| Date |
Heure |
Lieu |
Nom |
Crime |
Exécution |
Condamnation |
Vendredi 13 août 1880 |
6h |
Colmar
Oberelsass
Cour de la maison d'arrêt, 1, rue des Augustins |
Louis Weber
41 ans, ouvrier cordonnier
(24 mars 1839, Obernai, 67) |
Prisonnier à la maison centrale d'Ensisheim, tue à coups de tranchet dans le dos, les bras et la poitrine son codétenu et amant, Michel Trampert, 34 ans, ouvrier cordonnier, le 07 octobre 1879.
Les deux hommes avaient eu une liaison pendant près de trois ans, avant que Trampert décide de n'y mette un terme, peu avant sa libération, fixée au 09 octobre 1879. |
Ramené d'Ensisheim le 10 août. Prévenu le 12, sans réaction d'horreur. Se confesse. Dès 4 heures du matin, communie et reste assisté par un prêtre jusqu'au bout. Déjeune de bel appétit d'un rôti froid. Se montre plutôt ferme, et après lecture de l'arrêt, dit "Je remercie sa Majesté l'empereur". Après avoir été embrassé par les pères Schneider et Müller, plaqué sur la bascule, se contente de dire aux aides qu'il est inutile de l'attacher avant de les laisser faire. |
15 décembre 1879 (Cour d'assises de la Haute-Alsace) |
Vendredi 28 juillet 1882 |
6h |
Colmar
Oberelsass
Cour de la maison d'arrêt, 1, rue des Augustins |
François Antoine Ketterlin
50 ans, forgeron à Mulhouse
(19 février 1832, Steinbrunn-le-Bas, 68) |
Le 9 janvier 1882, à Geispitzen, égorge à coups de couteau son ex-épouse Katharina Eberhart, 43 ans, qui avait obtenu le divorce suite aux mauvais traitements qu'il lui infligeait.
Ruiné par le divorce et d'autres ennuis judiciaires, il l'avait rendue responsable de son malheur. |
Prévenu la veille, refuse tout secours religieux en insultant l'aumônier Schneider et le curé Meyblum. Réveillé à 5h45 par le procureur impérial Stadler. Devant l'échafaud, comme le père Schneider tente une dernière fois de l'exhorter à la prière, répond : "Allez chez ces Messieurs de la justice ! Qu'eux montent avec moi !" A part le procureur, le greffier, deux juges, les gendarmes et les gardiens, seuls quelques médecins et une douzaine d'habitants de Colmar sont présents. |
13 mars 1882 (Cour d'assises de la Haute-Alsace) |
Vendredi 09 novembre 1883 |
8h10 |
Metz
Lothringen
Cour de la maison d'arrêt, rue Saint-Gengoulf |
Frédéric Jacques Kurowski
31 ans, batelier
(18 juin 1852, Stangenwalde, Prusse occidentale) |
Avec son complice Sonnenschein, étrangle et pend à un portemanteau sa voisine, la veuve Schneider, la patronne du café "Le Lapin qui fume" à Queuleu, pour lui voler de l'argent, un réveil, des bijoux et un manteau pour transporter le tout, le 12 janvier 1883. |
Prévenu la veille, d'abord calme, fond en larmes puis accuse Sonnenschein et un nommé Schneider d'avoir été les vrais meurtriers, lui n'ayant servi que de guetteur. Demande à voir son frère et sa soeur, mais dans l'impossibilité de le satisfaire, on lui permet évidemment de leur écrire une lettre. Soupe et prend du café, puis discute avec les gardiens en fumant des cigares, avant de dormir jusqu'à 4h30, attendant l'arrivée de l'aumônier pour communier. Conduit à 8h05 dans la cour, écoute parler l'abbé Simon, puis la lecture de l'acte de condamnation, avant de monter résigné les trois marches de l'échafaud pour se laisser préparer, retirant lui-même sa veste et sa cravate. Embrasse les prêtres, puis adresse à voix haute mais secouée de sanglots ses adieux à sa famille, puis s'écrie : "Adieu, mes frères : je vous quitte maintenant". Près de cent personnes présentes. |
08 juin 1883 (Cour d'assises de la Lorraine) |
Mardi 23 septembre 1884 |
8h |
Metz
Lothringen
Cour de la maison d'arrêt, rue Saint-Gengoulf |
Hermann Julius Sonnenschein
26 ans, cordonnier
(vers 1858, Beyenburg, Allemagne) |
Avec son complice Kurowski, étrangle et pend à un portemanteau sa voisine, la veuve Schneider, la patronne du café "Le Lapin qui fume" à Queuleu, pour lui voler de l'argent, un réveil, des bijoux et un manteau pour transporter le tout, le 12 janvier 1883.
Arrêté à Limoges, il est extradé en février 1884, ignorant tout de l'exécution de son complice. |
Informé à 8h le 22, tremble mais dit avoir prévu cela, et qu'il espère que Dieu lui pardonnera son crime. Sollicite la présence d'un prêtre jusqu'au lendemain matin, et demande s'il peut voir ses parents, ce qui est impossible ; se contente de pouvoir leur écrire. Dit se contenter, pour son dernier repas, de l'ordinaire de la prison, et affirme pouvoir même jeûner jusqu'à la dernière minute. Rajoute qu'il ne souhaite pas, à l'instar de son complice Kurowski, que son exécution soit dessinée et publiée dans la presse (Le Petit Messin avait publié une gravure de l'exécution de Kurowski). L'abbé Simon arrivant à ses côtés, le condamné déclare qu'il priera toute la nuit, et demande un livre d'heures pour ses parents, ainsi qu'une messe à son intention. Peu après 4h du matin, communie dans la cellule. Quitte sa geôle peu avant huit heures, air hagard, démarche titubante. Avant de grimper sur l'échafaud, demande au procureur impérial que ses affaires soient remises à sa concubine, Mlle Neumann, puis embrasse le crucifix et les prêtres avant de se laisser saisir par les exécuteurs, à qui il dit : "Faites vite, n'est-ce pas ?" Corps analysé par deux professeurs de l'université, qui concluent à une parfaite santé physique et mentale du condamné. |
28 juin 1884 (Cour d'assises de la Lorraine) |
Mardi 26 août 1886 |
8h |
Metz
Lothringen
Cour de la maison d'arrêt, rue Saint-Gengoulf |
Étienne Rouprich
31 ans, valet de labour
(15 décembre 1854, Longeville-lès-Saint-Avold) |
Libéré le 23 mars 1886 de la prison d'Ensisheim, après une peine pour vol, se rend le soir-même dans le café de Mme Baudisson, à Pierrevilliers. Il égorge à coups de couteau - volé quelques instants plus tôt chez la veuve Giry à Sémecourt - Marie-Marguerite Baudisson pour lui voler environ 80 marks, des serviettes et des vêtements, et tranche également la gorge du fils de sa victime, Henri, 4 ans, qui venait d'assister au crime et s'apprêtait à courir à l'extérieur en hurlant au secours. |
Prévenu la veille, pris de tremblements, affirme qu'il croyait être grâcié : "Je ne suis pas un si grand criminel : j'étais un assez bon garçon." Passe plusieurs heures avec l'aumônier Simon, et reçoit la visite de son frère, lors d'une entrevue difficile mais qui s'achève par une accolade. Après la messe et la communion, l'abbé Simon parlant de la mère de Rouprich, ce dernier pleure. "Je n'ai pas connu ma mère. Si je l'avais connue, je ne serais peut-être pas si malheureux." A l'arrivée du procureur impérial, peu avant 8h, Rouprich répond qu'il n'a rien à déclarer : "Je suis prêt. Je me suis confessé, j'ai communié, j'ai prié. Dieu m'a pardonné." Récite un Ave Maria de sa cellule à l'échafaud, écoute l'acte de condamnation, récite encore plusieurs prières avant de grimper sur l'échafaud. |
23 juin 1886 (Cour d'assises de la Lorraine) |
Samedi 12 juillet 1890 |
6h |
Strasbourg
Unterelsass
Cour de la maison de détention préventive, rue du Fil |
Michel Karl Ems
37 ans, journalier
(16 septembre 1852, Brechlingen) |
Le 20 décembre 1889, tente d'assassiner à Vasselonne, près de Strasbourg, sa bienfaitrice, la veuve Rothan, pour la voler, et tue de huit coups de couteau la domestique Sophie Müller.
Mme Rothan échappe à la mort grâce à l'intervention de sa cousine Caroline Lambs. |
Très calme depuis l'annonce faite la veille. Conduit les mains déliées de la cellule à la cour. Après lecture de la sentence, prie, puis s'exclame à haute voix pendant qu'on le pousse sur la bascule : "Jésus, Marie, Joseph, venez-moi en aide !" assez fort pour que les gens se trouvant dans la rue devant la prison puissent l'entendre. |
10 mai 1890 (Cour d'assises de la Basse-Alsace) |
Jeudi 31 décembre 1891 |
9h05 |
Metz
Lothringen
Cour de la maison d'arrêt, rue Saint-Gengoulf |
Heinrich "Henri" Uebing
23 ans, artilleur, déserteur
(vers 1868, Wehofen, Allemagne) |
Egorge puis frappe d'un coup de marteau à Metz le 7 mai 1891 le lieutenant-colonel Prager, du 33e régiment de feld-artillerie, dont il avait été le domestique militaire, pour lui voler 400 marks, un bracelet, une montre et un complet.
Premier arrêt cassé, verdict confirmé en deuxième instance. |
Transféré quelques jours plus tôt depuis la prison militaire. Averti dès la veille : demande à voir son ancien capitaine - qu'il avait également eu l'intention de tuer. Écrit deux lettres, destinées l'une à sa soeur, l'autre à sa compagne, dans lesquelles il leur demande pardon et leur dit Adieu. Reçoit deux fois la visite du pasteur Braun, ne s'alimente pas. Avant de se coucher, vers minuit, dit aux gardiens qu'il est heureux de voir sa mort imminente, que l'attente en prison était insupportable. Se lève à 3 heures, se plonge dans la Bible. Prie avec le pasteur à 7h. Remis au bourreau et à ses aides, va à la mort avec courage. Pendant qu'on l'attache sur la bascule, prie et s'écrie : "Seigneur, ayez pitié d'un pauvre pêcheur." Environ cinquante personnes présentes. |
18 juillet 1891 (Conseil de guerre du 166e corps d'armée)
18 septembre 1891 (Conseil de guerre du 166e corps d'armée) |
Samedi 12 novembre 1892 |
8h |
Metz
Lothringen
Cour de la maison d'arrêt, rue Saint-Gengoulf |
Jacques Back
34 ans, vannier
(16 avril 1858, Villerupt, 54) |
Dans la nuit du 19 au 20 juillet 1887 à la Briquerie, près de Thionville, étrangle Joseph Fous, ouvrier, pour le voler.
Son frère Dominique Back, 32 ans, vannier, natif du Luxembourg et arrêté dans le Grand-Duché, est condamné aux travaux forcés à perpétuité par la cour d'assises de Luxembourg le 01 août 1892. |
Conduit à l'échafaud par deux prêtres, affirme qu'il est innocent jusqu'au bout. Meurt courageusement. |
05 mai 1892 (Cour d'assises de la Lorraine) |
Lundi 09 septembre 1895 |
8h |
Colmar
Oberelsass
Cour de la maison d'arrêt, 1, rue des Augustins |
Félix Meschberger
33 ans, cultivateur
(04 octobre 1861, Neubois, 68) |
A Neubois, le 21 juillet 1894, à peine dix semaines après leurs noces, tente d'abattre sa cousine et épouse Marie Anne Meschberger, 34 ans, la blessant à la main, et tentant de faire croire à un cambriolage. Tente dans les semaines qui suivent d'empoisonner le café de sa femme à deux reprises. Le 21 octobre 1894, pendant qu'elle prie, il l'assomme à coups de marteau avant de l'étrangler avec une corde et de placer son corps en bas d'un escalier pour faire croire à un accident. |
Prévenu à 6h30. Effondré, gémit jusqu'à la dernière minute qu'on lui fasse grâce de la vie. Devant la machine, demande pardon aux gens présents, puis embrasse une dernière fois le crucifix. |
11 juin 1895 (Cour d'assises de la Haute-Alsace) |
Jeudi 23 mars 1899 |
6h30 |
Strasbourg
Unterelsass
Cour de la maison de détention préventive, rue du Fil |
Jacques Gier
31 ans, journalier
(vers 1867, Hülzweiler, Sarre) |
Le 28 juin 1898, à Kronenbourg, égorge de deux coups de couteau Léonie Laubacher, 19 ans, pour lui voler son sac, contenant une bouteille de vin qu'il consomme aussitôt.
Artz est condamné à huit ans de réclusion. |
Informé du rejet du recours, dit au procureur : "Vous êtes le plus vil fripon de la machine de l'Etat. Je vous le répéterai à l'échafaud !" Quand on l'attache sur la machine, crie : "Vive la démocratie sociale internationale ! A mort ces canailles, les hauts fonctionnaires d'Etat ! Vive la démocratie sociale internationale !" |
01 décembre 1898 (Cour d'assises de la Basse-Alsace) |
Mardi 16 octobre 1900 |
7h04 |
Metz
Lothringen
Cour de la maison d'arrêt, rue Saint-Gengoulf |
Jean Pierre Dimoff
25 ans, journalier
(21 juillet 1875, Uckange) |
Dans la nuit du 28 au 29 juin 1899 au 106, route de Briey à Richemont, tuent à coups de marteau Mlles Françoise Arnould, 70 ans, et Anne Mangin, 75 ans, rentières, avant de fouiller la maison et de voler une montre en or, une montre en argent et une croix en or.
Kiffer avait été, une semaine plus tôt, libéré de la prison de Clarvaux. Il avait passé au total 28 ans de sa vie en prison.
| Avertis la veille vers 10h du matin. Kiffer répond : "Je n'ai pas peur de mourir." Dimoff reste horrifié et prostré. Il reçoit dans la journée la visite de sa mère et de ses deux soeurs, adieux déchirants. La soeur unique de Kiffer ne se présente pas. Guillotine montée le lundi soir dans la cour, côté rue Saint-Gengoulf, par un serrurier de la ville. Cinquante personnes présentes. A l'aube, les deux hommes acceptent de voir le chanoine Simon, et communient. Devant la machine, Dimoff reçoit lecture de l'arrêt, puis fait une prière. Kiffer agit de même et meurt courageusement. |
16 mai 1900 (Cour d'assises de la Lorraine) |
| 7h12 |
Jean-Baptiste Kiffer
53 ans, journalier
(12 février 1847, Souftgen) |
Mardi 30 mai 1905 |
6h |
Colmar
Oberelsass
Cour de la maison d'arrêt, 1, rue des Augustins |
Emile Böhm
27 ans, sculpteur
(11 mai 1878, Strasbourg) |
Tue à coups de couteau dans le dos M.Ehret, facteur-encaisseur à Colmar, le 08 juillet 1904, pour le voler.
Arrêté dans un champ près de Sélestat, tente de tirer sur le garde-champêtre Koenig qui allait l'appréhender, le manquant de justesse. |
Informé la veille. Demande à écrire sur un gros tas de papier à lettres quadrillé, rédigeant plusieurs messages aux membres de sa famille, et en particulier à ses parents à qui il demande pardon. Au procureur, affirme n'avoir été que le complice d'un homme s'étant enfui en Suisse après le crime : une vérification est faite, mais les magistrats concluent à laisser la justice suivre son cours sans délai. Reçoit le soir la visite de son frère cadet, puis de son épouse et de leur bébé de trois ans. La séparation, à 21h30, est tragique. Reste dans sa cellule jusqu'à minuit avec le vicaire Erichson, avant de demander à demeurer seul. Peu avant 6 heures, promet au procureur Hasemann d'avoir du courage, puis après avoir écouté d'un air absent la lecture des actes, grimpe les trois marches d'un pas ferme avant de crier "Marie ! Marie ! Adieu !" |
18 novembre 1904 (Cour d'assises de la Haute-Alsace) |
Samedi 04 juillet 1908 |
7h |
Metz
Lothringen
Cour de la maison d'arrêt, rue Saint-Gengoulf |
Léon Emile Thouvenin
18 ans, valet de ferme
(09 décembre 1889, Augny) |
Employé chez le fermier François Donnet, tue le père de son patron, Auguste Donnet, en l'assommant à coups de cruche puis égorgea l'épouse de celui-ci, Barbara Wagner, épouse Donnet, largement octogénaire, le 12 décembre 1907 à Lorry-les-Metz pour leur voler 700 francs.
Agé de 18 ans et trois jours au moment du crime, il se retrouve passible de la mort à deux jours près ! |
Prévenu le vendredi à 9h30. Pris de panique temporairement. Demande et obtient de voir sa mère l'après-midi venu. Nuit calme, bien qu'interrompue par plusieurs réveils. Quitte sa cellule à 6h pour assister à la messe et communier pendant que dans la cour, on conduit les essais de la machine. Les officiels viennent le chercher à 6h55. Dans le costume porté durant le procès, très pâle, fait une dernière prière puis se confie aux exécuteurs qui lui bandent les yeux et l'attachent à la bascule. |
21 janvier 1908 (Cour d'assises de la Lorraine) |
Mercredi 23 décembre 1908 |
9h |
Metz
Lothringen
Cour de la maison d'arrêt, rue Saint-Gengoulf |
Etienne Hippert
39 ans, garçon de culture
(05 mai 1869, Garches, 57) |
Ayant dépensé tout son pécule dans des cafés de Metz le jour précédent, menace la veuve Trassler, 70 ans, débitante, le 26 mai 1908 au Petit-Montoy, sur la route de Metz à Courcelles, pour qu'elle lui remette de l'argent. Trouvant la somme qu'elle lui propose - 60 marks - insuffisante, il l'étrangle, l'assomme à coups de bouteille de bière, puis lui plante une paire de ciseaux dans la gorge avant de tenter de la violer. |
Se montre résigné en apprenant la nouvelle, ne demande rien. Se couche à minuit, sans dormir. Déjà debout à 5h. Assiste à la messe, communie, prend une tasse de café. Peu d'émotion quand, à 8h50, le procureur et le greffier viennent lui annoncer officiellement la fin. Conduit au greffe, s'agenouille devant un autel improvisé et récite le Notre Père en allemand. Grimpe seul les marches de l'échafaud, embrasse l'aumônier, puis se laisse bander les yeux avant d'être attaché sur la bascule. Récite la prière jusqu'à la dernière seconde. Environ 70 personnes présentes dans la cour de la prison. |
27 juin 1908 (Cour d'assises de la Lorraine) |
Vendredi 14 juin 1912 |
6h |
Mulhouse
Oberelsass
Cour de la maison d'arrêt, rue d'Ensisheim |
Jean-Baptiste Adolf
36 ans, ancien ouvrier en filature
(08 octobre 1875, Bindernheim, 67) |
A Sandozwiller (Cernay), le 12 septembre 1911, assomme d'un coup de marteau puis poignarde de plusieurs coups de couteau la veuve Weber, 37 ans, aubergiste, pour lui voler le contenu de sa caisse, soit 32 Marks. |
La veille, voit sa femme qui vient lui annoncer la mort de leur dernier fils, âgé de cinq mois. Mme Adolf demande à recevoir les vêtements de son époux. Informé le même jour, dit au procureur qu'il s'y attendait, et qu'il a mérité la mort, avant de se mettre à pleurer. Soutenu par l'aumônier et le médecin, gagne une cellule d'observation pour ses dernières heures. Entend la messe et communie vers 4h30. Guidé vers l'échafaud en récitant des prières, il s'adresse après la lecture du jugement aux assistants : "Je prie les personnes présentes de dire un Pater Noster pour moi". Se laisse emporter par les exécuteurs après avoir embrassé le crucifix, puis les aumôniers. Une cinquantaine de témoins présents, dont le gendarme qui l'avait arrêté, et douze citoyens de la ville. |
02 février 1912 (Cour d'assises de la Haute-Alsace) |
Vendredi 13 mars 1914 |
6h |
Metz
Lothringen
Cour de la maison d'arrêt, rue Saint-Gengoulf |
Jean Berresheim
28 ans, mineur
(27 septembre 1885, Esch-sur-Alzette, Luxembourg) |
Lors d'une crise de colère avinée, tue d'un coup de couteau au bas-ventre le mineur Max Neuschaefer le 23 septembre 1912 à Algrange. Berresheim était jaloux d'un autre homme, Jean-Pierre Legrand, et il voulait le poignarder, mais par méprise, il tua Neuschaefer. Poignarda aussi mortellement le garde-champêtre Schmitz venu l'arrêter ce même jour : Schmitz mourut le lendemain.
La cour suprême de Leipzig casse le premier arrêt pour vice de forme, renvoyant l'affaire devant la même cour d'assises. |
Accepte les secours de la religion, meurt courageusement. Lors de l'exécution, le couperet de la guillotine - le nouveau modèle de Fallbeil remplaçant l'antique veuve de la Révolution - s'arrêta sans trancher complètement la tête. Le bourreau doit couper l'ultime lambeau de chair avec un couteau de poche. |
21 novembre 1912 (Cour d'assises de la Lorraine)
07 novembre 1913 (Cour d'assises de la Lorraine) |
Mercredi 17 juin 1914 |
6h05 |
Strasbourg
Unterelsass
Cour de la maison de détention préventive, rue du Fil |
Madeleine Merschel, veuve Wendel
41 ans, fermière et colporteuse
(29 mars 1873, Kesseldorf) |
AMANTS DIABOLIQUES.
Repris de justice et locataire des époux Wendel à Haguenau, Wirth devient l'amant de la femme. Tous deux décident de concert d'empoisonner Michel Wendel, epoux de Madeleine, 58 ans, menuisier : la victime, intoxiquée à l'arsenic, meurt le 07 mai 1913. |
Apprennent la nouvelle la veille. Wirth semble indifférent, Magdalene, prise de faiblesse, doit s'aliter. Wirth reçoit la visite de sa mère dans la journée. Magdalene, unijambiste, est conduite à l'échafaud sur une civière, accompagnée par l'aumônier. Au pied de la machine, lecture de l'arrêt de condamnation. Se retourne vers autel improvisé, prie quelques instants, puis se livre aux exécuteurs. Très calme, Wirth la suit dix minutes plus tard. |
05 décembre 1913 (Cour d'assises de la Basse-Alsace) |
| 6h15 |
Joseph Wirth
39 ans, journalier, ancien légionnaire
(10 avril 1875, Haguenau) |