voler ses papiers d'identité, avant de jeter son corps lesté dans le lac de Zoug. Le 20, tue de la même façon Emil Stoll, facteur, pour lui voler son porte feuille. Réfugié sous son faux nom comme portier à l'hôtel Engel de Sachseln, abat le 23 juin le policier Aloïs Von Moos venu l'arrêter suite à la découverte d'une chemise ensanglantée, avant d'être mis hors d'état de nuire par l'hôtelier et ses collègues. Exécuteur : X., identité restée secrète. Mengis ne peut se déplacer, retenu par ses camarades à son métier de cheminot.

?

Dernière exécution prononcée par la justice civile.

Ultime emploi de la guillotine en Suisse.
19 septembre 1940


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